JESUS — JET D'EAU
mule que doit revêtir la prière. A l'occasion du nouveau séjour qu’il alla faire alors à Jérusalem pour la célébration de la fête de Pâques, la haïne que lui avaient vouée les pharisiens s'exprima déjà d’une manière si grave, qu'il ne tarda point à s'éloigner de cette ville. Après avoir accompli en route le miracle de nourrir cinq mille individus avec cinq pains et deux poissons; avoir prié sur la montagne et être retourné auprès de ses disciples, il envoya ceux-ci à Jérusalem célébrer la fête des Tabernacles, et les y suivit. Alors encore il put voir combien les pharisiens le détestaient et étaient décidés à le persécuter. C’est pourquoi, quittant la Judée, il se rendit vers les frontières de Tyr et de Sidon. C’est à cette occasion qu’il secourut une femme cananéenne, qu'il guérit un sourd-muet et nourrit encore ane fois quatre mille personnes avec sept pains. C’est alors aussi qu’eut lieu ce qu’on appelle la transfiguration de Jésus, à laquelle prirent part Pierre, Jacques et Jean.
Cependant les temps de sa Passion approchaient. Convaincu qu'il périrait victime de ses ennemis, il porta le nombre de ses disciples à soixante-dix, et se rendit ensuite à Jérusalem pour la fête de Pâques ; mais il en repartit bientôt, à cause du caractère de gravité que prenaient les persécutions dirigées contre lui, et se rendit à Peræa, où il ressuscita Lazare. Puis il alla à Jéricho, où il logea chez Zachée ; de là encore à Béthanie, et il rentra enfin à Jérusalem, où il fut accueilli aux cris d’Hosannah! par le peuple, auquel il devait donner en enseignements sa Passion, sa mort et sa résurrection. Le soir même, il s’en retourna à Béthanie, mais pour s’en revenir bientôt encore à Jérusalem, où il maudit le figuier stérile, chassa les acheteurs et les vendeurs du temple (saint Marc, II, 15 et suiv.), enseigna par paraboles dans le temple, et prédit le sort de Jérusalem. 11 s’en revint alors de nouveau à Béthanie, où Marthe lui lava les pieds. Il séjourna ensuite sur le Gethsemané. C’est pendant ce temps-là que Judas offrit de vendre Jésus moyennant trente deniers. Jésus voulant célébrer avec ses disciples la iête de Pâques, revint à Jérusalem, lava les pieds de ses disciples, parla de la trahison dont il était menacé, institua la sainte communion dans la cène, se rendit au mont des Olives, y pria pour lui et ses disciples, et revint dans les jardins de Gethsemané. C’est là qu'il fut recherché et trahi par Judas et ceux qui accompagnaient le traître. Pierre voulut, il est vrai, défendre sou maître, et abattit même une oreille à Malchus. Maïs Jésus lui reprocha cet acte de violence, guérit Malchus, et se livra ensuite à ses ennemis. Ceux-ci le conduisirent d’abord à Hannas, puis à Caïphe, l'accablèrent d'insultes et le condamnèrent comme blasphémateur, pour s'être comme Christ déclaré le fils de Dieu.
