‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 345 sur 522 · ARTAUD · texte numérisé non relu

ARTAUD

ISODYNAMIQUE (de 160, égal, et èdvautc, force). se dit de deux animaux, de deux machines qui sont de même force.

ISOLANI (JEaN-Louis-Hecror, comte n’), général au service de l’empereur à l’époque de la guerre de trente ans, né en 1586, descendait d’une famille noble de l'ile de Chypre, et, comme son père, prit du service en Autriche. En 1602 il fut fait prisonnier par les Turcs ; mais il parvint à s’échapper, et obtint bientôt après le commandement d’un régiment de Croates, Au commencement de la guerre de trente ans, il combattit d’abord contre le comte de Mansfeld, et servit ensuite sous les ordres de Savelli en Poméranie, Promu au grade de général, il fut battu, en 1631, à Sihlbach, et en 1631 à Lutzen. Grand-maître de l'artillerie, il obtint en 1634 le commandement supérieur des Croates, et lors du partage des domaines de Wallenstein , il reçut, en récompense de sa trahison envers ce grand homme,les seigneuries d’Aicha et de Friedenstein, avec le titre de comte. Plus tard il combattit à Nordlingen, en Bourgogne, en 1637 en Hesse, en 1638 en Poméranie, en 1639 sur le haut Rhin, contre le duc Bernard de Weimar et le maréchal de Gu ébriant, et mourut en 1640, à Vienne.

ISOLATI (Monti). Voyez Eucane (Monti).

ISOLEMENT.. Si avant de définir ce mot nous commençons par en chercher l’étymologie, nous trouverons qu’isolement est dérivé de l'italien isola, venant lui-même du latin insula, île. Soit en effet qu'on l’applique à un homme ou à une agglomération d'hommes en un corps distinct, soit qu’on l’emploie dans le langage architectural, ce mot d'isolement représente toujours l’état d’un corps ou d’un objet séparé des autres, de la même manière qu’une île est séparée des autres îles ou du continent par l'eau qui l’environne. Relativement aux choses, leur état d'isolement vis-à-vis les unes des autres est quelquefois commandé par la prudence : c’est ainsi que les poudrières, les moulins à poudre, devraient être placés à une grande distance des maisons, établissements, villages , etc., qui pourraient être détruits par leur explosion; que certains établissements, certaines manufactures considérés comme insalubres, doivent êfre également isolés et placés hors des villes ; c’est ainsi encore que, dans l’art des fortifications, les citadelles, les forts, doivent être isolés de tout ce qui contribuerait à faciliter leur attaque et de tous les points d’où on pourrait les dominer,

Relativement à l’homme, l'isolement est l’état anormal dans lequel il tombe, soit par misanthropie, soit par penchant vers les idées religieuses, soit par suite de malheurs. Le premier de ces états est tout à fait volontaire; mais l’isolement auquel se condamnent les moines et les religieuses qui adoptent la vie claustrale ne peut être dans certains pays rompu au gré de celui qui s’y est voué. Les condamnés sont aussi dans un état d'isolement à l'égard de la société, qui les parque tout à fait en dehors des autres hommes. Onest allé plus loin; on a pensé que l’amélioration morale des con damnés serait plus grande dans un isolement plus complet : on a voulu les séparer les uns des autres dans des cellules particunéres : de là le système cellulaire, ou des péniten ciers. Cependant l’isolement est une punition bien dure bien sévère, pouvant facilement mener à la démence , ca l’homme n’est pas né pour vivre seul; mais on objecte lin térêt de la société, on multiplie les visites du dehors, des visites choisies; on demande les secours de la religion, on appelle les visites charitables pour apporter l'espérance dans ces prisons. Les lois ont tellement compris l'horreur de ces sépulcres vivants, qu’elles ont dû réduire le temps de la peine passée dans les pénitenciers, ou permettre aux prisonniers la prière et le travail en commun au milien du silence; mais alors comment les empêcher de se connaître!

