JAMBLIQUE — JAMESON
de croire que ce livre n’était pas de lui. 11 n'existe pas d’édition complète des œuvres de Jamblique : elles ont été imprimées séparément et à diverses époques.
Constantin fit mourir Soprate, disciple de Jamblique ; on
a prétendu aussiqu'il s'était adressé à ce philosophe pour le consulter sur lemoyen d’expier le meurtre de son fils. D’autres prétendent qu’il y a deux Jamblique : le second serait né à Apamée, et c’est à lui que Julien, son grand admirateur, aurait écrit. Le premier serait mort sous Cons: tantin, le second sous Valens, et chacun aurait eu un So+ patre pour disciple. P. DE GOLBÉRY.
: JAMBON. On a beaucoup médit du jambon; il n’en est pas moins vrai, de l’aveu des praticiens les plus exercés, que parfumé et salé à point, c'est la charcuterie la plus saine dont on puisse faire usage. Mais c'est en même temps une nourriture chaude, stimulante, et qui ne convient par conséquent qu'aux estomacs robustes. Au reste, les légumes doux, herbacés, tempèrent avantageusement les propriétés irritantes de cet aliment. Les jambons les plus estimés sont ceux de Bayonne, qui viennent du Béarn et surtout d’Orthez, puis ceux de Mayence, de Portugal et de Westphalie, Quoique la chair de porc se prête mieux aux salaisons, qu'elle soit plus grasse et d’une saveur plus délicate ou plus appétissante, on fait aussi des jambons de mouton, et c’est souvent une grande ressource à la campagne, où l’on esteinbarrassé pour conserver la chair des moutons tués.
JAMBONS (Foire aux). Voyez CHARCUTIER.
JAMBOS ou JAMBOSIER, arbre fruitier de la famille des myrtacées, originaire des Indes orientales, et qui croît dans diverses régions. Ses fruits, qui varient de couleurs selon les variétés de cet arbre, sont rouges ou blancs, et màûrissent depuis la fin de l'été jusqu’en novembre; ils sont très-rafraîchissants. Les habitants du Malabar ont une grande vénération pour cet arbre, parce qu’ils sont dans la croyance que leur dieu Vishnou est né sous son ombrage.
JAMES (G£onces PAYNE RAINSFORD ), écrivain anglais, né en 1801, à Londres, débuta dans la carrière des lettres par une série de nouvelles qu’il donna à la Literary fund Society, laquelle les fit paraître plustard sous letitre de S/ring of Pearls (2 vol.). Puis, encouragé par Washington Irving et Walter Scott, il publia rapidement toute une suite de romans : The Beauty of Arles ; Richelieu, a tale of France (1829); Darnley ; Delorme (1830); Philippe-Auguste; Henry Masterton (1832), et sa continuation, John Marston Hall(1834) ; Marie de Bourgogne; The Gipsy, a tale; One in a Thousand (1835); Attila (1836); The:Robber (1838); The Huguenot; Charles Tyrrel (1839); Corse de Leon, or the brigand (1841), et Morley Ernstein, or the tenants of the heart (1842). Tous ces romans furent aussi bien accueillis que son poëme The ruined City, son Book of the Passions, et son ouvrage On the educational Institutions of Germany (1835), qui traite des établissements d'éducation en Belgique, dans les pays de Nassau, de Bade, de Wurtemberg et de Bavière.
Comme historien, il ne s’est montré ni moins fécond ni moins habile. Son premier essai en ce genre fut The His- Lory of Chivalry (1830); vinrent ensuite The Memoirs of Great Commanders (1832) ; The History of Charlemagne (1832); The History of the Life of Edward the Black Prince (1836); Memoirs of celebrated Women (1837 ); Lives of foreign Statesmen, suite d’essais biographiques fournis à la Cyclopedia de Lardner ; The Life and Times of Louis XIV (4 vol., 1838); James Vernon’s Letters, from 1696 Lo 1708 (3 vol., 1841), et À Hislory of ‘he Lifeof Richard Cœur de Lion, king of England (4 vol., 1842-1849). Après avoir encore publié une serie de romans, Par exemple Arabella Stuart (1843), Arrah Neil (1845), Russell (1847), Heidelberg et John Jone’s Tales (1849), contes pour les enfants tirés de l’histoire d'Angleterre, remarquant que le public anglais commençait à être blasé en fait de roman: il alla s'établir de l’autre côté de l'Atlantique, à New-York, ou il s’est mis à refaire de plus belle des ro-
DICT, DE LA CONVERS. — Te XI:
mans et des contes. Ses derniers ouvrages, Aims and Obstacles (1851), Pequinillo (1852), Life of Vicissiludes (1852), Agnes Sorel (1853), the Old Dominion (1856) et Bernard Marsh (1864), sont moins connus en Europe que ses autres productions. Nommé consul général à Venise en 1858, cet écrivain y est mort le 9 juin 1860.
