‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 44 sur 522 · HIÉROGLYPHES — HIERON · texte numérisé non relu

HIÉROGLYPHES — HIERON

et successivement elle se developpa jusqu'aux signes purement phonétiques dans lesquels les consonnes et les voyelles paraissent séparées sans pour cela renier jamais son origine idéographique ou subordonner seulement les éléments idéographiques aux éléments acquis postérieurement.

| La première classe des hiéroglyphes, celle des signes idéo-

| graphiques ou représentant des idées, se subdivise : 1° en

| signes se rapprochant plus ou moins directement des objets qu'il s’agit de désigner ; 2° en signes désignant symboliquement ou par voie d’allusion des idées abstraites ou bien des objets difficiles à représenter. A ces deux divisions se rattache 3° la série des signes déterminatifs, qui ne se prononcent point et ne servent qu’à mieux désigner un mot précédent ou bien la classe de mots à laquelle il appartient, par exemple le cercle, que doit représenter et signifier le disque du soleil ; à la seconde, le vautour comme symbole de la mère ou bien le plan d’une ville pour signifier ville; à la troisième série, le lion, répété derrière son nom mui, ou bien la tige d’une fleur derrière le nom de la plante.

La seconde classe des hiéroglyphes est celle des signes phonétiques. Ceux-ci furent choisis dans la grande masse des hiéroglyphes idéographiques, de telle sorte que le son qu'il s’agissait de désigner fût le son initial du nom de l'objet représenté. Ainsi le hibou, en égyptien moulag. représente l’m ; l'aigle, en égyptien achom, l’a. Le nombre des hiéroglyphes choisis pour les quinze sonsde la langue, dont on pouvait faire usage dans tous les cas oùilne s’agissait que d'écrire des sons isolés, fut limité à trente environ. On se permettait en outre certaines substitutions de signes complétement homophones, afin de pouvoir plus commodément classer les groupes pour l'œil. Plus tard, notamment du temps des Romains, cet alphabet fut encore augmenté de quelques signes.

Enfin, la troisième classe des hiéroglyphes tient le milieu entre les deux premières, ses signes participant des deux natures, tant idéographique que phonétique. Souvent en effet on se servait des hiéroglyphes asités pour certains mots non-seulement dans leur signification phonétique primitive, mais encore pour les lettres initiales des mêmes mots, et on y ajoutait les autres sons de mots tirés de l’alphabet phonétique général. Ainsi la croix ansée, par exemple, servait à désigner le mot anch, vie, mais elle ne saurait être employée que comme &, parce qu’on y ajoutait pour l’n et le ch les sons phonétiques tirés de l’alphabet général. Elle ne devient pas de la sorte signe phonétique général, parce qu’elle ne saurait être employée partout où il faut désigner le son a, mais seulement au commencement du mot anch, qu’à Vorigine elle a seul désigné. Mais quelquefois aussi certains signes perdent tellement leur signification originairement idéographique pour des complexes phonétiques d’une ou de plusieurs syllabes, que l’on peut s’en servir aussi pour d’autres mots ou pour telles de leurs parties qui répètent pour oreille le même complexe phonétique. Les équivoques possibles sont alors évités à l’aide de divers moyens , notamment par l’addition de déterminatifs. Mais dans tous les cas

| où se présentaient aisément des difficultés de désignation idéographique, comme pour les noms étrangers, les flexions grammaticales, etc., on avait coutume de se servir de pré: férence d’hiéroglyphes purement phonétiques.

L'écriture hiératique et l'écriture démotique contiennent en général les mêmes éléments que l'écriture hiéroglyphique; m@is ici, dans l'écriture démotique surtout, la partie idéographique des signes resta toujours de plus en plus en arrière de la partie phonétique.

