‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 368 sur 522 · JACQUES — JACQUIN · texte numérisé non relu

JACQUES — JACQUIN

une aclive correspondance avec ses partisans ( voyez JACOg1res), et, avec leur appui, il fit plusieurs tentatives inutiles pour reconquérir le trône qu'il avait perdu. [1 mourut à Sant-Germain, le 16 septembre 1701.

JACQUES HI, dit Le Prétendant, fils du précédent, connu aussi sous le nom de chevalier de Saint-Georges, naquit le 10 juin 1688. A ia mort de son père, en 1701, il fut officiellement reconnu roi d'Angleterre par la France , lEspagne, le pape, les dues de Modène et de Parme, tandis que le parlement le déclarait coupable du crime de haute trahison et l’exeluait à toujours du trône de la Grande-Bretagne. Dans le principe, Louis XIV n'avait rien voulu faire pour Jacques II; mais les larmes versées par Marie dEste dans la chambre de M de Maintenon le ramenèrent à d’autres sentiments, contre le vœu même de ses ministres. De ce moment il se servit de lui comme d’un épouvantail contre la puissance britannique, et lui accorda les honneurs royaux, ainsi que la même pension qu’à son père. La réunion de l'Écosse avec lPAngleterre, projetée depuis l’avénement au trône de la reine Anne, souleva une résistance prolongée, et augmenta l'influence et le nombre des jacobites. Louis XIV chercha à profiter de cette disposition des esprits, que d’habiles négociations et des soulèvements partiels tinrent toujours en éveil; et en mars 1708 une flotte française de trente-deux vaisseaux de ligne, aux ordres de Forbin, ayant à bord une armée et le Prétendant, quitta le port de Dunkerque pour aller débarquer en Écosse. Mais le gouvernement anglais, qui avait eu vent de ce qui se préparait contre lui, avait mis en mer une forte escadre.sous le commandement de l'amiral Byng, et celui-ci força Forbin à rentrer en France sans avoir,.pu accomplir sa mission. En même temps, le parlement Milrait pour la tête du Prétendent une prime d’abord de 50,000, et plus tard de 190,000, livres sterling. Jacques, abattu, découragé, pour le moment du moins, fit la campagne de Flandre sous Villars, et combattit avec distinction jusqu’à la conclusion de la paix d’'Utrecht, en 1713. Par ce traité, la France fut obligée de reconnaître la succession protestante au trône de la Grande-Bretagne, et par conséquent de renvoyer de France le Prétendant. Jusque là la reine Anne avait cependant entretenu avec son frère une correspondance secrète, et elle avait même promis d'abdiquer en sa faveur s’il voulait renoncer à la religion catholique. Les hommes les plus éminents de sa cour, tels que Godolphin et Marlborough, favorisaient ce projet et entretenaient à cet effet-des relations occultes avec Jacques. Mais Anne mourut en 1714, sans laisser de document authentique qui confirmät cette pensée. A sa mort, de nombreux jacobites se soulevèrent en Angleterre et en Écosse contre le gouvernement de Georges 1°, surtout lorsque le partit tory fut dédaigné et même persécuté par ce prince.

Dans l’automne de 1715, on comptait sous les armes ; en Écosse, de 15 à 20,000 jacobites, aux ordres du comte de Marr, attendant avec anxiété que le Prétendant vint y tenter une descente. Jacques, encore bien que le régent de France, ie duc, d'Orléans, lui eût refusé toute espèce de secours, n'en débarqua pas moins le 2 Janvier 1716, presque sans suile, à Peterhead, dans le comté de Buchan, et S'y vit saluer roi par les insurgés. Quoique l’un deses premiers actes eût été de convoquer le parlement, acte de souveraine puissance s’il en est, il n’osa cependant pas se laisser couronner, parce qu’il manquait totalement de résolution et de fermeté. La position critique où il se trouvait le réduisit bientôt au désespoir ; aucune puissance étrangèrene se déclarait en sa faveur, et il était à craindre que la prime offerte pour sa tête ne finit par tenter quelque meurtrier. En conséquence, le 15 février, Jacques quitta l'Écosse pour s’en revenir en France avec une poignée de serviteurs fideles. Abandorné et conspué alors de tout le monde, il chercha un refuge auprès du pape, qui le reçut d’abord à Avignon, ensuite à Rome même, où il l’honora et letraita en roi, Pendant ce temps, les jacobites conspiraient toujours et se

