‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 40 sur 522 · HEXAMÈTRE — HEYNE · texte numérisé non relu

HEXAMÈTRE — HEYNE

| comme üne cérémonie funèbre, Exemple encoreemprunté de | Virgile :

Zxtinctum nymphæ crudeli funere Daphnim | Flebant.

Pleuraient Daphnis, éteint par un trépas cruel,

Le rhythme du vers hexamètre est le plus pompeux, le plus sonore, le plus mélodieux que connaisse l'oreille humaine, et cependant, il date de plus de trois mille ans. A cette époque il cadençait déjà les sublimes pensées d’Orphée et d'Homère. Ce vers est empreint d’une si belle musique, que les uns en rapportent l'origine à Phémonoé, première prêtresse de Delphes, d’autres aux dieux mêmes. Vainement Jodelle voulut-il, en 1553, ressusciter l’hexamètre dans la poésie française par ce distique détestable :

Phœbus, Amour, Cypris veut sauver, nourrir et orner Ton vers et ton chef, d'ombre, de flamme, de fleurs.

Vainement ce rhythme sans cadence trouva-t-il des enthou- | siastes, l’hexamètre français n'eut pas de durée. Chez les Grecsetles Romains, ilse pliait à l'épopée, à l’idylle, à l’épitre, à la satire. Dans l’élégie, il s’accouplait avec le pentamètre ( vers de cinq pieds), diminuant ainsi sa pompe et son éclat, qui auraient effarouché les amours ou troublé la douleur et la paix des tombeaux. Outre le grec et le latin, l’hexa-

celle des peuples slaves et lettons. La Messiade de Klopstock et la traduction russe de l’Jliade d'Homère par Gné- | ditch sont en vers hexamètres. On appelle encore ce vers héroïque. Il est absurde de le comparer à notre alexæandrin, dont l’emploi est à la vérité le même, mais dont la prosodie diffère absolument. DENNE-BARON.

HEXA-MILI. Voyez CoRINTHE.

BEXANDRIE (de £, six, et ävio, homme, pris ici

|} pour ééamine ), sixième classe du système de Linné (voyez

BOTANIQUE ) , renferme les plantes qui ont six étamines libres, comme la plupart des asparaginées et beaucoup de liliacées. Cette classe se divise en kexandrie monogynie (lis, tulipe); kexandrie digynie (riz); hexandrie trigynie ( colchique }); etc.

Linné emploie aussi le mot Lexandrie pour désigner un ordre de la gynandrie : la gynandrie hexandrie, caractérisée par six étamines portées sur le pistil.

HEXAPLES ou Sextuples, ouvrage célèbre d'Origène, du mot grec étarhoot, qui a cette signification. Cette œuvre sur l'Ancien Testament est malheureusement perdue, moins quelques fragments sur les psaumes, sauvés par saint Jean Chrysostôme , par Philoponus dans son Hexaméron , et chez les modernes, par Drusius e :e père Montfaucon, qui en ont recueilli quelques débris. Cette œuvre d’un prodigieux labeur était une espèce de Bible polyglotte écrite sur six colonnes parallèles : le texte hébreu, le même en caractères grecs, la version d’Aquila, celle de Symmaque, celle des Septante, celle de Théodotion.

Deux autres traductions en ayant été trouvées , l’une à Jéricho, en 217, l’autre à Nicopolis, en 228, Origène les joignit à son grand ouvrage. Alors les Hexaples devinrent les Octaples, qui, réduits par l’auteur à quatre livres devinrent les Téfraples (de térpa, quatre). C'étaient les quatre versions grecques d’Aquila de Symmaque , des Septante et de Théodotion. Origène y avait marqué de sa main, par des astérismes et obèles (petites broches), les passages altérés ou omis par ces translateurs : c’était autant de lumières qu'il portait aux yeux des juifs, des chrétiens et des dissidents d’alors , comme si ce saint docteur de l'Église naissante n’eût pas voulu qu’il pût être dit de Dieu : Tradidit bibliam suam dispulationi eorum , il a livré son livre à leurs disputes. DENNE-BaARON.

