HIATUS — HIÉRATIQUE
Lhiatus d'une voyelle avec elle-même est surtout désagréable, et ces phrases. Je vais à Afhènes, je vais à Argos, choqueront toujours l'oreille. C’est encore pis quand l’hiatus est redoublé, comme dans il alla à Athènes.
Avant Boileau , les poëtes n’évitaient point l’hiatus. Marot a-dit :
| Ci-gist qui assez mal preschoit,
Mais on peut se dispenser de cette règle quand on la viole avec grâce, comme l’a fait quelquefois La Fontaine, ou quand on cite quelque proverbe, comme dans ces vers de Ménage :
Ci-dessous gist monsieur l’abbe, Qui ne savait ni À ni B, Le concours des voyelles n’est point vicieux encore lorsque le second mot commence par un X aspiré; ainsi Boileau a pu dire impunément :
Un clerc pour quinze sous, sans craindre le Aola, Peut aller au parterre attaquer Attila.
L'hiatus dans les mots est quelquefois doux , comme dans Las, Danaé, Ilia, ete., quelquefois rude, comme dans Chanaan, Raab, etc. Charles Du Rozorr.
7 HIBERNATION. Voyez HivERNANTS (Animaux).
HIBERNIE (Hibernia). C’est lenom queles Romains donnèrent à la contrée qu’on appelle aujourd’hui l Irlande, et dont il est pour la première fois mention dans Aristote, sous lenom d’Zerné, comme étant l’une des Iles Britanniques. Les Romains ne la connurent que par les récits de César et d’Agricola; mais jamais ils n’y portèrent leurs armes. Tout ce que Tacite savait au sujet de ses habitants, c’est qu'ils ressemblaient aux Bretons. Ptolémée, qui donne des détails exacts sur la grandeur et la configuration de l’ile, mentionne quelques-unes des peuplades de l’Hibernie, entre autres les Ivernes, qui babitaient au sud-ouest, et dont on donna le nom au pays tout entier.
HIBOU. On donne ce nom à plusieurs oiseaux du genre chouette. Is se distinguent de leurs congénères par le grand disque complet de plumes effilées qui entoure leurs yeux, et qui lui-même est entouré par une collerette de plumes écailleuses. Ils portent sur le front deux aigrettes de plumes qu’ils relèvent à volonté. La conque de leur oreille, qui s'étend en demi-cercle depuis la racine du bec jusque vers le sommet de la tête, est garnie en avant d’un opereule membraneux. Leurs pieds sont garnis de plumes jusqu'aux ongles. Les variétés les plus remarquables sont : le hibou commun ( strix otus, Linné), type du genre ofus de Cuxier, au plumage fauve, avec des taches longitudinales brunes; le grand hibou à lruppe courte, fauve comme le | précédent, mais strié transversalement sous le ventre ; le grand hibou d'Amérique.
| Ilest curieux de remarquer que la Grèce païenne ait fait
du hibou l’oiseau de Minerve, tandis que l’art catholique l’a employé comme symbole des doctrines éclectique et protestante, « parce que, dit la légende, il protesferait au besoin contre l'évidence du soleil; il ne veut s’éclairer que par la lumière qui sort de ses propres yeux » ( Lisez saint |} Ambroise et Aldrovande ). BELFIED-LEFÈVRE. HIDALGO, mot espagnol, composé des deux mots ijo, | fils, descendant, et ago, biens, fortune ; en portugais, fidalgo. C'esten Espagnele titre d’uneclasse de la petite noblesse, constituant la hidalguia. Les hidalgos se divisent en hidalgos de naturaleza, tenant leurs priviléges de leurs ancêtres , et kidalgos de privilegio, ayant acheté leur noblesse, ou Payant obtenue par faveur ; maisils jouissent tous des mêmes priviléges, et sont à cet égard sur la même ligne que les autres membres de la basse noblesse ( cavalleros, chevaliers, | etescuderos, écuyers). A l’exception de quelques anciennes | familles et des membres des ordres de chevalerie, les hi- | dalgos n’ont presque aucun avantage sur la classe des bour- | geois, qui les regarde comme des intrus ou des renégats. | Le mot kidalgo, précédé de senor, est un titre des pages | du roi, dela reine, des princes et princesses. En Portugal, la | fidalguia, beaucoup plus étendue, embrasse tous les nobles,
sans exception, Sous la dénomination commune de fidalgos.
