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taient la voiture fut tué d’un coup de pistolet, et les prisonniers purent s'échapper. Vingt-six inculpés furent traduits devant une cour spéciale, et trois d'entre eux condamnés à mort et exécutés. Le 13 décembre de la même année, un nonvel attentat vint jeter la consternation dans Londres même, où, pour délivrer un de leurs chefs, les Fenians firent sauter un mur de la prison de Clerkenwell, à l'aide d’un baril de poudre, dont l’explosion, en effondrant les maisons voisines, tua ou blessa cinquante-quatre personnes.
Une grande partie de la population irlandaise était restée en dehors de la conspiration des Fenians, et les hommes d’Elat anglais purent concevoir l’espérance de l’amener à de meilleurs sentiments envers le gouvernement de la Grande-Bretagne, en faisant disparaître ou du moins en atténuant les griefs dont elle se plaignait. M. Gladstone s’attaqua à un de ces griefs, l’un des plus graves ; il demanda l'abolition de l'Eglise privilégiée d’Irlande, dont l'aristocratie cléricale ruinait le pays. Son projet, mis en discussion à la chambre des communes au commencement de 1868, y fut adopté, malgré l'opposition du ministère Disraéli, mais il fut rejeté par la chambre des lords. L'année suivante M. Gladstone, devenu luimême président du conseil, fit voter la loi, sans que les résistances de la première chambre, tout en la modifiant dans la forme, en eussent trop changé l’esprit.
La condition déplorable des tenanciers irlandais vis-àvis des maîtres du sol est restée une cause très-grave de douleurs et d’irritation; ce qu’on réclame surtout pour le tenancier, c’est en effet de recevoir, lorsqu'il est brusquement congédié, une compensation pour les améliorations qu’il a apportées à la terre, dans l'espoir d’une longue possession. Quant au clergé catholique, il demande toujours une nouvelle loi sur l'éducation publique, et une franchise pour ses écoles comme pour celles des protestants. Sur la demande réitérée et persistante de M. Gladstone, la chambre des lords adoptait, le 13 mai 1873, en deuxième délibération, le bill abolissant le serment universitaire pour l’université de Dublin.
IRLANDE (Nouvelle-). Voyez NouYELLE-IRLANDE.
IRONIE, figure de rhétorique, où la parole est directement opposée à la pensée. Mais, loin de cacher la penste, celte manière d’employer la parole fait ressortir avec plus de force ce qu'on a dans l’esprit. Dumarsais distingue deux espèces d’ironie : l’une est un trope, à son avis; l'autre, une figure de pensée. Celle-ci est l'ironie soutenue; celle-là consiste dans un ou deux mots.
L’ironie ne convient pas aux passions, dit Vollaire; elle ne va point au cœur. Sans doute, il a voulu parler de l'ironie prolongée, dont les idées suivies dans un ordre où la réflexion est trop marquée, s'accordent peu avec la marche impétueuse et brusque des passions. En effet, comme l'ironie est un parallèle qui se fait dans lesprit, elle suppose une âme calme pour tracer ainsi le tableau de ce qu’une chose est avec les traits de ce qu’elle n’est pas. Sous ce rapport, et parce qu’elle est une moquerie légère ou pénétrante, douce ou amère, elle convient mieux au ton de la comédie. Néanmoins, il en est d’elle comme du rire : expression ordinaire de la gaieté, elle peut être encore inspirée par le désespoir ou la rage.
L’ironie a différents caractères, comme elle a des sources variées. Inspirée par l'estime ou l'amitié, elle couvre un éloge sous le voile du blâme ; tel est le discours de la mollesse dans Ze Lutrin. Tantôt, quand elle vient de la haine, du mépris ou de la colère, elle parodie le lon, les gestes et les paroles d’un autre, afin de lui donner un ridicule. On en trouve un exemple dans la scène du Misanthrope entre Arsinoë et Célimène. Le cynique Diogène jela un jour à Platon un coq dépouillé de ses plumes, en criant aux élèves du philosophe : Voilà l'homme de Platon! C’est, dit Beauzée, une espèce d’ironie dédaigaeuse ou maligne, qui par une raillerie humiliante dé-
voue au mépris la personne qui en est l’objet. Enfin, le sarcasme, qui mord dans la chaire vive, comme l'indique son étymalogie (saræ, en grec ), est la parole outrageante du vainqueur à son ennemi terrassé; c’est le mot de Thomyris qui plonge la tête de Cyrus dans un vase de sang, ou le reproche amer du Parthe qui verse de l'or fondu dans la bouche de Crassus ; ou l’exclamation du poëte à la vue de Balthazar expirant sous les traits du Mède ;
I nunc, atque Deum factis illude nefandis !
