JOSAPHAT — JOSEPH
dans la campagne désastreuse qu'il entreprit contre les Syriens, campagne où il perdit la vie. Le roi de Juda n’échappa à la mort que par un miracle. Il s’efforça durant son règne de donner plus d'extension au commerce de ses États, et équipa une flotte qui fit voile vers Ophir ; mais une tempête furieuse engloutit les navires qui la composaient , et il ne voulut point hasarder de nouvelles tentatives. IL mourut après un règne de vingt-cinq ans.
JOSEFINOS. Voyez AFRANCESADOS.
JOSEPH, fils de Jacob et de Rachel, fut vendu par ses frères, jaloux de l'affection toute particulière que leur père avait pour lui, à des Madianites, marchands d’esclaves, qui le revendirent à Putiphar, l’un des principaux fonctionnaires publics de l'Égypte. La pudique résistance qu’il opposa aux provocations adultères de la femme de Putiphar fut cause qu’on le jeta en prison ; mais la consolante explication d’un songe qu’il donna à un échanson du roi, défenu comme lui, lui ouvrit la carrière de la fortune. En effet, cet échanson étantrentré en grâce auprès de son maître, il se souvint, à l’occasion d’un rêve qu’eut Pharaon, de l’explicateur de songes qu’il avait eu pour compagnon de captivité. Joseph, mandé à la cour, expliqua le songe du roi des sept vaches grasses et des sept vaches maigres d’une manière qui témoignait d'autant de présence d’esprit que de connaissance parfaite du pays, en disant que cela voulait dire qu’à sept années d’abondance l'Égypte verrait succéder sept années de stérilité; et en même temps il proposa des mesures si judicieuses pour préserver le peuple de la famine, que Pharaon lui en confia l'exécution. En reconnaissance du service qu’il avait ainsi rendu à l'Égypte, le roi lui décerna le titre de Sauveur du monde et le nomma son premier ministre. Marié à Asnath, fille du grand-prêtre d’Héliopolis , qui lui donna deux fils, Manassès et Éphraïm, devenu l'homme le plus puissant de l'Égypte après le roi, et possédant l’amour des populations, Joseph appela aussi sa famille en Égypte, et lui concéda le territoire de Gosen ; en reconnaissance de quoi Jacob accorda à ses deux fils les mêmes droits qu’à ses autres frères.
L’histoire de la vie de Joseph est incontestablement lune des plus intéressantes parties des livres mosaïques ; aussi Joseph est-il un sujet que les artistes aiment surtout à traiter.
JOSEPH, l'époux de Marie et le père nourricier de Jésus, est désigné dans saint Matthieu comme le fils de Jacob. Suivant la donnée ordinaire, il exerçait la profession de charpentier et de menuisier. Les Juifs, qui s’obstinent à nier la mission du Christ, font de Joseph un soldat, des œuvres duquel sa fiancée serait devenue enceinte. Quelques chrétiens disent que c’est à l’âge de quatre-vingts ans et déjà père de sept enfants qu’il avait eus de Salomé, que Joseph épousa Marie. Il est probable, au reste, qu’il était déjà mort avant que commençât la mission divine de Jésus. On trouve sur lui les légendes les plus merveilleuses dans l’Historia Josephi fabri lignarii, ouvrage apocryphe écrit en Arabe.
JOSEPH D’ARIMATHIE, c’est-à-dire de Ramathaïim, dans la tribu de Benjamin, était membre du Sanhédrin de Jérusalem, et paraît avoir été en secret favorable à la cause de Jésus, puisqu'il l’honora après sa mort, et qu'après avoir embaumé son corps, il le fit déposer dans le tombeau creusé dans son jardin. La légende a très-arbitrairement désigné la situation de ce jardin et par suite celle du saint sépulcre : aussi serait-il bien difficile de l’indiquer aujourd’hui d’une manière certaine. Suivant la tradition, Joseph d’Arimathie aurait été l’un des 70 disciples et serait allé annoncer l'Évangile en Angleterre (voyez GRÉaL).
