INTRODUCTION — INTUSSUSCEPTION
ou detoute autre pièce mstrumentale, L'ouverture d’7 phigénie en Aulide, La Flûte enchantée, commencent par une introduction. Quelques compositeurs dramatiques, donnant plus d'extension et un mouvement plus animé à l’introduction, lui ont fait tenir la place de l’ouverture, dont elle n'a pourtant ni la forme ni les développements. Ariodant de Mébhul, Robert le Diable de Meyer Beer, s'ouvrent par une belle introduction.
Lorsque la pièce étale en commençant un grand spectacle, Jorsqu’elle débute par quelque pompe triomphale, par Parrivée d’une foule innombrable, une entrée magnifique, quelquesacrifice solennel, quelque cérémonie auguste , quelque phénomène terrible de la nature, comme un naufrage, une tempête, tous ces objets sont si beaux, que le musicien peut les montrer d’abord sans les annoncer ; ils n’en frapperont que davantage. C’est ainsi que Gluck a supprimé dans /phigénie en Tauride l'ouverture proprement dite, pour y substituer la représentation du premier événement de la pièce. Son drame débute par le grand tableau calme d’une tempête qui lui succède, de la foudre qui éclate, de la mer soulevée qui menace de tout engloutir, de la désolation d’Iphigénie et des prêtresses de Diane, dont les cris plaintifs, les voix touchantes, les prières tendres etanimées econfrastent avec les mugissements des flots, les sifflements des vents et le fracas retentissant du tonnerre. Cette manière de commencer un opéra par un tableau pittoresque, une scène mêlée de récits et de sentiments, d'action et de passions, est très-brillante.
Le morceau de musique composé sur ces éléments divers s'appelle aussi introduction. I y a doncedeux sortes d’introductions. La première est purement symphonique, j’en ai déjà parlé : c’est l’ébauche d’une ouverture, une pièce dont la brie veté semble être motivée par le désir qu’éprouve le musicien de nous livrer le plus tôt possible un objet d’un intérêt plus grand, en nous offrant à la fois les charmes de la poésie et de la musique. L'introduction de la seconde espèce est faite, an contraire, pour captiver l’attention du spectateur au lever du rideau, en lui présentant de magnifiques images , une action déjà liée, et l’expression des sentiments, quand il ne s’attend qu'aux récits de l’exposition. Ces récits viendront ensuite, et on leur
donnera tous les développements nécessaires pour lins- | PP P
truire de ce qui s’est passé et de ce que l’on va faire. Il est beau de marquer le début d’un drame par un morceau d'éclat. Le dessin, la coupe de cette introduction varient selon la situation des personnages, le lieu de sa scène, la nature des événements que l’on prépare : tantôt c’est un air, un duo, un chœur ; mais ce chœur, ce duo, cet air, ont des formes particulières à l'introduction, et tiennent tous du genre descriptif ou du récit; car il faut nécessairement que les écoutants sachent de quoi il s’agit, et un air consacré entiérement aux passions ouvrirait mal un opéra, puisqu'on ne connaîtrait point la cause qui les a exaitées. Le premier air de Joseph est un heureux mélange de récit et de sentiments. Celui qui ouvre l'opéra de Bion est fout descriptif. Zlisa, de Cherubini, commence par un chœur , Les Noces de Figaro par un duo, Don Juan par une scène ravissante et sublime, où figurent quatre person nages seulement. Les introductions scéniques de £a Pie voleuse, de Sémiramide, de Cenerentola, de Guillaume Tell, mettenten action presque tous les personnages du drame, et produisent un très-grand effet, Casris-BLaze. INTROIT , entrée de la messe, composée d’une antienne qui annonce le sujet du mystère ou de Ja fête qu'on va célébrer et du premier verset d’un psaume changeant aussi pour chaquesolennité, et terminé par le Gloria Patri.
Autrefois on disait le psaume entier, pendant que les fi- :
dèles se plaçaient. Il n’y a point d’infroët le samedi saint ni
da veille de la Pentecôte, parce que ces jours-là, dans l’an-
cienne Église, le peuple était déjà assemblé depuis long-
temps pour le haptème des catéchumènes. Vers la fin du
chant de l'introit le célébrant parait au chœur, aCCOMpagné HICT DE LA CONVERS, — f, XI.
des diacres et précédé de la empix, de cierges, ete. JE n°v à pas d’introit aux messes basses. L. LOUVET.
