‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 303 sur 522 · INTÉRÊT · texte numérisé non relu

INTÉRÊT

a, placé à intérêts composés, devient au bout de n années A=a(i+r)r.

Le calcul de A s'effectue à l’aide des logarithmes : on a Log A — Log a + n Log (1 +7r).

La théorie de l'intérêt composé, toujours vraie au point de vue purement arithmétique, deviendrait pratiquement absurde si on voulait l'appliquer sans restriction à des opé rations dont la durée dépasserait certaines limites ( comme, par exemple, le célèbre testament de Thellusson ). Qui ne connaît le fameux paradoxe du centime de Charlemagne? Par la formule, on trouve que, si cet empereur eût, lors de son couronnement (en 800), placé #n seul centime à 5 pour 100 au profit de la génération actuelle, le logarithme de la somme résultant de cette faible épargne aurait été, en 1855, égal à LA

Log 0,01 +155 Log 1,05 = — 2 + 1055 4-0, 0211893 — 20, 3547115, ce qui indique un nombre de francs représenté par 21 chif fres. Chacun des 35 millions d'habitants de la France au

rait eu, en 1855,un revenu annuel de plus de cent milliards !.. Ce résultat indique seulement la rapidité de l’ac-

croissement des termes d’une progression géométrique dont la raison est plus grande que l’umté. Il est du reste facile de concevoir qu'un capital placé à 5 pour 100 est plus que doublé en quinze ans, plus que quadruplé en vingt-neuf ans, plus qu'octuplé en quarante-trois, ans, etc. Tout ce que nous devons conclure de là, c’est que si le calcul des intérêts composés doit entrer comme élément essentiel dans certaines questions, telles que celles d'annuités, d’assurances, etc., il faut cependant se défier des conséquences que pourrait en tirer l’économie sociale. E. MERLIEUX.

INTÉRÊT (Droit). En droit, ce mot s’entend du profit qu’un créancier peut tirer de l’argent qui lui est dû, et aussi de la part qu’on a dans une société, dans une entreprise, dans un bail, etc.

Les législateurs se sont de tout temps occupés de fixer le taux légitime de l'intérêt de l'argent, qui est, à proprement parler, le loyer payé au propriétaire du capital par celui auquel il le confie et qui en fait usage. Aussi, le taux de l'intérêt a-t-il varié avec les besoins, les mœurs, les caractères et les climats des nations. A Rome, le terme moyen fut de 12 p. 100 par an. En France, un édit de Charles IX, de 1576, fixa le taux de l'intérêt au denier 12, c’est-à-dire à 8 3 p. 100; sous Louis XIV, un édit de 1695 le fit descendre au dernier 20 (5 p. 100 ). Sous Louis XV il fut encore réduit. Il ne cessa de varier qu’en 1807. La loi du 3 septembre de cette année fut rendue en exécution de l’article 1907 du Code Civil, ainsi conçu : « L'intérêt est légal ou conventionnel ; l'intérêt conventionnel peut excéder celui de la loi toutes les fois que la loi ne le prohibe pas. » Elle émit les principes qui régissent aujourd’hui cette matière. « L'intérêt légal ou conventionnel, dit cette loi, ne pourra excéder en matière civile 5 0/0, ni en matière de commerce 6 0/0, le tout sans retenue. » La Banque de France a été affranchie, depuis 1857, de la limite d'intérêt, et celte mesure deviendra sans doute générale. Lorsqu'un prèt conventionnel aura été fait à un taux excédant celui de la loi, les. tribunaux doivent ordonner la restitution ou la réduction , et s’il y a habitude de prâts semblables, le délinquant peut ètre puni pour usure.

Les intérêts se subdivisent en plusieurs sortes, suivant les circonstances qui leur donnent naissance. Les intérêts sont düs de plein droit, de même que le capital, et sans qu'il soit besoin de demande judiciaire, lorsqu'il s’agit ou de restitution d'un objet produisant des fruits, où d’une indemnité à défaut de restitution. En matière de commerce, les créances provenant d’opérations commerciales réglées par compte courant sont productives d'intérêts d'après l’usage constant du commerce. Le solde d'un comple courant est productif d'intérêts comme la créance originaire. Les avances entre commerçants pour remboursements «les billets en souffrance sont productives d'intérêts. En matière de

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