Pendant que Pierre le reniait, alors que Judas, bourrelé par les remords de sa conscience, se pendait, Jésus était conduit devant Pilate, puis devant Hérode, et ramené devant le premier. Pilate voulait Le faire mettre en liberté; ais le respect humain l’en empêcha , et le contraignit à rendre contre lui une sentence de mort, que le peuple ameuté lui dicta. En butte aux railleries et aux outrages de toutes espèces, Jésus devait êtremis en croix. Trop faible pour porter lui-même sa croix jusqu’au lieu du supplice, ce fut Simon de Cyrène qui dut le remplacer. La mise en croix eut lieu un vendredi, sur le Golgotha. Le corps tenait à une cheville fixée dans la croix; les pieds n’étaient que liés, et non pas traversés par un clou; et au-dessus de Ja croix, Pilate, pour narguer les Juifs, avait fait placer les initiales 1, N. R. L. (Jésus de Nazareth, roi des Juifs). On crucifia en même temps que Jésus deux larrons. Les expressions qu'il fit entendre sur la croix, priant pour ses ennemis, prenant soin des siens et plein de confiance en Dieu, confirment ses hautes qualités divines. On les a recueillies sous la dénomination de « Les sept dernières paroles de Jésus. » Elles sont contenues dans ces phrases : « Mon Père, pardonnez- «leur; car ils ne savent ce qu’ils font! » « En vérité, je te le « dis, aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis ! » « Mère, voici votre fils! » Et à Jean : « Voici ta mère! »
« Mon Dieu, mon Dieu ! pourquoi m'avez-vous abandonné! » « J'ai soif! » « Le sacrifice est accompli! » « Mon Père; je vous recfnmande mon esprit! »
Jésus mourut à la neuvième heure, c’est-à-dire à trois heures après midi. Sa mort fut accompagnée de phénomènes extraordinaires, qui arrachèrent au commandant de la garde placée sur le lieu du supplice la déclaration que Jésus était bien véritablement le fils de Dieu. Pour être plus sûrs de sa mort, ses bourreaux lui percèrent le flanc droit avec une lance, et de la blessure il découla du sang et de l'eau, Joseph d’Arimathie ensevelit ensuite le cadavre. Mais les ennemis de Jésus élablirent une garde auprès de son tombeau, parce qu’ils redoutaient qu’on enlevât son corps pour en attribuer la disparition à une résurrection. Il n’en ressuscita pas moins, se montra à ses disciples, resta encore quarante jours parmi eux, continua à les instruire, les bénit, puis monta aux cieux, c’est-à-dire qu’il disparut tout à coup à leurs yeux. Mais ses disciples trouvèrent dans l’effusion du Saint-Esprit un nouveau courage pour continuer son œuvre, annoncer résoläment l'Évangile au milieu de tous les périls et de toutes les persécutions, et sacrifier avec joie leur vie, afin de témoigner de leur fidélité à Jésus.
Pour ce qui est de la figure de Jésus, à l'égard de laquelle on ne trouve pas le moindre détail dans les ouvrages bibliques, voyez Curisr (Images du).
JESUS (Compagnie ou Société de). Voyez JÉsurres.
JÉSUS (Compagnies de) ou DE JÉAU. Voyez Comra- GNIES DE JÉHU.
JÉSUS-CHRIST. Voyez Jésus de Nazareth.
JÉSUS-CHRIST (Imitation de). Voyez ImITATION ne JÉsus-Carisr.
JESUS SIRACIDE. Voyez SrmaAcH.
JET. Ce mot représente l’action de jeter, de lancer avec force une chose quelconque. Les peintres entendent par le jet d’une draperie la façon plus ou moins heureuse, plus ou moins naturelle dont sont rendus les mouvements, les plis, les accidents d’une draperie. Les fondeurs appellent jef l’action d'introduire un métal en fusion dans le moule dont il doit prendre la forme; une pièce fondue d’un seul jef est celle dont toutes les parties ont été fondues simultanément dans un seul moule : ils donnent également ce nom de jet aux ouvertures ménagées dans différentes parties du moule afin d'introduire et de distribuer le métal d’une manière égale. Jet d'eau se dit principalement de l’eau qui s’élance d’une fontaine jaillissante, du centre d’un bassin, et qui s'élève à une hauteur plus ou moins considérable. Les agronomes appellent jeé d’abeilles le nouvel essaim que produisent et expulsent les insectes industrieux d’un ruche. En botanique, on appelle jets les bourgeons, les scions que poussent les arbres, les vignes.
Au figuré, dans le langage de la littérature et des arts, on appelle composition d’un seul jet celle qui a été faite avec rapidité, sans qu’on y revint à plusieurs fois, et on nomme premier jet ce qui n’est encore qu'ébauché, les idées que, dans un moment d'inspiration, on a eu hâte de Jeter sur le papier, quelque informes qu’elles fussent, quitte à les corriger et à les modifier plus tard,
Une circonstance de force majeure, dans laquelle les marins d’un bâtiment jettent à la mer les marchandises de leur navire pour l’alléger, a fait donner à cette action le nom de jet de marchandises : le Code de Commerce exige qu'il y ait délibération préalable quand il y a jet de marchandises dans une tempête ou dans une chasse donnée par un bâtiment ennemi.