INTROUVABLE (Chambre), F soyez CHAMBRE INTROU- VABLE.
INTUITION, INTUITIF (d’intueri, regarder, confempler, avoir la vue sur une chose). Zntuilion est un terme originairement employé par les théologiens pour signifier la vision ou connaissance immédiate de Dieu et des mystères de la foi, telle que les bienheureux doivent l'avoir dans le ciel. Par suite, il s’est dit de la connaissance claire, directe, immédiate, des vérités qui, pour être saisies par l'esprit humain, n’ont pas besoin de l'intermédiaire du raïsonnement. Zntuitif a également les deux sens. En langage théologique, on dit, par exemple, que les anges et les bienheureux ont la vision ou la connaissance intuilive de Dieu. En philosophie, cette même expression, sous sa forme adjective comme sous sa forme substantive, et avec la seconde signification indiquée plus haut, est d’un usage beaucoup plus fréquent.
En philosophie, on oppose la connaissance ou l'évidence intuilive à la connaissance ou à l’évidence discursive, c’est-à-dire celle qui résulte d’une aperception immédiate de la vérité, à celle qui résulte d’une suite plus ou moins longue d'idées, parcourue pas à pas, et à laquelle on n’arrive, pour ainsi dire, qu’à force de discourir. Mais les uns, Locke à leur tête, ne donnent le nom d’inéuilives qu'aux connaissances et aux vérités que notre esprit saisit par une comparaison d'idées, idées entre lesquelles il voit tout à coup une convenance ou une disconvenance : telles sont les deux idées de corps et d’espace dans la proposition : {oué corps est dans l’espace; les autres le donnent aussi à des croyances, à des convictions naturelles , impliquée dans une foule de raisonnements, que nous ne posons presque jamais sous forme de propositions , dont la vérité nous guide plutôt qu’elle ne nous frappe, et qui ne supposent aucune comparaison d'idées : telles sont ia croyance à notre identité personnelle, la croyance à la constance des lois de la na- {ure, ete. Toujours est-il qu'intuilion et intuitif sont des termes de raisonnement ; et on voit assez pourquoi on oppose l’intuilion à la déduction, etles vérités intuitives aux vérités déductives ou discursives.
Dans la philosophie allemande, ce sont aussi des termes d’idéologie. Là une intuition c’est une idée telle qu'elle résulte de la manifestation des réalités à notre esprit, et avant que notre esprit l’ait travaillée par lPabstraction et la généralisation. Aussi des auteurs d’outre-Rhin opposentsils la philosophie infuilive, ou l'intuition, à celle de l’abstraction ou de la réflexion. Cette acception, du reste, à beaucoup d’analogie avec le sens philosophique général, suivant, lequel l'intuition est une aperception du vrai, facile, immédiate, sans détours. Il en est de même de la suivante.
En mathématiques, et particulièrement en géométrie, tout en cherchant à démontrer lentement, pas à pas, à aide du raisonnement pur, certaines propositions, on se sert de figures pour en faire sentir la vérité, mème à l'œil; et l’on dit qu'on aperçoit intuilivement, ou par ialuilion, la vérité d’une proposition, quand on laperçoit à la seule inspection de la figure destinée à la rendre sensible. Ainsi, on voit in£uilivement, ou par inluilion, que dans tout triangle l’un des côtés est plus pelit que la somme des deux autres avant que le raisonnement l'ait démontré discursivement ou déductivement.
Enfin, l’histoire de la philosophie présente le mot in{uition dans un sens qui se rapproche plutôt de l’acception {héologique primitive. Livrés à leur imagination délirante, des philosophes , principalement dans l’école d'Alexandrie, se sont attribue un aon d'ntuition, c’est-à-dire la faculté de recevoir des révélations directes et particulières sur les choses divines et surnaturelles. Benjamin Laraye.