HIÉEROMANCIE (du grec iepéc, sacré, pavreiæ, divipation), divination par la voie des sacrifices. Elle était basée, d’abord sur les conjectures tirées de l'extérieur de la victime et de ses divers mouvements, puis sur l'observation des entrailles, le plus ou moins de promptitude avec laquelle la flamme les dévorait, l'aspect des gâteaux, de la farine, du vin, de l’eau, de tous les objets employés dans la cérémonie ; sur la manière enfin de frapper la victime et de la

dépecer. Opposait-elle quelque résistance à l'approche de l'autel, fuyait-elle, se dérobait-elle au coup fatal, expirait-elle dans une longue agonie, ou tombait-elle frappée de mort subite avant l'atteinte du couteau sacré, c’étaient là autant de fâcheux présages. Marchait-elle, au contraire, d'elle-même à l'autel, y recevait-elle la mort avec résignation, expirait-elle sans pousser un gémissement, on ne pouvait sy méprendre : les dieux étoient favorables. On allait jusqu’à lui verser de l’eau dans l'oreille pour en arracher un mouvement de tête exprimant sa satisfaction. La dépeçant avec un couteau dans toute sa longueur, on tirait des pronostics des ondulations de la queue. On en tirait d’autres de cette même queue jetée sur le brasier : la chaleur la faisait-elle recourber, c'était mauvais signe; pendait-elle, ou s’étendait-elle horizontalement, c'était un présage de chute; s’élevait-elle en ligne droite, c'était un signe de victoire.

Après avoir ouvert les flancs, on passait à l’observation des entrailles, qu’on jetait toujours aux flammes, attendu qu’à la mort de la sibylle de Delphes, ses esprits animaux avaient passé dans les plantes servant de nourriture aux bestiaux, et avaient ainsi transmis aux victimes le don de prophétie. On attribuait de même aux parcelles de la sibylle répandues dans l'air le don des présages par le son. Les entrailles entières, saines, bien proportionnées, d’une belle couleur, étaient un signe favorable ; dans le cas contraire et si elles étaient palpitantes, elles n’annonçaïent rien que de fàchenx. La partie principale à observer était le foie (voyez HÉPATOSCOPIE.)

Après l’examen du foie, le sacrificateur passait à celui du cœur. Peu volumineux, maigre, avec des palpitations fréquentes, il était d’un fâächeux augure. Son absence totale annonçait quelque funeste événement. IL manquait à deux victimes le jour où César fut assassiné. Après le cœur, le fiel, Ja rate, les poumons, les membranes enveloppant les entrailles! Un fiel volumineux, facile à déborder, la rencontre de deux fiels, présageaient de violents débats, des combats sanglants, dont l'issue toutefois devait être heureuse. La rate trouvée à sa place ordinaire, pure, saine, ayant sa couleur naturelle, était un signe de succès. Les entrailles glissaient-elles des mains du sacrificateur, s’offraient-elles tackées de sang ou livides, souillées de pustules, déchirées, desséchées, en putréfaction, attaquées par les vers, c'étaient autant de malheurs. Des poumons fondus conseillaient de suspendre toute entreprise commencée ; sains et intacts, ils invitaient à se laisser aller au cours de la fortune. Toutes les parties de la victime présentaient ainsi des présages heureux ou funestes au croyant qui les consultait avec foi. Les temps se modifient, l’homme ne change pas.

HIEROMNEMON (d'icpéc, sacré, uviuwy, contrôleur, gardien, c’est-à-dire président des sacrifices). Voyez AMPHICTYONS.

HIÉRON. II y a eu deux princes syracusains de ce nom.

HIÉRON I®.Gélon avait, pendant un règne de dix-sept ans, fondé et affermi la grandeur de Syracuse et de sa propre famille. Il eut pour successeur son frère Hiéron 1°, qui régna onze ans (de 477 à 467). Selon Diodore de Sicile, ce fut un tyran avare, fourbe et cruel. Élien et Pindare le représentent comme un prince incomparable. Xénophon a vanté dans un de ses dialogues sa sagesse et sa vertu. Eh bien, les uns et les autres n’ont pas tort. Au commencement de son règne, en effet, on voit en luiun tyran inquiet et soupçonneux, qui se forme une garde de mercenaires étrangers, et tend des embûches à son frère Polyzèle, dont la popularité lui porte ombrage. Celui-ci va chercher un asile àla cour de Théron, tyran d’Agrigente, qui a été l’ami de Gélon et le compagnon de ses victoires contre les Carthaginois. La guerre éclate entre Syracuse et Agrigente; mais bientôt les deux frères se réconcilient, et Hiéron recherche l'amitié de Théron. Dès ce moment l'histoire nous montre le tyran de Syracuse sous un tout autre aspect. A la suite d’une maladie grave, il cherche ses délassements dans la

