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HESSE-CASSEL — HESSE-DARMSTADT

uiberté de la presse était abolie dans l’Électorat et que le recouvrement des impôts non consentis par la législature était exigé de vive force des contribuables, Quand la garde civique eut été également désarmée et l’admimistration purgée à tous ses degrés des fonctionnaires qui avaient cru leur conscience liée par le serment prêté à la constitution, l'électeur fit sa rentrée à Cassel, le 27 décembre. En face de ces violences, qui excitèrent une émotion générale en Allemagne et furent vivement désapprouvées par la presse anglaïse, l'attitude de la population demeura ce qu’elle avait toujours été, celle du calme et de la modération. Cette conduite si digne ne lui valut que de nouvelles persécutions. Des tribunaux militaires, composés d'officiers étrangers, furent sur tous les points du pays substitués à la magistrature hessoise. Bien que la constitution pût désormais être considérée comme n’existant plus, la résistance légale n’en continua pas moins ; et le gouvernement, ayant laissé s’écouler le délai voulu par la coustitution sans convoquer la dièle, fe comité permanent des états mit de nouveau le ministre Hassenpflug en accusation (3 mars 1851), et quatre jours après tous ses membres étaient arrêtés. Une ordonnance du 29 juin suivant déclara nulles et non avenues toutes les lois qui conféraient à la diète le droit d'intervenir dans la composition des cours de justice. A la réaction politique s’associa bientôt aussi la réaction religieuse, répresentée par Vilmar et confiée aux piétistes, qui eurent désormais la haute main en tout ce qui concerne le culte et l'instruction publique. Il n’y a dès lors rien d'étonnant à ce que jamais le mouvement d’émigration n’ait été plus prononcé qu’à ce moment dans l'Électorat, où la misère avait pris une extension extraordinaire par suite des charges imposées par l'occupation étrangère. Le 27 mars 1852, une résolution de la d è'e germanique abolit la constitution de 1831, et invita l’électeur à octroyer à ses sujets une nouvelle Zoi d'État, qui fut effectivement publiée le 13 avril suivant.

Le même état de luttes et d’agitation se prolongea durant les années suivantes. Menacé par la Prusse d’une intervention armée, l’électeur se décida, après b'en des dé- Jais, à rétablir la constitution de 1831 (21 juin 1862). La malheureuse Hesse continuait de se débattre contre l’égoïsme et la mauvaise volonté de son souverain, et les séances de la chambre n'étaient remplies que de délibérations stériles sur des griefs dont il était impossible d’obtenir satisfaction, lorsque la guerre éclala entre les deux grandes puissances de l’Allemagne. L’électeur se prononca pour l'Autriche et mobilisa son armée qui alla rejoindre, sous les murs de Frarcfort, les troupes fédérales. La Hesse fut envahie aussitôt par les Prussiens, et le prince Frédéric- Guillaume trarsféré à Stettin et déchu de ses États, qui furent réunis à la Prusse, le 3 octobre 1866.

HESSE-DARMSTADT (Grand-duché de), État indépendant de l’Allemagne. 1] se compose de deux parties presque éga'es, que séparert le comté de Hanau (Hesse- Électorale) et le territoire de l’ex-ville L'bre de Francfort, et qui occupent une superficie de 7,676 kilomètres carrés. La partie septentrionale, ou Hesse-Supérieure, qui confine à la Hesse-Électorale, au duché de Nassau et à la Prusse, est montagneuse, parcourue par les nombreises ramifications du Vogelsberg, qui au Taufstein et à l’Oberwald atteint une élévation de 750 à 760 mètres, par quelques embranchemente du mont Taunus et du Westerwald, et est arrosée par la Labn , la Nidda, la Wetter, l'Edder et la Fulda, Son climat est celui du nord de l'Allemagne, et, sauf la fertile Wettéravie, le sol en est pierreux. La partie méridionale, ou provinces de Slarkenburg et de la Hesse-Rhénane, confinant au duché de Nassau, à la Hesse-Électorale, à la Bavière, au grand-duché de Bade et à la Prusse, n'est montagneuse qu'a l'est, où viennent se prolonger les dernières ramifications de l'Odenwald , qui à Melibocus atteint une élévation de 550 mètres. Le long de la frontière occidentale s'étend a

dans la direction du sud au nord, la magnifique Bergstrasse. |

Cette partie méridionale du grand-duché est arrosée par

le Rhin et le Main, la Nahc et le Neckar, qui y touchent plus ou moins. Le climat en est doux, et la végétation analogue à celle du sud de l’Allemagne.

