‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 392 sur 522 · JEAN-DE-JERUSALEM — JEAN DE PARIS · texte numérisé non relu

JEAN-DE-JERUSALEM — JEAN DE PARIS

tion ; mais tous ses efforts furent inutiles. En 1826 le pape consentit à ce que le siége en fût transféré à Ferrare ; et dans ces derniers temps, en voyant opérer le rétablissement des abhayes et commanderies de l'ordre dans l’ancien royaume Jombar(o-vénitien, on en avait inféré que des destinées plus propices lui étaient réservées ; les événements de 1859 ont fait évanouir celte espérance.

Le costume des chevaliers consistait en temps de paix en un long manteau noir orné d’une croix blanche à huit pointes, dite croix de Malte, et qui se plaçait sur le côté gauche de la poitrine; en temps de guerre, en un uniforme rouge avec une croix lisse sur la poitrine et sur le dos. L'ordre ne dépendait du pape qu’en matières ecclésiastiques, et au temporel il était investi d’une complète souveraineté.

L'ordre se divisait en huit langues : 1° Provence, 2° Auvergne, 3° France, 4° Italie, 5° Aragon, 6° Angleterre, 7° Allemagne, 8° Castille. La Zangue de Provence fut classée au premier rang, en mémoire de Gérard, fondateur de l’ordre. La langue d’Angleterre fut supprimée à l’époque du schisme d'Henri VIII. Chaque Zangue se subdivisait en grands prieurés, en bailliages conventuëls , et les prieurés en commanderies. Les chevaliers nobles étaient seuls admissibles aux premières charges de l’ordre; les chevaliers de la Zanque d'Allemagne devaient faire preuve de seize quartiers de noblesse : chaque langue avait un droit spécial et exclusif à lune des grandes dignités.

JEAN DE LEYDE, dont le véritable nom était Jean Bockesson, ou Bockocp, ou encore Bocknor, était le fils d’un magistrat municipal de La Haye, et naquit à Leyde vers 1510. Après avoir pendant longtemps couru le monde comme garçon tailleur , il revint s'établir de son état dans sa ville natale. Mais joyeux compagnon, il aimait bien mieux les plaisirs que les travaux de sa profession ; aussi dans les associations poétiques du temps le voyait-on figurer et comme poëte et comme acteur, favorisé qu’il était, à cet égard, par un extérieur agréable, par une éloquence naturelle et par une imagination aussi ardente que vive. S’étant épris desdoctrines des anabaptistes, il devint un de leurs prophètes ambulants les plus fanatiques et les plus influents. C’est ainsi qu’en 1533 il arriva à Munster avec Jean Matthys, qu'il seconda avec autant de zèle que de succès dans son œuvre de conversion anabaptiste; et à la mort de Matthys, arrivée en 1534, il lui succéda. Jean dé Leyde renversa alors l'antique constitution de Munster, organisa cetle ville en royaume de Sion, y institua des juges et y mit en vigueur une législation ayant pour base linterprétation théocratique de l’Ancien Testament. En se faisant proclamer roi de Sion, il mit le comble à cette œuvre de vertige et d'aventures, où le fanatisme religeux et la démence étaient combinés de la manière la plus étrange avec une sensualité grossière, avec le goût des jouissances et la cruauté, Jean de Leyde, qui se déclara lui-même le roi d'élection du monde dont il est question dans lApocalypse, introduisit la pluralité des femmes, se livra à fous les excès de la &ébauche au milieu d’un luxe royal, versa des flots de sang tout en se proclamant bien haut l’oint du Seigneur, et fit de la ville de Munster le théâtre de désordres qui n'étaient possibles qu'en raison du bizarre mélange du fanatisme religieux le plus sauvage avec la sensualité la plus grossière, Après diverses attaques inutilement tentées, la villede Munster fut reprise par son évêque, Le tfailleur-roi fut alors fait prisonnier avec les autres boute-feu ses complices. Le 23 janvier 1536, tous furent mis à mort et subirent les plus horribles supplices. Le cadavre de Jean de Leyde fut en outre suspendu dans une cage de fer au sommet d’une des plus hautes tours de la ville. Les derniers instants de sa vie nous le font voir anéanti, et avouant humblement ses fautes, dans l'espoir d'obtenir ainsi sa grâce.

JEAN DE MEUNG. Voyez MEUNG.

JEAN DE PARIS, célèbre dominicain, docteur et professeur en théologie à Paris, et grand prédicateur, soutint le roi Philippe le Bel contre le pape Boni-

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