JEAN — JEAN-DE-JÉRUSALEM
résistance opposée par l'insurrection hongroise à l’enmemi, et qui l’empêcha d'opérer sa jonction avec l’archiduc Charles. Il est vraisemblable que si ce mouvement avait pu
être exécuté, la bataille de Wagram aurait eu une tout |
autre issue. L’archiduc Jean re prit point part aux guerres de 1813 et de 1814; seulement, en 1815 il dirigea le siége d’Huningue, qu’il rasa après lavoir forcé de capituler.
A partir de ce moment il resta toujours éloigné des af faires publiques ; et l’ombrageuse politique de M. de Metternich l’empêcha même de visiter de nouveau le Tyrol,
province pour laquelle il avait toujours témoigné une affec- |
tion particulière. Retiré à Grætz, qui lui est redevable de nombreux embellissements, il y consacrait ses loisirs à l’étude des sciences, prêtant aussi avec empressement son appui à toutes les entreprises utiles; et ce n’était guère qu'à ce propos que le gros du publie entendait encore parler de lui de temps à autre. Rien ne prouve d’ailleurs l’authenticité de ce mot qu’on lui prête : « Plus d'Autriche, plus de Prusse ; qu'il n’y ait plus qu’une Allemagne! » et qu’il aurait, dit-on, prononcé dans une circonstance officielle. Ce qu’il y a de certain, c’est queW’intérêt tout particulier qu’il prenait aux progrès des sciences et de l’industrie, l’isolement politique dans lequel il vivait et les souvenirs de la guerre de 1809 avaient popularisé son nom bien au delà des frontières de la Styrie.
Lorsque, à la suite de la commotion de 1848, la diète germanique fut dissoute et remplacée par une puissance centrale provisoire créée par l’assemblée nationale « dans la confiance que les divers gouvernements de l’Allemagne y donneraient leur assentiment , » les regards de la grande majorité des Allemands se dirigèrent sur l’archiduc Jean, qui le 29 juin 1848 fut effectivement élu vicaire de l’Empire d'Allemagne par le parlement. Après avoir déclaré à la grande députation qui fut chargée d’aller lui apprendre sa nomination, qu’il acceptait ces fonctions, il se rendit à Francfort au milieu des acelamations de l'Allemagne, à l’effet de
prendre possession de sa charge dans l’église Saint-Paul. ||
« Ici-bas, dit-il à cette occasion, il ne faut pas faire les choses à demi; il faut savoir se dévouer complétement à la mission qu’on a reçue, et qui est d’assurer le bonheur de la
nation allemande. » Depuis la chute de Metternich, il était
d'ailleurs sorti de l'isolement à peu près forcé dans lequel il avait jusque alors vécu. Après sa fuite à Inspruck, l’empereur Ferdinand lavait nommé son lieutenant général, lui avait confié le soin d’arranger les affaires de la Hongrie et de la Croatie, et l’avait en outre chargé de présider à l’ouverture de la diète constitutionnelle à Vienne (22 juillet ). Mais, comme il l’avait dit à Francfort, l’archiduc se consacra exclusivement au devoir de ses fonctions de vicaire de l'Empire, qu’il exerça constitutionnellement (voyez ALLEMAGNE) après avoir constitué un ministère de l'Empire. La direction que prirent les délibérations relatives à la constitution fut loin, il est vrai, de répondre à ses idées et à ses vœux; et plus la discussion approcha de son terme, plus il se montra le défenseur énergique des intérêts de l'Autriche. Après l'achèvement de la constitution de l’Empire, en date du 28 mars 1849, et lorsque le roi de Prusse eut été élu empereur d’Allemagne, il manifesta d’abord l'intention de résigner ses pouvoirs; mais les conseils de ceux qu’on appelait alors les grands conseillers allemands l'y firent provisoirement renoncer. Il ne pouvait guère avoir à cœur de mettre à exécution la constitution de l'Empire ; aussi dès la fin d’avril cette question avait-elle amené une scission entre lui et ses ministres. Le vicaire de l’Empire ayant refusé d'accepter le programme que lui présenta le cabinet Gagern, les ministres donnèrent leur démission; et c’est par suite que se forma la combinaison Grævell, Jochmus, Detmold et Merck, devenue en réalité, à la mort de Grævell, un comité autrichien. L’archidue combattit alors la prétention de la Prusse de le maintenir dans les fonctions de vicaire de l'Empire ; et il ne resta plus à Francfort que comme le représentant et
{ Jexpiration de l'intérim qui mit formellement fin à ses fonctions, qu’il les résigna, le 20 décembre 1849. Ji quitta alors Francfort, et s’en retourna en Styrie. Depuis, l’archiduc habita Grætz jusqu’à l’époque de sa mort, arrivée le 10 mai 1859. En 1827 il avait épousé morganatiquement la fille d’un simple maître de poste, Mlle Anna Plochel (née le 6 janvier 1804), créée plus tard comilesse de Meran et baronne de Brandhof), et dont il eut un fils, François (né le 11 mars 1839), qualifié de comte de Meran.
