‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 342 sur 522 · ISLANDE — ISLY · texte numérisé non relu

ISLANDE — ISLY

Vers la fin du quatorzième siècle , les sciences et les arts, qui depuis l'introduction de la domination norvégienne avaient commencé à décliner, tombèrent dans une complète décadence en Islande. Des temps meilleurs revinrent cependant, lorsque le roi de Danemark Christian ILE y introduisit Ja Réformation, qui n'y fut complétement établie qu’en 1551. Au dix-septième siècle, l'Islande fut visitée par des pirates algériens, qui la pillèrent et y égorgèrent un grand nombre d'hommes, en 1627. Dans le courant du dix-huitième siècle, on y eut quarante-trois mauvaises récoltes, et on y éprouva dix-huit disettes complètes. En 1707, la petite vérole y fit périr près de 18,000 individus, et environ 9,000 autres moururent de faim dans les années 1784 et 1785. Il s’y forma néanmoins vers le milieu du dix-huitième siècle diverses sociétés savantes, qui ont singulièrement contribué à la propagation des lumières et à la moralisation du peuple; et c'est à cette époque aussi que l’Islande a eu trois savants qui à eux seuls suffiraient pour l’illustrer; C’est Torfesen, Pauteur de l'Histoire de Norvège; Magnussen , l'éditeur de VEdda, Finssen, l'auteur de l'Histoire ecclésiastique ; sans parler de poëtes et de naturalistes distingués , entre autres Olafssen , qui a publié sur son pays un grand ouvrage , trèsestimé.

En 1809, à l’époque où le Danemark était en guerre avec PAngleterre, un matelot danois appelé Jœrgen-Jærgensen, qui avait déserté aux Anglais et s'était rendu à Reykjavik avec un bâtiment anglais armé en course, s’empara de cette ville sans défense et du pouvoir suprême en Islande; mais six semaines après, en août 1809, les Anglais eux-mêmes Pen chassèrent, au moment même où éclatait une conspiration ayant pour but de meftre un terme à l’usurpation de cet aventurier.

En 1324 et 1825 l'Islande éprouva de nouveau toutes les forreurs de la disette , à la suite des éruptions volcaniques qui avaient eu lieu dans les années précédentes, et en 1827 une violente épidémie n’y fit pas moins de victimes. Après avoir subsisté pendant neuf siècles entiers, l’A/{hing fut supprimé dans les premières années du dix-neuvième siècle; et c’est seulement en vertu d’une ordonnance rendue par le roi de Danemark le 8 mars 1843 qu’une assemblée d'états y a été réorganisée sur le modèle des assemblées provinciale du Danemark. La liberté du commerce y a été introduite en 1855. Consultez Gliemann, Descriplion géographique de l'Islande (Altona, 1827); Sartorius de Waltershausen, Esquisse physico-géographique de l'Islande (Gættingue, 1847); Thienemann et Gunther, Voyages dans le Nord de l’Europe, pendant les années 1820 et 1821 (Leipzig, 1827); C.-S. Forbes, Iceland, its volcanoes, geysers and glaciers (Londres, 1860, in-8); Preyser et Zirkel, Reise nach Island in sommer 1860 (Leipzig, 1862).

ISLANDE (Lichen d’). Voyez Licae.

ISLY (Bataille de l). L’Isly, paisible rivière de la province de Rif, sur la limite du Maroc et de l'Algérie, où de temps immémorial ne venaient s’abreuver que de rares chevaux des montagnards berbères, n’est plus depuis 1844 un nom géographique vulgaire, mais un glorieux souvenir historique pour notre armée et pour le maréchal Bugeaud.

Après la dispersion de sa smala, en 1843, Abd-el- Kader s'était réfugié dans le Rif, province du Maroc, voisine de nos possessions africaines, où sa qualité de marabout l'avait fait accueillir avec enthousiasme, Le gouvernement français, voulant mettre son infatigable ennemi dans l'impossibilité de lui nuire désormais, demanda à Abder-Rhaman de l’interner dans son empire. Mais non-seulement Abd-er-Rhaman ne réporlit qu'évasivement à ces ouvertures, mais encore il alla jusqu’à prétendre, sur l’instigation de son dangereux hôte, que les Français, en dépassant la Tafna, avaient franchi les limites de son empire, et il envoya sous les murs d'Ouchda une nombreuse infana soutenue par 5 à 6,000 cavaliers, pour soutenir ses

roits.