JOSEPH (François LECLERC nu TREMBLAY, dit Le Père), fameux par son crédit et son influence auprès du cardinal de Richelieu, dont il fut jusqu’à la mort le confident intime, était né à Paris, en 1577,et mourut en 1638, à Ruel, château qui appartenait alors à son protecteur. D'abord homme d'épée , il servit avec quelque distinction dans sa premièrejeunesse; mais à vingt-deux ans, en 1599, il renonca
DICT. DE LA CONVERS, — T. XI
à la carrière des armes pour entrer en religion et se faire affilier à l’ordre des capucins. En y entrant, il prit le nom de Père Joseph, sous lequel il est demeuré célèbre dans l'histoire. Ses supérieurs l’empioyèrent, dans les diverses provinces de France , à des missions qui lui fournirent l’occasion de se distinguer comme controversiste et comme prédicateur ; les succès qu’il y obtint justifièrent son avancement rapide dans son ordre, aux premiers emplois duquel iljne tarda pas à parvenir, Un chef d’ordre, au dix-septième siècle, était un homme avec lequel comptaient les personnages les plus importants de l’Église et de l'État. C’est ce qui explique les rapports qu’il ne tarda pas à avoir avec le tout-puissant ministre du faible Louis XIIT, le cardinal de Richelieu, qui, appréciant le parti qu’il pouvait tirer d’un tel homme, lui confia les négociations les plus importantes. Confident du cardinal, le père Joseph fut généralement regardé comme l’instigateur principal des sanglantes mesures à l’aide desquelles Richelieu parvint à abattre la féodalité en France et à fonder sur ses débris le pouvoir despotique de la royauté. Quand, à la suite d’une intrigue, le cardinal fut momentanément exilé par son maître à Avignon, il laissa à la cour un ami actif dans le père Joseph, qui par ses actives démarches réussit bientôt à le faire rappeler. Après un tel service, Richelieu ne devait plus rien avoir à refuser à son confident, dont le crédit devint sans bornes. II lui donna une place au conseil d’État, où on le chargea des affaires les plus épineuses ; il voulut même faire de lui un cardinal. A cet effet, il pressa vivement la cour de Rome de lui donner pour collègue l’homme qui savait tous les secrets de sa politique, et le pape, qui avait plus d’un motif pour ne point désobliger Richelieu, y consentit ; mais le père Joseph mourut avant d’avoir reçu ses bulles et son chapeau. Richelieu, pendant sa maladie, l’avait entouré de ses soins personnels. « J’ai perdu mon bras droit ! » s’écria-t-il en apprenant sa mort. Il ordonna qu’on lui rendit des honneurs tout princiers, et qu’on portât son corps en carrosse à six chevaux aux Capucins de la rue Saint-Honoré, où il fut inhumé en face du maître-autel, à côté du frère Ange de Joyeuse. Ce fut le père Bon, carme déchaussé, qui prononça l’oraison funèbre en présence des princes, des ducs et des membres du parlement.
JOSE PH. L'Allemagne a eu deux empereurs de ce nom.
JOSEPH T°", fils aîné de Léopold I°", né à Vienne, le 26 juin 1678, devint dès 1689 roi de Hongrie et en 1690 roi des Romains. Élevé par son gouverneur le prince de Salm dans un esprit complétement affranchi de l'influence monacale, l'intimité dans laquelle il vécut ensuite avec le prince Eugène l’amena à partager ses idées libérales en politique, en philosophie et en religion ; aussi son premier acte, en arrivant au trône, fut-il de limiter l’influence des jésuites. En même temps qu’illes éloignait desa cour, ilaccordait aux protestants de la Bohême et de la Hongrie des faveurs que ses ancôtres leur avaient toujours refusées. Il continua avec autant d’ardeur que d’énergie la guerre de la succession d’Espagne, queson frère avait commencée contre la France ; et grâce aux victoiresd’'Eugène et deMarlboroughilréussit à expulser peu à peu les Français de l’Italie et des Pays-Bas, et à réduire Louis XIV à une situation si critique que ce prince dut à diverses reprises solliciter la paix. Joseph 1%, pour conserver toute sa liberté d’action pendant la lutte, se réconcilia, sous la médiation de l’Angleterre, avec le roi de Suède Charles XII, qui en 1706, dans sa marche de Pologne sur la Saxe , avait traversé la Silésie sans son au torisation préalable ; et, aux termes du traité qu’il conclut avec lui en 1707, il accorda aux protestants de cette province le libre exercice de leur culte en même temps qu’il leur faisait restituer 120 églises que les jésuites leur avaient précédemment enlevées. Le pape, qui penchait visiblement pour la France, fut contraint par lui de reconnaître son frère Charles en qualité de roi d'Espagne. fl mit au ban l'Empire, en 1706, les électeurs de Bavière et de Coiogne, et en 1708 le duc de Mantoue, pour s'être alliés aveg
