JALÈS — JAMAÏQUE
passa au fil de l'épée le curé de Barjac, le comte du Saillant, et quelques autres chefs ; on saisit des papiers importants, qui établirent la preuve que les frères de Louis XVI correspondaient de Coblentz avec les révoltés, et avaient donné des pouvoirs au comte de Conway et à du Saillant. Le titre d’un libelle de 30 pages in-8°, imprimé vers la fin d'octobre 1790, suffit à démasquer leurs intentions. 11 est intitulé : Manifeste et protestation de 50,000 Français fidèles, armés dans le Vivarais pour la cause de la religion et de La monarchie, contre les usurpations de l’Assemblée se disant nationale. » Trois ans après, cet appel liberticide était entendu par les chefs des armées catholiques et royales de Ja Vendée. Louis pu Bois.
JALON ou PIQUET. En termes d’arpentage, on appelle ainsi des bâtons très-droits, ordinairement ferrés et pointus à l’une de leurs extrémités, et qui servent pour prendre des alignements. Quelquefois ce sont de simples tringles en fer. Leur longueur est généralement d’un mètre. IIS supportent au besoin une carte ou un morceau de papier que l'on nomme voyant. Pour tracer une ligne droite sur leterrain, on commence par placer des jalons aux deux points extrêmes de la ligne à former, puis mettant l’œil derrière l’un de ces jalons, et regardant dans la direction de l'autre, on en fait planter de distance en distance, ordinairement tous les trente où quarante mètres, de manière qu’ils se confondent tous avec le premier, lequel doit couvrir et cacher tous les autres. On fait encore placer des jalons à tous les points d’une figure que l’on veut reconnaître sur le terrain. L. LOoUvET.
JALOUSIE (en grec &floc, d’où l’on a fait en italien gelosia), sentiment qui pervertit le plus la nature de lhomme, car il le pousse à tous les genres d'’excès et de crimes, et ne lui accorde en retour que de bien rares dédommagements. Rien de plus mobile que la jalousie lorsqu’elle tient à l’essence du caractère; elle change si souvent d'objet qu’elle ne laisse ni trêve ni repos; elle renferme donc en elle-même son propre châtiment. La fortune, la naissance, les avantages du génie, loin de sauver de cette terrible maladie morale, la portent, au contraire, à son plus haut degré d’exaltation morale : car avec élle le plus ne préserve pas du moins. La jalousie s'attache, se cramponne à des détails, de sorte qu'avec tous les éléments du bonbeur le plus étendu, on devient tout à fait à plaindre. On a vu des hommes dont le nom remplissait le monde succomber dans ce genre à des tourments pour ainsi dire enfantins, et vouloir primer dans des choses qui, par leur futilité même, les auraient rendus ridicules, y eussent-ils excellé. Les princes poëtes ou musiciens sont des rivaux fort à craindre : armés du pouvoir, leur jalousie ne connaît pas de pardon. En général, elle s'agrandit suivant le nombre de Ceux qui vous regardent. Les acteurs, qui sont chaque jour en contact avec le public, dessèchent de jalousie ; ils jouissent avec plus de délices des sifflets qui attristent leurs camarades que des applaudissements qu'ils provoquent euxmêmes ; leur existence s’use dans une multitude de cabales et intrigues qui ôtent souvent toute dignité à leur caracfre: enfin, la jalousie est de tous lés sentiments le plus vi- 5t le plus bas, parce qu’il a sa source dans une personnalité sontinuellement irritée.
