JAIS -- JALÈS
tige et quelquefois deux ou trois. Les tiges sont rondes et lisses ; les feuilles sont cordiformes, entières, aiguës, el fortement échancrées à la base. Les pédoncules portent ordinairement une fleur dont la corolle est rose tendre; les étamines et le pistil sont très-longs et sortent du tube de la corolle. Les semences sont lisses, irrégulièrement sphériques et dun brun noirâtre. La racine du jalap est la seule partie de la plante employée; elle est ordinairement marquée de fortes incisions, faites dans le but de faciliter sa dessiccation ; son odeur est nauséabonde, sa saveur âcre ét Strangulante.
Le jalap ne peut se cultiver que dans les contrées chaudes ou dans les serres, C’est en semant la graine, puis transplantant dans des pots la plante qui en résulte, qu’on pbarvient à l’élever. La terre doit être légère, sablonneuseet peu riche. 11 faut l’arroser fort peu, parce que la racine, étant charnue, pourrit facilement. e
Les brasseurs et les distillateurs anglais employaient autrefois la racine de jalap en raison de ses propriétés fermentescibles. Le jalap est un purgatif très-énergique ; il est précieux pour le peuple, à cause de son prix peu élevé. On en fait un extrait, une teinture alcoolique et une résine, qui est le principe purgatif de la racine à l’état de pureté.
e C. FAvroT.
JALES (Camp de). Jalès ou Jallez est un bourg avec château de l’ancien Languedoc, aujourd’hui dans le sud de l'Ardèche, entre les Vans et Barjac. Le manoir, qui est maintenant enruine, dépendait d’une commanderie de Malle, Un grand événement s’y passa en août 1796, et les historiens de la révolution n’ont en garde de le passer sous silence.
La fédération de Paris avait produit un immense écho dans fous les départements. L’Ardèche s’étail brillamment associé à celte grande manifestation patriotique. L’abbé de La Bastide et quelques mécontents ourdirent une conspiration, afin de faire tourner au profit de la contre-révolu. Lion la réunivn fédérative de Jalès. Là, dans le camp de la fédération, formé le 18 août, se trouvaient réunis plus de 20,000 gardes nationaux, dit le procès-verbal adopté le lendemain, et ensuite imprimé à Orange. Ce fut là que, après le départ des patriotes sans défiance, La Bastide, courant de rang en rang, l'épée d’une main et le crucilix de l’autre, comme un nouveau Pierre l'Ermite, essaya d’enrôler jes croisés du Vivarais pour aller arracher des prisons de Nimes quelques catholiques fanatiques arrêtés les armes à la main dans un soulèvement contre les protestants. Des motions se succédèrent, des arrêtés séditieux furent pris, et rien ne semblait négligé pour s'assurer le succès : malheureusement pour les conjurés, il ne leur manquait que la sympathie des populations : elles se montrèrent réfractaires à leurs inspirations ; et l'administration du departement arrêta cet essor par une sage proclamation. Un décret du 7 septembre 1790, accompagné d’une proclamation du roi daté du 12, approuva « les dispositions de la proclamation du directoire de l'Ardèche, qui s'oppose à lexécution de l'arrêté pris dans le château de Jalès, par les officiers qui se sont qualifiés d'état-major d’une soi-disant armée fédérative ; » déclara « la délibération de l'assemblée tenue après le départ des gardes nationales fédérées, inconstitutionnelle, nulle et attentatoire aux lois, » et ordonna « au tribunal de Villeneuve-de-Berg d'informer contre les auteurs et instigas teurs et de faire leur procès selon les ordonnances », Cependant, les factieux continuaient leurs intrigues, et adressaient le 26 septembre de fallacieuses correspondances pour soulever les masses contre les protestants et les patriotes. En février 1791, ils avaient repris toute leur audace. C'est ce dont le député Saint-Martin entretint l'assemblée le 3 mars.
Le rassemblement de Jalès avait été dissous; mais l’année suivante ses meneurs organisèrent une armée, qui en juillet (792 fut mise en déroute; on emporta de vive force et on livra aux flammes les châteaux de Banne, de Jalès ; on