‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 292 sur 522 · INSTRUMENTS — INSULAIRE · texte numérisé non relu

INSTRUMENTS — INSULAIRE

ses affaires lui permettent un peu de repos; le soldat est forcé de se lever à l’heure dite : ne pas sortir du lit serait une désobéissance coupable. » IL est doné nécessaire que le soldat s’habitue au frein de la discipline, car c’est par elle qu’il obtient la considération dont: il a besoin aux yeux de ses chefs et de ses camarades, aux yeux surtout de ses concitoyens, qui la réclament dans l'intérêt du pays et de la gloire nationale, C’est particulièrement devant l'ennemi qu'il doit à ses chefs une obéissance entière : là un acte d’insubordination peut avoir des conséquences graves; il peut entraîner la perte d’une bataille, occasionmner l'abandon d’un pays et compromettre la sûreté d'une armée ou d’une place de guerre. La subordination est graduelle : le soldat doit obéissance à son caporal, le caporal à son sergent, celui-ci au sergent-major, et ainsi de suite, en montant l'échelle de la hiérarchie militaire, jusqu’à la dignité de maréchal de France. Le code militaire, portant application des peines contre la discipline, a sagement calculé tous les degrés de culpabilité en fait d’insubordination : sévèrement punie dans l’intérieur, elle emporte la peine capitale devant l'ennemi. Les militaires enclins à ce délit sont jugés par des conseils de discipline; on les envoie lorsque le cas n'est pas assez grave pour être porté devant un. conseil de guerre , dans les compagnies de discipline, et ils y achèvent leur temps de service , si dans l’intervalle ils ne changent pas de conduite. Une amélioration sensible leur rouvre , au contraire, les rangs de l’armée. j SICARD.

INSUFFLATION (du latin in, dans, et sufflare, souffler) , action de souffler, d'introduire à l’aide du souffle un gaz, une vapeur dans quelque cavité du corps, comme lorsqu'on insuffle de Pair dans la bouche d'une personne asphyxiée.

INSULAIRE (en latin insularis, d'insula, île), habitant d’une île. On a dit que la barbarie était plus tenace dans les îles que sur les continents, et Raynal n’a pas craint d'exprimer le soupçon qu’on pourrait en trouver des traces dans la Grande-Bretagne même: c’est pousser un peu trop loin l'application d’une vérité qui ne sera pas contestée. Il est certain que l’état d'isolement est en général une cause de permanence, en ce qu'il éloigne plusieurs causes de changement. Mais les communications entre la Grande- Bretagne et le continent européen ont été si importantes et si multpliées, que cette île peut être considérée comme tenant encore à-la terre ferme. On admet sans difficulté que la nationalité doit être plus fortement empreinte dans le caractère et les mœurs des insulaires que chez ‘es peuples du continent; on convient même que l’esprit national, quoiqu’il ne soit pas autre chose qu’un esprit de corporation, peut inspirer des résolutions fortes et généreuses, opérer quelques-uns des effets du patriotisme. Si une population confinée dans une île obtient un jour le bonheur d’y trouver une patrie, aucune force ennemie ne pourra la vaincre; elle périra tout entière, ou triomphera des attaques les plus opiniätres ; es nobles exemples de, Carthage et de Numäance seront aux moins égalés. Nous devons dire cependant que, suivant une opinion assez généralement répandue, les îles sont moins favorables à la liberté que les continents.

S'il était vrai que par rapport à l’état moral de l'homme les insulaires sont moins favorisés que les peuples des continents, ne trouveraient-ils pas au moins quelque compensation dans le partage des biens physiques ? Ne jouissent-ils pas d’une température moins inégale, d'un sol mieux arrosé , des ressources que Ja mer ajoute à celles du sol? Il est certain que si la surface des deux continents était divisée en petites iles disséminées sur les mêmes parallèles et séparées par autant de détroits à peu près de mème largeur, notre globe serait en état de nourrir un bien plus grand nombre d'habitants : on ne verrait nulle part ni marais infects, ni plaines arides ; les déserts de l'Afrique et les steppes de l'Asie se couvriraient de grands arbres, et grâce à nos arts, les communications seraient bien plus faciles et plus promptes. FERRY,

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