INTUSSUSCEPTION (du latin intus, dedans, iatéricurement, et susceplio, formé de Suscipere, recey!r,
commettre), accroissement d’un corps par addition ou la réception d’une substance qui se répand dans tout l’intérieur de la masse. Les animaux et les végétaux croissent par intussusception (voyez CROISSANCE ).
En médecine on nomme in{ussusception l'entrée contre nature d’une portion d’intestin dans une autre, comme il arrive quelquefois dans l’iléus.
INULINE, principe immédiat que l’on retire des tubercules de dahlia, des racines de pyrèthre, de colchique, de chicorée, ete., et principalement de la racine d'aunée. C’est aussi à cette dernière plante (en latin inwla) que l'inuline doit son nom. Une décoction de racine d’année étant refroidie, l’inuline se dépose au fond du vase. Elle se présente alors en une poudre blanchâtre, ressemblant à de l’amidon, et, comme lui, se convertissant en sucre de raisin, sous l’influence de l'acide sulfurique étendu d’eau et bouillant. Mais l’'inuline n’est pas colorée en bleu par l’iode, ce qui suffit pour la distinguer de lamidon.
INUTILITÉ. Comment décrire et nombrer tout ce que l'esprit inventif, inquiet et capricieux de l’homme a créé pour satisfaire la variété de ses goûts, si souvent inexplicables? Depuis longtemps, il est abusé sur les beseins que la civilisation a multipliés, qu’elle accroît chaque jour, et que la nature avait bornés en mère prudente. Mais peut-on mettre en opposition la nature et la civilisation, et cette dernière ne serait-elle pas l’état voulu par l’organisation de l’homme? Cette question serait une inudilité; car pour une grande partie de la terre elle est décidée par le fait. 11 est nécessaire de se nourrir, de se vêlir, de se loger : il est utile de choisir des aliments selon son tempérament, des habits selon sa taille, une demeure selon les fonctions que l’on exerce. Ne pourrait-on pas appeler inutilités la recherche des apprêts dans les premiers, le changement des formes, les accessoires, le nombre des autres ? Les hommes, pour discuter de leurs devoirs et de leurs droits, composent des assemblées utiles : le contraire pourrait se dire quand on les voit s’attrouper devant un mime, ou autour d’une table de jeu. Faut-il appeler inulilités tout ce qui pe contribue qu’au plaisir? Non, car se maintenir en joie, c’est se conserver sain et propre au travail. Eh! comment déclarer inutilités les uniques occupations des oisifs dans une société où la considération et le bonheur semblent être leur partage exclusivement, dans une société qui subsiste par ces inulilités mêmes ! Que deviendraient les populations de Sèvres, de Lyon, de Saint-Gobin, et ce monde d’enlumineurs, de brodeurs, de passementiers, de bimbelottiers, si vous anathématisiez les inutilités P Que feriez-vous de la majorité des auteurs , si la presse refusait de publier les inutilités politiques , scientifiques, littéraires? Car partout les inutilités surgissent du nécessaire et de l’utile ; elles envahissent les gouvernements, les administrations, les académies, comme les musées et les appartements.
11 faut remarquer, au reste, que les inutilités dégoûtent sans rassasier, et qu'il est très-rare de les apprécier inutilités sans être forcé de les reconnaître nuisances. La question : Qu'est-ce que cela prouver est à l’usage de peu de gens, el on peut y répondre de tant de manières, qu'aux yeux d’un grand nombre elle re sera jamais éclaircie : À quoi cela serl-il ? est une demande précise, qu'il faudrait lui substituer : cette demande ne peut rester sans réponse positive; et pourtant elle embarrasserait à l’excès la majorité des humains : le dérangement qu’elle apporterait dans nos institutions est incalculable, d'autant plus que l'on ne s’accorderait pas plus sur les inutilités que sur mille autres points, chacun désignant comme inulililés ce qui lui déplaît ou cesse de Pintéresser. Représentons-nous le monde renongant aux inutilités : jamais révolution n'aurait eu des suites plus étendues. Que d'emplois supprimés! que d’espaces vides! que de temps disponible! que d'hommes, de femmes éperdus! La réforme des inulilités serait la plus sensible de toutes celles qu'a subies la société et la plus Mfrayante pour la multitude, Mais à aucune époque ce