HEYDEN (Jean Van Der), peintre hollandais, né à Gorkum, en 1640, montra dès sa plus tendre jeunesse un goût décidé pour la peinture, reçut d’un peintre sur verre les premières leçons de cet art, et se perfectionna ensuite

mètre s’est naturalisé dans la poésie allemande et dans.

w(rÉ

par son propre génie. Il habita plus tard Amsterdam, où il mourut, en 1712. Il réussissait surtout à peindre des villes, des villages, des châteaux, des palais et des maisons, qu'il reproduisait avec un soin indicible et avec un naturel extraordinaire. En examinant de près ses tableaux, parmi lesquels on vante principalement l'hôtel de ville et la bourst d'Amsterdam, l’église et la bourse de Londres, on ne peue assez admirer les connaissances qui s’y rélèvent, l'harmonie des couleurs, la perspective et le fini. On estime beaucoup aussi ses dessins au lavis et au crayon rouge, ainsi que ses excellentes eaux-fortes. Heyden mérita bien de la ville d'Amsterdam, par la meilleure organisation qu’il donna à son système d'éclairage publie, et en perfectionnant ladministration des secours contre l'incendie ; aussi fut-il nommé directeur de cette partie de l'administration municipale. Il a publié un ouvrage spécial sur la manière d’arrêter les incendies au moyen de pompes de son invention (Amsterdam, 1690, in-fol. avec figures).

HEYN (Perer-PererseN), célèbre marin hollandais, né en 1577, à Delftshaven, près de Rotterdam, débuta par être mousse, ét à force de bravoure s’éleva jusqu'aux plus hauts grades. Comme vice-amira! de la flotte de la Compagnie des Indes occidentales, il battit, en 1626, les Espagnols dans la baie de Tous les Saints, leur enleva quarante-cinq batiments, et rapporta en Hollande un immense butin. Nommé alors amiral au service de la Compagnie, il s’empara presque sans Coup férir, en 1626, de la grande flotte espagnole des galions, contenant 12 millions deflorins d'argent en barres, sans compter d'énormes quantités de marchandises précieuses. En récompense de cet exploit, il fut créé, en 1629, amiral de Hollande, et à peu de temps de là il trouvait la mort dans un combat contre deux navires sortis de Dunkerque. Un monument en marbre a été élevé à sa mémoire dans l’ancienne église de Delf.

HEYNE ( Caréren-GorrLog) naquit en 1729, à Chemnitz, en Saxe, où son père, pauvre tisserand, s'était réfugié pour échapper à des persécutions religieuses qu’il avait éprouvées à Gravenschutz, en Silésie. De 1741 à 1748, il fréquenta le lycée de Chemnitz; mais sa famille étant dans la plus profonde misère, il fallut pour le soutenir dans ses études le concours de quelques citoyens aisés. Plus tard il alla se perfectionner à Leipzig, où le professeur de philosophie Crusius l’employa d’abord à traduire en latin les discours qu’il était obligé de prononcer ou de publier dans cette langue. Alors brillait à cette université le célèbre Ernesti: Heyne réussit à lui inspirer un vif intérêt, partagé par Back et par Christ. Leur protection le mit bientôt en état de se créer quelques ressources, en communiquant sa science au servum pecus des étudiants, dont il se fit le répétiteur. Ses études terminées, il obtint du comte de Brübl, qui gouverpait alors la Saxe et son souverain, une place d’employé au catalogue de sa bibliothèque particulière , avec environ 400 f. d'appointements. De la bibliothèque du ministre il passa parmi les conservateurs de celle de Dresde, sans qu’il en résultât une amélioration bien sensible dans sa position pécuniaire. Mais étudier était son unique passion, son seul besoin. Il profita donc de son séjour dans la capitale de la Saxe pour connaître les beaux monuments d’art antique qu’elle renferme. A la même époque, Winkelmann aussi vivait à Dresde, studieux, pauvre, inconnu COMME Heyne, et la conformité de penchants, de fortune, d’espérance , les eut bien vite liés. [gnorés du monde et ne pouvant avoir qu’un sentiment confus de leurs forces, ils étaient sans doute loin de soupçonner la noble et brillante destinée qui les attendait. Bientôt ils se séparèrent pour ne plus se revoir : Winkelmann alla continuer ses études en Italie, Heyne resta en Allemagne; et lorsque après un grand nombre d'années de séparation une célébrité tardive fit retentir dans l’Europe les noms de Heyne et de Winkelmann, chacun d’eux dut reconnaître avec plaisir dans l’autre, et nen peutêtre sans quelque étonnement, son jeune compagnon d’études à la bibliothèque de Dresde,

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