partie occidentale du comté ne comprend même pas l’anglais
qui n’est guère en usage que dans les hautes classes. Au siècle |
dernier, par suite de son complet isolement et de l'absence deroutes praticables, les habitants du comté d’Inverness étaientencore très-misérables, courbés sous le poids des abus et des vices des siècles précédents ; mais depuis lors la création d’un bon système de voies de communication ya fait pénétrer la civilisation. Ce comté est divisé en 35 paroisses, et envoie un deputé au parlement.
INVERNESS , son chef-lieu et la seule ville importante qu’il y ait, compte 14,463 hab. (1871), presque tous d’origine anglaise. Elle possède un bon port, protégé par deux forts, un château fortifié, une académie et plusieurs bonnes écoles. C’est le grand marché des montagnards écossais, qui viennent y vendre leurs différents produits. Les rois de Calédonie résidaient dans le voisinage ; mais il n'existe plus aujourd'hui que quelques ruines, à peine reconnaissables, de leur château. Cette ville est célèbre dans l’histoire par l’heureux combat qu’à la suite de sa victoire de Falkirk le prétendant Charles-Édouard y remporta en février 1746 sur
le général Loudon.
INVERSION, c’est-à-dire transposilion , figure de style et de rhétorique, qui indique le déplacement soit d’un mot, soit d’une phrase entière, hors de la stricte construction grammaticale, afin de les mettre en évidence et d'attirer l'attention ; par exemple : Pour jouir ne nous a point créés Dieu, au lieu de: Dieu ne nous a point créés pour jouir. En poésie, l’inversion est surtout employée pour flatter l’oreille et pour favoriser le rhythme. Dans les langues anciennes , grecque et latine , une hberté de construction extraordinaire admettait une profusion d’inversions , tandis que dans les langues modernes, surtout dans la langue française, elles sont beaucoup moins en usage. Les Romains entendaient d’ailleurs par inversion, dans le sens des tropts , l'ironie.
En lermes de tactique militaire, une inversion est un mouveruent d'évolution par lequel s'opère un changement de place,
ou de position, avec plus de promptitude et d'ensemble, et sans confusion, : CHAMPAGNAC.
INVERTEBRES , qui n’a point de vertèbres. La: marck avait divisé le règne animal en deux grandes sections ; l’une renfermait les animaux dont les appareils or ganiques étaient distribués symétriquement des deux côtés d’un axe vertébral : c'étaient les vertébrés; l’autre renfermait les animaux symétriques ou non symétriques qui ne présentaient point d’axe vertébral : c’étaient les invertébrés. Cette division (voyez ANIMAL), conservée par M. Duméril, n’a pas été adoptée par Cuvier.
INVESTISSEMENT , opération de siége offensif, qu’on a d’abord appelée investiture. C’est l’action d’envelopper avec des troupes une place attaquée; c’est la boucher, suivant le style ancien. On nomme complets ou incomplets les investissements, suivant qu’ils interceptent ou non toute communication entre les assiégés et l'extérieur. Le rôle de la cavalerie est de commencer les investissements, en refoulant progressivement dans le cœur de la forteresse les postes avancés qui veillent à l’entour. Sitôt que le terrain est libre, les officiers du génie, protégés par des troupes légères, explorent les abords, se livrent aux travaux des reconnaissances , et décident quels seront les points d’attaque et la direction du cheminement. Sous le point de vue de la défense, le devoir du commandant de la place insultée est de chicaner par des sorties les assiégeants, de leur faire acheter pied à pied le terrain, de combler leurs travaux de tranchées, mais en ne tirant d’abord sur eux de grosses pièces que faiblement chargées, afin de les abuser sur la mesure véritable des portées. Gl BaRDIN.
INVESTITURE ( du latin investire, revêtir). On appelait ainsi sous le régime de la féodalité le droit d'investir quelqu'un d’un fief et l’acte par lequel ou l'en investissait, après la prestation de l'acte de foi et hommage. La forme des investitures était des plus curieuses et des plus variées. Il y avait une investiture qu’on appelait des ciseaux, parce que la châtelaine, ayant dans les mains ce symbole de ses occupations domestiques, priait quelquefois le seigneur de donner un fief à quelque personne, et le seigneur, prenant les ciseaux de la main de sa dame, les mettait, comme signe d’investiture, dans celles du nouveau vassal. On donnait de la même manière l’investiture d’un fief avec une touffe de cheveux, avec une feuille de noyer , avec un gant, un grain d’encens, un jonc, une pierre, un livre, un manche, un nœud, un baiser : dans ce dernier cas, on faisait naturellement une exception en faveur ou en considération des dames. Nous lisons dans une charte enregistrée par Du Cange, que Maino , fils de Gualon, avec le consentement de son fils Eudon et de sa femme Viette, faisait donation à Dieu et à saint Albin de sa terre de Bilchriot, et que pour confirmer cette donation le père et le fils avaient baisé sur la bouche le moine Gautier, tandis que madame, ex égard à l’usage, qui ne lui permettait pas de donner un baiser à un moine dans ces occasions, baisait, au lieu de celuici, mais avec la même intention, un certain Lambert qui était là présent. Et je ne sais pas s’il n’y était pas exprès pour cela. B°® Joseph Manon.