liguaient même avec Charles XIT, roi de Suède; mais le cabinet de Londres eut connaissance de toutes ces menées. L'Espagne, brouillée avec l’Angleterre, y accéda aussi; et sur l'invitation du ministre Alberoni, Jacques arriva le 26 mars 1719 à Madrid, où la cour lui fit une magnifique réception. Quelque temps auparavant, une nouvelle flotte de dix vaisseaux, parfaitement équipée et ayant à bord 20,000 hommes de débarquement, avait déjà mis à la voile pour les côtes d'Angleterre. Le Prétendant put encore une fois se croire à la veille de recouvrer la couronne deses pères ; mais cette flotte fut assaillie par une tempêtezen vue du cap Finistère, et obligée de regagner le port de Cadix. Ce contretemps refroidit le zèle de la cour de Madrid, et le Prétendant, abandonné de tous, quitta l'Espagne au mois d’août, et s’en

| vint débarquer de nouveau le 25 à Livourne. En septembre,

Pespoir d’une grosse dot lui fit épouser la fille de Jacques Sobiesky et de la palatine Hedwige-Élisabeth. Magnifiquement renté par le pape et par ses partisans , mais toujours attentivement surveillé par l'Angleterre, il vécut depuis iors à Rome, où l’anéantissement total de ses espérances lui fit contracter des habitudes de débauche qui amenèrent une séparation de corps entre sa femme et lui.

Diverses tentatives de soulèvement eurent encore lieu de la part des jacobites, sans que le Prétendant y prit part. Ce ne fut qu’en 1727, à la mort de Georges I°', qu'il se décida à tenter encore une fois la fortune. Avec la permission et le secours du pape, il se rendit à Gênes, d’où il comptait s’embarquer pour l'Angleterre; mais il ne tarda pas à comprendre toute l’imprudence de cette entreprise et à y renoncer. Une autre fois encore, en 1740, le cardinal Fleury voulut se servir contre l’Angleterre de la famille des Stuarts, et lui fit faire des ouvertures à ce sujet. Jacques, trop vieux et trop découragé pour se mettre à la tête d’une expédition, se substitua, en 1744, son fils Charles-£É douard, muni à cet effet de ses pleins pouvoirs. Les avantages que remporta d’abord le jeune aventurier, qui débarqua en: Écusse dans l'été de 1745, furent annihilés, le 27 avril 1746, par la dé. faite de Culloden. Jacques passa le reste de 8es jours à Albano, par suite de difficultés survenues entre Jui et la cour de Rome sur des questions d’étiquette. Il y mourut le 1°" janvier. 1765. É

JACQUES 1°, empereur d'Haïti. Voyez DESSALINES.

JACQUES, rois d'Aragon. Voyez JAYME.

JACQUES (Le Cousin). Voyez BEFFROY DE REIGNY.

JACQUES (Les). Voyez JACQUERIE.

JACQUES (Maître), un des prétendus fondateurs du compagnonnage.

JACQUES (Maître), type éternel de ces gens qui prétendent savoir également tout faire, qui se disent propres à tous les emplois; laquais complaisants et pleins de souplesse, «dont le talent est de savoir prestement changer de costume ou de livrée. Molière, dans son Avare, introduit de Ja manière la plus comique dans la maison d’Harpagon un Maître Jacques, qui est une espèce de factotum. Ce personnage secondaire contribue merveilleusement à faire ressortir les nuances du caractère principal, et fait de ce tableau domestique un des morceaux les plus précieux de la pièce. M. de Cormenin en a fait un savant de village, qui enseigne toutes sortes de bonnes choses à ses compatriotes. Combien avons-nous eu de Maîtres Jacques depuis !

JACQUES BONHOMAMIE. Voyes JACQUERIE.

JACQUES COEUR. Voyez Coeur.

JACQUIN (Nicoras-Josern, baron pe), botaniste célèbre, apppartenait à une ancienne famille du Brabant, et naquit à Leyde, en 1727. Il fit ses études à Anvers, Louvain, Leyde et Paris, et choisit enfin Vienne pour séjour. Quand, à la sollicitation de Van Swieten, l'empereur François 1°" fonda, en 1753, le jardin impérial de Schœnbrunn, on résolut d'envoyer plusieurs botanistes dans les pays lointains à l'effet d’y recueillir une collection de plantes exotiques; Jacquin fut chargé d'aller en Amérique. Il parcourut, de 1755 à 1759, plusieurs iles des Indes occidentales et une bonne partie des

côtes de la Colombie moderne , ef les envois qu’il expédiàa au jardin botanique de Vienne en firent le plus riche de cette époque. En 1763 il fut nommé conseiller des mines et professeur de chimie et de minéralogie, puis, en 1768, professeur de chimie et de botanique à l’université de Vienne. Il mourut dans cette ville, en11817.

