JACOBINS — JACOBITES
Sous la Convention, ce club, qui prit le titre officiel de Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité, éprouva un grand changement dans ses tendances et ses opinions, par l'admission dans son sein des membres de la députation de Paris, qui en majorité appartenaient au club des Cordeliers. Leur influence s’accrut par la retraite et la proscription des girondins. J{n’y a point de crimes en révolution, avait-on osé dire dans une de leurs séances. Déjà tous leurs efforts se tendaient contre Louis XVI; d'innombrables circulaires expédiées par la société mère à ses 1,200 filles des départements, les pressaient d’unir leurs efforts aux siens , près de la Convention, pour hâter le supplice du dernier tyran. Le roi à bas, on vit la loi des suspects, puis celle du maximum sortir des délibérations des Jacobins. Le 18 novembre 1793, le comité de salut public avait invité la société à lui désigner les citoyens les plus
aptes à remplir les fonctions publiques. Cette société devint |
bientôt l’auxiliaire du comité, qui véritablement gouvernait la France. Pour lui donner plus de puissance, on supprima les autres sociétés populaires qui existaient ou qui tentaient de se former.
Le 3 nivôse an 11, les Jacobins répudièrent le bonnet rouge, dont tant d’aristocrates se coïffaient alors, et déclarèrent ne reconnaître d'autre signe patriotique que la cocarde trico-
lore. Ils dérogèrent cependant, par exception, à cette règle |
le 21 janvier 1794 , anniversaire du supplice de Louis XVI, en assistant à la séance coiffés du bonnet phrygien, le président étant de plus armé d’une pique.
Après la chute des deux partis extrêmes, les rapports des Jacobins avec la représentation nationale changèrent. Déjà à la Convention la motion avait été faite d’obliger expressément la force armée à jurer de n’obéir qu’à l'assemblée et au comité de salut public; les Jacobins, en appuyant cette proposition, avaient abdiqué leur droit d’insurrection ; néanmoins, interprètes, disaient-ils, des sollicitudes du peuple, ils vinrent, le 7 thermidor, sommer la Convention de frapper sans délai les conspitateurs, dont les trames funestes menaçaient encore la liberté. Le lendemain R cbespierre prononçait à la tribune de l’assemblée une philippique contre la majorité du comité de salut public, qui était froidement accueillie, mais qui, répétée le soir à
séances de la société des Jacobins, des membres qui voulurent s’assembler au mépris de ce décret se virent assiéger par la jeunesse dorée, à qui le courage était revenu après la chute du parti extrême. Les portes du local furent forcées, les vitres cassées, l'enceinte envahie, non sans résistance. On se plaignit vainement de cette attaque à la Convention : la séance devint orageuse, rien ne fut décidé ; mais le soir, des groupes s'étant reformés plus menaçants, un arrêté des comités de gouvernement ordonna la clôture de la salle, qui eut lieu le 21 (11 novembre 1794), et les clefs en furent immédiatement remises au comité de sûreté générale. En 1799, sous le Directoire, la Société des Jacodins essaya de se reconstituer dans l’ancien manége, près des Tuiteries , puis dans l’ancien couvent des Jacobins de la rue du Bac ; mais le 18 août Fouché, qui avait été des leurs pourtant, les fit expulser de ce dernier asile,
JACOBITES. C'est le nom que se donnèrent, d’après le moine Jacob Baradai ou Zanzalos, mort en 578, les monophysites, qui, après avoir été dispersés sous le règne de Justinien, se réunirent de nouveau en parti religieux
| indépendant. Ils formaient en Syrie, en Égypte et en Méso-
potamie de nombreuses communes, à la tête desquelles se trouvaient des évêques et des patriarches; et sous Ja domination des Arabes, qui vers le milieu du septième siècle conquirent l'Orient, ilsréussirent àse maintenir avec d’autant plus de facilité qu’ils étaient séparés tout à la fois de la communion romaine et de la communion grecque. Mais plus tard les Jacobites ayant abusé de la faveur toute spé-
| ciale que leur accordaient les Arabes, ils furent de leur part, | en 1352, l’objet d’une sanglante persécution. Génés alors | dans l’exercice de leur culte, et séparés, comme ils l'étaient
devenus à la longue, de leurs frères d’Asie, les jacobites égyptiens formèrent depuis une secte particulière , qui subsiste encore dans ce pays sous la dénomination de cAré-
| tiens coptes. Des discordes intérieures et des motifs poli-
la tribune des Jacobins, sous le titre de Mon Testament |
de mort, y obtenait un succès d'enthousiasme; ce qui n’empêcha pas la perte de leurs chefs.
