JEUDI — JEUNE ALLEMAGNE
ment des jours de jeûne pour les fidèles ; enfin, le vendredi et le samedi, d’après ce commandement de l'Église :
Vendredi chair ne mangeras Ni le samedi mêmement,
peuvent également être considérés comme des jours de jeûne.
Les mahoméfans ont aussi des jours où ils doivent vivre dans l’abstinence : ceux qui observent scrupuleusement les lois du prophète ne voudraient pas même respirer dans ces jours les odeurs d’un parfum; à leurs yeux les odenrs font cesser l’état de jeûne : aussi ont-ils bien soin, en faisant leurs ablutions et en se baïgnant, de ne point plonger leur tête dans l’eau, de peur d’en avaler quelques gorgées : les femmes ne se baignent point du tout ce jour-là. Les religions de Fo et de Bouddha et celles qui sont particulières à chaque nation ou peuplade de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique, commandent toutes la pratique du jeûne dans des circonstances déterminées; et leurs sectateurs l’observent avec une fidélité dont on retrouverait fort peu d'exemples chez nous.
JEUNE ALLEMAGNE. Dans les années qui suiviren{ immédiatement la révolution de Juillet, cette dénomination de Jeune Allemagne était l'équivalent de celles de Jeune France, Jeune Italie, Jeune Pologne, Jeune Suisse, etc., et, comme elles, servait à désigner une des ramiications de ce qu’on appelait la Jeune Europe, association politique dont les tendances étaient essentiellement révolutionnaires. Toutefois, ce qui a donné à celle-ci une importance plus grande, c’est qu’en s’en servant dans les procédures instruites contre les individus accusés d’avoir pris part aux menées de cette espèce de sociélé secrète, le pouvoir lui donna pour ainsi dire une consécration officielle.
Par Jeune Allemagne ou entend aussi désigner une direction purement littéraire des intelligences qui se manifesta de l’autre côté du Rhin à l’époque d’agitation provoquée par cette même révolution de Juillet, et qui s’attaquait à lout ce qui dans la vie sociale, dans Part ou däns la science lui paraissait vieilli et faisant obstacle à une rénovation de la littérature et des arts. La polémique soulevée par ces questions se poursuivit à l’aide de brochures, de recueils périodiques, de poëmes politico-lyriques, de romans à tendances rénovatrices, enfin à l’aide de la critique. Les principaux représentants de ce mouvement des esprits sont Heine, Gutzkow, Laube, Mundt et Winberg. Le temps a prouvé combien peu de sympathie existait d’ailleurs entre les écrivains que nous venons de nommer, encore bien que dans leurs tendances générales ils semblassent avoir un but commun et marcher d'accord. Ce n'étaient pas positivement des écrivains politiques , pas davantage des poëtes ou des critiques complets; mais ils excellaient à dissimuler leurs tendances politiques sous un voile poétique. Un caractère qui leur est commun à tous, c’est de ne pas s’en être uniquement tenus à la politique pure et simple, mais d'y avoir encore rattaché des idées plus ou moins claires et définies sur la nécessité d’une réforme radicale des rapports sociaux actuels, émettant au sujet du mariage, de l’émancipation de la femme et ce qu’ils qualifiaient d'émancipation de la chair, des principes aujourd’hui plus ou moins
| oubliés ou méprisés, mais au fond desquels il n'y avait . peut-être pas tant de mal qu’on en a dit, En outre, ils ex-
posaient et développaient les idées chrétiennes à la manière de Hégel, n’attachant pas une grande importance à influer directement sur les masses, ainsi que le démontre leur style riche en images, plein de finesse, de délicatesse et d'élégance , que pouvaient seules convenablement apprécier les hautes classes de la société. C'était là le caractère commun de leur manière; mais pour ce qui est du talent , de la tenue et des idées, il existait entre eux des différences puèsi profondes que tranchées, On ne saurait nier qu’ils n’allassent souvent beancoup trop loin dans teurs assertions ; mais dans le cercle où ils agirent ils ne laissèrent pas que de dé-