JOSEPH
tions publiques, la préférence aux nationaux sur les éétrangers. Par ses ordres les jeux de hasard furent prohibés, ja police fut organisée, la torture abolie , en même temps qu’on modérait la législation en vigueur contre les individus inculpés de sorcellerie, qu’on facilitait les mariages à l'effet de réparer les ravages causés parmi les populations par la guerre, et qu’on négociait avec la noblesse des adoucissements à apporter au système des corvées. Soit que la part d'influence que lui abandonnaït sa mère ne suffft point à son activité, soit pour se mieux préparer ainsi à son rôle de souverain, il entreprit plusieurs voyages, exécutés sans le moindre luxe, comme un simple particulier, et le plus souvent sous le nom de comfe de! Falckensiein. C’est de la sorte qu’il parcourut successivement et en détail la Hongrie, la Bohême, la Moravie, l'Italie, la Fragce, la Hollande; et il profita d’une de ces tournées pour visiter Frédéric le Grand dans son camp près de Neisse, le 25 août 1768 : visite que celui-ci Jui rendit l'année suivante au camp de Mærisch- Neustadt. Joseph gagnait tous les cœurs par sa simplicité et sa bonté; il en fut ainsi notamment lors du voyage qu'il fit en 1776 dans les Pays-Bas, et lors de son séjour de six semaines à Paris, en 1777.
Dans ses efforts pour agrandir ses États, il fut plus heureux Jors du premier partage de la Pologne (1772) qu’il ne l'avait été à l’époque de la guerre de la succession de Bavière ; l’Antriche y gagna sans droits aucuns la Gallicie, la Lodomérie et le comté de Zips : en tout, un accroissement de territoire de près de 1,000 myriamètres carrés avec trois millions d'habitants. Par un autre acte de violence, il confisqua (1783 et 1784) tous les territoires des évêchés de Passau et de Salzbourg situés en Autriche. Aigri contre la Prusse, qui l’avait empêché de s'emparer de la Bavière, il profita, en 1780, d’un voyage fait dans une grande partie de l'Europe pour aller visiter l’impératrice Catherine IL à Mohilef sur le Dniepr, Par le charme de son esprit et par son habileté, il parvint à détacher cette princesse et son toutpuissant favori Potemkin de l'alliance de la Prusse, poui leur en faire contracter une avec lAutriche; et en promettant à l’impératrice de Russie son concours pour expulser les Turcs de l’Europe, il obtint son consentement à ce qu'il s’emparât de l'Italie et de la Bavière aussitôt que l’occasion s’en présenterait. .
La mort de sa mère, arrivée en 1781, l'ayant mis en complète possession de ses États héréditaires. Joseph IL procéda aussitôt aux grandes réformes qu’il projetait depuis longtemps, et qu’il n'avait dû différer qu’à son vif regret. Admirateur secret de Frédéric II, guidé par la philosophie de son siècle et par les ouvrages des Français sur le gouvernement des hommes et sur l’économie politique, il voulut, à l’instar de Frédéric, gouverner ses États sans aucnn contrôle et y provoquer une vie nouvelle par de larges réformes, tant civiles et administratives que religieuses. Pour remédier aux inconvénients sans nombre résultant de leur division extrême, qui s’opposait à ce qu’ils reçussent une législation uniforme, il fit pour la première fois des domaines dela maison d'Autriche un tout politique, partagé en treize cercles de gouvernement, qu’il s’efforça d’amalgamer le plus complétement possible en y introduisant les mêmes institutions, la même administration, la même langue et les mêmes usages. Il ordonna que Ja base de l'impôt füt désormais la contribution foncière, calculée d’après la valeur des produits de la terre, insista vivement pour obtenir la renonciation de la noblesse au servage , introduisit la complète liberté du transit intérieur dans les diverses parties allemandes et bohèmes de la monarchie autrichienne, et à partir de 1783 fit travailler à la rédaction de nouveaux codes, où l'on proclamait l'égalité de tous devant la loi, où l'on substituait à la peine de mort les travaux forcés, la marque et l'éempri= sonnement, Mais ce fut surtout à diminuer la puissance du clergé que tendirent ses efforts. \
Joseph If ne voyait pas seulement dans l'état où se trou. vait alors l'Église un obstacle à toute liberté de la science