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société des savants, et prend tant de plaisir à leur entretien, que ce caprice d’un convalescent devient une louable et utile habitude. Dès lors sa cour est le rendez-vous des hommes illustres de l’époque. Les poëtes Bacchylide et Épicharme partagent son intimité. Sa générosité attire près de lui Simonideet Pindare, qui payent ses bienfaits par des éloges immortels. C’est auprès d'Hiéron qu'Eschyle, vaincu par Sophocle, son jeune émule, vient cacher son dépit et sa honte. En montant sur le trône, ce prince avait réuni à Syracuse Géla et quatre villes de sa dépendance. Il soutint plusieurs guerres heureuses et justifiées par une généreuse politique; il délivra les Agrigentins du tyran Trasydée et leur rendit la liberté; il protégea l’indépendance de Cumes, ville de Campanie, menacée par les Tyrrhéniens. Suivant une pratique dont l'antiquité offre de fréquents exemples, il transplanta les habitants de Naxos et de Catane de leur ville natale dans celle de Léontium; puis il repeupla Naxos et Catane par une colonie de 5,000 Syracusains et de Grecs qu’il avait appelés du Péloponnèse. 11 mourut en 467, à Catane, qu’il avait fondée : les habitants lui décernèrent les honneurs héroïques, espèce d’apothéose semblable à celle que les Romains accordèrent, dans la suite, à leurs empereurs. Hiéron I°* avait vu proclamer son nom parmi les vainqueurs aux jeux olympiques. Thémistocle, plus sévère, aurait voulu lui interdire l'entrée de Pise. « Il n’est pas juste, disait-il, que celui qui n’a rien fait pour la Grèce pendant, la guerre médique parlicipe à ces jeux. »

HIÉRON II. Pendant la tyrannie d’Agathocle, les Syracusains, qui viennent d’être humiliés par Pyrrhus, roi d’Épire, se jettent dans les bras d’Hiéron II, rejeton de l’ancienne famille royale. Proclamé d’abord général, il fut élevé, en 269, à la royauté, à la suite d’une victoire sur les Mamertini (brigands italiens, qui s'étaient emparés de Messine, “et qui l’occupèrent assez longtemps ). Son règne, qui dura cinquante-quatre ans, ne fut troublé que par la défaite qu’il éprouva en 264 en combattant les Romains, au commencement de la première guerre punique. Il demanda ensuite la paix, fut reçu dans l'alliance du peuple romain, et la fidélité avec laquelle il observa le traité fut une des causes les plus efficaces du succès des Romains dans cette première lutte contre Carthage. L’an 241, à la fin de cette guerre, il vit la moitié de la Sicile passer de la domination carthaginoise sous celle de Rome. Pendant son long règne, il assura à ses sujets une prospérité sans exemple.

' Charles Du Rozom.

HIERONYME, dernier tyran de Syracuse, petitfils de Hiéron II, lui succéda en 215 avant J.-C. Ses débauches et sa cruauté soulevèrent les Syracusains : au bout d’un an de règne, il fut assassiné. Alors le parti carthaginois triompha dans Syracuse. Il n’en fallut pas davantage pour attirer sur cette république les armes des Romains : après trois ans de siége, Syracuse succomba en 212. Deux ans après, toute la Sicile était réduite en province romaine. Charles Du Rozoi.

HIÉRONYMITES , chanoines réguliers, appelés aussi Jéronymiles ou £rmites de Saint-Jérôme, parce qu'ils se vouaient à imiter saint Jérôme dans sa retraite de Bethléem, Leur ordre date de 1373. Leurs statuts étaient puisés dan; les écrits de leur patron, et ils suivaient la règle de Saint-Augustin. Au quatorzième siècle, ils étaient déjà nombreux en Espagne et en Italie. On en comptait de cinq espèces : les hiéronymites d’Espagne, ceux des Pays-Bas, qui s’occupaient de l'instruction de la jeunesse, ceux de l’observance ou de Lombardie, ceux dela Congrégation de Pierre de Pise, et ceux de la congrégation de Fiesoli. Ce fut Thomas de Sienne qui fonda ceux d’Espagne. Après sa mort, ses disciples passèrent en Italie; les autres se fixèrent à Valence, en Castille, en Portugal. Les Hiéronymites de Castille jouirent de quelque célébrité : leurs monastères servirent de retraite aux Espagnols qui fuyaient la haine de Pierre le Cruel, Au quinzième siècle, leur abbaye de Lupano était la plus considérable de