Sous le rapport politique, le pays est divisé en trois provinces : Starkenburg, la Hesse-Supérieure, et la Hesse-Rhénane. À la fin de 1871, la population totale s'élevait à 852,843 habitants, dont 228,095 catholiques, 4,199 vaudois et mennoniles, environ 26,000 juifs ; le reste appartenait au culte luthérien ou à la religion réformée, confondue, depuis 1822, dans la Hesse-Rhénane, sous le nom d’Zglise protestante unie. Trois surintendants surveillent le culte protestant: les populations catholiques relèvent de l'autorité spirituelle de l’évêque de Mayence, et les juifs ont six grandsrabbins. Les principales productions du grand-duché sont les céréales, les fruits, les amandes, les châtaignes et surtout les vins. Les crûs de Nierstein, de Laubenheim , de Bodenheim , d’Ingelheim ( vin rouge) aux environs de Mayence, de Scharlachberg près de Bingen , de Liebfraumilch près de Worms, sont les plus en renom. On récolte en outre du lin, du chanvre , du tabac, des pavots et des semences forestières. Le règne minéral ne fournit guère. que du cuivre, du fer et de la houiïlle. L’agricutiure et l’élève du bétail sont dans l’état le plus florissant, et l’activité industrielle y a pris de larges développements. La Hesse-Supérieure surtout se distingue par ses nombreuses manufac- {ures de lainages, de cotonnades, de toiles et de bas. Il existe beaucoup de tanneries dans l’Odenwalde , et dans la Hesse- Rhénane d'importantes huileries etusines à monder l'orge. En 1842 la récolte des vins s'éleva à 32 millions de litres , représentantune valeur de 3,800,000 florins. De bonnesroutes etlanavigabilité des rivières favorisent le commerce. En outre, la partie méridionale du pays est traversée par le chemin de fer du Main et du Neckar; sa partie septentrionale par le chemin de fer du Main et du Weser ; et la Hesse-Rhénane ne tardera pas non plus à avoir son embranchement sur le chemin de Mayence à Ludwigshafen, en ce moment en voie de construction. La ville la plus industrieuse du grand-duché estOffenbach, où deux foires annuelles ont été instituées en 1829. Mayence est le grand centre du commerce de transit et d'expédition. En ce qui regardel'instruction publique, il existe une université à Giessen, un séminaire prolestant à Friedberg, deux écoles normales primaires pour les catholiques et les protestants, une école forestière, sept lycées et collèges, six écoles industrielles et 1,760 écoles élémentaires, ainsi que d’autres élablistements. Les revenus publics pour l’exercice triennal de 1869 à 1871 étaient évalués à 17,014,671 francs, et les dépenses pour la même période de temps à 16,500,028 fr. A la fin de 1870 la dette publique s'élevait à 23,133,000 francs. L’effectif de l’armée, sur le pied de guerre, est de 22,513 hommes d'infanterie, de 2,560 de cavalerie et de 2,199 d’artillerie, en tout 27,272 soldats.

La loi fondamentale du 7 déc. 1820, mouifiée en 1856, a réglé la constitution politique du pays. Le grand-duc est le chef suprême de l'État, et la souveraineté est héréditaire dans la maison grand-ducale suivant l'ordre de primogéniture et dans la ligne directe provenant de mariages con+ tractés entre princes et princesses (aus ebenbürtiger Ehe); à défaut d’héritiers mâles dans la ligne directe, elle passe à la ligne féminine, La liste civile du grand-duc est fixée à 1,302.000 fr. Il prend le titre de grand-duc de Hesse et du Rhin et reçoit la qualification d’Altesse royale, qui depuis 1344 se donne aussi au grand-duc héritier, tandis que les princes putnés et les princesses ne reçoivent que celle d'Altesse grand-ducale, Indépendamment de quelques médailles d'honneur, le grand-duc dispose de deux ordres de chevalerie : l'ordre de Louis, créé en 1807 et partagé en cinq classes, et l'ordre de Philippe le Magnanime , fondé en 1840, et qui comprend quatre classes. La représentation du pays se compose de deux chambres, qui sont convoquées tous les trois ans en diète ordinaire, Les règles qui président à la formation des deux chambres ont été plusieurs

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