‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 433 sur 522 · JORDAN — JOSAPHAT · texte numérisé non relu

JORDAN — JOSAPHAT

plus remarquables de notre époqte, ést né à Berlin, et commença vers 1828 l'étude de son art, dans sa ville natale, sous l'excellente direction de Wach, qui lui fit faire des tableaux de sainteté et des copies du même genre d’après les grands maitres. Plus tard, après s'être pénétré des principes de la grande école de Dusseldorf, il se livra à la peinture de genre, sans pourtant y beaucoup réussir d’abord. Mais sa santé ayant exigé qu’il allât prendre les bains de mer à Heligoland, ses facultés poétiques se developpèrent au milieu de la nature et de la population toute particulière de cette île. Admirablement secondé par la solidité de ses études premières et par un rare talent de fine observation, il devint le peintre par excellence des plages d’Heligoland, comme aussi des mœurs de ses marins et de ses pêcheurs. La première toile qu’il composa en ce genre fut {a Demande en mariage à Heligoland (1833) ; tableau devenu depuis si populaire en Allemagne. L'artiste, d’ailleurs, ne s’en est pas tenu dans ses tableaux aux sujets gais ou plaisants de la vie du pilote et du pêcheur; il l'a représentée sous toutes ses faces, avec ses épisodes les plus attristants, de même qu'avec ses scènes calmes et naïves. Nous ciferons, entre autres, Les Bottes oubliées; La Mort du Pilote, toile de l'effet le plus saisissant; L’Examen du Pilote, véritable petit chefd'œuvre, dont on trouvera un dessin dans l'Album des Artistes allemands de Ruddens; Les Joies paternelles ;

| Les heureux Vieillards ; le Naufrage, etc. Jordan est

membre titulaire de l’Académie des Beaux-Arts de Berlin.

JORDANES. Voyez JoRNANDÈS.

JORNANDES ou JORDANES était secrétaire des rois goths en Italie, et vécut sous l’empereur Justinien. Il était Goth de nation. C’est à tort que dans le dictionnaire de Moréri on le dit évêque de Ravenne : à la vérité, il s’était fait moine, mais rien n’autorise à le regarder comme un des dignitaires de l’Église, On dit aussi qu’il était fils de Coalmuth, Alain de nation. L'un de ses ouvrages est intitulé :

. De Gothorum origine et rebus gestis. On a des raisons de | croire que ce livre fut écrit vers 552 : on croit que ce n’est

qu'un abrégé de l’histoire des Goths par Cassiodore. L'abbé de Maupertuis en a donné une traduction. Important pour le sujet, l'ouvrage est rédigé en un latin barbare. Jornandès y dit qu'il écrivit neuf ans après que la peste eut désolé

| l'empire : or, cette calamité arriva en 543, après le consulat

de Basile. On accuse notre historien d’avoir été partial pour sa nation, reproche qu’il semble avoir prévu lui-même, puisqu'il dit à la fin du livre que c’est pour mieux faire sentir la honte du vainqueur : Ne tantum ad eorum laudem , quantum ad ejus laudem qui vicit. L'histoire

| des Goths a été imprimée pour la première fois en 1515;

elle se trouve d’ailleurs dans la collection de Muratori : Scriptores Rerum Italicarum, ainsi qu'un autre ouvrage de Jornandès, intitulé : De regnorum et temporum successione, qui s’arrête à la même époque, et qui est entaché des mêmes défauts. Trithême l’appelle improprement De gestis Romanorum, car Jornandès y parle aussi des Mèdes, des Assyriens et des Perses : dans ce livre, il a transcrit Florus , comme dans l’autre il avait copié Cassiodore; il a paru séparément en 1617, in-8°, P. DE GoLpÉRY. JOSAPHAT, quatrième roi de Juda, avait trente-cinq ans à son avénement au trône, à la mort d’Asa, son père, auquel il succéda. La main divine le délivra miraculeusement deses adversaires, les Ammonites, les Moabites et les Arabes : il remporta sur eux une grande victoire dans la vallée située entre le torrent de Cédron, le jardin des Olives et Jérusalem, vallée qui depuis porta le nom de Josaphat. Beaucoup de commentateurs ont pensé, d’après deux passages de Joel, que le jugement dernier doit y avoir lieu ; mais pour détruire cette erreur il suflit de savoir que le nom de Josaphat est formé des deux mots hébreux Jéhovah (Dieu) et sehaphat (juger), qui signifient jugement de Dieu. Ce prince commit la faute de donner pour épouse à son fils Joram Athalie, fille d'Achab, et de s'allier à ce roi d'Israël

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