‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 370 sur 522 · JAGELLON — JAIS · texte numérisé non relu

JAGELLON — JAIS

Pomérélie. En1400, pour remplacer une école, alors singulièrement déchue, créée par Casimir le Grand, il fonda l’université de Cracovie, qui porte encore aujourd’hui son nom. Il mourut en 1434, à Grodek, près de Lemberg, et fut enseveli à Cracovie. Son fils, Wladislas IIF, qu'il avait eu d'Élisabeth, sa quatrième femme, lui succéda sur le trône.

JA GELLONS ( Les). C’est le nom d’une dynastie qui a régné en Pologne et en Lithuanie, en Bohème et en Hongrie. Elle descendait de Jagellon. La Pologne a eu, de 1386 à 1572, sept rois de la maison des Jagellons, formant quatre générations. Jagellon lui-même eut pour successeurs directs ses fils Wladislas III et Casimir IV, puis les trois fils de ce dernier, Jean-Albert, Alexandre et Sigismond 1°"; enfin le fils de Sigismond, Sigismond-Auguste, avec lequel s’éteignit en Pologne la ligne masculine des Jagellons. Le dernier rejeton de cette ligne fut, en Pologne, la sœur de Sigismond-Auguste, la reine Anne, qui épousa Étienne Bathori, et mourut sans enfants. Sigismond III, fils de Jean, roi de Suède, etde Catherine, sœur de Sigismond- Auguste, devint la tige d’une ligne féminine de la maison des Jagellons, qui monta, en 1587, sur letrône de Pologne, et continua à l’occuper sous les fils de ce prince, Wladislas IV et Jean-Casimir, jusqu’en 1668.

Deux Jagellons régnèrent en Hongrie; Wladislas, qui gouverna en même temps la Pologne et la Bohême, et mourut à Varna, et son fils Louis Il, qui périt sur le champ de bataille de Mohacz. Au reste, les Jagellons s'étaient alliés à plusieurs maisons régnantes allemandes, telles que celles de Brandebourg, de Saxe et de Brunswick.

JAGGERNAUTH. Voyez DJAGARNAT.

JAGUAR. Le jaguar où tigre d'Amérique ( felis onça, Lin.) est après letigre et le lion le plus grand quadrupède du genre chat. D’Azara et Buffon nous ont laissé, d’après Sonnini, des descriptions qui ne laissent rien à désirer sur la physionomie et les habitudes du jaguar. La beauté de son pelage est remarquable. D'un fauve vif en dessus, il est marbré à la tête, au cou et le long des flancs, de taches noires et irrégulières , notablement plus grandes aux jambes; de l'épaule à la queue, qui est longue de 0 60 à 0% 65, s'étend une bande noire, divisée en deux au-dessus de la croupe; la poitrine est traversée par une autre bande, noire également, mais plus étroite; le reste du corps est blanc, semé de taches noires, le plus souvent inégales, et disposées sans symétrie. Depuis le bout du museau jusqu’à la naissance de la queue, sa longueur est de 1° 30 environ; sa hauteur ne dépasse pas 0 80.

Le jaguar se trouve au Brésil, au Paraguay, à la Guyane, au Mexique, et dans toutes les contrées méridionales de l'Amérique. La divergence d'opinions des voyageurs sur les habitudes du jaguar vient de ce qu'ils l’ont observé dans des circonstances différentes. Ainsi, les uns en ont fait un animal timide et indolent : ceux-là l’ont observé quand il était rassasié; les autres, au contraire, nous le représentent alerte, intrépide, et doué d’une force musculaire prodigieuse : ceux-ci ori dit vrai. Quoique le jaguar préfère user de surprise pour s'emparer de sa proie, il se rue aussi sans crainte sur des animaux trois fois plus gros que lui, et il fait une guerre acharnée aux chevaux, aux génisses, aux bœufs, aux taureaux. Il s’élance au cou de sa vichme, et, lui posant une patte de devant sur l’occiput, de l’autre, saisissant le museau, il la lève, lui brise la nuque et l’entraîne avec facilité dans les forêts. Son agilité est extrême pour monter sur les arbres ; mais il est en revanche très-peu léger quand il faut se retourner ou courir. 11 nage avec habileté, donne aussi la chasse aux poissons, fréquente les endroits marécageux et les grandes forêts ; néanmoins, on le voit de préférence non loin des grandes rivières. La femelle du jaguar met bas deux petits; dès qu’ils peuvent marcher, ils suivent la mère, qui les défend avec intrépidité, sans jamais celculer le péril, Le jaguar est féroce, indomptable : plus d’une fois le chasseur asez

bardi pour aller le fraquer dans ses broussailles à expié cruellement sa témérité. :

