‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 337 sur 522 · L. Louver · texte numérisé non relu

L. Louver

IRRITABILITÉ , aptitude à être irrité ou à réagir. Telle est la signification la plus générale de ce mot; mais il a reçu en physiologie une acception plus précise, surtout de la part de Haller, et depuis cet homme célèbre, qui a fait de l’irritabilité le sujet d’un deses grands travaux. L’irrilabilité, dans le sens physiologique, est cette propriété qu’a la fibre charnue de se raccourcir en oscillant et se fronçant à l'occasion de certaines excitations, soit médiates, soit immédiates, mécaniques, chimiques ou galvaniques. Haller pensait, lui et ses partisans, que l’irritabilité est complétement indépendante des nerfs. Pour le prouver, ils arrachaïent le cœur de la poitrine d'un animal, ou bien ils isolaient un de ses membres, un tronçon de ses chairs; or, comme après cette complète séparation ils voyaient ces parties isolées continuer de se contracter, de palpiter au moindre attouchement, et cela pendant une ou plusieurs heures, ils en inféraient que les muscles étaient irritables sans la participation des nerfs. 11 est curieux de voir les vives convulsions qu’excite soudain dans une jambe d'homme qui vient d’être amputée un bistouri enfoncé dans les chairs de ce membre : c’est un fait d'irrifabilité qui donne à penser et fait frémir. On a objecté à Haller quecette irritabilité, qu'il croit étrangère aux nerfs, dépend en réalité des filets nerveux qui se dispersent çà et là dans les muscles. C’est un reste de l'action nerveuse topique et latente dans chaque fibre, et qui ne se divulgue qu’au contact irritant d'un corps extérieur ou sous l'impulsion du galvanisme, Quand on enlève et qu'on résèque (exlirpe) le nerf moteur qui se distribue dans des muscles, ces muscles

IRRITABILITE — IRVING

perdent aussitôt leur mouvement arbitraire ; fls deviennent sourds à la volonté, mais ils restent irritables à l'action du galvanisme durant quatre jours, jamais au delà. Ils restent irritables aux autres provocations extérieures pendant trois ou quatre mois, et peut-être davantage. Un jeune anatomiste a fait sous ce rapport des expériences d'un grand intérêt. Il est d’autres actes d’irritabilité muscujaire qui s’accomplissent sur la provocation de douleurs et sympathies physiques, et même de sentiments moraux. C’est ainsi que la penr et diverses impressions morales provoquent l’irritabilité des intestins; le chatouillement de nez, Pirritabilité du diaphragme ; l'ennui, celle des muscles du cou; l’attouchement de la luette, celle de l'estomac ; le

froid des pieds, les cantharides et la gravelle, l'irritabilité

de la vessie. Un grand nombre d'émotions morales aboutissent ainsi à lirritabilité des entrailles, et donnent lièu à d'innombrables sensations. D' Isidore BourDoN.

IRRITANTE (Clause), du latin irritans, qui annule, qui rend inutile. Voyez CLAUSE.

IRRITANTS. La signification de ce mot, usité dans le langage médical comme adjectif ou comme substantif, manque d’une précision exacte : ceux qui assimilent l’irritation à l'excitation considèrent les irritants comme des excitants; d'autres n’accordent cette dénomination qu'aux causes qui exagèrent l'excitation normale, qui est inhérente aux tissus, et une condition élémentaire de la vie. C’est, il nous semble, à cette dernière limite qu’on devrait borner l’acception du mot irritant, afin d'éviter une confusion très-nuisible à l'intelligence des choses. On ne saurait être trop réservé dans l’emploi des irritants, dont