HIÉRON — HIGHWAYMEN

l'ordre; là se tenaient leurs assemblées générales. Le pape Benoît XIII l'exempta de la juridiction des évêques. A Notre-Dame de Guadeloupe, les Hiéronymites faisaient de grandes distributions deblé, formaient de jeunes clercs, et donnaient l'hospitalité aux pèlerins. Ce fut dans leur abbaye de Saint-Just que Charles-Quint se retira après son abdication. Il ne reste plus guère de leurs communautés que celle de Saint-Laurent, attenante à la demeure royale de Escurial, créée par Philippe IE, et richement dotée, afin de dire desmesses pour son âme, bourrelée de remords. Le vêtement de ces religieux consistait en une tunique de drap blanc, un petit capuce et un manteau de même couleur, avec un scapulaire noir. Ceux de l'Orient avaient seuls une robe brune. La congrégation de l’Observance, ou de Lombardie, fut fondée par Loup d'Olmédo, dans les montagnes de Casalla, près de Séville. Pendant quelque temps plusieurs de leurs instituts prohibèrent l'étude des sciences, comme conduisant à l'orgueil. Leur principal monastère en Italie était Saint- Pierre de l’Ospitaletto, aux environs de Lodi. Le prieur se qualifiait de comte de l’Ospitaletto, et avait une partie des pouvoirs épiscopaux. Pierre de Pise créa, vers la fin du quatorzième siècle, à Montebello, dans l’'Ombrie, la congrégation qui porte son nom. Elle avait des ermitages dans les provinces d’Ancone et de Trévise, dans le Tyrol et en Bavière. Charles de Montegranelli, de la famille des comtes de ce nom, se retira dans la solitude aux environs de Vérone, et fonda, sur la fin du quatorzième siècle, la congrégation de K'iesoli : elle fut supprimée en 1668. Les Hiéronymites compfaient beaucoup de monastères riches et puissants; la plupart de leurs ordres avaient des armes distinctives. Il y avait aussi des religieuses hiéronymites.

HIERONYMITIQUE (Alphabet). Voyez CYRILLIEN (Alphabet).

HIEROPHANTE (du grec tepopdvenc, de tep6ç, saint, sacré, et gatvw, je déclare, je manifeste). C’est ainsi qu’on appelait la grand-prêtre qui présidait aux mystères d’Éleusis, et que toujours on choisissait dans la famille des Eumolpides , dont l’aieul Eumolpe passait pour avoir été le fondateur de ces mystères en même temps qu’il avait été le premier hiérophante. Pour remplir ces fonctions, il fallait ne plus être de la première jeunesse et être sinon beau, du moins dépourvu de tout défaut choquant de conformation, posséder en outre un organe extrêmement agréable, et sous le rapport de la moralité être complétement irréprochable. Le mariage n'était pas permis aux hiérophantes; mais il n’est pas invraisemblable qu’on choisissait pour ces fonctions des individus déjà mariés, à qui dès lors il demeurait interdit de contracter un nouveau mariage, Dans la célébration des mystères, l’hiérophante représentait le demi ourgos ou créateur du monde, C’est à lui seul qu'était confiée la mission de conserver les lois non écrites et de les interpréter, come aussi d'introduire les néophytes dans le temple d’Éleusis et de les initier peu à peu aux petits et aux grands mystères. Aussi l’appelait-on encore parfois mystagogue et prophète; et il était absolument interdit de prononcer son nom en présence d’un profane. Dans les cérémonies publiques, c’est lui qui portait la statue richement ornée de la déesse.

° HBIEROPHANTIDES ou PROPHANTIDES, prétresses des mystères d'Eleusis.

HIGHLANDERS, habitants des Highlands ou hautes terres d'Écosse.

HIGHLANDS, c'est-à-dire Hautes-Terres. On appelle ainsi la partie du royaume d'Écosse séparée du pays plat par les monts Grampians. Cette délimitation naturelle fut une des causes principales pour lesquelles les kigktanders ou habitants des Hautes-Terres ont toujours formé et forment encore une race tout à fait distincte des habitants de la plaine.