C'était la guerre qu’on déclarait à la France : le maréebal ne s'y trompa point; voulant toutefois éviter une effusion de sang inutile, il demanda aux lieutenants de l'empereur une conférence, qui fut acceptée, mais n’aboutit qu’à faire ressortir plus clairement les dispositions hostiles du Maroc : nos plénipotentiaires même y fürent insultés. Le maréchal, ayant tiré vengeance de cette injure, écrivit à Guennaoni, général de l’empereur : « Après tant de déloyauté de ta part, j’aurais le droit de pénétrer bien loin sur le territoire de ton maître, de brûler vos villes, vos villages, vos moissons; mais je veux encore te prouver mon humanité et ma modération : je me contenterai d'aller à Ouchda pour montrer à nos tribus, qui s’y sont réfugiées, que je puis les atteindre partout. »

Bugeaud posa ensuite un ultimatum précis par lequel il réclamait, comme dans le principe, l’internement d’Abd-el- Kader, et la possession incontestée de tout le territoire de l’ancienne régence. Cet ultimatum étant resté sans réponse, l’armée française se mit en marche, le 17 juin 1844, pour Ouchda, où elle entra le surlendemain , sans avoir brûlé une amorce. Le maréchal y laissa un bataillon, et établit son camp plus loin, sur la route de Thaza,

Sur ces entrefaites, le général Lamoricière se portait du côté de Mascara pour défendre les régions du sud et du sud-ouest, déjà couvertes par les colonnes échelonnées à Seldou sous le général Tempoure, à Saïda sous le colonel Eynard et à Tisret sous le général Marey. Le général Le Pays de Bourjolly, campé sur la Mina, devait, au premier avis, accourir vers les points menacés.

De son côté, l’armée marocaine se préparait au combat : malgré les protestations pacifiques de son nouveau général, Sidi-Hamida, elle continuait à se grossir. Le fils de l’empereur lui-même, escorté des Abrid-Bokarys, soldats de la garde noire d’Abd-er-Rhaman, les plus braves du Maroc, était venu la joindre avec 20,000 hommes.

Le 12 août, le général Bedeau ayant rallié le maréchal avec 3 bataillons et 6 escadrons, on se miten marche le 13, à trois heures de l'après-midi. A l'entrée de la nuit, on campait dans l’ordre de marche, en silence, sans feux. A deux heures du matin on se remettait en route; on passait l’Isly au point du jour, et huit heures après, des hauteurs de Djarf-el-Akhdar, on apercevait les camps ennemis Couvrant les collines de la rive droite, au nombre de neuf, dont celui de Sidi-Muley-Abd-er-Rhaman était, à lui seul, plus grand que le nôtre.

La tente du fils de l’empereur fut désignée comme but de l'attaque. Maïtresse de ce point, l’armée française devait converger à droite et se porter sur les autres camps , en tenant le sommet des collines avec la face gauche du carré des carrés. Soudain nos tambours battent la charge et nos troupes descendent vers les gués au pas accéléré. La cavalerie marocaine essaye en vain de défendre le passage : rien ne résiste à l’élan des Français, la rivière est franchie, et nos drapeaux flottent sur le plateau voisin de celui où campe le fils de l’empereur. Delà notre artillerie tonne, et ses ravages jettent le trouble parmi les soldats de la garde noire.

Mais en ce moment débouchent, ventre à terre, des flancs des collines, des masses de cavalerie marocaine, qui se précipitent sur nos carrés d'infanterie ; mais elles se brisent contre une forêt de baïonnettes dont les angles vomissent la mitraille. Alors ces masses confuses, tourbillonnant sur elles-mêmes, reculent épouvantées. L'armée française, poursuivant sa marche, enlève au pas de charge Le plateau où se trouve la tente du fils de l’empereur, et opère à l'instant même sa conversion sur les camps. Notre cavalerie s’élance à la rencontre de l'infanterie et de la cavalerie marocaines. Sous les ordres du colonel Tussuf, six escadrons de spahis, soutenus par trois escadrons de chasseurs, envahissent pied

| à pied le camp de Sidi-Muley-Abd-er-Rhaman, et s’en rendent

| maitres sur des monceaux de cadavres.

| Cependant le colonel Morris, à la tête de six escadrons

\ de chasseurs, s’est précipité sur le flanc d’une masse de 62,

cavalerie qui menace notre aile droite. Nos braves ont déjà fait mordre la poussière à 300 cavaliers, berbères ou abidbokharis ; mais ils s’épuisent à frapper un ennemi qui se renouvelle sans cesse, quand trois bataillons, de zouaves, du 15° léger et du 9° de chasseurs à pied, tombent comme a foudre au milieu de cette lutte héroïque, rendent l’offensive au colonel Morris, qui refoule les Marocains. 550 chasseurs français avaient soutenu le choc de 6,000 cavaliers ennemis.