En termes de droit ecclésiatique, l'investiture, c'est l'acte confirmatif de la collation d’un bénéfice. La forme en était très-différente, selon la dignité des bénéfices; le chanoin était investi par le livre, l'abbé par le bâton pastoral. l’évêque par le bâton et l'anneau.
Il y a encore une sorte d'investiture conservée parmi les peuples inusulmans. En Algérie les hauts fonctionnaires arabes reçoivent un burnous d’investiture des autorités françaises.
INVESTITURES ( Querelle des ). On désigne ainsi, dans l'histoire du moyen age, le différend qui éclata à propos de la loi d’investiture, rendue en l'an 1075 par le pape Grégoire VII. Cette loi interdisait comme acte de simonie, el sous peine d’excommuuication, l'investiture
temporelle, c’est-à-dire l’octroi des piens ecclésiastiques fait par la puissance séculiere à un ecclésiastique. L’empereur Henri IV, au synode {enu à Worms le 24 Janvier 1076, fit, il est vrai, déposer le pane comme un tyran qui attentait aux droits de l’oint du Seigneur ; mais, frappé d’ex-
communication , il dut finir par céder et s'uumilier. Puis |
la querelle prit un autre caractère, et de part et d'autre on recourut à la force des armes. Grégoire mourut en 1085, sans avoir pu êlre vaincu, et Henri IV, vingt-et-un ans plus tard, en 1106, et toujours sous le coup de l’excommunication dont il avait été frappé. L'empereur Henri V continua à accorder des investifures, et lorsqu’en 1110 il se décida à franchir les Alpes à la tête d’une armée, le pape Pacal I] consentit à lui restituer les fiefs épiscopaux de l’Empire, à la condition qu’il renoncerait à sa prétention de nommer les évêques. Mais dans le synode tenu à Latran en 1112 cette concession du pape fut considérée comme un acte de haute trakison à l'égard de l'Église, et cette assemilée le contraignit à la retirer. Enfin, en 1122, un concordat fut signé entre Calixte II et Henri V, aux termes duquel Henri abondonna au pape le droit d’investiture par l’anneau et la crosse, s’engagea à respecter la liberté des électons épiscopales, sous la suveillance de lautorité séculière cependant, tandis que le pape concéda à lempereur le droit d'investir les prélats de fiefs impériaux en vertu des prérogatives attachées au sceptre impérial et de recevoir d'eux, avant leur consécration, le serment de féodalité. Des transactions identiques mirent fin aux longues querelles que les papes avaient eu également à soutenir sur cette question avec les rois de France et d'Angleterre. Toutefois, l’empereur Lothaire 1f modifia, dès 1125, les termes du concordat en n’exigeant plus des prélats que le serment ordinaire des sujets et en permettant que la consécration précédât Pinvestiture.
IN-VINGT-QUATRE. Voyez Formar.
INVIOLABILITE. C’est le droit d’être à l'abri de toute violence. La iégisiation de tous les États libres proclame l’inviolabilité du domicile des citoyens, en ce sens que l'autorité publique n’y peut pénétrer qu'après l’accomplissement des formalités légales, L'inviolabilité du domicile est une des garanties de la liberté individuelle.
« Le premier droit de la souveraineté, dit Puffendorf, c'est d’être sacrée et inviolable, » Ce principe est fondé dans les gouvernements absolus sur ce que le roi est le représentant de Dieu sur la terre, et dans les gouvernements constitutionnels sur cette maxime d'ordre public : Le roi ne peut mal faire ; il implique alors comme corollaire indispensable la responsabilité des ministres.
La souveraineté du peuple est inviolable, en vertu du même principe, dans les États démocratiques , et la représentalion nationale l’est au même titre. Individuellement chaque député, mandataire du peuple, est inviolable comme lui; mais hors du cercle de ses attributions politiques il reste sujet de la loï, qui confère à la justice une action immédiate et sans contrôle dans le cas de flagrant délit.
Pourquoi faut-il que l’inviolabilité soit presque toujours lettre morte, et que ce mot de Benjamin Constant soit éternellement vrai : « On aura beau décréter l’inviolabilité sacrosainte, la force des choses sera toujours plus forte que les lois écrites. »
Les ambassadeurs sont inviolables de par le droit des gens, comme les féciaux à Rome. Jadis les criminels le pouvaient devenir en vertu du droit d’asile.
Enfin, l’inviolabilité des lettres et de la correspondance privée est un devoir sacré imposé aux gouvernements. Les pouvoirs qui y manquent invoquent d'ordinaire la raison d'État pour légitimer cette violation de la foi publique qui soulève toujours contre eux l'opinion (voyez CABINET NoIx ).
INVOCATION, Ce mot, composé de la préposition latine in, dans, et du substantif vocatio, appel, est de la plus haute antiquité : ilse trouve à chaque page, sous la forme du verbe hébreux kara (appeler }, dans la Bible, C'est l'action