JAHDE, petit fleuve allemand, qui se jette dans la mer du Nord, découpée à son embouchure en une vaste baie du même nom, et qui appartenait au grand-duc d’Oldenbourg, quand, en 1854, il en céda une partie à la Prusse pour y former un grand établissement de marine militaire. Cette baie de la Jahde est située à peu près à égale distance des embouchures de l’Elbe et de l’Ems, qu’elle permet de surveiller. Elle est navigable en tout temps et pour les vaisseaux de toute grandeur. Le port prussien à été établi près de Heppens, où l’on trouve 31 pleds d’eau dans les plus basses marées. Dans la baie proprement dite, qui a une superficie d'environ quatre lieues carrées, le canal de la Jahde se partage en plusieurs bras séparés par des bancs de sable solides. Au reste, cette baie, dans laquelle aucune rivière de quelque importance ne se jette, est entourée de digues artificielles, et n’a par conséquent d’autre courant que celui qui est produit par le flux et le reflux. L'eau salée de la baie ne gèle jamais pendant la marée, et ce n’est que sur les bas-fonds les plus élevés qu’il se forme une couche de glace en hiver. L’entrée de la baie peut être entièrement dominée par des batteries élevées sur les points extrêmes de la côte ; ce qui lui donne une certaine importance stratégique.

A l’époque du blocus continental, des vaisseaux anglais jetèrent souvent l’ancre dans la Jahde. Lorsque l'empire napoléonien s’étendit jusqu’à la Baltique, une commission, présidée par les amiraux de Winter et Verhuel, fut chargée par ordre de l’empereur d'examiner les côtes de la mer du Nord; elle trouva la baie de la Jahde particulièrement propre à l'établissement d’un port militaire fortifié. L’exécution en était déjà commencée par la construction de redoutes près de Heppens et d’Eckwarden, et par l’excavation d’un canal qui devait relier l'embouchure de l’Ems à la Jahde; la guerre de Russie et la chute de Napoléon arrêtèrent la réalisation de ce plan. A la pointe sud de la baie se trouve la petite ville de Varel, qui possède divers établissements offrant des ressources importantes pour un port militaire.

Depuis les remaniements de 1815, la Prusse devait regretter de n’avoiraucun établissement maritime sur la mer du Nord, dont elle est séparée par le Hanovre. Ses relations étendues avec les États-Unis devaient encore accroître son désir de se créer une station maritime sur cette mer. Pensant n'avoir rien à espérer du bon vouloir du Hanovre, elle s’adressa au grand-duché d’Oldenbourg, qui possédait la Jahde, et au mois de janvier 1854 le gouvernement d’Oldenbourg céda au gouvernement prussien un territoire sur les bords de la Jahde pour y établir un port militaire. Pour éviter toutes les difficultés, le gouvernement prussien déclara que le port ne serait pas commercial. Au mois de novembre le prince Adalbert de Prusse prit possession au nom de la Prusse du territoire situé à l’entrée du golfe de la Jahde. Le gouvernement hanovrien fit alors une protestation ; mais bientôt il s’entendit avec la Prusse pour permettre sur son territoire l'établissement d'un chemin de fer unissant la Jahde aux frontières prussiennes. Le port de Wilhelmshaven est le plus considérable des quatre ports militaires de la Prusse. Le roi Guillaume l’a inauguré le 17 juin 1869. C’est une vaste construction en granit, consistant en cinq ports distincts, avec canaux, écluses de marée et cales sèches pour bâtiments ordinaires et cuirassés. Ce port a été pourvu d’établissements de toutes sortes pour la construction navale, l'armement et l'équipement de la flotte, Un vaste systême de fortifications le protège contre toute attaque extérieure.