Hippolyte FAUCHE.
IROQUOIS. Les ethnographes les plus récents désignent sous cette appellation générique un groupe de tribus indiennes ayant entre elles plus où moins d’affinité, et qui jadis étaient puissantes et influentes. La nation iroquoise se divise en deux groupes, le plus grand au nord, etle moindre au sud, Le groupe septentrional forme à son tour deux subdivisions, celle de l’est, et celle de l’ouest; la première composée des Cinq-Nations, comme les appellent les Anglais, ou des Iroquois, comme les avaient nommés les Français du Canada, la seconde des Wyandots ou Hurons et des Athionandarons ou nation neutre, Les Jroquois proprement dits, ou les Cinq-Nations, à savoir les Mohawks, les Onéidas, les Onondagas, les Cayougas et les Sénécas, habitaient au sud du Saint-Laurent et du lac Ontario, et étaient répandus depuis l’Hudson jusqu'aux ramifications supérieures du fleuve Alleghany et jusqu'aux lac Érié. La confédération politique qu'ils formaient était très-puissante avant l’arivée des Européens et constemment engagée dans de sanglantes guerres, tantôt avec des nations appartenant à la mêmerace, tantôt avec des nations étrangères. 11s montraïient dans la direction des opérations de la guerre beaucoup plus d'intelligence que les diverses nations des Algonquins Lénapes, leurs voisines, et de même étaient bien plus avancés qu’elles dans l’agriculture, dans la fabrication des armes et les autres métiers. Une circonstance qui ne tarda pas non plus à beaucoup accroître leur prééminence sur leurs voisins, c’est que les premiers ils se trouvèrent en contact avec les Européens, de qui ils apprirent l’usage des armes à feu. Ils ne laissèrent pas non plus que de prendre une part assez importante aux guerres dont ces contrées furent le théâtre entre les Anglais et les Français. Il paraît cependant que le nombre de leurs guerriers ne s’éleva jamais à plus de 5 à 6,000 hommes. Depuis que leurs descendants ont été transportés du territoire de l'Union Américaine dans l’ouest du continent, il n'en reste plus que d’insignifiants débris dispersés dans le Canada au voisinage des grands lacs. En 1714 et 1715 les débris des Tuscaroras avaient encore été accueillis comme Sixième nation dans la confédération des Iroquois. Ces Tuscaroras s'étaient vus contraints d’émigrer à la suite de guerres malheureuses contre les habitants de la Caroline, où ils formaient autrefois une nation très-puissante, et constituaient, avec les Meherrins ou Tutelocs, dont il ne reste plus de vestiges aujourd’hui, et les Nattoways, le groupe des Iroquois du sud. Consultez Schoolcraft, History of the Froquois (New-York, 1846).
IRRADIATION (de in, sur, et radiare, lancer des rayons). Les rayons que lance un corps lumineux s’écartant les uns des autres à mesure qu’ils s’éloignent du foyer qui les produit, il arrive que le eorps lumineux nous paraît plus grand qu’il ne l’est en effet : ce phénomène s’appelle irradiation. Lorsqu'on observe le soleil et les autres astres au moyen d’une lunette, on remarque que leur diamètre diminue considérablement; il suffit de regarder ces astres au travers d’un trou d’épingle pratiqué dans une carte pour faire la même remarque. Ce ne sont pas seulement les astres lumineux par eux-mèmes qui nous donnent une fausse idée de leur grandeur; la lune elle-:môme, qui est un corps opaque, nous paraît plus grande lorsqu'elle est éclairée par le soleil : si on la regarde avec attention quand elle n'oftre qu’un eroissant, on observe que la partie éclairée s'élève pour ainsi dire au-dessus de la partie obscure, C’est aussi
IRONIE —- TRRÉSOLUTION
à l'irradiation qu'il faut attribuer les variations de grandeur que présente un objet diversement coloré. Une même boule, par exemple, nons semblera plus grande si on la peint en blanc, en rouge, que si elle est couverte de couleur noire. Le vulgaire sait fort bien qu'un habit blanc fait paraître celui qui en est revêtu plus volumineux qu’on ne le croit lorsqu’il est habillé de noir. C’est encore l’irradiation qui nous fait croire que les étoiles ont plusieurs branches ; cependant, on a de bonnes raisons pour penser que ce phénomène est produit en nous par une conformation particulière de l'œil; car deux individus ne donneront pas à une même étoile un même nombre de rayons; en outre, chacun d'eux les croira diversement placés. Qui plus est, cette disposition de l’œil varie avec l’âge de l'individu. TEYSSÈDRE,
IRRATIONNEL. Voyez INCOMMENSURABLE et RATION- NEL.