. 11 faut convenir néanmoins qu’un peu de jalousie entre inévitablementdäfis amour, qu’on a défini un égoïsme à deux ; mais c’est lorsqu'il se montre très-vif et qu'il est encore à son début. Ii arrive cependant tous les jours dans le mariage qu'un homme, après avoir cessé d’aimer et s’être épris ailleurs, conserve à l'égard de sa femme une jalousie inquiète et surveillante : ce n’est là qu’un remords de la *anité ‘qui craint d’être prise à son propre piége. ke SAINT-PROSPER,
La jalousie en amour est la disposition ombrageuse d’une personne qui aime, et qui craint que l’objet aimé ne fasse part de son cœur, de ses sentiments et de tout ce elle prétend lui devoir être réservé, s’alarme de ses
moindres démarches, voit dans ses actions les plus indifférentes des indices certains du malheur qu’elle redoute, vit en soupçons, et fait vivre un autre dans la contrainte et dans le tourment. Cette passion cruelle et petite marque la défiance de son propre mérite et un aveu de la supériorité d’un rival, ethâte communément le mal qu’elle appréhende. Peu d'hommes et peu de femmes sont exempts de la jalousie : les amants délicats craignent de l'avouer, et les époux en rougissent. C’est surtout la folie des vieillards, qui avouent leur insuffisance , et celle des habitants des climats chauds, qui connaissent le tempérament ardent de leurs femmes. DipEror.
JALOUSIE, sorte de treillis en bois ox en fer, au travers duquel on peut voir sans être vu; espèce de contrevent formé de planchettes minces assemblées parallèlement, qu’on remonte et qu’on baisse à volonté au moyen d’un cordon et de poulies, et qui servent à se garantir de l’action trop vive du soleil ou de Ja lumière.
JALTA. Voyez IALra.
JAMAIQUE (La), l’une des Grandes Antilles, située par 18° de latitude septentrionale et 60° de longitude occidentale, au sud de Cuba, d'une superficie totale de 16,576 kilom. carrés, est aussi bien par la richesse de ses produits que par sa situation géographique Ja plus importante des possessions britanniques dans les Indes occidentales, et s'appelait originairement Yamayé ou Janahica. Bésouverte par Christophe Colomb en 1494, lors de son second voyage, un décret royal lui imposa, en 1514, le nom de Zsla de Santiago. Diégo, fils de Colomb, en fut le premier gouverneur. Sous la domination espagnole, la population indigène fut traitée avec une cruauté extrême et presque anéantie. En 1655, sous le gouvernement de Cromwell, les Anglais s’en rendirent maîtres, et lui donnèrent le nom de Jamaica. Sa population augmenta dès lors, parceque beaucoup de royalistes et de planteurs de la Barbade vinrent s’y établir. Mais un effroyable tremblement de terre arrivé en 1692, joinf à la peste qui survint à la suite, diminuèrent de nouveau la population. On l’évaluait, en 1871, à 506,154 individus, dont un vingtième à peine était de race blanche. A l’épo que de l'émancipation des esclaves (1838), on y comptait 310,070 esclaves, pour lesquels l'indemnité accordée aux colons s’éleva à 154 millions de francs. Depuis ce moment jusqu’à nos jours, où y à introduit de Sierra-Leone, des Indes orientales et de la Chine plus de 25,000 travailleurs libres.
Elle est traversée, dans la direction de l’ouest à l’est, par des montagnes primitives et boisées, les Montagnes Bleues, qui en occupent toute la partie orientale ct y atteignent une altitude de 2,450 mètres, tandis que les ramifications qu’elles envoient dans les autres parties de l’ile sont moins élevées. La crête de la montagne est si aiguë, qu’en certains endroits elle a à peine 6 mètres de largeur. Les arêtes les plus hautes sont entourées de plateaux qui dégénèrent en savannes. Les talus sont de l'aspect le plus saxvage, es pentes extrémement escarpées et parfois couvertes de forêts magnifiques. Les vallées sont étroites, et les plaines n’occupent guère que la vingtième partie de la surface totale. Un grand nombre de cours d’eau descendant des montagnes les arrosent, et des sources minérales existent sur divers points. La côte, généralement abrupte, présente sur un développement total de 67 myriamètres seize grands ports fort sûrs et trent baies ou rades avec un bon fond d’ancrage. Le climat, très-chaud pendant le jour, est humide et frais pendant Ja nuit. La température moyenne de l'été est de 21° 5 Réaumur, et celle de l’hiver de 19°, Les plaines sont malsaines ; mais dans les montagnes l’air est très-supportable. À une élévation de 800 mètres, les fièvres n’ont jamais sévi. :!