Entre-temps, les troupes de l’empereur se sont ralliées sur la rive gauche de l’Isly, dans l’intention de reprendre leurs camps. Mais notre artillerie franchit la rivière ; l’infanterie, protégée par son feu, gagne l’autre bord; les spahis les suivent, soutenus par trois escadrons du 4° et deux du 1° de chasseurs, avec deux escadrons du 2° de hussards, aux ordres du colonel Gagnon; l'ennemi, balayé, s’enfuit de routes parts, et disparaît, à midi, en pleine déroute, du côté de Thaza et dans la direction des vallées des Beni-Senassen, saissant sur le champ de bataille 800 morts et 2,000 blessés, «andis que notre perte ne dépasse par 4 officiers tués et 10 blessés, 23 sous-officiers ou soldats tués et 86 blessés.

11 pièces de canon, 18 drapeaux, 1,200 tentes, au nombre desquelles se trouve celle du fils de l’empereur, le parasol signe du commandement, une grande quantité de munitions de guerre et un butin considérable deviennent le partage de aos troupes rentrées victorieuses dans le camp du sultan. Leur effectif ne s'élevait pas pourtant au-dessus de 8,500 fantassins, 1,400 cavaliers réguliers, et 400 irréguliers ; tandis que l’armée marocaine comptait 30,000 cavaliers et 10,000 fantassins.

Le maréchal Bugeaud fut créé duc d’Isly en récompense de cette victoire. Eug. G. DE MONGLAYE.

ISLY (Duc d’). Voyez Buceaun.

ISMAEL (c’est-à-dire Dieu exauce), fils d'Abraham et de sa servante Agar, alla s'établir avec sa mère , chassée par Sara, vers le désert de Pharan, où il grandit et devint très-habile à tirer de l'arc. Quelque temps après, il épousa une femme égyptienne, qui le rendit père de douze enfants. L’Écriture nous dit qu’Abraham fut enterré par ses deux fils, Isaac et Ismael. Ce dernier serait donc retourné auprès de son père après la mort de Sara. Il avait cent trente-sept ans lorsqu'il mourut ; sa postérité était déja nombreuse, et il fut enseveli au milieu de tout son peuple. Le souvenir d’Ismael s’est conservé précieusement parmi les mahométans ,qui le regardent comme leur père et l’un des plus grands patriarches. Dans le Coran, Mahomet se glorifie d’être descendu de ce fils d'Abraham, et il en parle comme les Juifs parlent d'Isaac,avec le plus profond respect et la plus grande admiration. Ses descendants ont conservé son caractère indépendant etsauvage. Toujours errants et indomptés, leur main s’est levée contre tous, et les mains de tous se sont levées contre eux, selon les paroles de l'Écriture. Les douze fils d’Ismael furent la souche de douze tribus arabes, qui se sont conservées longtemps intactes.

ISMAÉLIENS ou ISMAÉLITES. Les musulmans, qui ont dans leur religion même les germes du communisme, comptent plusieurs sectes qui l’enseignent positivement. La plus célèbre est celle des ismaéliens. Elle doit sa célébrité au rôle politique que ses membres ont joué à différentes époques, surtout à celle des croisades, sous le nom d’assassins, ou pour mieux dire de haschichins, c'est-à-Kre buveurs de haschich, lesquels, selon les écrivains musulmans, dans l'espoir d’élever leur puissance sur les ruines de l’islamisme, favorisèrent les croisés et leur facilitèrent la conquête du littoral de la Syrie.

Les ismaéliens ne sont que les continuateurs de l'ancienne secte communiste que Mazdak propagea en Perse, à la fin du cinquième siècle de notre ère et au commentcement du sixième, secte que le roi sassanide Cobad (Cavades ) protégea, et dont il adopta même les principes dans son gouvernement.

Mazdak enseignait purement et simplement la commu-

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