‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 310 sur 522 · INTERVALLE — INTESTIN · texte numérisé non relu

INTERVALLE — INTESTIN

peuvent être entendus avec plaisir que lorsqu'ils sont combinés ou enchaînés avec les premiers : ce sont les dissonnances ou intervalles dissonnants. Deux ou un plus grand nombre d'intervalles qui se font entendre simultanément constituent ce qu’on appelle un accord.

Dans la théorie mathématique de l’acoustique, l’intervalle de deux sons est représenté par le rapport du nombre de vibrations que font dans un même temps les cordes sonores qui rendent ces sons. L'intervalle de seconde est alors exprimé par ?, celui de tierce par $, etc.

Tous les intervalles ont la propriété de se renverser, c’est-à-dire qu’on peut mettre au grave la note qui était à l'aigu, et réciproquement. Ainsi, u{ grave et mi aigu forment entre eux un intervalle de tierce ; mais en renversant ces deux notes de manière à avoir mi grave et ut aigu, l’intervalle de tierce devient une sixte. Les unissons renversés donnent des octaves, les secondes des septièmes, les tierces des sixtes, les quartes des quintes, les quintes des quartes, les sixtes des tierces, les septièmes des secondes, et enfin les octaves des unissons. Ch. BECHEN.

INTERVENTION (Droit civil et commercial). L’intervention est l’action d'intervenir dans un acte, une instance, dans un procès où l’on ne figurait point, bien qu’on eût intérêt à la contestation qui s’agitait. L'intervention en matière civile est dispensée du préliminaire de conciliation ; elle peut être effectuée en tout état de cause, sans qu’elle puisse retarder le jugement de la cause principale, si cette cause était elle-même en état d’être jugée; elle est reçue sur l’appel, mais de la part seulement de ceux qui auraient le droit de former tierce opposition. En sa forme, l’intervention est une demande incidente, qui doit être faite par simple requête et conclusions motivées, sans aucun développement .

En droit commercial il peut y avoir intervention lors du protèt d’une lettre de change et d’un billet, si quelqu'un se présente pour faire honneur à l’une des signatures portées sur la lettre ou le billet. L'intervention et le payement sont constatés dans l’acte de protêt ou à la suite de l'acte.

INTERVENTION ( Droit politique). Voyez Droir DES GENS.

INTESTAT ( Ab). Mourir ab intestat se dit de celui qui meurt sans avoir fait de testament. À Rome c'était un déshonneur de mourir ab intestat; et tout citoyen ayant droit de tester ne manquait pas d’instituer par acte solennel l’héritier qui devait après sa mort continuer sa personne. Mais comme celui-ci pouvait refuser l’hérédité et rendre ainsi illusoires les volontés du testateur, la loi des Douze Tables avait accordé au maître la faculté d’instituer son esclave héritier nécessaire. L’esclave ainsi institué était forcé d'accepter. Les poursuites des créanciers étaient dirigées contre lui ; et l'infamie rejailiissait sur sa tête si le défunt était insolvable. La liberté était la compensation des chances qu’il courait. Ces motifs firent que les hérédités ab intestat étaient excessivement rares ; la loi réglait alors elle-même la succession du défunt. En France, dans le commencement de la monarchie, l’Église essaya de ressusciter en sa faveur l’idée déshonorante que le droit ro-

prières et quelquefois de sépulture ceux qui ne faisaient point de testament pour lui léguer quelque part de leur

bien, et l'autorité civile fut obligée d'intervenir pour mettre |

un terme à cet abus, Dans le droit ancien, la législation sur les testaments était aussi variée que les nombreuses

coutumes qui partageaient la France. Elle était même dif- | férente dans une même coutume, selon le rang et les cas-

tes. Celle de Normandie, par exempie, qui laissait aux nobles un pouvoir illimité de tester, interdisait aux roturiers la facullé de disposer par testament de tout autre bien que les acquêts. Le Code Civil abolit enfin toutes ces lois et ces usages particuliers. 1 permet encore de tester; mais il empêche les abus de ce droit, en réservant une part déterminée aux enfants du testateur et à ses ascendants

dans certains cas. Lorsque le défunt est mort ab intestat, la succession est déférée aux descendants ; à défaut d’enfants, aux frères, sœurs ou descendants d'eux. Depuis la promulgation du Code, qui du reste n’a fait que reproduire une novelle de Justinien, les successions ab intestat sont les plus communes.

