‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 334 sur 522 · IRLANDE — IRONIE · texte numérisé non relu

IRLANDE — IRONIE

dans les principales villes, sous la direetion des évêques catholiques. Après l'annexion de la Romagne au Piémont, en 1860, une réunion des notabilités irlandaises, présidée par l’archevéque de Dublin, rédigea une adresse à lord Palmerston en faveur du souverain pontife, et, le gouvernement de Pie IX ayant fait appel au zèle de tous les pays catholiques pour augmenter son armée, l'Irlande, malgré les obstacles mis au recrutement par le cabinet de Londres, fournit un si grand nombre de volontaires qu’on en forma une brigade à part. Cette brigade eut, du reste, un rôle fort peu brillant, et ne soutint pas, à Castelfidardo, le choc de l'ennemi.

L'influence du sentiment religieux, les excitations de la polilique, le mécontentement de la population entretenu par des injustices séculaires que le gouvernement dela Grande-Bretagne persistait à laisser subsister, faisaient craindre constamment de nouveaux troubles en Irlande. Dans un banquet qui suivit, le 8 août 1864, l’inauguration à Dublin d’un monument élevé à la mémoire d’O’Connell, les voix des personnages les plus considérables s’élevèrent pour protester contre la situalion dans laquelle les fils des conquérants laissaient les fils du sol de la verte Érin. Ces protestations furent répétées, de côte et d'autre, par tout le pays, et provoquèrent des manifestations en sens opposé. À Belfast, les orangistes brû- Ièrent sur la place publique une effigie d'O’Connell, puis en portèrent les cendres dans un cercueil à la chapelle catholique romaine, où ils parodièrent les cérémonies du culte et profanèrent les vases sacrés. Le parti catholique, répondant par des représailles, brûla à son tour l’eflisie de Guillaume d'Orange. Il s’ensuivit dans les rues une véritable bataille de plusieurs jours, où les catholiques, moins nombreux que les protestants, eurent le dessous; des maisons et des édifices publics furent saccagés; on vit se produire des scènes de barbarie qui rappelaient le temps des guerres de religion; plusieurs centaines de personnes furent tuées ou biessées.

Cependant, l’émigration des Irlandais en Amérique, favorisée par les encouragements et les facilités que lui accordait l'administration, devenait de plus en plus considérable. Le nombre des émigrants était de 84,586, pour les six premiers mois de 1864; il montait à 1,499,642, pour la période commençant au 1° mai 1851 et finissant avec l’année 1864. De cette masse d'hommes qui, éloignés de leur patrie par la nécessité ou par le désir de faire fortune, en rêvaient cependant toujours la délivrance, sorlit le mouvement insurrectionnel connu sous le nom de jenianisme, et qui avait pour but, avec l’affranchissement de l'Irlande, la proclamation de la république et une réforme sociale. Le colonel O'Mahony, fondateur de la sociélé des Fenians, après avoir passé plusieurs années à l'établir en Amérique, jugea, en 1863, que le moment élait favorable pour étendre le mouvement à l'Irlande et fit fonder à Dublin le journal the Irish People. C'estdans les campagnes que la propagande commença: elle ne tarda pas à s’étendre, et un soulèvement général paraissait imminent, lorsque le lord-lieutenant suspendit l’acte d’habeas corpus, en septembre 1865, saisit l’Zrish People, fit arrêter un grand nombre de personnes, et promitune récompense de 200 livres sterling à celui qui livrerait James Stephens, désigné comme le chef du mouvement. Celui-ci réussit à s'évader et se rendit aux Etats- Unis, où, après une tentative infructueuse contre le Canada, les Fenians résolurent d’agir en Irlande. En même temps que l'insurrection éclatait dans cette île sur plusieurs points à la fois, ils tentèrent d’enlever par surprise l’arsenal de Chester; partout l'insurrection échoua, sans qu’il y eût eïffusion de sang. Un nouveau soulèvement fut tenté en Angleterre même, au mois de septembre 1867; une voiture cellulaire contenant deux prisonniers fenians fut atlaquée dans les faubourgs de Manchester par une troupe d'Irlandais armés, Un des policemen qui escor-

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