Jacquin occupe un rang élevé parmi les botanistes de son siècle; car, sans parler des services qu’il rendit au jardin botanique de Vienne, il se distingua comme professeur et comme écrivain. Il a doté l'Allemagne de magnifiques ouvrages, non moins précieux qu’utiles, tels que la Flora Austriaca (5 vol.; Vienne, 1773-78, avec 500 gravures sur cuivre); et le Séirpium Americanarum Historia (Vienne, 1763-80, avec 264 planches coloriées ). On lui doit en outre un grand nombre de manuscrits et de traités.

Son fils, Joseph-François, baron DE JACQUIN, mort en 1835, conseiller d’État et professeur de chimie à l’université de Vienne, est l’auteur d’un ouvrage qui a rendu de son temps les plus grands services ; nous voulons parler de son Traité de Chimie générale et médicale (2 vol.; Vienne, 1792; nouvelle édition, 1810). Il à écrit en outre différents ouvrages de hatanique.

JACQUOTOT (M”°). Voyez JAQUOTOT.

‘ JACULATOIRE (Oraison ) du latin jaculari, lancer, darder. On donne ce nom à des prières courtes et ferventes adressées à Dieu du fond du cœur, même sans que la bouche prouonce de paroles.

JADE. C’est un feldspath mal défini. Quelquetois on donne le nom de jade à de l’albite compacte et plus oa moins pure. Mais le plus souvent il s’applique à une labradorite souillée par de la diallage.

Le jade néphrétique des anciens minéralogistes, qui avait reçu son nom de la propriété que l’on attribuait aux amulettes qui en étaient faits de préserver de la colique néphrétique, n’est pas un jade; c’est un silicate d’alumine et de magnésie.

JAEN, province du royaume d’Andalousie, et jadis royaume maure indépendant, traversée au nord par la Sierra-Morena, à l’est par la montagne de Cazorla, au sud par la Sierra-Nevada , richement arrosée-par le Guadalquivrr, le Guadalimar et divers autres cours d’eau, compte sur une superficie de 134 mur. carrés, une population (1864) de 319,418 habitants, et forme l’une des plus belles contrées de la péninsule pyrénéenne. Conquise par les Maures quand ils envahirent l'Espagne, cette province resta royaume maure indépendant jusqu’en 1234, époque où Ferdinand III lareprit sur les infidèles et l’incorpora au royaume de Castille.

JAEN, chef-lieu de la province, est une ville de 19,420 âmes, dans une riche contrée, avec une belle cathédrale.

En fait d’autres localités remarquables, on peut encore citer Andujar, Linares, où se trouvent des mines de plomb argentifère, le village de Navas de Toloza, célèbre par la victoire qu’Alphonse VII y remporta en 1212 sur les Arabes, et où en 1812 les Français furent battus par les Espagnols; les défilés de Baylen et les colonies de la Sierra-Morena.

JAFFA ou JOPPÉ, ville de Syrie, située sur la Méditerranée, à 48 kilom. de Jérusalem, à 64 de Gaza et à 88 de Saint-Jean-d’Acre. On fait remonter son origine à la plus haute antiquité. Un passage de Josué prouve qu’elle existait 1,500 ans. av. J.-C. Ce serait à Japho, nom primitif de Jaffa, que Noé serait entré dans l'arche, et qu’il aurait ensuite reçu la sépulture. C’est par Jaffa que Salomon tirait de Tyr les bois nécessaires à la construction du temple. Elle devint très-florissante sous la domination des Juifs, qui l’appelaient Joppé, nom qui signifie belle et agréable. Plusieurs auteurs assurent que l'aventure de Persée et d’Andromède se passa non loin de ses murs. La légende chrétienne n’a pas moins choisi Joppé pour son théâtre que la fable paienne. C’est dans cette ville que s’embarqua le prophète,Jonas fuyant la face du Seigneur; et saint-Pierre, qui y eut sa vision du drap tombé du ciel remplis d'animaux de tous genres, y ressuscita Tabithe,

Page 1