INTESTIN. Ce nom, admis comme substantif et adjectif, est une traduction littérale du mot latin intestinum qui veut dire intérieur, au dedans. Dans sa première acception, il désigne la majeure partie du tube musculo-mem braneux dans lequel les actes de la digestion s’accomplissent chez l’homme. Cette portion de l'appareil digestif qu’on nomme intestin, ou tube intestinal, en la considérant en général, prend un nom au pluriel quand on l’examine par divisions et subdivisions. Ainsi, les anatomistes ont partagé ce tube d’après la différence de son calibre, en intestins gréles et en gros intestins. Les premiers sont ensuite subdivisés en différentes portions. Celle qui succède immédia tement à l'estomac, et qui est le commencement du tube intestinal, a été appelée duodénum ; c’est dans cet intestin que les substances destinées à la nutrition descendent après avoir franchi le pylore, et deux conduits y versent la bile et le fluide pancréatique; la seconde portion des intestins grêles est le 7j éju num , ainsi appelé parce qu’on le trouve toujours vide : on dit qu’il est à jeun; la troisième est distinguée par le nom d’iléon, en raison de ses eontours nombreux. La démarcation entre le jéjunum et l’iléon est peu précise; leur longueur est considérable, et compose à peu près les trois quarts du tube intestinal. Les gros intestins succèdent aux précédents, eten sont la continuation : le premier est le cæœcum, ainsi nommé, parce que son union avec l’iléon, forme une sorte d’impasse : il se distingue par cette disposition ainsi que par l’augmentation du diamètre du canal, et surtout par une valvule ou sorte de soupape qu’on appelle aussi barrière des apothicaires, parce que la puissance des seringues est, dit-on, limitée à ce point. Le diamètre de la seconde partie des gros intestins appelée colon, augmente encore, et surpasse celui de tous les autres. C’est dans son intérieur que la dessiccation s'opère principalement. La troisième partie, le rectum, termine ce long canal, et s’ouvre au dehors pour l’exonération du résidu de la digestion. Toutes ces parties, réunies et comprises sous le nom d’intestins, ont une étendue qu’on évalue à six à sept fois celle du corps de l’homme.

Les intestins concourant en grande partie à l’entretien de la vie et étant en contact avec les corps extérieurs dont nous extrayons notre propre substance, on peut concevoir qu'ils sont les siéges de maladies nombreuses et qui retentissent plus ou moins dans tout l’organisme. Ce tube peut être lésé dans des blessures de l’abdomen, et celles causées par les armes à feu, ainsi que par celles qu’on nomme armes blanches, en fournissent des exemples communs. Des contusions violentes sur l’ahdomen peuvent affecter également les intestins et même mortellement: Les intestins se déplacent aussi communément par diverses causes : tantôt

on les voit saillir au dehors par les plaies de l’abdomen,

: é . : tantôt sous la peau, en franchissant des ouvertures naturelles. main attachait aux successions ab intestat. Elle priva de |

après de violents efforts, c’est ce qu’on nomme des Ler-

| nies. Un accident grave qui advient spontanément altère

encore le tube intestinal au point de causer la mort : une de ces portions supérieures peut s'engager dans celle qui la suit, c’est ce qu’on nomme infussusception, invagination : ils peuvent aussi se tordre, ce qu’on nomme volvulus. Les intestins grêles recèlent communément des vers de diverses espèces, qui dépravent plus ou moins la fonction nutritive, et qui excitent en outre divers accidents sympa thiques. Des gaz qui se forment dans ce canal sont en outre une source d’incommodités diverses appelées maladie venteuse. Des irritations et des inflammations, dont les causes sont très-variées, éclatent encore le long des intestins, et occassionnent un grand nombre d’affections générales : les plus remarquables sont les deux espèces de choléra-

