‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 297 sur 522 · INTELLIGENCE — INTEMPÉRANCE · texte numérisé non relu

INTELLIGENCE — INTEMPÉRANCE

ne trouvent guère croyance maintenant, au milieu des mécomptes que leur opposent des anatomistes. Les expériences de MM. Flourens et Magendie sur des animaux vivants ont été soumises à des objections graves par le docteur Gall et d’autres savants, car ces résultats sont pathologiques nécessairement et variables.

D'ailleurs, les conditions dn développement intellectuel se modifient selon la précocité ou la lenteur des croissances et la nature des génies : aïnsi, la muse tragique de Racine ‘ se déploya plutôt que l'observation profonde du comique chez Molière. Des complexions sont plus ou moins favorables aux fonctions encéphaliques, ainsi que certains climats ; puis les extrêmes températures les entravent pour l'ordinaire. Les aliments mêmes altèrent nos facultés à la longue, comme les boissons. Personne n’ignore enfin combien l’état d’esclavage ou de liberté comprime ou exalte l’essor de l’intelligence; qu’il y a des époques d’asservissement d'esprit pour les peuples, comme sous les ténèbres du moyen äge; des religions abrutissantes, telles que l’islamisme , ou des gouvernements oppresseurs, même avec des formes littéraires, comme chez les Chinoïs, enchaînés par le triple lien d’une langue et d’une écriture symboliques, de leurs mœurs cérémonieuses, immuables, et de leur despostisme oriental, avec le régime du bambou, On sait, au contraire, combien Phorizon intellectuel s'agrandit au faîte de la civilisation, aidée de tous les travaux d’une libre industrie , du concours des lumières des autres nations, et du long héritage de l'antiquité. Alors s’étendra indéfiniment le cercle des idées ; elles-mêmes deviennent le germe fécond de nouvelles découvertes que recèlent les entrailles de l'avenir. Ainsi se déploient les vastes branches de ce grand arbre des connaissances humaines florissant sur tout le globe aujourd’hui. Le science, éclose d’abord sous les cieux prospères de l’Inde, de l’Égypte et de l'Orient, fécondée par la Grèce antique, a fait resplendir toutes les merveilles de notre civilisation : heureux si nous persévérons dans ces études pacifiques et glorieuses qui exhaussent la race humaine au-dessus de tous les êtres et la rendent dominatrice de cet univers! Heureux surtout l'être privilégié qui pôurra présenter l’union d’un beau talent et d’un beau caractère! C’est en effet de ce concours harmonique que résulte la plus haute énergie de l'intelligence, puisque les grandes pensées viennent du cœur. L'homme tout entier alors s'avance dans sa force et sa liberté. Malheur, au contraire, à l’être incomplet, mutilé, dont l’âme servile ou lâche ne seconde pas l'élan de la pensée! Telle est la principale cause de la dégradation, de Pénervation du génie, dans les siècles de la corruption du goût, qui suit inévitablement celle du moral. J.-J. Viney.

INTEMPÉRANCE. Version littérale du substantif latin inlemperantia, exprimant le défaut de tempérance, ce mot désigne en français les excès qu’on commet dans la satisfaction des appétits sensuels. Cette acception est générale, et s'étend même au défaut de retenue dans l'exercice de la langue ; mais On l’applique principalement à l'usage immodéré des aliments et des boissons. Chacun convient que les plaisirs de la table sont grossiers, et qu'ils nous ravalent au niveau des brutes ; néanmoins, la majorité d’entre nous les recherche, ou s'y laisse très-bénévolement entrainer ; plusieurs même les glorifient en prose êt en vers, et donnent un passeport de bonne compagnie à l’intempéranceen la nommantgourmandise,sans s'inquiéter si comme telle elle est un péché capital. Des moralistes et des médecins se sont évertués à crier aux oreilles des intempérants: « Vos excès nuisent à votre esprit comme à votre corps; le cerveau s’engourdit quand lestomac est trop plein de produits culinaires, et votre raison se perd quand vous soulevez trop souvent là coupe, » L'intempérance exelut les actes mémorables dans les arts, dans les sciences, en toutes choses, Les excès de la table vous privent le à santé, le premier des biens ; ils déforment vos corps en développant monstrucusement vos abdomens; ils vous condamnent à endurer les tourments de la goutte ; ils sbrégent

Page 1