Louis XIV, ennemi de l’Empire; il s’empara de l’électorat de Bavière, non sans avoir eu à triompher d’une énergique résistance opposée par la population armée, que commandaient Meindl et Plingauser, et en morcela tout aussitôt le territoire. 11 réussit également à comprimer la révolte de la Hongrie, qui, à l’instigation de la France, avait recommencé du vivant même de son père, Il prouva sa sollicitude pour l'Empire en fixant la résidence de la diète impériale à Ratisbonne, en donnant une vie nouvelle à la chambre impériale, dont les discordes survenues entre les princes de l'Empire paralysaient l’activité, et en rétablissant dans ses droits de ville libre impériale Donauwærth, médiatisée par la Bavière à l’époque de la guerre de trente ans. Ses États Jui furent redevables de l'institution d’une banque impériale et de la création de l’Académie des Sciences et des Beaux- Arts de Vienne. En outre, il construisit le château de Schænbrunn,etil chercha à soulager la classe des paysans en apportant denombreuses modifications au servage. Joseph Ie" fut un prince instruit et sage, tolérant, quoique sincèrement attaché aux dogmes et aux pratiques de l’Église catholique, bon et aimable, en dépit de sa gravité quelque peu rude et de sa prédilection pour le cérémonial le plus sévère, de même que pour le faste, Il aimait aussi la chasse passionnément. Il mourut en 1711, de la petite vérole, et eut pour successeur sur le trône impérial son frère Charles VI, JOSEPH I, fils de François ‘et deMarieThérèse, naquit le 13 mars 1741, à une époque où sa mère se trouvait dans une position tellement critique, qu’elle craignait qu'il ne lui restât plus une seule ville pour y faire ses couches. Élevé avec soin sous la direction du prince Batthyànni et du secrétaire d’État Bartenstein, le jeune prince annonça de bonne heure un esprit vif et gai, une intelligence rapide et une heureuse mémoire, mais en même temps une certaine opiniâtreté tenant du caprice, et de la répugnance à rester longtemps en repos de même qu’à apprendre par cœur. Quoique dépassé à tous égards par son frère Léopold, il ne laissa point que de faire d’assez rapides proprès dans les langues. IL s’occupa aussi beaucoup de géométrie et de tactique, maïs plus particulièrement encore de musique. Joseph, vivant constamment au milieu d'hommes remarquables , était passé de l’enfance à l’adolescence quand éclata la guerre de sept ans. Marie-Thérèse eut un instant l’idée d’y faire prendre part à son fils; maïs elle renonça bientôt à ce projet, pour ne point Je déranger de ses études. En 1760 il épousa l'excellente princesse Marie-Louise de Parme, qu’il aimait tendrement, mais oe eut la douleur de perdre dès 1763, après qu’elle lui eut donné une fille, qui ne tarda point à rejoindre sa mère dans la tombe. Sa seconde femme, la princesse Josèphe de Bavière, mourut également peu de temps après son mariage. Après la paix d’Hubertsbourg, et jusqu’à un certain point par suite de cet événement, Joseph fut élu roi des Romains, et à la mort de son père (18 août 1765) il devint le chef de l’Empire de l'Allemagne. En même temps, Marie-Thérèse le déclara régent de ses États autrichiens, mais en ayant soin de s’en réserver expressément le gouvernement; ce qu’elle abandonna à son fils, ce fut la grande-maîtrise de tous les ordres de chevalerie, l’administration supérieure de l’armée et la direction réelle de tout ce qui avait trait à la guerre. Secondé dans ces fonctions par le comte de Lascy, et prenant pour modèle Frédéric J1, le jeune empereur opéra aussitôt de nombreuses et utiles réformes dans l’armée autrichienne. C’est ainsi qu’il améliora sensiblement le sort du simple soldat, et qu’il institua des inspections générales annuelles. 1] fit généreusement brûler 22 millions de florins en obligations d'État qu'il avait trouvés dans la succession dé son père, et voulut que les domaines que celui-ci avait achetés comme simple particulier fissent retour au domaine de l'État. En même temps il donnait le premier à sa cour l'exemple de la simplicité dans les habitudes de la vie et dans les vêtements, mettait oh-. slacle au trafic des emplois et des dignités, et rétablissait en ‘ vigueur le principe de donner, pour la collation des fonc-,