JANSENIUS — JANSSENS
ment dela foi; et ils étaient hérétiques en ce qu’ils voulaient que cette grâce fût telle que la volonté de l’homme pôt y résister ou s’y soumettre. 5° C’est être semi-pélagien que de dire que Jésus-Christ est mort et a répandu son sang pour tous les hommes. »
L'examen de ces propositions fut confié à une commission composée de cinq £ardinaux et detreize théologiens. Pendant deux ans que dura ce travail, les défenseurs de PAugustinus eurent tout le temps d’être entendus. Mais, malgré
1653, par une bulle d’Innocent X (Cum occasione). Cette bulle, acceptée par la majorité des évêques de France, sans réclamation de la part des autres, devenait une règle de foi, de l’avis de tous les catholiques. .Pour l’éluder, les défenseurs de Jansenius trouvèrent un subterfuge qu'ils n'avaient pas imaginé avant la condamnation; ils prétendirent : 1° que les cinq propositions avaient été légitimement condamnées; qu’elles étaient vraiment hérétiques dans le sens qu’elles offraient naturellement , lequel sens était calviniste ; mais qu’elles étaient susceptibles d’une interprétation orthodoxe, qui contenait le véritable sens de Jansenius ; 2° que Jansenius n’était pas compris; que les propositions n’avaient pas été fidèlement extraites de son livre; que les passages qui pouvaient s’y rapporter n'avaient nullement le sens qu’on voulait y attacher, et que par conséquent la condamnation des propositions m’entraînait pas celle de l’'Augustinus. Cette distinction, à laquelle personne ne s’attendait, rendit nécessaire un second examen de l'ouvrage. On fit de longs et nombreux extraits du livre, qu’on accola à chacune des propositions pour montrer non-seulement l'identité de la doctrine, mais aussi la similitude des expressions. En 1656, une constitution d’Alexandre VII (Ad sacram) condamna la doctrine de Jansenius et les cinq propositions dans Le sens qu'y avait attaché cet auteur. Alors les docteurs jansénistes nièrent l'autorité qui les condamnait. Selon eux, l'Église, infaillible pour fixer le dogme, ne l'était plus pour juger les faits. On avait bien pu décider que les cinq propositions étaient contraires à la foi, mais prétendre qu’elles se trouvaient dans le livre de Jansenius ou qu’elles contenaient la doctrine de cet évêque, c'était un excès de pouvoir; et à une telle décision il n’y avait à répondre que par un silence respectueux. Les évéques français combattirent ce nouveau subterfuge; il rédigèrent un formulaire qui devait être signé par tous les ecclésiastiques de leurs diocèses. Ce formulaire n’était que la condamnation pure et simple des cinq propositions de Jansenius, telle qu’elle avait été formulée par le saint-siége. Une constitution d'Alexandre VII, en 1665 (Regiminis), ordonna la signature du formulaire, et Louis XIV menaça de saisir les revenus de quiconque refuserait de signer. Nul ne pouvait être promu aux ordres ou pourvu d’un bénéfice qu’il n’eût préalablement donné cette preuve de soumission à l’Église. Ces mesures de rigueur mirent la division dans le camp janséniste : les plus rigides, tels qu'Arnaud et les solitaires de Port-Royal, prétendirent qu’on ne pouvait sans parjure signer le formulaire. D’autres, plus modérés, consentaient à signer avec restriction, prétendant se borner à une soumission purement extérieure, et se retrancher dans le silence respectüeux. De ce nombre furent les évêques d'Angers, de Beauvais, d’Amiens et d’Alais. La mort d'Alexandre VIT prévint le procès qu’on se préparait à leur faire. Une apparente soumission de ces évèques leur rendit son successeur plus favorable, et leur obtint une sorte de paix dont le parti voulut se prévaloir : on prétendit que le saint-siége approuvait lesilence respectueux, ce qui amena, en 1705, une nouvelle constitution de Clément XI (Vineam Domini), qui renouvelait tous les anathèmes et condamnait formellement cette doctrine du silence respectueux. Port-Royal n’était plus; les Arnaud , les Nicole, dont Jes noms avaient fait la principale force du jansénisme, élaient morts ; le jansénisme, forcé dans ses derniers retranchements, semblait devoir tomber de lui-même; un livre