HIGHWAYMEN. On appellait ainsi, en Angleterre, les brigands qui autrefois infestaient plus particulièrement les environs de Londres, gens souvent de fort bonne famille

HIGHWAYMEN — HILDEBERT

et montant des chevaux de prix. L'audace et la courtoisie avec lesquelles ils exécutaient leurs brigandages leur donnaient une certaine couleur romanesque, et les ballades où on célébrait les exploits d’un Claude Duval ou de tel autre highwayman fameux, faisaient au commencement du dixhuitieme siècle partie des lectures favorites du peuple anglais. Aussi, depuis De Foe et Fielding jusqu’à Bulwer et Ainsworth , les romanciers n’ont-ils pas manqué d’exploiter cette mine féconde. Celui qui arrêtait un Lighwayman recevait de la justice une récompense de quarante livres sterling. Le progrès des mœurs et une meilleure police ont mis depuis longtemps un terme à ces désordres.

HILAIRE (Saint), pape, originaire de l’île de Sardaigne, qui remplaça saint Léon sur le trône pontifical, en 461, avait été archidiacre de l’Église romaine sous son prédécesseur, qui l'avait employé dans les affaires les plus importantes et lavaitnommé son légat au second concile d’Éphèse. Le pontificat d'Hilaire n’a offert rien de bien remarquable. II déploya un grand zèle pour la foi et pour la conservation de la discipline ecclésiastique, et mourut, le 21 février 468, lais-

sant onze épitres et quelques décrets.

HILAIRE (Saint), de Poitiers, naquit dans cette ville, vers le commencement du quatrième siècle, de parents nobles. Élevé dans le paganisme, il fit de brillantes études, et voulut lire tous les auteurs païens, juifs et chrétiens. La lecture de ces derniers le rapprocha des hommes qui professaient la foi évangélique. IL la partagea bientôt lui-même, et se distingua par tant d'érudition religieuse, de piété et de vertus, que ses concitoyens, bien qu’il fût marié, l’élevèrent à l’épiscopat, en 350 ou 355. Il se montra un des plus ardents défenseurs du christianisme au concile de Milan, en 355, et à celui de Béziers, en 356. Il y déploya tant de logique et d’éloquence, que les ariens, qu’il combattait, le firent exiler en Phrygie. Appelé au concile de Séleucie, en 35, il y défendit avec beaucoup de chaleur et de talent la consubstantialité du Verbe, contre les demi-ariens et les anoméens. Ses adversaires le firent alors renvoyer dans les Gaules, où il fut reçu à bras ouverts par les fidèles de son diccèse. Il s'occupa sans retard d’obtenir la rétractation de la plupart des évêques de la contrée, qui avaient souscrit le foruulaire de Rimini, et de fermer toutes les plaies que son absence avait faites à son église. Rappelé en Italie par Valentinien, il n’y demeura que peu de temps, et vint mourir saintement dans son diocèse, vers 367 ou 368. L'église honore sa mémoire le 13 janvier. Ses œuvres se composent de 1° douze Livres sur la Trinilé ; 2° un Traité des Synodes ; 3° un Commentaire sur saint 1 Matthieu et sur les Psanmes ; 4° trois Écrits à Constance, dans lesquels il censure sa partialité pour les ariens. Son style, véhément, impétueux, quelquefois obscur et enflé, l’a fait appeler par saint Jérôme le Rhône de l’éloquence “latine. On lui a attribué sans fondement le Gloria in excelsis, le Te Deumet le Pange linqua

HILAIRE (Saint), a Arles, né en 401, de parents ngbles et riches, fut élevé par le saint abbé de Lérins, Honorat, son parent. Appelé au siége épiscopal d’Arles, Honorat emmena avec lui Hilaire, qui fut le coopérateur de ses travaux et son successeur. Hilaire assembla plusieurs conciles , entre autres celui d'Orange, par lequel il fit déposer un évêque gaulois nommé CAhélidoine. Celui-ci en appela au pape saint Léon, qui cassa la décision du concile d'Orange, et retrancha même l’évêque d’Arles de la communion du saint-siége ; mais ayant reconnu, par la suite, combien les préventions qu’ on lui avait inspirées étaient injustes , le pontife revint sur cette détermination, et le saint prélat mourut dans son diocèse, le 5 mai 449, épuisé par ses travaux apostoliques. Saint Hilaire avait ’éurit à saint Augustin en 427, avec saint Prosper, pour lui exposer les erreurs des semi- pélagiens. Saint Augustin lui adressa pour réponse ses livres de la Prédestination des saints et du don dela Persévérance. Plusieurs des ouvrages de saint Hilaire ne sont point parvenus jusqu’à nous. L'éloge de

saint Honorat, qui est au nombre de ceux qui nous sont restés, fait vivement regretter cette perte. L'Église célèbre ga fête le 5 mai.

