‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 399 sur 522 · JELLACHICH — JEMMAPES · texte numérisé non relu

JELLACHICH — JEMMAPES

entrée dans cette capitale le 2 novembre. Depuis lors, Jelachich , devenu le bras droit de l’empereur, et qui a singulièrement contribué à la soumission de la Hongrie, jouit d’une faveur que tant de services rendus à la couronne paraissent devoir.protéger contre toutes les intrigues de cour, A l'occasion de son mariage, l’empereur François-Joseph lui a donné le titre de comte,

Brave et chevaleresque , aimé des soldats, qui dans leurs marches répètent ses chants patriotiques, Jellackich a puisé au contact des civilisations occidentales des connaissances qui, loin d’avoir étouffé en lui l'originalité de l'esprit, en ont aidé le développement,

Jellachich est mort à Agram, le 10 mai 1859. On a publié, en 4850, un recueil de ses poésies. A. D'HéRICOURT.

JEMMAPES (Bataille de). La journée de Valmy ayait sauvé la Champagne et la capitale de l'invasion des Prussiens et des vengeances de l’émigration. Mais la Flandre restait en proie aux armées de l’Autriche, et Du m ouriez n'avait rempli que la moitié de sa tâche. Albert de Saxe- Teschen, encouragé par la coopération del’armée prussienne, avait quitté les retranchements de Mons et jeté des divisions impériales sur divers points de la frontière de France. II avait forcé le camp de Maulde, attaqué, bombardé la ville de Lille, et porté la désolation dans ses remparts. Repoussé par lintrépidité de la garnison et des habitants, il allait se venger sur Valenciennes, quand Dumouriez, libérateur de la Champagne, fit annoncer son retour par son lieutenant Beurnonville,

A l'approche de cette avant-garde, Albert et ses Autrichiens se replièrent vers leurs retranchements de Mons; et Dumouriez, qui méditait depuis longtemps la conquête de la Belgique, pénétra à son tour sur ce riche territoire. Cent mille Français étaient rassemblés sous son commandement ; il les divisa en quatre corps. Vingt mille, formant son extrême gauche, marchèrent sous les ordres de Labourdonnaye contre les divisions du général autrichien comte de Latour, qui défendait les approches de Tournay. Un pareil nombre se porta sur la Sambre avec le général Valence, pour fermer les routes de Namur au corps de Clairfayt. D’'Harville, à la tête de douze mille autres, déboucha par Maubeuge, et quarante mille, commandés par Dumouriez lui-même, franchirent la ligne de Quiévrain, précédés par trois bataillons de Belges, impatients de délivrer leur patrie. Leur premier pas fut marqué par un échec. Quinze cents hussards autrichiens les chargèrent dans les environs de Boussu, et les mirent en désordre. Maïs Dumouriez fit soutenir ces Belges par deux de ses divisions. Les villages de Boussu et de Thulin furent emportés à la baïonnette; la forêt de Sars fut franchie, et Dumouriez parut le à novembre 1792 devant les positions formidables de Jemmapes.

Le duc de Saxe n’avait rien négligé pour les fortifier, Trois lignes de redoutes, disposées en amphithéâtre, étaient défen: dues par cent bouches à feu et par vingt-buit mille Autrichiens. La gauche de ces lignes s’appuyait au village de Cuesmes, à un quart de lieue de la place de Mons, dont l’artillerie défendait cet étroit passage ; et leur droite, repliée en équerre, environnait de ses retranchements la colline et le village de Jemmapes. La gauche de l’armée française était commandée par le général Ferrand, la droite par Dampierre, le centre par Dumouriez et par le jeune duc de Chartres, qui fut depuis Louis-Philippe, roi des Français. Le 6 novembre, dès huit heures du matin, la bataille commence par de nombreuses décharges d'artillerie; mais l’impatience de nos divisions demande un assaut général , et Dumouriez donne enfin l’ordre d’une attaque plus vive. Le vieux Ferrand et l'aile gauche s’avancent par la chaussée de Valenciennes, enlèvent le village de Quarégnon sous le feu des canons ennemis, et se dirigent sur la colline de Jemmapes, que nos brigades débordent. Mais le feu des Autrichiens devient si terrible, que Ferrand, dont le cheval vient d’être tué, sent la nécessité de changer la direction de ses

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