IRRÉDUCTIBLE. Une fraction est dite irréduclible quand il n'existe aucune fraction de même valeur exprimée par des termes respectivement moindres.
En algèbre, on donne le nom de cas irréductible à ce= lui que présente une équation du troisième degré dont les racines sont réelles et inégales. Dans ce cas, en effet, si on veut résoudre l'équation en appliquant la formule générale, on trouve des valeurs compliquées d’imaginaires engagées sous des radicaux cubiques. Il faut développer chacun de ces radicaux en série; on reconnaît alors que les termes réels restent seuls dans le résultat final. Mais les séries que l'on obtient étant rarement convergentes, on a dû chercher une autre méthode. L'emploi des fonctions trigonométriques donne un moyen beaucoup plus rapide pour résoudre ces sortes d'équations.
IRRELIGION, manque de religion. La religion ne nous présente rien que de conforme à la raison, que d'aimable, que de touchant, que de digne d’être admiré dans tout ce qui regarde les sentiments qu’elle nous inspire et les mœurs qu’elle exige de nous. L’unique point qui puisse révolter notre cœur est lobligation d’aimer Dieu plus que nous-même, et de nous rapporter entièrement à lui. Mais qu'y a-t-il de plus juste que de rendre tout à celui de qui tout nous vient, et que de lui rapporter ce moi que nous tenons de lui seul? Qu’y at il, au contraire, de plus injuste que d’avoir tant de peine à entrer dans un sentiment si juste et si raisonnable? 11 faut que nous soyons bien égarés dans notre voie, et bien dénaturés, pour être si révollés contre un subordination si légitime. C’est l’amour-propre aveugle, effréné, insatiable, tyrannique, qui veut tout pour lui seul, qui nous rend idolâtres de nous-même, qui fait que nous voudrions être le centre du monde entier, et que Dieu même ne servit qu’à flatter tous nos vains désirs. C’est lui qui est l'ennemi de l'amour de Dieu : voilà la plaie profonde de notre cœur, voilà le grand principe de Pirréligion. Quand est-ce que l’homme se fera justice? quand est-ce qu'il se mettra dans sa vraie place? quand est-ce qu'il ne s’aimera que par raison, à proportion de ce qu’il est aimable, et qu'il préférera à soi non-seulement Dieu, qui ne souffre nulle comparaison, mais encore tout bien public de la société des autres hommes, imparfaits comme lui? Encore une fois, voilà la religion : connaître, craindre, aimer Dieu, c’est làtout l’homme, comme dit le Sage (£cclés., XII, 13). Tout le reste n’est point le vrai homme ; ce n’est que l’homme dénaturé, corrompu et dégradé, que l’homme qui perd tout en voulant follement se donner tout, et qui va mendier un faux bonheur chez les créatures, en méprisant le vrai bonheur que Dieu lui promet. Que met-on à la place de ce bien infini ? Un plaisir honteux, un fantôme d'honneur, Pestime des hommes que l’on méprise ! FÉNELON.
IRRÉSOLUTION, situation embarrassante de l'esprit, qui peut provenir d’une trop grande facilité d'examen faisan discerner à la fois toutes les faces que présente une affaire, et en Jaissant combiner teus les résultats probables et possibles; plus souvent encore, l'irrésolution prouve la timidité, le défaut de discernement et la conscience de ce