‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 419 sur 522 · JEUX FLORAUX — JOAB · texte numérisé non relu

JEUX FLORAUX — JOAB

compagnie fait imprimer tous les ans le recueil de ses concours et de ses travaux : le premier de ces recueils date de 1696 ; on en a la suite, année par année, jusqu'en 1790, sans autre interruption que pour 1700 à 1703. A partir de 1806, époque de son rétablissement, l’Académie a également continué cette publication. En parcourant cette collection, on voit au nombre des auteurs couronnés l'abbé Abeille, J'abbé Asselin, le poëte Le Roi, La Monnoye, le présilent Hénault, Favart, l'abbé Poule, Marmontel, La Harpe, Barthe, Chamfort; et de nos jours, Millevoie, Tréneuil, D'Avrigni, Chènedollé, Soumet, Victorin Fabre, Ardant de Limoges, Mollevaut, etc., etc.

La séance annuelle du 3 mai, qu’on appelle encore la Fée des Fleurs, se tient avec un grand appareil. Toute la ville prend part à la solennité. Dès le matin les fleurs d’or et d'argent sont exposées sur le maitre autel de l’église paroissiale de la Daurade; la statue de Clémence Isaure est ornée de guirlandes de roses; l'entrée du Capitole est décorée de festons de verdure; l& cour et l'escalier qui conduisent à la galerie des illustres sont également jonchés de feuilles et de fleurs. A trois heures après midi, on ouvre au public cette galerie, qui précède la salle des séances. Au moment indiqué, le corps des Jeux Floraux fait son entrée au bruit retentissant des fanfares, ayant à la tète le modérateur, et prend place autour d’une table en fer # cheval. La séance s'ouvre par l'éloge obligé de Clémence Isaure, prononcé par un mainteneur ou par un maitre. Après l’éloge d’Isaure, les commissaires des Jeux Floraux, musique en tête et suivis d'une escorte militaire, vont chercher les fleurs exposées depuis le matin sur le maître autel de l’église de la Dau rade; ils les reçoivent des mains du curé, qui leur fait une allocution analogue à cette pieuse cérémonie, et les rapportent ensuite en grande pompe, pour être distribuées solennellement aux auteurs couronnés, dont les ouvrages sont lus par les lauréats eux-mêmes ou par un des mainteneurs ou des maîtres.

Les maitres représentent aujourd’hui les anciens docteurs en gaie science; leur nombre n’est point fixé. Pour parvenir à ce grade, il faut avoir remporté trois fleurs, parmi lesquelles doit être le prix de l’ode. Toutefois, l’Académie des Jeux Floraux est en droit et dans l’usage d'accorder des lettres de maîtres à des littérateurs célèbres, quoiqu'ils n’aient pris part à aucun de ses concours, PELLISSIER.

JEUX OSQUES. Voyez ATELLANES (Fables).

JEUX PARTIS, poëmes dialogués ordinairement entremêlés de musique à deux parties, que composaient les trouvères et les troubadours, et qui étaient représentés dans les manoirs aux jours de fête. Au mombre de ces compositions, nous citerons Robin el Marion, Nucassin et Micolette, scènes champêtres dignes de Théocrite ; Le Purgatoire de saint Patrice, Le Discours de Paradis, tableau curieux des cours d'amour, etc.

JÉEZABEL, JÉSABEL ou IZEREL, fille d’Ethbaal, roi des Sidoniens, épouse d’Achab, roi d’Israel, et mère d’Athalie, est célèbre surtout par les crimes et les excès auxquels elle entraina le roi son mari. Bientôt la terre des Hébreux vit s'élever des temples en l'honneur de Baal ; des bosquets impudiques les environnèrent; toutes les divinités phéniciennes eurent leurs autels dans la terre de promission, et l’on w’ignorait pas à quelles infamies la reine se livrait en leur honneur. Neuf cent cinquante prêtres, dont cinq cent cinquante voués au culte de Baal et quatre cents desbinés à celui des dieux de Sidon, étaient ou nourris à sa table, ou entretenus à ses frais. Quand elle crut le culte nouveau assez solidement établi, elle voulut détruire l’antique religion d’Israei : aux promesses jes plus magnifiques succédèrent les menaces les plus terribles, et à celles-ci de Snglantes persécutions. Elle ordonna qu’en fit périr tous les prophètes, et ils eussent tous succombé si Abdias, intendant de la maison d’Achab, n’en avait adroitement soustrait un grand nolsbre à sa fureur : cent furent par lui cachés et Lourris de pän et d'eau dans une caverne.