Le sol, dont il n’y a guère que 5 myriamètres carrés de mis en culture, est d’une fertilité extrême et produit toutes les plantes tropicales, telles que le café, le cacao, l’indigo, le coton, La culture du sucre et la fabrication du Rhum
(le fameux rhum de Jamaïque) sont d'importants objets d'industrie. A la suite de l’émancipation des esclaves, la culture avait sensiblement diminué; mais elle revint peu à peu à son ancien niveau. Depuis les réformes administratives introduites en 1866, cette colonie tend à devenir l'une des plus prospères des Antilles. Son budget présente un état satisfaisant (1871) : ses recettes pour celte année s'élèvent à 10,864,100 fr. et ses dépenses à 10,753,850fr. La dette publique, contractée en partie pour l’établissement des voies ferrées, monte à 15,483,825 fr, Le commerce est presque tout entier entre les mains de la métropole; il donnait, en 1871, aux importations, un chiffre de 33,279,625 fr.; et aux exportations celui de 31,217.125 francs. Les principaux produits de l'ile étaient estimés dans le total précédent ainsi qu’il suit: sucre, 14 millions
804,075 fr.; rhum, 6,781,675 fr.; café, 3,689,050 fr.: puis |
venaient les bois de charpente, le piment et le gingembre. Outre les produits coloniaux dont nous avons parlé, la Jamaïque possède encore comme éléments de prospérité de belles et riches forêts, dont l’acajou est l'essence dominante, et d'excellents pâturages. Le cannellier y réussit aussi parfaitement.
La Jamaïque est administrée par un gouverneur , assisté d’un conseil privé et d’une chambre législative, qui se compose de 12 membres, dont la moitié à la nomination du gouverneur. Elle a pour chef-lieu, depuis 1866, Kingston, avec un bon port et 45,000 âmes. Les autres villes sont : Spaniskh-Town, l'ancien chef-lieu; Port- Royal, presque entièrement détruit en 1692 par un tremblement de terre, et qui possède 25,000 âmes; etc.
La Jamaïque a été le théâtre de beaucoup d’insurrec- |
tions, surtout en 1690, 1700, 1745, 1795 et 1831; depuis l'abolition de l’esclavage, les noirs n'avaient pas troublé la paix de l’île, lorsqu’éclata l’émeute de 1865. Un incident futile y donna lieu; la cause en était à la mauvaise administration des Anglais, qui avait soulevé contre eux le ressentiment des noirs. Le gouverneur, M. Eyre, crut y voir une vaste conspiration, et bien que la rébellion fût demeurée toute locale, il la réprima de la façon la plus barbare. Plusieurs milliers de nègresperdirent la vie. L'opinion publique s’émut de telles atrocités : une enquête fut ordonnée, le gouverneur destitué, et on installa en 1866 à la Jamaïque un régime à peu près analogue à celui qui fonctionne dans d’autres colonies anglaises,
On considère comme une dépendance de la Jamaïque
les îles Caïmans, groupe de basses îles de corail situées :
à l’ouest, dont la plus grande, dite Le Grand Caiman, est seule habitée.
JAMBE. On appelle ainsi la partie des membres inférieurs qui s’étend depuis le genou jusqu'au pied. Chez l’homme on y trouve deux os, le {ibia et le péroné. La partie saillante des muscles dans la partie postérieure de la jambe, le mollet, est particulière à l'espèce humaine, et l’une des preuves que l’homme a été destiné par son Créateur à se Lenir debout. Elle manque en effet complétement chez l’orang-outang; et, dussent les négrophiles en bondir d’indignation, force nous est d’ajouter qu’une jambe bien faite est chose en général d’une rareté extrême parmi les nègres. Si l’on remarque chez l’homme en général une si grande variété, en ce qui est de la forme de la jambe, il ne faut pas oublier que le climat, les habitudes, les vêtements, etc., contribuent singulièrement à la modifier. Il est évident, par exemple, que les travaux des diverses professions contribuent beaucoup au développement et à la forme de la jambe. Chez les menuisiers et les tourneurs on remarque que la jambe est
en général beaucoup plus forte que chez les autres gens ?
de métier. Les tailleurs diffèrent à cet égard essentiellement des cordonniers, à cause de la posture qu’ils prennent dans leur travail, les jambes croisées l’une sur l’autre. On remarque en général que chez les danseurs la jambe est la partie du corps qui satisfait le plus complétement aux