ISOLOIR. Dans les expériences de physique, de chimie, etc., on se trouve souvent dans la nécessité de soustraire un fluide à l'influence de corps qui peuvent l’attirer, lui livrer passage, etc. On parvient à ce résultat de deux

manières : 1° en éloignant du fluide 1es corps qui peuvent agir sur lui : c’est ainsi, par exemple, qu'on w’étudie les phénomènes produits par l’aimant que dans des lieux où il il ne se trouve point de fer, de nickel, etc., matières qui ont la propriété d'attirer les aiguilles aimantées, et de leur faire prendre par conséquent de fausses directions; 2° on isole les fluides, ou mème les solides, en les entourant de matières qui neutralisent, du moins en partie, les actions que d’autres corps peuvent exercer sur eux, ou bien qui empêchent ces fluides de se répandre : lorsqu'on veut, par exemple, accumuler du fluide électrique sur un tube de cuivre, on isole celui-ci en le soutenant par des tubes de verre enduits de matières résineuses, telles que la gomme laque : ces appareils empêchent le fluide électrique de se répandre dans le so! , ou le réservoir commun. Le fluide électrique traversant difficilement la soie, le-verre, les plumes, les résines, l'air sec, etc., toutes ces matières sont plus ou moins propres à faire des isoloirs pour les machines électriques. Les fils électriques «les télégraphes sont séparés sur les poteaux par des isoloirs.

Les isoloirs, même ceux qui passent pour les meilleurs, ne sont jamais tout à fait imperméables aux fluides que l’on veut retenir; mais. leur effet augmente en proportion de l'épaisseur qu'ils présentent aux fluides qui cherchent à les traverser, c'est-à-dire qu’un tube de verre d’un décimètre de long isolera moins bien que si sa longueur était double, triple. De tous les fluides, le calorique est un de ceux dont il est le plus difficile d'arrêter la marche : il n’est pas de substance qu'il ne puisse traverser dans un temps plus ou moins long ; cependant, il y a des corps qu'il traverse bien moins facilement que d’autres; les duvets, les plumes, les poussières légères, le verre, les résines, l'air calme, le charbon, sont des matières propres à la retenir.

, TEYSSÈDRE

ISOMERES ( Corps). Voyez ISOMÉRIE,

ISOMEÉRIE ou ISOMÉRISME (ioouepñs, composé de parties égales), Lorsque l’analyse chimique démontre dans des combinaisons l'existence des mêmes éléments en proportions semblables, on ne peut douter, à ce qu’il semble, de l'identité de leurs caractères; de nombreux faits, observés depuis quelques années, sont venus modifier singulièrement les idées à cet égard : on connaît maintenant un grand nombre de composés renfermant les mêmes éléments en mêmes proportions, dont les propriétés diffèrent si essentiellement que les uns sont solides, tandis que d’autres sont gazeux ou liquides, et ainsi pour beaucoup d’autres propriétés. Ainsi, par exemple, le gaz de l'éclairage, supposé a son état de pureté, l’essence de térébenthine, l'huile essentielle de rose ont exactement la même composition. Cette propriété a reçu le nom d’isomérie.

Nous trouvons donc ici une propriété absolument opposée à lisomorphie, et l'on conçoit facilement combien son extension doit apporter de différences dans les vues que l’on s'était naturellement formées sur la nature des corps; à mesure que les observations se multiplient, le nombre des corps isomères augmente rapidement, mais jusque ici rien n’a pu faire prévoir la cause de cette singulière propriété : on pense, à la vérité, que les éléments des corps sont disposés d’une manière différente ; mais tout se réduit à des suppositions.

Un fait très-remarquable relativement à l'isomérie est que le composé qui avait le premier attiré l'attention des chimistes, et offert l'idée d’une composition semblable avec des propriétés différentes, n'est réellement pas un isomère, comme l'ont prouvé les recherches postérieures ; mais la loi indiquée se trouve justifiée chaque jour par de nombreux et très-remarquables exemples.

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