JACQUIN — JAGELLON
La longue existence de Jaffa fut marquée par des siéges nombreux et par la domination successive de diversesnations, Les Égyptiens, les Assyriens et d’autres peuples s’en rendi. rent maîtres à cinq reprises différentes. Judas Machabée la livra aux flammes. Cestius la.détruisit , et Vespasien la ravagea. Lorsque les Sarrasins envabhirent la Syrie ,.Jaffa devint leur conquête. Au commencement du douzième siècle, les croisés leur enlevèrent cette ville et son territoire, et en firent un comté. Tour à tour prise par Saladin, reprise par Richard Cœur-de-Lion, prise de nouveau par les Sarrasins , et reprise encore par les Francs , Jaffa était au pouvoir de Gauthier de Brienne, comte de Japhe, lorsque saïat Louis aborda pour la première fois en Terre Sainte. Mais les seigneurs francs ne tardèrent pas à se voir arracher cette ville et le reste de la Palestine parles sultans d'Égypte. Elle tomba enfin entre les mains des Turcs.
Dans la dernière moitié du dix-huitième siècle , Jaffa eut à subir trois siéges désastreux : les deux premiers, durant les guerres acharnées de Daher et d’Aly-Bey, et le troisième en 1799. Dans celui-ci, les Français, commandés par le général Bonaparte, s’élant rendus maîtres de la place, après une longue résistance, en passèrent la garnison au #l de l'épée. Comme par une sorte de représailles pour cet horrible carnage, la peste se mit à moissonner cruellement les vainqueurs. Ce fut alors que, pour relever les esprits, abattus par l’effroi de la contagion , l’immortel général se rendit dans le lieu où l’on avait réuni le plus grand nombre € pestiférés et les visita les uns après les autres, fait que Gros a retracé dans un tableau célèbre.
Jaffa est bâti en amphithéâtré; les rues en sont étroites et malpropres; on y voit plusieurs mosquées el trois couvents chrétiens. C’est lé port des pèlerins qui se rendent à Jérusalem; leur passage annuel est;une source avantageuse de revenus pour la ville. Méhémet-Ali s’en était rendu maître en 1832 ; mais en 1840 les Turcs, secondés par des troupes anglaises et autrichiennes, la lui reprirent. Le commerce y est, du reste, peu considérable.
La population de.Jaffa s'élève à près de 6,000 âmes, parmi lesquels on compte 500 catholiques, 6 ou 700 grecs schismatiques et 1,000 arméniens. Les jardins qui couvrent les environs offrent ie coup d'œil le plus enchanteur; les palmiers, les orangers, les grenadiers, les citronniers, les limoniers, les cédrats, les oliviers, y étalent le luxe de leur végétation, et fournissent en abondance des fruits délicieux aux habitants de cette belle contrée,
Paul Tray.
JAFFA (Gaurer IV pe BRIENNE, comte ne). Voyez BRIENNE (Maison de).
JAGELLON ou JAGJELLO, fils d'Olgerd, petit-fils de Gedimin, devinten 1381, après la mort de son père, grand= duc de Lithuanie, 11 se maintint dans cette dignité contre son oncle Kjeystut, qu’il fit égorger après l'avoir fait prisonnier, et contre le vaillant fils de celui-ci, Witold, avec lequel toutefois il se réconcilia. En 1386, après sa conversion au christianisme et son mariage avec la reine He dwige, il monta sur le trône de Pologne sous le nom de Wladislas IT. Ses luttes continuelles avec l’ordre Teutonique, en Prusse, et ses efforts pour maintenir l'union de la Lithuanie et de la Pologne sont les faits dominants de son règne, qui dura quarante-huit ans. Il vainquit les chevaliers teutoniques à la grande bataille de Tannenberg, en 1410, qui n’eut pas, il est vrai, immédiatement de grands résultats pour la Pologne, mais de laquelle data néanmoins la décadence de l'Ordre. L'union de la Pologne avec la Lithaanie, gouvernée par des dues particuliers, ne fut guère que nominale ; et le duc de Lithuanie, Swidrigaylo, finit par engager une lutte ouverte contre la Pologne. Jagellon, en fondant l'évêché de Wilna, chercha à hâter les progrès de la religion catholique en Lithuanie. Toujours soupçonné par le clergé de pencher vers les doctrines de J. Huss , il fut forcé d'appeler, en 1432, les hussites à son secours contre les chevaliers de l’ordre Teutonique, qui dévastaient la