DICT, DE LA CONVERS. — T, Xe

Elle trempa dans le meurtre de Naboth, et le prophète Élie prédit que dans le champ usurpé à cet homme de bien le corps de Jézabel, déchiré par les chiens, demeurerait sans sépulture. Une sécheresse de longue durée dévora les productions de la terre. Frappé dans ses biens par une puissance supérieure, le peuple ivrité fit entendre sa voix menaçante : le prince en fut épouvanté, et, la pensée du Seigneur s'emparant alors de son esprit, il fit rappeler les prophètes, que naguère il avait proscrits. Élie ordonne, et aussitôt les nuages s'élèvent dans les airs; une pluie abondante rend à la terre sa fertilité, et, comme défiés par lui, les prêtres de Baal invoquent en vain la puissance de leur dieu; ils sont fous immolés sur les bords du torrent.

C’en était fait d’Élie, contre lequel la nouvelle de l’extermination des prêtres des idoles avait excité toute la colère de la reine, si l’homme de Dieu n’avait fui dans le désert, où la Providence le secourut par un miracle, et d’où elle l’'envoya sacrer Jéhu roi d’Israel. Celui-ci, après avoir mis à mort Joram et Ochosias, faisait son entrée solennelle à Jezrahel, lorsqu'il aperçut aux fenêtres du palais la reine Jézabel, qui, malgré son âge avancé, comptant encore faire impression sur le peuple par le pouvoir de ses charmes, avait revêtu ses plus riches parures et couvert son visage de fard. Des menaces contre Jéhu étaient à peine sorties de sa bouche que, par l’ordre de ce prince, les eunuques qui se tenaient auprès d’elle précipitèrent sous les pieds des chevaux cette princesse, dont le sang souilla les murs du palais, et dont les restes, dévorés en partie par les chiens, suivant la prophétie d’Élie, ne purent pas même recevoir les honneurs d’un tombeau. Ainsi périt, en 3122 du monde, cette femme impie, ambitieuse, emportée, sanguinaire, digne d’avoir été l’épouse d’Achab. L’abbé J. DupLessis.

JOAB, fils de Servia, sœur de David, se joignit à ce prince avec ses frères cadets, Abisaï et Azsael, lorsqu'il fut obligé de se réfugier dans la caverne d’Odollam. Maître de la milice, c’est-à-dire général en chef de l’armée de Juda, il se distingua par sa valeur dans le combat livré, près de Gabaon, à Abner, qui y tua de sa propre main Azael, acharné à sa poursuite. Joab en conserva un vif ressentiment; et lorsque David eut reçu Abner, Juab le fait rappeler et lui plonge son épée dans le cœur. Cet assassinat irrita David contre Joab. Cependant, le titre de général en chef des armées d’Israel ayant été promis à celui qui le premier escaladerait les murailles de Jérusalem, Joab parut le premier sur les murs, et obtint ce commandement, Ce fut avec ce titre qu’il combattit et défit les Ammonites, qu'il assiégea et prit la ville de Rabbath, devant laquelle il fit adroitement périr le brave Urie, pour obéir à des ordres injustes qu’il avait été jugé digne de comprendre et d'exécuter. Quelque éclatants que fussent ses services, rien ne pouvait vaincre la juste méfiance ou plutôt le triste pressentiment de David. Aussi quand, après le meurtre de son frère Amnon, Absalon, réfugié chez Tholmaï, son aïeul, demandait à rentrer en grâce, ce ne fut que par un stratagème que Joab parvint à obtenir son pardon et à le ramener aux pieds de son père. Bientôt Absalon se révolte de nouveau. Dès qu’il apprit la fuite de son roi, Joab rassembla des troupes nombreuses, les réunit aux