JEAN (NéromucÈne-Marie Josepu), roi de Saxe, succéda à son frère Frédéric-Auguste, mort d'un accident, le 9 août 1854, Né le 12 décembre 1801, il était le dernier fils du duc Maximilien. 11 présida d’abord le ministère des finances, puis il commanda en chef les milices nationales, Devenu roi il confia la direction des aflaires à M. de Beust, et céda à son influence en se rangeanf, en 1866, du côté de l’Autrich”. Forcé d'accepter la loi du vainqueur, il entra dans la Confédération de l'Allemagne du Nord, et adhéra, en 1870, au rétablissement de l’empire allemand. Le roi Jean fut un des princes les plus instruits de notre époqrie. Un voyage qu'il fit en Italie, en 1821, ne contribua pas peu à fortifier le goût tout particulier qu’il s'était toujours senti pour la littérature italienne. La traduction en vers qu’il publia de la Divina Commrdia du Dante, avec des commentaires critiques et historiques
.(8 vol,, Leipzig, 1839-1849), témoigne de l’étude approfondie qu’il en avait faite. 11 est mort d'hydropisie le 29 octobre 1873 à Dresde.
Marié depuis 1822 avec Amélie, fille de Maximilien, roi de Bavière, il en eut trois enfants : Albert, né le 23 avril 1828, marié en 1853 à Caroline de Suède; c’est lui qui commandait pendant la guerre franco-allemande le corps d'armée saxon qui prit une part active au siège de Paris; il a succédé à son père comme roi de Saxe; 2° Ælisabeth, née le 4 février 1830, veuve depuis 1855 de Ferdinand, duc de Gênes; 3° Georges, né le 8 août 1832, et qui a épousé en 1856 une fille de Ferdinand, ex-roi de Portugal.
JEAN (Chrétiens de Saint), Voyez CHRÉTIENS DE SAINT JEAN.
JEAN-BAPTISTE. Voyez JEAN (Saint), page 577.
JEAN BART. Voyez Barr.
JIÉAN DAMASCENE. Voyez JEAN CHRysoReRoAs.
JEAN DE BOLOGNE. Voyez Borocne (Jean de).
JEAN DE BRUGES. Voyez Excr (Van).
JEAN-DE-JERUSALEM (Ordre de Saint-). Dès Van 1048 des marchands d’Amalfi fondèrent à Jérusalem une église, à laquelle était annexé un monastère, qui s’accrut bientôt d’un hôpital et d’une chapelle placée sous l’invocation de saint Jean. C’est à cette circonstance que les religieux qui faisaient vœu de soigner et de secourir les malades et les pauvres pèlerins durent leur dénomination de Frères hospitaliers ou Frères de Saint-Jean de Jérusalem. Sous le gouvernement de leur premier chef, Gérard de Tonque, ils reçurent du pape Pascal II une constitation particulière; et Godefroy de Bouillon, ainsi que d’autres croisés, leur donnèrent bientôt de grandes possessions en fonds de terre. Le second chef de l’ordre, Raymon du Puy, le transforma au commencement du douzième siècle ; et en ajoutant aux vœux des religieux l'engagement de combaitre les infidèles, il en fit un ordre religieux et militaire, qu'il divisa en trois classes : les chevaliers, chargés de comhaitfre les infidèles ; les cha pelains, chargés du service des au{els : et les frères laïs ou servants, chargés de soigner les malades et de servir de guides aux pèlerins. L'ordre ainsi reconstitué s’étendit toujours de plus en plus, acquit dans presque tous les pays de la chrétienté de grandes terres et beau. coup d'influence, en même temps que les papes lui accordaient de nombreux priviléges. Il en résulta que cet ardre, après avoir pendant quelque temps strictement observé sa règle et combatin bravement les infidèles, finit par dégé-
le défenseur des intérêts autrichiens. Ce fut seulement à | nérer ; ses membres tombèrent dans l'orgueil et la Iuxure,
DICT. DE LA CONVERS. — T, Xl.
se firent force mauvaises querelles avee les Templiers et le clergé d'Orient, et contribuèrent puissamment ainsi à faire perdre aux chrétiens la Palestine.