la liste est aussi nombreuse que variée, parce que toute |

sur-excitation, au physique comme au moral, a des inconvénients plus ou moins graves. Les affections morales , qu’on appelle irritantes, altèrent nos tissus en dépravant l’inervation, et finissent par être corrosives ainsi que des poisons minéraux « il faut donc, autant que possible, contenir l'excitation cérébrale dans des degrés modérés. L'usage des excitants physiques doit étre également pondéré, afin qu’ils ne deviennent pas irritants : il faut même s’en abstenir quand les organes ne sont pas aptes à recevoir l’excitation normale. Ainsi, la privation des aliments est nécessaire dans la plupart des maladies où l’estomac est intéressé; il faut se soustraire à l’action de la lumière quand les yeux sont fatigués ou enflammés ; il faut renoncer au tabac si la membrane pituitaire est affectée, etc. Toutefois, les irritants sont nécessaires dans des cas, et plusieurs d’entre eux composent une grande partie de l'arsenal pharmaceutique. D' CHARBONNIER.

IRRITATION (en latin irritatio), « Action de ce qui irrite les membranes, les organes, les nerfs, etc., ou l'état qui résulte de cette action , » dit l'Académie. Mais qu'est-ce qu'irriter ? Il se dit en médécine , suivant le même corps savant, « de ce qui détermine de la douleur, de la chaleur et de la tension dans un organe, dans un tissu quelconque. » On voit par cette définition même que de l’irritation à l'inflammation la nuance est très-délicate. La brûlure, dans ses divers degrés, peut être présentée, “uivant le docteur Ratier, comme donnant une juste idée de l’irritation. Quoi qu'il en soit, le mot irritotion a pris une importance particulière sous l'influence de Broussais, quien a fait la base d’une théorie médicale qui à gardé son nom. Suivant ce médecin, l’irritation consiste, comme l’e x citation de J. Brown, dans l'augmentation de l’action organique des tissus; elle naît, se développe, s’accroît, se transnet, décroît et se dissipe en se conformant aux lois qui président au développement régulier de l’action organique. Elle est toujours primitivement locale, et ne peut jamais exister à la fois et au même degré dans toutes les parties du corps. L'irritation trouble, dérange, affaiblit la fonction du tissu qu’elle occupe, et peut offrir divers degrés d’inflara mation, selon la puissance des causes et ja faculté irritable des tissus. Ordinairement elle est continue dans sa warche,

DICT. DE LA CONVERS. — T. XI

quelquefois elle affecte une forme intermittente. Enfin, elle est susceptible de six modifications principales, comprenant la totalité des maladies : 1° l’irritation inflammatoire ou inflammation, où le sang est appelé dans les tissus plus abondamment que les autres fluides ; 2° fa subin/flammation, ou appel des fluides blancs ; 3° l'A ém orrhagie, ou issue du sang à la surface ou à l’intérieur des tissus ; 4° lanévrose,ouirritation nerveuse sans appel de fluides ; 5° l'irilation nutrilive, dans laquelle l'assimilation est exagérée; 6° enfin, l’irrilalion sécréloire, qui s'annonce par une augmentation notable des sécrétions. En ajoutant les irritations sympathiques surgissant de causes éloignées, on a l’ensemble du système qui prétend expliquer par lirritation tous les phénomènes de l’état morbide. « On sait, dit encore le docteur Ratier, quelles fausses conséquences on

| a tirées pour la pratique de cette théorie séduisante par sa

simplicité, et de quelle manière, sans doute contre l’intention de l’auteur, on était arrivé à une médecine de sangsues et d’eau claire, qui regardait comme un irritant funeste un simple bouillon de poulet. » On dut bien vite renoncer à cette médecine expéditive, tant les faits apportaient d’exceptions aux prétendues règles générales.