. JAIS ou JAYET, variété dé lignite piciforme. Le jais “est d’un noir luisant, foncé, solide, pur, compacte, cassant, mais non friable ; il pèse 1,26, s’électrise difficilement par le frottement, etalors répand une odeur charbonneuse ; il est susceptible de brûler avec flamme sans couler ni se boursoufler. Il ne se rencontre pas par couches mais par

masses de 20 à 25 kilogrammes, Il en existe en France, dans quelques houillères de la Provence, à Sainte-Colombe, à Peyra et à La Bastide, près de Quilian ; en Espagne, dans le Galice, l'Aragon et les Asturies. Le jayet que l’on relirait de ces provinces au milieu du dix-huitième siècle était en réputation, parce qu'il était pur et doux au travail. On en trouve également en Allemagne, en Angleterre eten Prusse. Dans ce royaume, il se rencontre dans les mêmes localités que le succin : aussi lui a-t-on donné nom d’ambre noir. Son gisement est le plus souvent à 12 mètres de profondeur environ.

C’est à Sainte-Colombe , dans le département de l'Aude, que sont les fabriques de bijoux en jais les plus considérables de la France. Ces fabriques occupaient dans le siècle dernier jusqu’à mille ouvriers, et l'établissement avait pour 250,000 francs de bijoux en jayet répandus dans le commerce chaque année; mais aujourd’hui cela est bien changé, et ces fabriques sont réduites à un état de nullité presque complet, comparativement à ce qu'elles étaient autrefois.

Le jayet se taille à facettes, comme la pierre chez les lapidaires. On commence par le dégrossir, puis on le perce et on le polit sur une meule horizontale en grès, constamment mouillée : comme cette meule est très-dure, le jayet se polit rapidemement. On peut lui donner la forme que l’on veut, suivant qu’on a l'intention d’en faire des pendants d'oreille, des colliers, des garnitures de robe, etc. Quand les fabriques de Sainte-Colombe étaient dans leur état de prospérité, un bon ouvrier ébauchait par jour de 1,500 à 3,000 grains, suivant leur grosseur; celui qui devait les percer faisait de 3 à 6,000 trous, et le polisseur faisait 10,500 facettes dans sa journée.

La nation chez laquelle les ornements en jayet ont eu le plus de vogue est la nation espagnole, qui en faisait un grand commerce avec ses colonies. C. Fayror.

JAROUTZK. Voyez Iakoursk.

JALAP. Le jalap est de toutes les plantes exotiques une de celles dont l'origine et la nature ont été le plus longtemps douteuses. En effet une foule de botanistes distingués croyaient, d’après Tournefort, que c'était une belle-denuit; mais Linné plaça le jalap dans le genre convolvultus (voyez LisERON ).

Le jalap est originaire du Mexique et des environs de Xalapa, d’où lui est venu son nom. Le premier auteur qui ait fait connaître sa racine est Gaspard Bauhin, qui l’a. vait décrite comme la racine d’une bryone, en raison de quelque ressemblance qui existe entre elles. En 1777, Desfontaines, d’après les assertions de Thierri de Menonville, déclara que le jalap était un liseron, dont la racine pouvait atteindre jusqu’au poids de trente kilogrammes; mais M. Guibourt a plus tard combattu fortement cette opinion, en déclarant que jamais la racine de jalap du commerce n'avait dépassé une livre. Enfin, en 1827, le docteur Redman Coxe, de l’université de Pensylvanie, d’une part, et M. Ledanois, pharmacien français au Mexique, cultivèrent le vrai jalap. Le besoin d’argent d’un indigène le força à "vendre à M. Ledanois une racine de jalap qui n’était pas entièrement dessécliée, précaution que les habitants avaient soin de prendre, dans la crainte de se voir enlever une des sources de leur fortune. M. Ledanoïs mit la racine en terre et eut le bonheur de la voir prospérer. En 1830, le docteur Redman publiait la description du vrai jalap, et M. Ledanois en envoyait des échantillons à M. de Humboldt, qui les remit à Desfontaines, Malheureusement ils étaient trop altérés pour pouvoir les reconnaitre, mais au retour de M. Ledanois , on put se convaincre, par l'examen de ses échantillons, qu’il avait découvert le vrai jalap officinal,

Cette plante, désignée par les Mexicains sous le nom de tolonpati, a la racine tuberculeuse, arrondie, remplie d'un suc lactescent et résineux; elle est noirâtre à l'extérieur et blanchâtre à l'intérieur; quelques radicules partent de sa partie inférieure, et du centre de sa partie supérieure, qui est un peu allongée, s'élèvent ordinairement une seule

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