‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 418 sur 522 · JEUX FLORAUX · texte numérisé non relu

JEUX FLORAUX

Ce fut en 1356 que les sept mainteneurs publièrent la poétique du gai savoir, rédigée par le docte Molinier, lun d'eux, ouvrage précieux, que l’Académie des Jeux Floraux s'est à la fin décidée à faire imprimer.

Vers cette époque, une menace de guerre avec les Anglais, alors maîtres de la Guienne, et la crainte d’un siége portèrent les capitouls à détruire le faubourg des Augustines, pour mieux assurer la défense de la ville. Les mainteneurs trouvèrent un asile dans le Capitole. Mais dès lors ils se bornèrent à des assemblées annuelles dans les trois premiers jours âu mois de mai , pendant lesquelles ils décerpaient les prix, qui consisfaient toujours en trois fleurs, dont la matière, suivant un mandement de 1494, fournie par les capitouls sur le trésor de la ville, coûtait 6 liv. 165 3drs, Un florin , qu’on achetait pour les dorer, coûtait 1 L., la façon 3, ce qui portait la dépense à une somme totale de 10 1. 16; 3drs, Néanmoins , ces fêtes eurent longtemps un grand éclat, et leur renommée était telle, qu’en 1388, Jean, roi d'Aragon , envoya au roi de France, Charles VI, des ambassadeurs pour obtenir la permission de faire venir à sa | cour des poëtes du Languedoc, afin d’établir dans ses États | des jeux semblables aux leurs, avec promesse de leur dé- | partir des prix et des récompenses également dignes de leur | mérite et de la munificence royale.

Cet état de choses se maintint jusqu’en 1484 ; mais à partir de cette époque la fête des fleurs fut suspendue, soit à caise de la peste qui se manifesta dans la ville vers la fin de celte année, soit par suite des troubles qui dans les aisées suivantes y excitèrent une sorte de guerre civile. Quoi qu’il en soit, ce fut peu de temps après que Clémence Isaure rétablit cette fête et distribua elle-même et à ses dépens des fleurs qu’on appela nouvelles , parce qu’elles remplaçaient celles que les capitouls avaient cessé de fournir. Cette institution, faite de son vivant, confirmée par ses dispositions testamentaires, et consolidée par une riche donation, fit regarder cette femme célèbre comme la fondatrice du Collége de la gaie Science, qualification qui égara plus tard le savant Catel, et lui fit chercher dans le treizième siècle la naissance et la famille de Clémence; et comme il n’en trouvait aucune trace à cette époque, il en conclut qu'elle n'avait jamais existé. De là l’origine de tous les doutes qu’on a {our à tour élevés sur l'existence de cette illustre dame.

Cette seconde période, qui embrasse une durée de deux cents ans, fut heureuse et brillante. Toutefois, quelques excès finrent par s’introduire dans la répartition de la dotation de Clémence Isaure, et il paraitrait que vers la fin du dixseplième siècle la plus grande partie de cette dotation se dépensait en festins et en présents, prodigués aux convives inviés aux solennités du mois de mai. Vers cette époque, l’auteur du Voyage à Siam, Laloubère, membre de l’Académie Française et de celle des Inscriptions et Belles-Lettres, ayant visité sa ville natale, y fut tellement révolté de voir que h fête des fleurs était dégénérée en: une sorte d’orgie, qu'il dressa un projet de requête à Louis XIV et obtint de ce monarque des lettres patentes portant érection des Jeux Floraux en académie. Par ces lettres, données à Fontainebleau, au mois de septembre 1694, et enregistrées au parlement de Toulouse, le 8 janvier 1695, lenombre des mainteneurs iut porlé à 35 ; il est aujourd’hui de 40, y compris le chancdier. Le budget de cette académie fut fixé à 1,400 livres, qui devaient être employées, savoir : 300 liv. aux frais courants des assemblées ordinaires, et 1,100 iv. à l'achat de quatre fleurs : « Et seront lesdites fleurs une amarante d’or, que nous instituons pour premier prix; une violette, une églantine etun souci d'argent, qui sont les prix ordinaires. » L'une d'elles, l’églantine, fut réservée au meilleur ouvrage en prose; mais en 1745 l'Académie décida que cette fleur sefait aussi en or, et que celui qui l'aurait remportée trois fois obtiendrait des lettres de maître ès Jeux Floraux. k

Depuis qu’elle a été érigée en société académique ; cette

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