Après la prise de Jérusalem par Saladin (1187), l'ordre transporta sa résidence à Ptolémais ; et cette ville étant tombée cent ans plus tard au pouvoir des infidèles, les chevaliers allèrent s’établir dans l'ile de Chypre, dont le roi leur fit à cet effet cession de la ville de Limeno. Mais ils n’y demeurèrent pas plus de dix-huit ans, et conquirent en 1309 Vile de Rhodes, où ils établirent désormais le chef-lieu de leur ordre ; c'est pourquoi on les désigna alors sous le nom de chevaliers de Rhodes. Is eurent à y soutenir les luttes les plus acharnées contre les Turcs ; et l’histoire a consacré le souvenir de la valeureuse défense qu’ils opposèrent sous les ordres du grand-maître Pierre d’Aubusson aux Osmanlis commandés par Mahomet II, qui vint assiéger la ville de Rhodes en 1480, à la tête d’une immense armée. Mais les attaques des Turcs se renouvelèrent et devinrent de plus en plus fréquentes; et alors, laissés sans secours par le reste de l'Europe, ils se virent contraints, le 24 octobre 1522, sous le gouvernement de leur grand-maître Philippe de Villiers de ifIle-Adam, et malgré la résistance la plus opinitre, d'abandonner Rhodes à Soliman,
Les chevaliers errèrent alors de côté et d’autre jusqu’au moment où, en 1530, l’empereur Charles-Quint leur eut concédé en toute propriété et à titre de fief relevant de l'Empire, ‘es îles de Malte, de Gozzo et de Comino, à la condition de faire constamment la guerre aux Turcs et aux pirates, et de restituer ces îles au royaume de Naples quand l’ordre aurait réussi à reprendre Rhodes aux infidèles. C’est de là qu’ils prirent désormais la dénomination de chevaliers de
Malle. Sous Jean de Lavalette, devenu leur grand-maitre à |
partir de 1537, qui construisit la ville et la forteresse de Lavalette, et mourut en 1568, ils repoussèrent en 1565 une
redoutable expédition entreprise contre eux par Soliman J1; |
ils continuèrent ensuite avec tant de vigueur et de résolu-
tion leurs guerres maritimes contre les Tures, pendant le .
cours desquelles d’ailleurs ils faillirent maintes fois succomher, qu'ils maintinrent leur institution jusqu’à l’époque de la révolution française. De cet événement date la perte de
leur indépendance. Déjà, à l'époque de la Réformation, ils |
s'étaient vu enlever les immenses domaines qu’ils possédaient en Angleterre, dans les Pays-Bas, en Danemark, en Norvége et en Suède. A ce moment autant leur en arriva en France. j
Bonaparte, lors de son expédition d'Égypte, les ayant attaqués, leur grand:maître Ho mpesch, à la suite d’une £apitulation, ou plutôt d’une trahison insigne, évacua l'ile sans combat. En 1800 les Anglais s’'emparèrent de l'ile de Malte; et quoique la paix d'Amiens eut stipulé qu’ils la rendraient aux chevaliers de l’ordre, ils Pont toujours conservée depuis. Hompesch abdiqua alors son titre et ses pouvoirs, et les membres de l’ordre élurent pour grandmaître, le 16 décembre 1798, l’empereur de Russie Paul 1‘, Maïs cette élection souleya une vive opposition, à cause de la différence de religion du nouveau grand-maiître ; le pape réfusa de la valider, et l'électeur palatin de Bavière, Maximilien-Joseph, pour éviter toute difficulté avec la Russie, supprima purement et simplement dans ses États l’ordre, dont il réunit les possessions au domaine public; exemple qui fut imité dans la plus grande partie des pays où l’ordre possédait encore des propriétés, notamment, en 1810 et 1811, en Prusse, où on le remplaça, en 1812, par l’ordre prussien de Saint-Jean de Jérusalem, simple décoration à l’usage de la haute noblesse,
Les derniers débris des possessions de l’ordre consistaient alors dans le grand-prieuré de Bohème, et dans les deux grands-prieurés de Russie. Après la mort de Paul 1°", le pape nomma où confirma successivement plusieurs italiens en qualité de grands-maitres de l'ordre, qui, après avoir perdu Malle, élait venu se fixer à Catane en Sicile, Après la chute de Napoléon, l'ordre essaya d'effectuer aussi sa restaura-