morbus, surtout celui appelé asiatique. Les fièvres les plus graves ont, selon l’opinion de plusieurs médecins modernes, leur origine dans des affections inflammatoires des intestins. On peut dire que, causes ou effets, les inflammations intestinales se rencontrent dans la majorité des maladies fébriles. Des hémorrhagies peuvent encore provenir de cette même source, et il n’en est pas de plus communes que celles qui accompagnent les irritations du rectum appelées À émorrhoïides. Nous avons fait cette mention rapide des affections intestinales, afin de montrer combien il est nécessaire de ménager, en se conformant aux préceptes hygiéniques, des organes aussi importants : c’est surtout des purgatifs qu’il ne faudrait pas abuser, aïnsi qu’on le fait <ommunément. N'oublions pas que les racines par lesquelles nous puisons les matériaux qui nous nourrissent sont disséminées sur ce tube, différentes en cela de celles des vegétaux, qui sont placées à l'extérieur. D° CHARBONNIER.

INTIMATION, INTIMÉ. On donne le nom d’intimé au défendeur en appel. Cette dénomination vient des parlements, qui ne voulaient pas qu’on se servit devant eux des mêmes termes que devant les tribunaux inférieurs : on imaginait donc que l'huissier chargé de signifier l’acte d'appel intimait, au nom de la cour, l’ordre au défendeur de se présenter devant elle. Voilà pourquoi l’acte d’appel prend aussi le nom d’infimation.

INTOLERANCE , défaut de tolérance, disposition à violenter, à persécuter ceux avec lesquels on diffère d’opinions. Il se dit surtout en matière de religion.

INTONATION (du latin intono, tonner, faire du bruit), action d’entonner, manière d'attaquer une note, un son. « L'intonation, dit J.-J, Rousseau, peut être juste ou fausse, trop haute ou trop basse, trop forte ou trop faible, et alors le mot in{onation, accompagné d’une épithète, s'entend de la manière d’entonner ».

Intonation signifie aussi, surtout dans le plain-chant, l’action de mettre ün chant sur le ton dans lequel il doit être. Enfin, ce mot s'entend par extension des divers tons que l’on prend en parlant ou en lisant.

INTRADE, nom qui signifie entrée, et que l’on donne quelquefois à un petit morceau de musique placé en tête d’une composition instrumentale, fantaisie ou air varié ; c’est une sorte d'introduction resserrée.

INTRADOS, partie intérieure d’un cintre, partie inté. rieure et concave d’une voûte : on lui donne aussi le nom de douelle intérieure. H y a un siècle, quelques auteurs écrivaient in/radosse, qu’ils faisaient du genre féminin.

IN-TRENTE-DEUX. Voyez FoRMaT.

INTRIGUE, INTRIGANT. L'intrigant est celüi qui emploie sous main tous les ressorts, tous les moyens, licites ou non, nécessaires pour qu'il atteigne son but, Soit qu’il cherche à réussir pour lui-même, soit qu’il vise à empêcher le succès des autres, il est toujours méprisable, et doit être marqué du stigmate de la réprobation. L'intrigant n’a en effet ni délicatesse, ni générosité, ni amitié, ni aucun de ces sentiments agréables dans les relations de la vie privée et publique : l'intérêt seul le domine, mais V'intérêt joint à l'astuce, à la fourberie, à la perfidie, Ses passions sont basses et viles ; car son rôle est toujours trèssecondaire, et le plus souvent il se met aux gages de proecteurs, dans l'intérêt desquels il pratique en secret ses talents de dissimulation, d’hypocrisie et d'espionnage.

Après ce portrait, serait-il nécessaire de nous élever contre cet assemblage de vices et de passions dont le con- Cours vers un même but constitue l'intrigue? Avons-nous besoin de dire que l'intrigue est toujours tellement ténébreuse , tellement embrouillée, tellement souterraine, qu'il est ordinairement bien difficile d’en déméler les fils et d'en trancher le nœud? Les cours ont été et sont encore le théâtre des intrigues les plus basses ; car presque tous ceux qui approchent des sources des faveurs terrestres, dans le but d'en oblenir, sont assez peu délicats sur les moyens d'y arriver, pourvu qu'ils y arrivent : les ministres, les hauts

Page 1