HILARIANT (Gaz). Voyez Azorr.

HILARION (Saint), fondateur de la vie monastique dans la Palestine, naquit vers 290, à Tabathe, aux environs de Gaza, de parents païens, qui l’envoyèrent étudier à Alexandrie, Ayant embrassé le christianisme, il alla rejoindre saint Antoine dans la Thébaïde. Après quelque temps de séjour auprès du cénobite, il revint dans sa patrie, avec quelques moines, partagea sa fortune entre ses frères et les pauvres, puis se retira dans une affreuse solitude, où il créa un grand nombre de Li CARTER Quand il ne & ’abandonnait pas à la méditation, il 2g iivrait au travail des mains. Le bruit de ses vertus attirant aupr rès de lui une multitude d’admirateurs, il dut s’arracher à sa cellule, parcourut les déserts de P'Égypte, et passa en Sicile, en Dalmatie, dans l’île de Chypre, où il mourut, en 371. El refusait tous les dons que lui offraient ceux qui eroyaient devoir leur guérison à l'intercession de ses prières, et leur conseillait d’en réserver le produit pour les pauvres,

HILARODE, HILARODIE, HILARO -TRAGÉDIE.

L’hilarode était un poëte grec, chantant des vers plaisants, moins libres toutefois que les pièces ioniques. Ils furent plus tard appelés Simodes : on les introduisit dans les chœurs de la tragédie et dans les intesmèdes du théâtre.

L’hilarodie était la pièce de vers faite ou chantée par l’hilarode. Ce fut dans le princige une chanson badine, qui se développa ensuite, et devint ume espèce de drame, tenant le milieu entre la comédie et la \regéde. Quelques auteurs y voient l’origine de la parodie.

L’hilaro-tragédie était, au contraire, une espèce de #r'agicomédie, dont la catastrophe était heureuse et faisait passer le héros du comble de l’infortune au comble du bonheur. Suidas en attribue l'invention à Rhinton, poëte comique de Tarente, d’où lui serait venu le nom de Rhintoniæ jfabulæ.

HILDBOURGHAUSEN, ancienne capitale du duché de Saxe-Hildbourghausen, et depuis 1826 dépendance du du ché de Saxe-Meiningen, appelée dans les vieilles chartes Hilperthusia ou Villa Hilperti, et située sur les rives de la Werra, se compose de la vieille ville et de la nouvelle ville et de deux faubourgs, et compte environ 4,500 habitants. Elle est encore aujourd’hui le siége de diverses autorités administratives, et elle possède un gymnase, un séminaire pédagogique, auquel estadjoint depuis 1843 une école desourdsmuets, une école d’arts et métiers, une maison de fous, un hospice d’orphelins et une maïson de correction. Le château ducal est entouré d’un. beau parc. La tradition attribue la fondation de la ville de Hildhourghausen à l’un des rois francs, Childebert, fils de Clovis. La ville neuve fut fondée par des réfugiés français attirés par le duc Frédéric-Ernest If, à la suite de la révocation de l’édit de Nantes.

EHILDEBERT DE TOURS, scolastique et hymnographe latin, né en 1057, à Lavardin, étudia sous Grégoire de Tours, à l’abbaye de Cluny, devint ensuite professeur à l’école du chapitre du Mans, puis évêque de cette ville, en 1097. L'hérétique Henri, qui niait la présence réelle dans l’eucharistie et rejetait le baptême des petits enfants, les prières pour les morts, l’adoration de la croix, le culte des reliques et la croyance au purgatoire, ayant rempli le diocèse de ses prédications fanatiques, Hildebert l’en chassa avec ses sectaires, et réussit à maintenir dans son troupeau l'unité de la foi. Nommé archevêque de Tours, suivant les uns en 1195, selon d’autres en 1129, il mourut en 1134. C’est un des hommes qui ont le pius honoré le douzième siècle, et ses ouvrages témoignent d’une instruction aussi variée que profonde. 11 fut le premier en Occident qui essaya de ramener la dogmatique à un système unique, devant servir de base à tous les systèmes subséquents. Saint Augustin fut le guide qu'il prit pour ce travail. C’est dans ses ouvrages que le mef transsubstanltialion se trouve employé pour la première

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