IRRITATION ( Morale). On comprend sous ce nom une sorte d’exaspération, d’agitation vive mais fugace, une effervescence de lesprit, violente mais sans profondeur. L’irrilabilité s'entend de Ja disposition, de la facilité à s’abandonner à lirritation. Le moindre mot enflamme l’homme irritable, la moindre opposition l’échauffe. II s’emporte d'un rien, mais en général il revient vite. Ies poëtes ont de tout temps passé pour être facilement irritables : Genus irritabile vatum, dit Horace. J.-J. Rousseau restera le type de l’homme irritable. Ce défaut le rendit d’ailleurs bien malheureux. Les personnes irritables sont en effet fort à plaindre. Par bonheur, comme on l’a souvent remarqué, les gens prompts à s’irriter s’apaisent avec autant de promptitude. Ils savent même souvent reconnaître leurs torts et se les faire pardonner. C’est là ce qui les distingue des gens irascibles. L'homme irascible concentre sa colère, la dissimule au besoin, lui donne un objet déterminé, et ce sentiment est susceptible de durée. L’irascibilité, comme le dit M. Lafaye, tient davantage au caractère, l’irrifabilité au tempérament. L. Louver.

IRRUPTION (du latin irruptio), entrée soudaine et imprévue des ennemis dans un pays (voyez INGURSION ). Par extension, ce mot s'emploie en parlant du débordement, de l’envahissement de la mer, d’un lac, d’un fleuve sur les terres.

IRTISCH, grande rivière d'Asie, qui prend sa source en Chine, dans la province de Tarbagataï, dans le gouvernement du Tchian-pe-lou, au pied du grand Altaï, et qui par la longueur de son cours (290 myriamètres), par l’immense volume de ses eaux et par sa largeur, devrait être considéré comme la branche principale de lObi, au lieu de n’en être que l’affluent le plus important. L’Irtisch passe par Boukbtarminskaïa, Sémipotalinsk, Omsk, Tara et Tobolsk, reçoit à sa gauche les eaux de l’Zchim et du Tobol, se jette dans l'Obi, près de Samoravo, et appartient au grand système de communication fluviatile qui relie Saint-Pétersbourg à l’océan Pacifique. De nombreux rapides en rendent la navigation des plus difficiles.

IRUS , mendiant de l’ile d’Ithaque que l'Odyssée a immortalisé , dont le véritable nom était Arnæus, et que les amants de Pénélope employaient pour diverses commissions, Quand, à son retour, Ulysse, organisé lui-même en mendiant, s’approcha de sa demeure pour y surprendre les importuns, Irus chercha à l'empêcher d'entrer, et le provoqua même en combat siugulier. Grand, mais faible, Irus fut tué par Ulysse: sa pauvreté était déjà devenue proverbiale chez les anciens, en opposition surtout à la richesse de Crésus, et on dit encore aujourd'hui pauvre comme Irus.

IRVING (Épouarn), fondateur de la secte religieuse des Irvingiens, né en 1792, à Annan, dans le comté de

Dumifries en Écosse, devint, en 1810, professeur de

mathématiques à Haddington, en 1812 directeur du gymnase!

de Kirkaldy, plus tard vicaire du pasteur Chalmers à Glasgow, et depuis 1822 prédicateur de l’Église nationale écossaise de Londres, où ses sermons eurent pour but de ramener l’Église à l’organisation primitive qu’elle possédait au temps des apôtres. Ayant ensuite commencé , à partir de 1827, à exposer sur la nature humaine du Christ des idées contraires aux croyances reçues, et étant allé, nonseulement dans ses pratiques de dévotions domestiques, mais encore, depuis 1831, dans l'Église même, jusqu’à se livrer à des jongleries mystiques et à des rêveries millénaires, le Presbytère se vit forcé d'intervenir, et enfin, tous les avertissements étant restés sans résultat, de le destituer en 1832. Édouard Irving n’en continua pas moins à prêcher les mêmes doctrines aux adhérents qui se groupaient autour de lui; il fut en conséquence exclu du sacerdoce par le synode général d'Écosse tenu en 1833. 11 mourut à Glasgow, le 7 décembre 1834. C'était un homme d’une piété sincère, du caractère le plus bienveillant et doué d'éminentes facultés, mais que le fanatisme et l’orgueil religieux égarèrent. Ses sermons ont parn sous le titre de Oracles of God (Londres, 1822), et sous celui de Sermons, lectures and speeches (1828).