* siennes , et contribua puissamment à le faire rentrer en pos-

session de son royaurne. Mais, toujours emporté, soit par un zèle aveugle, soit pour ün motif moins louable, il méconnut les ordres positifs du monarque, et courut, armé dé sept javelots, dès qu'on lui annonça comment le traître était arrêté dans sa course, et le premier donna l'exemple de l'insubordination en le frappant, pour le laisser ensuite achever par ses officiers. La douleur et l’indienafion de David, quand il apprit la mort de son fils, ne purent jamais s'effacer au point de lui laisser oublier la faute cruelle de son général. 11 voulut confier à Anasa le commandement d’une expédition; mais celui-ci fut, comme Abner, lâchement assassiné; puis le meurtrier fit défiler les troupes devant son cadavre, se mit à leur tête, et les conduisit au combat. CIU

mon quelques-uns de ces hommes toujours disposés à suivre le drapeau de la révolte, Joab se jeta parmi les transfuges, et courut ainsi à sa perte, Adonias fut en effet mis à mort par ordre de Solomon ; le grand-prêtre Abiathar dut à son caractère sacerdotal d’être seulement envoyé en exil; mais Joab, poursuivi par Banaïas, perdit la vie, en 2991 du monde, au pied de lautel près duquel il avait espéré en vain trouver un asile. Par considération pour sa naissance et sa parenté avec David, son corps fut inhumé dans sa maison du désert, L'abbé Dupuessis.

JOACHAZ, roi d'Israel, fils de Jéhu, signala le commencement de son règne par son impiété; mais ayant été vaincu par Hazael, roi de Syrie, il s’humilia, et fut sauvé de sa ruine.

Un autre Joacnaz , roi de Juda, fils de Josias, s’empara du trône, au préjudice de son frère aîné, Joac him; mais Néchao, roi d'Égypte, replaça le prince légitime sur le trône, que l’usurpateur Joachaz avait occupé trois mois.

JOACHIM , fils de Josias, s’appelait d’abord Éliacim, et devint roi de Juda en l’an 609 avant J.-C., grâce à l’intervention du roi d'Égypte Néchao. Devenu tributaire des Chaldéens dans la huitième année de son règne, il chercha peu de temps avant sa mort, arrivée en l’an 599 , à reconquérir son indépendance. Cette levée de boucliers amena l'invasion de Juda par une armée chaldéenne. Mais Joachim ne vécut point jusqu’à la prise de Jérusalem, et sa mort réalisa les prédictions de Jérémie.

JOACHIM (Saint), père de la vierge Marie, est honoré comme un saint par l’Église.

JOACHIM, dit de Flora ou le Prophète, né à Célico, près de Cozenza, voyagea en Terre Sainte. De retour en Calabre , il prit habit de Citeaux dans le monastère de Corazzo, dont il fut prieur et abbé. Joachim quitta son abbaye avec la permission du pape Luce IIT, vers 1184, et alla demeurer à Flora, où il fonda une abbaye, qui devint plus tard très-célèbre, 11 donna à un grand nombre de monasfères des constitutions approuvées par le pape Célestin III, et leur fit embrasser la réforme de la règle de Citeaux. L'abbé Joachim mourut en 1202, âgé de soixante-douze ans, laissant, entre autres ouvrages, des Commentaires sur Isaïe, sur Jérémie et sur l’Apocalypse, et des Prophéties sur les Papes. i comment il expliquait la Trinité, suivant l'abbé Pluquet : il reconnaissait que le Père, le Fils et le Saint-Esprit faisaient un seul être, non parce qu'ils exisfaient dans une substance commune ; mais parce qu'ils étaient unis de consentement et de volonté aussi étroitement que s'ils n’eussent été qu'un seul être, comme on dit que plusieurs hommes font un seul peuple.

JOACHIMITES. Voyez MILLÉNAIRES.

JOACHIM MURAT. Voyez Murar.

JOAD ou JOIADA, grand-prêtre des Juifs, époux de Josabeth, sœur d'Ochosias , qui sanva Joas du massacre des enfants de ce prince, ordonné par Athalie. Il rémit Joas sur le trône, et mourut à l’âge de cent-trente ans. Il fut enterré dans le tombeau des rois.

JOAILLERIE, JOAILLIER. Le joaillier est le fabricant, le marchand de joyaux, comme le bijoutier est le fabri-

cant, le marchand de bijoux. On donne donc plus particulière"

ment le nom de joaillier à celui qui s’occupe de monter les pierres précieuses taillées par le lapidaire en les disposant sur des ornements en métal. Pour le diamant , ce métal est l'argent; pour toutes les pierres de couleur, c’est l'or. On pratique deux sortes de montages : le montage à jour, et le montage plein. Le premier est surtout en usage pour le diamant, pour les objets composés, tels que les parures ; on se sert du second pour les objets simples et pour les pierres de couleur. Les objets composés prennent la forme de guirlandes, de bouquets, etc, Chaque partie se fait séparément , puis on les réunit ensuite, L'opération par laquelle la pierre est fixée au métal s'appelle sertis sage.