qui paraissait ne respirer que la piété vint lui rendre une nouvelle vie. Le père Quesnel, prêtre de l'Oratoire, ami et successéur d’Arnaud dans la direction du parti, reproduisit les erreurs de Jansenius dans divers ouvrages, spécialement dans ses Réflexions morales sur le Nouveau Testament. Les éloges donnés à ce livre par certaines personnes le rendirent suspect ; les jésuites en signalèrent les erreurs, et ies évèques de France en demandèrent la condamnation au saint-siége. Cent et une propositions extraites de cet ou-
leurs efforts , les cinq propositions furent anathématisées, en | vrage furent solennellement anathématisées en 1713, par
une bulle de Clement XI ( Unigenilus ). L'autorité de Louis XIV arrêta d’abord toute réclamation; mais la mort de ce prince, en 1715, ralluma les querelles. La Sorbonne se déclara contre la bulle, et rétracta Pacceptation qu’elle en avait faite l’année précédente; le parlement, qui avait embrassé le jansénisme comme moyen d'opposition, réclama contre la bulle, qu’il avait été forcé d’enregistrer ; des évéques, des facultés de théologie, des communautés religieuses, appelèrent de la bulle au futur concile général. Après quatre ans d’obstination, la Sorbonne et le parlement cédèrent, et la bulle fut enregistrée en 1719. Cette acceptation n’apaisa pas la discorde; mais ce que ni la raison ni l’autorité n’avaient pu obtenir, le ridicule l'opéra : on vit le parlement faire une guerre sérieuse aux évêques et au clergé pour les forcer à donner les sacrements aux hérétiques ; les sectaires voulurent appeler les miracles au secours de leur doctrine. Cette prétention ne leur réussit pas : les scandaleuses indécences du cimetière Saint-Médard (voyez Convut- SIONNAIRES) firent, comme l'avait dit un magistrat, du tombeau du diacre Pris le tombeau du junsénisme. La secte ne s’en releva pas; ses débris se perdirent dans la tourmente révolutionnaire. A peine peut-on citer la petite église schismatique que des jansénistes établirent à Utrecht à la fin du siècle dernier, et les efforts tentés au commencement de celui-ci pour ressusciter une doctrine morte. L'abbé C. BANDEVILLE.
On sait que, malgré la séparation séculaire qui existe entre les catholiques romains et les jansénistes, ceux-ci se considèrent toujours comme appartenant à l’Église catholique. C’est ainsi qu'après avoir été sacrés, les évêques jansénistes nommés dans certains pays s’empressent d'écrire au pape pour lui témoigner leur fidélité, soumission et obéissance. Le pape, de son côté, ne manque jamais de répondre par une bulle d’excommunication dans laquelle il est dit qu’il ne suffit pas de respecter en paroles l'autorité de l’Église catholique et du saint-siége, tandis qu’on la méprise et la repousse en fait. Un anathème de ce genre fut prononcé par Léon XII sur M. Van Santen, archevêque janséniste d’Utrecht. Le même fait s’est reproduit en 1854; à l'égard de M. Heykamp, sacré évêque janséniste de Deventer. Pour se conformer à l’ancien usage, il écrivit à Rome, et, comme d'habitude aussi, le pape Pie IX l’excommunia, ainsi que tous ceux qui avaient coopéré d’une manière quelconque à son élection.
JANSON (FORBIN). Voyez ForBix-JaANsen.
JANSSENS (Agranam), célèbre peintre d'histoire flamand, fut, dit-on, contemporain de Rubens, et serait né en 1560, "à Amsterdam. Léger et passionné, i: se rendit tout à fait malheureux par son mariage avec une jeune fille avide de plaisirs et prodigue d'argent, de sorte qu'il finit par s’user dans le chagrin et dans la misère. On ignore l’année de sa mort. Beaucoup d’églises de Flandre possèdent des tableaux de cet artiste. Les plus célèbres sont le Christ au: tombeau, et la Madone à l’Enfani dans l'église des Car melites d'Anvers. Les galeries de Munich, de Vienne, de! Dresde et de Berlin possèdent aussi de ses tableaux, Rival de Rubens et animé contre lui d’une haine sans bornes, il lui adressa, dit-on, un cartel que Rubens , alors au faite de sa renommée, refusa d'accepter. Janssens était sans doute un dessinateur habile et un excellent coloriste, mais à côté de Rubens il ne peut occuper dans l’histoire de Vart qu’une position subordonnée.
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