La constitution religieuse de l’Zrvingianisme est une théocratie pure, se rapprochant beaucoup du catholicisme par la soumission absolue des laïques à l’autorité spirituelle. L'organe de cette secte est The morning Watch, journal paraissant à Londres.

IRVING (Wasmncrow), ingénieux écrivain américain, est né le 3 avril 1783, à New-York. Menacé de phthisie dans sa jeunesse, il voyagea pendant deux années pour rétablir sa santé, en Italie, en France, en Hollande et en Angleterre. Il se fit connaître d’abord dans le monde littéraire par ses Letters of Jonathan Oldstyle, qui parurent dans le Morning Chronicle, journal publié par son frère. Il rédigea ensuite un journal satirique, Le Salmigondis, puis fit paraître sa spirituelle Histoire de New-York par Diedrich Knickérbocker. En même temps qu'il se livrait à ces travaux , il étudiait le droit; mais il renonça bientôt à l'idée de se faire avocat, et entreprit alors un commerce en société avec son frère. La guerre de 1812 étant venue suspendre les affaires, Washington Irving remplit pendant quelque temps les fonctions d'aide de camp près du gouver-

neur de New-York, Tompkins. Au rétablissement de la.

paix, il reprit son commerce. Un voyage d’affaires qu’il fut obligé d’entreprendre en Angleterre lui fournit l’occasion de recueillir des observations sur les mœurs anglaises, qu'il publia plus tard dans son Skelchbook of Geoffrey Crayon {1820), quand il se fut ruiné dans ses opérations commerviales. Ensuite il s’en alla voyager de nouveau en Europe, et écrivit à Paris son Bracebridge-Hall, ou les humoristes (1823). Il passa les années 1822 et 1823 en Allemagne, et l’année 1824 en Angleterre, où il publia ses Contes d’un Voyageur. De là il se rendit dans le midi de la France, d’où il gagna l'Espagne, où un séjour de quatre années lui permit d'acquérir une connaissance parfaite de ce pays et de consulter dans la bibliothèque de l’Escurial tous les ouvrages et les manuscrits ayant rapport à la découverte de l'Amérique. Le premier fruit de ces patientes études fut son Histoire de la Vie et des Vogages de Christophe Colomb (1828-1830 ), qu’il compléta dans ses Voyages et Découvertes des Compagnons de Colomb (1831). Les chroniques espagnoles et les manuscrits d’Antonio Agapida lui fournirent le sujet de ses Chroniques de la Conquête de Grenade (1829). A son retour d’Espagne, il fut nommé secrétaire de la légation américaine à Londres, où, plein d'enthousiasme pour la runificence et les mœurs mauresques , il écrivit son Alhambra (1832). En 1832 il revint aux États-Unis, dont il parcourut alors toute la partie située à l'ouest du Mississipi; tournée au retour de laquelle il habita Washington jusqu’à ce qu'en 1841 il eût été nommé ministre

: IRVING — IRVINGIENS

des États-Unis à Madrid, Dans cet intervalle il avait fait paraître des Mélanges, contenant un Voyage aux Prairies, Abbotsford and Newstead Abbey, Legends of the Conquest of Spain, Adventures of captain Bonneville (3 vol.; 1837) ; puis son Ske{ch-Book (1839). A Madrid, où il passa près de cinq années , il continua ses recherches historiques, dont il publia le résultat sous le titre de His/ory of Mahomet and his successors (Londres, 1850), quand il eut été rappelé par le président Polk. Cet ouvrage brille moins par la profondeur que par l'élégance du style. On a aussi dIrving : Oliver Goldsmilh, a biography (Londres, 1849). Il couronna sa vie littéraire par une Vie de Washinglon (1855-1859, 4 vol. in-8), accompagnée de lettres et de documents inédits. Depuis 1847, retiré dans un petit domaine qu’il possédait aux environs de New-York, cet écrivain est

mort d’une maladie de cœur, le 28 novembre 1859. Son,

neveu a publié une édition de ses Œuvres complèles en 15 vol. in-8°.