James était doué d’un don d'invention peu ordinaire, et excellait aussi bien à brouiller qu’à débrouiller le nœud de ses intrigues. S'il n'avait pas gaspillé son incontestable talent, il occuperait sans aucun doute dans la littérature anglaise un rang plus élevé que celui que force est à la critique de lui assigner.
JAMESON (Gronces), né en 1586, à Aberdeen, se forma sous Rubens et fut le meilleur peintre qu’eût produit l’Ecosse , où l’art ne pouvait guère prospérer, les presbytériens ayant expulsé de leurs temples la peinture aussi bien que la musique. C’est surtout comme peintre de portraits que Jameson s’est fait un nom; on a pourtant aussi de lui quelques tableaux d'histoire et des paysages. Ses meilleures toiles sont de l’époque qui suivit l’an 1630, et appartiennent à de riches familles écossaises. 11 exécuta, pour la ville d'Édimbourg, les portraits des différents rois d'Écosse.
Cet artiste peignit d’abord sur bois, puis sur toile fine, dont il couvrait le fond d’un ton de couleur particulier pour faire ressortir les ombres. Son coloris est vif et clair.
JAMESON (aAnva MURPHY, mistress), née à Dublin, le 19 mai 1797, se consacra de bonne heure à l’éducation. Le premier ouvrage par lequel elle ait appelé sur elle Fattention publique fut son journal écrit pendant un voyage en Italie, publié d’abord sous le voile de l’anonyme, et ayant pour titre : Diary of an Invalid. Après son mariage avec Robert Jameson, elle fit paraître : Loves of the Pocts (1829) Characteristics of Women, moral, poetical and historical (1833); Memoirs of celebrated female Sovereigns (1834); et Visits and sketches at home and abroad (4 vol., 1834), où el trouva le moyen de faire entrer son excellent Diary of an Ennuyée, quiavait déjà été imprimé précédemment. Ses Characteristics of the female Characters of Shakespeare, ouvrage pour lequel elle a dessiné elle-même la plupart des gravures dont on l’a i/lustré, sont vantés avec raison par Allan Cnningham, dans ses Æsquisses de la Littérature anglaise moderne, comme pronvant la finesse de fact de l’auteur et sa parfaite connaissance des mystères de son sexe. Outre la France et l’Italie, elle visita l'Allemagne à plusieurs reprises. C’est à Weimar, à Vienne et à Dresde qu'elle fit le plus long séjour; et elle s’y lia avec Gœthe et sa spirituelle belle-fille, avec M. de Metternich, avec la princesse Amélie de Saxe, et une foule d’autres célébrités contemporaines.
La nomination de son mari, en 1834, à des fonctions ju-
diciaires dans le haut Canada, lui fournit aussi l’occasion d'étudier l'Amérique. On peut considérer comme le résultat de ses observations dans les deux hémisphères, les ouvrages qu’elle a publiés sous letitrede Winter-studies and summerrambles in Canada (1838); et de À Handbook to the public Galleries of Art (1841). Son Companion to the most celebrated private Galleries of Art in England (1844 ).a fait connaître au public une partie des trésors artistiques enfouis dans les galeries de l'aristocratie anglaise; tandis que certaines questions sociales sont élucidées dans ses Hemoirs and Essays, illustrative of Art, literature and social morals (1846), où, à l'exemple de Georges Sand, elle prêche l'émancipation de la femme. On trouve beaucoup de renseignements intéressants dans les livres qu’elle a publiés sous les titres de : Sacred and legendary Art or Legends of the saints and martyrs (1847, 2 vol.), Legends of the monastic orders, as represented in the fine arts (1849, 2 vol.), Sisters of charity (1855), Legends of the Madonna (1853), et History of Our Lord (1864, 2 vol.), ce dernier avec la collaboration de lady Eastlake. Cette savante dame est morte, le 17 mars 1860 à Londres.
JANE GREY. Voyez GrAx (Jane).
