JET D'EAU — JEU
avec des petites pierres blanches ou noires servaient à mar quer les jours fastes et néfastes. Une autre espèce de jetons servait aux suffrages dans les assemblées du peuple et du sénat. Cicéron nous apprend qu’ils étaient de bois mince, polis et frottés da cire.
Ce n’est guère qu’en France qu’on peut trouver l'origine des véritables jetons d’or, d'argent ou d'autre métal. Encore n’y remonte-t-elle pas au delà du quatorzièmesiècle, On les appela d’abord gettoirs, giets, gets et gietons. Les rois en faisaient fabriquer des bourses pour être distribuées aux officiers de leurs maisons chargés des états de dépense, aux vérificateurs de ces états et aux personnes qui avaient lemaniement des deniers publics. Ces jetons portaient diverses légendes comme : Pour les comptes ; Pour les finances ; Pour l'écurie de la reine; Pour l'extraordinaire de la guerre; Pro camera computorum Breniæ; Entendez bien et loyalementaux comptes; Gardez-vous de mescompter; Qui bien jeltera, son compte trouvera, on simplement les noms des officiers qui s’en servaient. Plus tard on frappa sur leur revers l’effigie du prince.
Les villes , les compagnies et les seigneurs en firent aussi fabriquer à leur nom et à l’usage de leurs officiers.
En 1701 la munificence royale accorda à l’Académie des jetons d’argent, qui se distribuaient chaque jour d’assemblée aux membres présents. Cet usage ne tarda pas à se répandre; il subsisie encore aujourd’hui.
JEU, terme dérivé des mêmes racines que celles de joie, jouissance et jeunesse, concours de choses ordinairement associées. De tous les êtres animés, l’homme éprouve le plus le désir d’exercer sa sensibilité, de déployer dans des exercices ou des luttes ses facultés physiques et morales. Les jeunes animaux se plaisent entre eux à mesurer leur agilité ou leur vigueur, particulièrement les plus vifs, comme les chiens, les chats, les chevaux, les singes, etc., se disputent la gloire de se surpasser en force et en adresse. Toutes les nations connaissent différents jeux, soit du corps, soit de l’esprit, ou cherchent des récréations dans les chances du hasard. Ce goût devient même si vif chez les personnes inoccupées, qu'il se transforme en besoin, et devient une nécessité contre le tourment de l'ennui. Par toute la terre l’homme, mécontent de l’uniformité de sa vie ou d’un sort insipide, cherche, par des secousses, une occupation à son activité surabondante ; dans l’enfance surtout, les jeux entrent nécessairement dans la trame de l’existence pour répartir en tous sens l’activité vitale. Sans ces exercices des membres, ou cette espèce de gymnastique inspirée par la nature, les forces ne se distribueraient pas également, les fonctions digestives languiraient ; malheur à lenfant trop assidu , trop pensif, qui ne prend point assez de divertissement! c’est ce qui arrive aux individus rachitiques, qui périssent , jeunes encore, dans l’atrophie.
Les anciens, avant la découverte de la poudre à canon, ayant plus besoin de vigueur et d’agilité dans leurs guerres que les modernes, prisaient beaucoup ces qualités ; de là leur éducation gymnastique , ces combats d’athlètes et de gladiateurs, jeux violents, que ne dédaignaient pas les hommes les plus illustres. Nos anciens paladins et chevaliers aimaient également à briller dans un carrousel ou un tournoi aux yeux de leurs dames, en maniant avec adresse la flamberge ou la lance; mais ces témoignages de vigueur sont abandonnés aujourd’hui aux forts de halle ou aux sauteurs et histrions. Cependant, les Anglais estiment encore l’art de boxer ; les Espagnols recherchent la force et l'audace dans les combats de taureaux ; la chasse enfin, les armes et la danse sont restées d’agréables récréations pour la jeunesse:
Nous n'approuvons pas que, dans les exercices corporels, on veuille écarter des enfants et adolescents toute blessure, toute contusion, toute douleur : il suffit d’éloigner les dangers des chutes, des ruptures, des dislocations , ou des hémorrhagies; mais il convient d'endurcir l'organisme à la peine et au mal, de rompre dès l'enfance à la fatigue, à la faim, à la chaleur et à la froïdure, des tempéraments qui