‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 407 sur 522 · JÉSUS · texte numérisé non relu

JÉSUS

ne courait pas davantage au-devant du martyre et n’était nullement insensible à la douleur physique , comme c’est le cas chez les enthousiastes, Jésus était tout le contraire, et agissait en conséquence. On ne saurait non plus l’accuser de avoir été qu’un imposteur, Une telle imputation serait démentie par la pureté et par la noblesse de son caractère ; par le respect profond que lui témoignaient les apôtres, par la foi entière qu'ils avaient en lui, par son complet désintéressement, par sa confiance dans la protection de Dieu, par son renoncement absolu à toute espèce de puissance politique et de souveraineté terrestre. Lorsque après avoir reçu le baptême, il se retira dans la solitude pour se préparer à son grand œuvre, il y fut, il est vrai, surpris par la lentatrice pensée de profiter dans un but politique de l'attente d’un Messie où était sa nation; mais il la repoussa aussitôt loin de lui et pour toujours. C’est comme rabbin enseignant et comme Messie venant l’exhorter sérieusement à s'occuper de son amélioration morale, qu'il se présenta au peuple, en annonçant qu'il ouvrait les portes du royaume de Dieu à tous ceux qui se sanctifient véritablement ; tandis que lui-même il se soumettait encore à toutes les prescriptions de la loi mosaïque, qu’il guérissait les malades moralement et physiquement, et qu’il allait de côté et d'autre en faisant le bien. Ses miracles , notamment ses guérisons spontanées de malades , étaient des bienfaits: ils appelèrent l’attention du peuple sur lui, et donnèrent à penser qu’il était celui qui avait été prédit. Son caractère et sa vie étaient purs et sans taches, Il témoignait d’un si parfait amour de Dieu et de tous les hommes, que nous adorons à bon droit en lui idéal incarné de l’homme moral et que nous tenons son exemple comme une règle de conduite obligatoire pour tous les chrétiens. Quant au royaume de Dieu qu’il voulait fonder, il s'agissait d’une nouvelle communauté de vie religieuse pour arriver à la véritable et pure adoration de Dieu, à la véritable vertu et à la religieuse espérance d’une vie éternelle, Cette communauté de vie religieuse, il ne voulait point qu’elle reposât sur une contrainte extérieure; elle ne devait consister que dans la foi et n’avoir d’autres signes de reconnaissance que le baptême et la communion.

Peu de temps après qu’il eut commencé sa mission, Jésus admit près de lui quelques disciples vivant dans son intimité, et dont le nombre fut bientôt porté à douze. Plus tard onleur donna lenom d’apôtres. C'est aussi vers cette époque qu’il assista avee sa mère et ses disciples aux noces de Cana, Il se rendit avec eux et avecses /rères (Jacques, Joseph , Simon et Jude [saint Matthieu, XIII, 585; saint Mare, VI, 3], et il est aussi question de sœurs de Jésus) à Capharnaum, puis, après y avoir fait un court séjour, à Jérusalem pour la fête de Pâques. Beaucoup avaient foi en lui, et le pharisien Nicodème vint le visiter, de nuit pour s’entretenir avec lui. Il séjourna alors pendant quelque temps en Judée ; mais il s’en revinten Galilée, quand les hommages dont il y devint l’objet eurent appelé l'attention des pharisiens. Son chemin le conduisait par Samarie. En route il eut avec une Samaritaine un entretien, par suite duquel non-seulement celle-ci crut en lui, mais encore beaucoup de Samaritains prirent parti pour lui. De retour en Galilée, Jésus se rendit de nouveau à Cana; cependant, il séjourna le plus souvent à Capharnaum, où il enseignait et où il accomplissait des miracles, ainsi qu’à Nazareth, Mais il dut s'enfuir de cette ville. C’est tandis qu’il parcourait la Galilée, qu'il traversa le lac Génézareth, afin de propager son œuvre sur l'autre rive, et qu'il envoya dans le corps des pourceaux les démons qui obsédaient deux possédés d’entre les Gadaréniens. De là il s’en revint à Capharnaum, travaillant là et dans les environs à la fondation et à la propagation du royaume de Dieu, soit par ses entretiens, soit par de plus longs discours, ou bien par des comparaisons ou paraboles, ou encore par des miracles. C'est vraisemblablement vers ce temps-là que Jésus prononça son sermon sur la montagne, qui roule sur des enseignements moranx, el où il a donné aux hommes dans l'oraison dominicale la véritable for-

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