Au 9 thermidor, les Jacobins, se déclarant en permanence, firent afficher un placard portant que douze membres choisis par la société serendraientimmédiatement à la maison commune pour y prendre part à ses délibérations. Dans la soirée, Legendre, à la tête de quelques hommes résolus, se présente dans la salle, et somme, au nom de la Convention, le club populaire de se dissoudre. Sur son refus, il fait évacuer le local de force, et en dépose les clefs sur le bureau de l'assemblée, Le jour suivant une foule de Jacobins montaient à l’échafaud avec Robespierre. Le 11 une députation composée , disait-elle, des seuls, des véritables Jacobins dignes de ce titre, est admise à la barre pour répudier toute solidarité avec le #yran qui vient d’être renversé. Le 13 tous les députés expulsés de la société comme antagonistes du parti vaincu. y sont rappelés avec beaucoup d’autres citoyens, On vote une adresse à la Convention pour prouver à l’Europe que les Jacobins ne sont pas morts, mais qu'ils sont toujours patriotes, toujours brûlants, toujours énergiques. Efforts superflus ! leur puissance était tombée avec celle des triumvirs. Aussi leur surprise, leur désappointement, furent-ils au comble quand ils virent se développer avec une rapidité irrésistible la réaction née du 9 thermidor. En vain essayèrent-ils de faire de leur club anarchique un centre d'action; en vain le 13 brumaire an m1 (3 novembre 1794 ) Billaud-Varennes annoncçat-il du haut de leur tribune que Le Lion n’était pas moré, l'heure de la retraite avait sonné pour eux. Le 19 brumaire un décret ayant erdonré la suspension provisoire des
tiques provoquèrent vers la même époque la scission des monophysites d’Abyssinie et d'Arménie.
Les jacobites de Syrie et de Mésopotamie , aujourd’hui au nombre de 30 à 40,000 familles, malgré les nombreuses tentatives de réunion failes par l’Église catholique, se sont maintenus jusqu’à nos jours à l’état de secte indépendante. Ils sont placés sous l'autorité de deux patriarches, dont lun, résidant à Diarbékir, gouverne les communes syriaques, et l’autre, résidant au couvent de Saphran près Mardin, gouverne les communes de la Mésopotamie. Ils ont de commun avec les coptes et les Abyssiniens l’usage de la circoncision avant le baptême et le dogme de l'unité de nature en Jésus- Christ; de là leur nom de monophysites. Mais en ce qui est de la liturgie et de l’organisation ecclésiastique, ils diffèrent moins de l'Église grecque orthodoxe que les diverses autres communautés monophysites.
JACOBITES. On a donné ce nom, en Angleterre, aux partisans de JacquesIl, chassé du trône en 1689, ainsi qu’à ceux de son fils, reconnu par les puissances cafholiques sous le nom de Jacques IT I, et de son petit-lils, le prétendant Charles-Édouard. Un grand nombre d’Anglais et d’Écossais, les premiers par motifs de religion, les autres par attachement pour leurs rois, accompagnèren{* Jacques II en France, et, avec l’appui du cabinet français, s'y livrèrent à toutes sortes d’intrigues et de machinations pour rendre la couronne d’Angleterre aux Stuarts. Cependant, le parti que la dynastie prescrite avait conservé en Angleterre et en Écosse était pour elle d’une importance bien autre que les efforts de ces quelques fugitifs. Toute la noblesse des Hiyhlands (Hautes Terres ) d'Écosse était jacobite, parce que là les intérêts du pays se trouvaient confondus avec ceux de la dynastie, L'union de l'Écosse et de l'Angleterre, en raison de la résistance des jacobites, ne put être effectuée qu’en 1707. La reine Anne, d'accord sur ce point avec la grande majorité des membres de la chambre haute d'Angleterre, n’était pas éloignée de reconnaitre pour son successeur Jacques III, son demi-frère, à l'exclusion de