[W. Irving, demi-prosateur et demi-poëte, demi-romancier et demi-historien, est un de ces écrivains sans originalité, mais non sans esprit, qu’on rencontre à coup sûr chez une nation qui a commencé par être toute civilisée. A des nations ainsi faites, il n’est guère besoin de poésie : elles méprisent l'idéal comme chose inutile et vaine ; le positifest tout pour elles, Quand par hasard les peuples marchands se mêlent de faire de Ja littérature, c’est plutôt par vanité que par besoin. Leur littérature n’a rien de neuf, rien d’inspiré, rien d’imprévu, ceux quila fabriquent auraient tout aussi bien construit des ponts ou des chemins de fer. Telle est la littérature américaine. Comme tous les arts mécaniques de l'Angleterre, leur mère-patrie, la poésie des Américains vient directement de l'Angleterre; ce n’est pas un produit du sol, c’est une exportation, qui a le grand avantage de ne pas payer de droits. Cooper, l'Américain, est à coup sûr un très-spirituel romancier, mais un romancier de l’école de sir Walter Scott, avec autant de talent, il est vrai, et même avec autant d'originalité que peut en posséder un homme qui n’a pas créé sa manière et sa forme. Irving, lui, imite tout simplement tont le monde : on voit qu'il a voulu être d’abord Américain, comme Cooper, mais il l’a été moins sincèrement, c'est-à-dire avec moins d’enthousiasme, Dans son esprit et dans son style, Voltaire nuit beaucoup à Walter Scott : on voit à chaque instant qu’Irving a beaucoup lu Candide et Ivanhoé, ces chefs-d’œuvre de la moquerie et de la naïveté, ce qui fait, à vrai dire, un singulier mélange quand on s’avise de les accoupler l’un à l’autre.

Irving est sans contredit un homme d’esprit, mais un homme d'esprit qui copie les uns et les autres. Il ne sait encore à quoi se décider, et, après avoir déjà beaucoup écrit, il est à chercher entre l'ironie et l'enthousiasme. Comme tous les esprits qui ne sont pas sûrs d'eux-mêmes, celui-là excelle surtout dans les petites choses. Il doit être la providence des revues dans son pays, pour nous servir d’un expression usitée en ce pays-ci. On a traduit chez nous presque tous ses ouvrages ; ce qui, jusqu’à un certain point, ne prouve pas grand chose en faveur des gloires exotiques. On a lu avec plaisir ses Contes d’un Voyageur : c’est une suile variée, et sans liens entre eux, de petits récits pleins de bonne humeur et de cette facile observation qu’un homme d'esprit a toujours à sa disposition, tant qu'il a du bon vin dans son verre et du bon tabac dans sa pipe. Sa Vie de Christophe Colomb, pleine de recherches, de précieuses découvertes et de faits curieux, serait sans contredit un excellent ouvrage, sion n’y rencontrait pas de temps à autre, peut-être à l'insu de l’auteur, des traces trèsvisibles et très-mal-séantes de cet esprit goguenard et voltairien qui a été si souvent nuisible à tant d'écrivains étrangers qui ont la rage de vouloir nous donner ia patle en français.

Jules Janin, ]

IRVINGIENS, secte ainsi nommée d'après son fon-

dateur, Édouard Irving; subsiste toujours, et a même fait

IRVINGIENS

dans ces derniers temps bon nombre de prosélytes sur le continent, notamment en Russie. D’après les sept étoiles dont il est question dans l’Apocalypse, elle forme sept communes régies par sept présidents, appelés anges. Il existe aussi dans son sein des prophètes, des évangélistes, des apôtres, des diacres et des anciens; toutes dénominations ayant pour but de rappeler les temps apostoliques et l'Église primitive. Le principal dogme des Zrvingiens, c'est que le Christ est, comme tous les autres hommes, né dans le péché, et n’en a été préservé que par la résistance qu'il lui a opposée en vertu de l’Esprit-Saint. Tout autre homme peut engager une lutte identique et en sortir pareillement victorieux, l’Esprit-Saint lui venant à cet effet en aide. L’Eglise a conservé dans toute son étendue, comme au temps des Apôtres, le don de prophétiser, de parler toutes les langues étrangères et même de faire des miracles; et c’est à l’impiété des hommes qu’il faut attribuer la rareté des manifestations de sa puissance.