HIEBLE. Voyez SUREAU,
HIERAPOLIS (c'est-à-dire Ville Sacrée), aujourd’hui Bambuk-Kalessi, ville de la Grande-Phrygie, située sur la rive septentrionale du Méandre, sur une éminence , et consacrée à Cybèle, était célèbre dans l'antiquité par ses sources thermales et par lantre Plufonium, qui exhalait des vapeurs mortelles et où les prêtres de Cyhèle pouvaient seuls entrer sans danger de perdre la vie.
HIÉRARCHIE. Ce mot vient du grec tepeüc, prôtre, et &pyw, je commande, et signifie pouvoir du prêtre; car à l’origine des sociétés tout pouvoir était confié aux mains des prêtres. Dans la classe même des prêtres, il y avait diffé rents degrés de puissance et de pouvoir, au sommet desquels était placé le souverain pontife. Chez les chrétiens, on employa d'abord ce mot pour exprimer la domination des saints ou du sacerdoce, ainsi que celle de l’Église sur son intérieur et sur l’État. La constitution de l’Église n’en était pas moins démocratique; cependant, peu à peu, elle se rapprocha de l'aristocratie. Le gouvernement des communautés se concentra dans les mains des chefs; les évêques se placèrent au-dessus des anciens ; les métropolitains s’établirent surveillants de leurs collègues; les patriarchesles dominèrent encore; le pape enfin, l’évéque de Rorne, devint le chef detoutes les églises chrétiennes de l'Occident.
Puis le mot hiérarchie s’appliqua aux rapports de l’'Église avec l'État. L'Église prétendit non-seulement être indépendante de l’État, mais lui être supérieure. C’est le système hiérarchique; le système territorial, au contraire, établit des rapports opposés; et le système collégial considère l’Église et l'État comme indépendants l’un dé, l'autre.
Le mot hiérarchie n’a pas conservé dans notre langue sa signification primitive; il ne veut pas dire pouvoir du prétre, mais ordre du pouvoir. Ainsi, il y a hiérarchie dans toutes les classes de la société : hiérarchie dans l’ordre civil, hiérarchie dans l’ordre ecclésiastique, hiérarchie dans l'ordre militaire. La hiérarchie est une échelle, dont le premier degré domine les autres : sans hiérarchie, point de société. La hiérarchie des pouvoirs a donné lieu à des théories plus ou moins heureuses : il faut convenir toutefois que c'est la base de toute société, et qu’elle mérite bien de fixer l'attention des théoriciens. En Russie, le {chinn établit une gradation de quatorze degrés, dont la hiérarchie militaire est la base, mais pour lesquels il y a dans le civil des équivalents spéciaux. Cette hiérarchie de service établit seule le rang des sujets vis-à-vis du gouvernement. Chez nous, les degrés qui sont relatifs seulement aux fonctions, et ne donnent point de titres qui leur survivent, sont nombreux ef variés dans le civil et le militaire. La succession desgrades, depuis le soldat jusqu'a chef suprême de l’armée , forme les divers chaînons de la hiérarchie militaire. L’obéissance est due au grade supérieur par tous les grades inférieurs. Les rapports et réclamations, la connaissance d’un fait intéressant le service , se transmettent toujours hiérarchiquement de grade en grade jusqu’à celui qui donne le droit d’en connaître, de juger et de prononcer ; il en est de même de la transmission des ordres du supérieur à son inférieur dans la hiérarchie. Ainsi, le ministre de la guerre ne correspond avec les officiers que par la voie hiérarchique; et ceux-ci ne peuvent s'adresser à lui que par l'intermédiaire successif des chefs suivant leur rang ; la hiérarchie, base de la subordination militaire, prévient la confusion, maintient la discipline et assure l’exécution des ordres. Eug. G. DE Monxerawve.
HIÉRATIQUE (Écriture) du grec lepatixoc, sacerdotal. Voyez HiÉROGLYPHES.
HIERATIQUE (Style). C'est, dans l’histoire de l’art grec, limitation de l’ancien style de sculpture grecque qui jusqu’à l’époque romaine fut en usage pour certains objets et certains sujets. Ce sont surtout des offrandes pour les emples, que l’on f:çonnait dans ce style compassé et exa-