JET D'EAU. Pour que l’eau puisse jallir en sortant d’un tuyau, il faut qu’elle provienne d’un réservoir supérieur, Cette condition remplie, on reconnaît que l’eau qui se présente à l’orifice du tuyau est en effet animée d’une vitesse d’autant plus grande que ses molécules tombent de plus haut. Il semblerait même au premier abord que le jet dût s'élever à la même hauteur que le niveau du réservoir ; cepen-
| dant, plusieurs causes empêchent qu’il en soit ainsi. D'abord
624 $ le frottement de l’eau contre les paroïs du tuyau, ensuite la résistance de l'air, enfin le poids des gouttes qui retombent sur celles qui s'élèvent, sont autant d'obstacles qui s’opposent à l’entier effet de la force ascensionnelle du jet. Mariotte a constaté qu'avec un ajutage d’une ouverture d’au moins 26 ou 27 millimètres, un jet d’eau fourni par un réservoir dont la hauteur est 1", 651, s'élève à 1", 624. On sait, par expérience, que la différence entre les hauteurs du réservoir et du jet est sensiblement proportionnelle à cette dernière hauteur.
À égalité de vitesse acquise, l’eau s'élève d'autant plus haut que l’ouverture de l’ajutage est plus grande, parce que le frottement se trouve relativement moins considérable. Mais il faut que les tuyaux de conduitesoient assez gros pour fournir l’eau en quantité suffisante. Ainsi, pour un‘*ajutage de 0®,0135 de diamètre, et un réservoir de 16,892 de hauteur, le diamètre du tuyau de conduite doit être de 07,088 environ. Cette donnée suffit pour calculer le diamètre que devra avoir le tuyau de conduite dans toute autre circonstance, car pour que deux jets d’eau s'élèvent à leur plus grande hauteur respective, il faut que les carrés des diamètres des tuyaux de conduite soient entre eux en raison composée des carrés des diamètres des ajutages et des racines des hauteurs des réservoirs.
JET D'EAU (Zoologie), nom vulgaire donné par quelques auteurs aux ascidies ou Éuniciers, parce que lorsqu'on les comprime elles lancent l’eau renfermée dans leur sac branchial. On pourrait appeler ainsi tous les mollusques et les rayonnés qui présentent le même phénomène. C’est à tort qu’on a cru que l’eau ainsi lancée était quelquefois irritante et produisait des pustules et d’autres éruptions sur les parties du corps qu’elle frappe. L. LAURENT.
JETEE, terme d'architecture dont on se sert pour désigner le mur d’un quai ou d’une digue que l’on fait à l'entrée des ports, dans le but d’en empêcher l’encombrement par les galets et les sables. Les jetées sont ordinairement faites dans les ports de mer, où elles ont également pour but de faciliter le halage des navires contrariés par les vents dans leur entrée ou dans leur sortie du port. L’utilité de ces murs ne se borne pas encore là : ainsi, ils servent à rendre le lit d’une rivière plus profond en resserrant ses limites, et facilitent par conséquent la navigation ; ils s'opposent également aux inondations et servent encore de communication entre les forts destinés à défendre l’entrée d’un port de mer. Dans les ports, où l’utilité des jetées est incontestable, on les construit sur deux lignes parallèles, entre lesquelles se trouve la voie du port; le mode de construction en est variable : tantôt on se contente de jeter à la mer uné quantité considérable de pierres, de rochers et autres matériaux propres à combler l’espace où l’on veut élever la jetée ; d’autres fois on y enfonce d'énormes pieux äestinés à soutenir des constructions en pierres et en ciment. On peut en avoir une idée par ce que l’on voit faire pour la construction des piles d’un pont ou d’un quai. L’Angleterre abonde en constructions de ce genre; en France, les principales jetées sont celles de Dunkerque, Calais et Cherbourg. La construction d’une jetée est un des travaux maritimes les plus difficiles à bien exécuter, avec toutes les conditions de durée et de solidité nécessaires. C. FAvRoT.
JETON. Les jetons sont plus anciens peut-être que l’arithmétique, si l’on veut considérer comme tels les coquillages qui servaient aux calculs et aux échanges des peuples primitifs. Suivant Hérodote, les Égyptiens, outre leur manière de compter avec des caractères, employaient des petites pierres, plates, polies, arrondies et d'une même couleur. Les Romains s’en servirent longtemps aussi ; ils les appelaient calculi. Lorsque le luxe s’introduisit à Rome, on commença à employer des calculs d'ivoire. Au reste, beaucoup d'expressions faisant allusion à l'addition ou à la soustraction des jetons dans les comptes prouvent que chez eux la manière de compter ainsi était très-ordinaire,
C'était la première arithmétique qu'on apprenait aux enfants, de quelque condition qu'ils fussent. Des-jetons faits