‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 437 sur 522 · JOSEPH — JOSEPH BONAPARTE · texte numérisé non relu

JOSEPH — JOSEPH BONAPARTE

e sang, l’armée française entra dans Naples, le 5 janvier 1806. Napoléon, par un décret, donna à Joseph sa con. quête, en le plaçant sur le trône des deux Siciles. La population napolitaine salua le nouveau roi avec de vives démonstrations d’allégresse, et Joseph prit à cœur de justifier la joie publique par son administration paternelle, 11 choisit pour son ministre des finances le conseiller d'État Rœderer, qui naturalisa dans ce royaume le système d’administration suivi en France ; mais si la bourgeoisie napolitaine adopta franchement ce monarque étranger, il n'en fut pas ainsi de la noblesse, qui manifestait tout haut son peu de sympathie pour Joseph, blâmait tous les actes de son gouvernement, et se plaignait surtout avec vivacité de l’insouciante confiance avec laquelle il abandonnaït à ses ministres le soin des affaires publiques. Les répugnances de cette aristocratie s’aigrissaient tous les jours, quand Napoléon, en 1808, mit entre les mains de son frère le sceptre de l’Espagne. Cette nouvelle couronne le grandissait encore sans doute; mais il fallait que la fortune de la guerre l’affermit sur sa tête, et pour cela il fallait vaincre et soumettre ces Espagnols, si obstinément jaloux de leur indépendance, qui résistèrent si longtemps au courage de nos soldats. Joseph à son avénement était plein de bonnes intentions, mais, il faut le dire, il ne possédait pas cette prodigieuse activité ni cette énergie d’ambition qui s’alliaient dans l’'empereur à l'audace et au génie : sa justice, sa popularité, ne purent lui conquérir les cœurs de ses nouveaux sujets, et les secours que leur résistance opiniâtre obtint de l’Angle terre rendirent encore plus difficile la position de Joseph.

Deux fois il fut forcé de déserter sa capitale, et enfin, quand la guerre de Russie mit Napoléon dans la nécessité de rappeler presque toutes ses troupes d’Espagne, lorsque les Français, repoussés à la fois par les indigènes (guerillas) et par l’armée de Wellington, durent céder à la supériorité du nombre, Joseph, abandonnant son trône, rentra sur notre territoire à la fin de 1813, et alla habiter sa terre de Mortefontaine. Napoléon lui confia la lieutenance générale de l'empire, et le commandement supérieur de la garde nafionale de Paris; mais la tête de l’ex-roi d'Espagne n’était pas assez forte, assez ferme, pour ces terribles circons tances. Peu confiant dans la fortune de son frère, il suivit l'exemple de l'impératrice, et se retira à Blois, en laissant au duc de Raguse le commandement de Paris. Quand Napoléon, découragé, abdiqua pour la première fois, Joseph alla en Suisse, où il acheta la terre de Prangin, dans le pays de Vaud, qu’il habita jusqu’au 20 mars.

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