JE NE SAIS QUOI — JÉRÉMIE
pays de Tob, de l’autre côté du Jourdain, où il ne tarda point à se faire un grand renom comme chef d’une bande de brigands. Aussi ses compatriotes de Galaad se trouvant en guerre contre leurs voisins les Ammonites, l’appelèrent-ils à leur secours et le placèrent-ils à la tête de leur armée. Mais avant de se mettre en campagne Jephté fit vœu, dans le cas où Dieu lui accorderait la victoire, de lui sacrifier la première personne qu'il rencontrerait à son retour. Or ce fut sa file unique; et suivant quelques-uns, il la sacrifia véritablement. D’autres prétendent que les termes employés à ce propos par l’Écriture veulent dire seulement qu’il la consacra à une virginité perpétuelle dans le temple. Après avoir délivré le peuple d’Israel de ses ennemis extérieurs , Jephté le gouverna pendant six ans.
JÉRÉMIE, l’un des grands prophètes, dont les prophéties et les Zamentations sont contenues dans le canon de l’Ancien Testament, donne lui-même sa biographie dans ce premier verset de son livre : « Prophétie de Jérémie, fils d'Helcias, l’un des prêtres qui demeuraient à Hanathot, dans la terre de Benjamin. » Il naquit l’an 630 avant J.-C., et eut, encore presque enfant, une vision où lui apparut le Seigneur, qui le choisit pour son voyant, la treizième année du règne de Josias, époque à laquelle il commença à prophétiser dans Hanathot. Persécuté ensuite par ses compatriotes, il se rendit à Jérusalem, où, ne perdant jamais de vue la déplorable situation où se trouvait l’État, aussi bien sous le rapport politique que sous le rapport religieux , il demeura inébranlablement fidèle à sa mission de voyant. Ce prophète, qui eut pour secrétaire le petit prophète Baruch, qu’admirait tant notre bon La Fontaine, prophétisa principalement sous le règne de Sédécias, en ces temps malheureux où Nabuchodonosor avait mis le siège devant Jérusalem. Il avait reçu de Dieu le don des larmes : il les fait ruisseler des yeux; il déchire l’âme de ses gémissements ; il remue les entrailles par ses cris ; il navre le cœur de pitié et de douleur. Sédécias , irrité alors des terribles prévisions de l'homme de Dieu, qui le jetait comme d'avance aux puissantes mains du roi d’Assyrie, « le fit enfermer dans le vestibule de la prison qui était dans la maison du roi de Juda : » telle est la relation textuelle du voyant. La prise et la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor eurent pour résultat de mettre un terme à la caplivité du prophète, et le vainqueur lui permit de continuer à résider à Mizpa en Judée. Mais plus tard Jérémie, pour se soustraire à l'oppression du gouverneur institué par Nabuchodonosor, se retira en Égypte avec bon nombre de Juifs qui étaient restés comme lui en Judée. C’est là qu’il mourut, dans un âge extrêmement avancé, l'an 570 av. J.-C. La tradition postérieure place son tombeau au Caire. D’après le récit de saint Jérôme et celui de Tertullien, il serait mort lapidé. D’autres veulent qu’il soit revenu en Judée pleurer encore et mourir sur les décombres de la cité de David, alors l’objet sans forme, sans bruit et sans voix de ses premières et ineffables douleurs.
On peut comparer Jérémie à Simonide, poëte grec, si habile, dit-on, à remuer les cœurs, et dont les ‘anciens faisaient tant d'estime. Bien que de race sacerdotale, le fils inspiré d’Helcias, fut toujours odieux aux prêtres, à cause de la sincérité de sa langue. Le fond de ses lugubres prédictions, c’est la ruine prochaine de ja cité de David, du temple, du trône de Juda , et l’extermination des Juifs, La lamentable voix du prophète portait le deuil dans Jérusalem, à laquelle elle ne prédisait que meurtre, pillage, dévastation, solitude, captivité : aussi la masse de la nation juive le détestait ; elle l'accusa même de trahison. La protection et la sauvegarde dont Nabuchodonosor, sur les ruines fumantes de Jérusalem, couvrit le prophète, confirmèrent dans cette opinion les malheureux Juifs.
Dans son livre, il n'y a que la moitié qui soit rhythmée et poétique; le milieu est historique. Mais, dans les derniers chapitres, l’organe de ce voyant emprunte souvent de fréquents éclats de tonnerre à la harped'Isaie . On lui attribue