ISAAC, fils d'Abraham et de Sara, naquit l’an 1896 avant J.-C. Sa mère était alors âgée de quatre-vingt-dix ans et son père de cent. Le nom de ce patriarche dérive de {sahak (rire). Prédite à ses parents, la naissance d’Isaac vint les combler de joie dans leur vieillesse. Fils unique, il devait être offert en holocauste sur la montagne de Moria, l'an 1871 avant J.-C. : il n’échappa à ce danger que par un miracle . Cet événement biblique est connu sous le nom de Sacrifice d'Isaac. La synagogue le célèbre à la solennité du nouvel an : elle invoque les bontés de Dieu pour Israel, en mémoire du sacrifice volontaire d’Isaac; l'Église voit dans ce sacrifice le type de celui du Christ. Comme son père, Isaac se distingua par sa piété et par sa constance dans le culte du vrai Dieu, malgré son séjour parmi les païens; mais il ne fit pas, comme Abraham, de rares actions, et ne déploya pas une grandeur d'âme égale à la sienne. Le caractère patriarcal se montre en lui plus doux, plus tendre que chez son père, plus pur et plus noble que dans son fils Jacob. Accoutumé plus que l’auteur de ses jours à une vie tranquille , vers laquelle lattiraient ses travaux agricoles, menant une existence moins nomade que ses ancêtres , indulgent et patient dans les contestations, il se montre dans son intérieur père tendre, mais faible, assailli de bonne heure par la vieillesse et facile à tromper ; aussi finit-il par se laisser prendre à la ruse de Jacob au préjudice d’'Ésa ü , plus vif et plus franc. Le mariage d’[saac avec Rébecc a offre un tableau charmant de mœurs patriarcales, et peut être considéré comme une idylle biblique. Isaac mourut à l’âge de cent quatre-vingts ans, 1716 avant l’ère vulgaire.

. S. CAHEN, traducteur de la Bible,

ISAAC COMNENE. Voyez CouNÈNe.

ISAAC L'ANGE. Voyez ANG.

ISABEAU ou ISABELLE DE BAVIÈRE, reine de France, femme de Charles VI. Elle était fille d’Étienne II, duc de Bavière et comte palatin du Rhin, et naquit en 1371. Elle n’avait que quatorze ans lorsque la politique l’unit au roi de France, plus âgé seulement de trois ans. Sa figure était charmante, et toute sa personne pleine d'élégance et d’attraits : aussi le jeune prince en devint tout d’abord éperduement amoureux. Leur mariage fut célébré par des fêtes magnifiques. Le couple royal fit ensuite son entrée solennelle dans Paris, au milieu d’un faste inoui, De nombrenx divertissements suivirent cette cérémonie; et ce fut à la faveur de la liberté d’un bal masqué que prit naissance la passion coupable de la reine pour son beau-frère, le duc d'Orléans. L'intelligence vacillante du roi laissait un libre cours à tous ces désordres, et l'anarchie désolait le pays à cause de la rivalité du duc d'Orléans et du duc de Bourgogne , Jean sans Peur.

Lorsque la folie du roi, devenue impossible à cacher, eut nécessité l'établissement d’une régence, on confia à Isabeau la garde de son époux. Elle s’occupa plutôt de venger la mort du duc d'Orléans; mais elle ne put s’entendre avec le connétable d'Armagnac, devenu chef de parti opposé

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