JANET, Voyez CLouer.
JANICULE (Mont). Voyez RomE et Janus.
JAGNIN (Juzes), notre célèbre feuilletoniste, est né le 11 décembre 1804, à Saint-Étienne, Après avoir commencé ses études avec son père, il passà du collége de Lyon au collése de Louis-le-Grand, à Paris, et à sa sortie du collége il prit quelques inscriptions à l’école de droit. Mais il comprit alors qu’il y avait en lui l’étoffe de mieux qu'un avoué, même qu’un notaire, et ne tarda point à s’enrôler Jans la petite phalange de jeunes écrivains qui rédigeaient en 1825 un journal de théâtres appelé Le Figaro. La verve et la piquante originalité de son style, qui a fait école dépuis, mais dans lequel il est resté inimitable, le firent bien vite remarquer. Aussi, vers la fin de 1827, les propriétaires de La Quotidienne le chargèrent-ils du compte-rendu des théâtres dans ce journal, où il signa ses articles de ses initiales : J. J., dont chacun dans le public eut bientôt la elef, et le nom du jeune critique se trouva alors dans toutes les bouches. Sous la plume du jeune critique, le feuilleton de Za Quotidienne prit en effet une importance qu’il n’avait jamais eue, et les autres feuilletonistes, malgré qu’ils en eussent, furent contraints de compter avec le nouveau venu, et de discuter ses appréciations en matières d’art et de littérature, car c’était un iconoclaste et un révolutionnaire littéraire qui commençait à les gêner fort. L’avénement de M. de Polignac au pouvoir, en 1829, les plans de contre-révolution hautement annoncés alors par les organes du parti royaliste extrême, déterminèrent Jules Janin à abandonner la rédaction de La Quotidienne, pour ne pas s'associer, même indirectement, à un système de politique qui déclarait la durée de la charte de 1814 incompatible avec la sûreté de la monarchie. Après avoir rédigé pendant quelques mois le fenilleton du Messager des Chambres, notre Jeune écrivain fut appelé par Bertin l'aîné à prendre dans le Journal des Débats le sceptre de la critique théâtrale, laissé vacant par la reiraile de Duvicquet (1830). Depuis cette époque jusqu'à l'hiver de 1872, l’infatigable écrivain est constamment resté sur Ja brèche, défendant les principes du bon goût, venant en aide au talent inconnu ou méconnu, faisant bonne justice des réputations usurpées, aimé du public de choix auquel il s'adresse, honoré, estimé par tous les artistes, dont il est l’oracle, et qui peuvent bien quelquefois avoir à se plaindre de ses rigueurs, mais qui jamais ne mirent en doute sa bonne foi et sa loyauté. Avoir fait du Jowrnal des Débats son journal, parler chaque semaine à la foule, Jui imposer ses opinions, ses sympathies et ses antipathies, parfois aussi ses paradoxes; ètre écouté, blâämé, loué, attaqué, applaudi de toutes parts, et au besoin calomnié par la médiocrité jalouse, mais aller toujours droit son chemin, distribuer avec une religieuse impartialité la louange et le blâme, voilà l’œuvre hebdomadaire, voilà la vie de Janin durant quarante ans. Dans les {emps de I4cheté où nous vivons, on aime d’ailleurs à signaler l’honorable fidélité que lécrivain à gardée pour de vieilles amitiés. Il n’a point insulté aux vaincus; il n’a jamais non plus mendié les faveurs de César; il est demeuré, au milieu de nos incessantes révolutions, écrivain, rien qu’écrivain, Aussi n’a-t-il jamais été membre d'aucune commission , et ne reçoit-il du trésor public aucune espèce de traitement. La seule faveur qu’il ait sollicitée, celle d’être admis dans l’Académie française, lui a été enfin accordée, après plusieurs échecs, en juin 1870.
On a de Jules Janin un grand nombre d’écrits; d’abord des romans : l’Ane mort et la femme quillotinre (1829, 2 vol. in-1°), a Confession (1830, 2 vol.), Contes fantastiques (1832, 4 vol. in-12), Contes nouveaux (183%, 4 vol.), le Chemin de traverse (1836, 2 vol. in-8), un Cœur pour deux amours (1837), Les Catacombes (1839, 6 vol.), contes et mélanges; la Religieuse de Toulouse (1850, 2 vol.); Contes du Chdlel (1859); la Fin d’un monde (1861); Contes bleus (1863); des tableaux de