JOAB — JOANNY Quand le parti naissant d’Adonjas eut détaché de Salo- ! Pour les bagues,

les pierres sont fixées dans un charon, que l’on soude ensuite à l'anneau,

JOAN (Srieni). Voyez Fous pe Cour.

JOANES (Vicenr£), peintre espagnol distingué, né en 1523, mort en 1579, étudia vraisemblablement d’après Raphael , et fonda ensuite une école particulière à Valence, où il travailla beaucoup pour les églises de la localité. I ne peignait que des sujets religieux , et communiait toujours , dit-on, avant de commencer un nouveau tableau. Tous ses ouvrages ont une expression de calme, de simplicité c! de naïveté qui n’exclue ni la grâce, ni la correction, ni !» frappante expression. Sa direction fut tout à fait celle de: Flamands qui s'étaient formés à l’étude de l’art en Italie , par exemple celle d’Orley, qui fut l’un des élèves de R:phael, quoique l’on remarque chez lui #7 peu de linfluen: » des maniéristes florentins. Son coloris est en général un pe: lourd.

Son fils, Juan-Vicente Joaxes, fut peintre également , mais ne l’égala point en talent.

JOANNY (Jean-Bennarn BRISÉ-BARRE , dit), acteur: estimé de la Comédie-Française, et dont la réputation s’étail faite à l’'Odéon, était né à Dijon, le 2 juillet 1775, d’ux père employé aux domaines, qui le fit admettre, à l’âge de huit ans, dans les pages de la musique de Louis XVI; mai: au bout de trois ans d’efforts et de travail en reconnut la faiblesse de ses dispositions pour la musique, et on lui fit quitter les pages pour le placer dans l'atelier du peintre Vincent. A dix-sept ans les événements politiques l’enlevaien! aux arts pour le jeter sous les drapeaux. Après avoir fai! plusieurs campagnes comme volontaire, et avoir reçu deux blessures, dont l’une nécessita l’amputation de deux doigts de la main gauche, il quitta le service, et entra dans la paisible carrière de l’enregistrement comme modeste surnuméraire. Mais un beau jour il déserte son bureau pour s’élancer dans la carrière théâtrale, et quitte le nom de ses pères pour celui de Joanny. Il s’essaye d’abord sur les théâtres de société, et s’y fait bientôt une sorte de renommée, qui le prépare aux brillants succès qu’il obtient en province. En 1807 il sollicite un ordre de début pour le Théâtre-Français, et y paraît tour à tour dans les grands rôles du répertoire tragique de Talma et de Lafont. 11 y a un succès d'estime; mais un concurrent lui ayant été préféré, il recommence sa vie d'acteur nomade, à Rouen, à Bordeaux, à Lille, à Lyon, à Marseille. Quand une ordonnance royale crée, en 1818, un second Théâtre-Français à l'Odéon, Joanny se trouve naturellement appelé à faire partie de la troupe nouvelle pour y remplir les grands rôles tragiques. Il y crée, dans les Vépres Siciliennes de Casimir Delavigne, le rôle de Procida, auquel il donne une expression énergique et passionnée qui est restée dans la mémoire des contemporains, et y fait preuve d’un talent hors ligne dans la manière dont il y compose les rôles de Chilpérie dans Frédégonde et Brunchaut, et de Saül dans la pièce de ce nom.

A la mort de Talma, Joanny reste le seul comédien à qui il est permis de penser, non pour le remplacer, mais pour tenir l'emploi du Roscius français; et les Comédiens- Français s’empressent de lui ouvrir les portes du cénacle de la rue de Richelieu. Quinze ans durant, Joanny s’y montre acteur consciencieux et zélé, tenant tous les grands rôles du vieux répertoire : Acomat, Mithridate, Burrbus, le vieil Horace, Mahomet, Auguste, dun Diègue, tous les empereurs, tous les rois, tous les conspirateurs qui, à défaut de Talma, reviennent par droit d’héritage à son successeur. À attache en outre son nom à quelques rôles qu'il crée dans le répertoire moderne ; et les contemporains conserveront ee temps le souvenir de la manière originale et piquante . il rendait le Quaker de Chatterton, le dune de sou 4 Henri LIL, Gomès de Silva d'Hernani, James Tyrrel € Enfants d'Édouard, et tant d’autres.

Joanny quitta le théâtre en 1841, et avec Sa Le sociétaire alla s'établir au Bourg-la-Reine, tout pr

Page 1