‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 441 sur 522 · JOSÉPHINE — JOSUÉ · texte numérisé non relu

JOSÉPHINE — JOSUÉ

porte, appela M. de Beausset, pour qu'il portât Joséphine chez elle, par un escalier intérieur : mais il s'embarrassa dans son épée, et fut obligé de serrer Joséphine pour lui éviter une chute : « Vous me serrez trop fort », lui dit-elle, Mais il fallut céder. « Elle descendit, ajoute M. de Beausset, du premier trône du monde, mais elle n’en fomba pas. Elle avait à cette époque quarante-six ans. Il était impossible de posséder plus de grâce dans le maintien; ses veux et son regard étaient enchanteurs ; sa taille était noble, souple et parfaite. Le goût le plus pur et l'élégance la mieux entendue la faisaient paraître plus jeune qu’elle ne l'était en effet. »

Le divorce prononcé (16 decembre 1809 ), Joséphine sou-

tint avec beaucoup de dignité un coup si terrible : à tant d'émotions si vives succéda nne douce résignation. Après s’être d’abord retirée au château de Navarre, près d'Évreux, gardant son titre d'impératrice et entourée d’an luxe tout princier, elle revint habiter la Malmaison. Elle avait eu auparavant la joie de voir son fils épouser une princesse de Bavière. Les revers les plus funestes atteignirent cependant Napoléon, pour qui elle avait conservé l’attachement le plus enthousiaste; lui-même aussi cessa de posséder le premier trône du monde, La haute considération dont jouissait Joséphine la protégea dans ces jours de désastres ; elle reçut à diverses reprises la visite de l’empereur de Russie et celle du roi de Prusse. Sa santé commençait à décliner. A la suife d’une fête que, dans l'intérêt de son fils Eugène, elle donna à Alexandre, elle fut saisie d’un mal de gorge qui l'enleva au bout de quelques jours, le 29 mai 1814. Son corps fut déposé dans l’église de Ruel, où un monument lui fut élevé. La reine Hortense repose auprès d'elle. A ses excellentes qualités Joséphine joignait pourtant quelques imperfections. Elle cédait à un amour de dépenses qui plus d’une fois multiplia tous les genres d’embarras autour d’elle : on lui a reprocue encore cette légèreté de caractère, cette facilité d'impression qui au siècle dernier se remarquaient même chez les femmes les plus estimables. Mais ces petites taches ont disparu au milieu de tant de doux souvenirs restés invinciblement liés à sa mémoire. Consultez : Lettres de Napoléon à Joséphine (Paris, 1827); Lettres de Josénhine à Napoléon et à sa fille (1833); Mme Avrillon, Memrires sur la vie privée de Joséphine (2 vol., Paris, 1831); Aubenas, Histoire de l’impriratrice Joséphine (Paris 1857-59, 2 vol. in-8). SAINT PROSPER.

JOSEPHSTADT (en tchèque Josefov }, appelée autrefois Pless, ville forte, située dans la capitainerie de Kæniginhof, cercle de Gitschin, en Bohême, bâtie sur l’Elbe et au confluent de l’Aupe et de la Metta. On y compte 2,600 habitants. La citadelle, construite de 1781 à 1787, est l’une des plus importantes qu’il y ait en Autriche, mais n’a point encore subi de siége. Elle forme un long octogone bastionné, qui est régulièrement fortifié. Les fossés peuvent être remplis d’eau, et la plus grande partie du terrain d’alentour est miné.

JOSEPIN (Giuscere CESARI, dit Le), ou bien encore il Cavaliere d'Arpino, né à Rome, en 1568, l’un des plus célèbres peintres de son siècle, fut pendant quelque temps l'arbitre souverain et absolu de l’art à Rome, et forma une nombreuse école. Ii brillait par un grand et incontestable talent, par une vive imagination, par un coloris chaud et saisissant, en même temps que par une habileté manuelle extrême. Maisil ne comprenait pas la pure simplicité de la proportion des formes et la noblesse du style, Il fut sans contredit le plus remarquable et le plus brillant des maniéristes ; aussi fut-ce surtout contre lui que s’efforcèrent de réagir le Caravage, les Carrache et leurs élèves, dont les efforts finirent par complétement détruire son école. À l’époque du mariage de Henri IV et de Marie de Médicis, il fut emmené par le cardinal Aldobrandini en France, et il fut décoré par le roi de l’ordre de Saint-Michel. Le Josépin mourut à Rome, en 1640. Le musée du Louvre possède deux tableaux de lui, Diane et Actéon, Adam et Eve chassés du Paradis lerrestre,

JOSIRA (Nicoras, baron), le plus célèbre et le plus

fécond des romanciers hongrois, est né le 28 septembre 1796, à Toïda, en Transylvanie. A l’âge de seize ans il avait déjà terminé ses études juridiques. Entré alors au service, il parvint jusqu'au grade de capitaine, et au rétablissement de la paix il fut nommé chambellan de l’empereur, En 1818 il renonça à la carrière militaire, et s’en revint en Hongrie, où, après avoir épousé une riche héritière ,. il se consacra à l’agriculture. Membre de la mémorable diète qui se réunit en Transylvanie en 1834, la franchise de son opposition au gouvernement le fit tomber en disgrâce complète; et il ne fut plus appelé dès lors à faire partie de la diète de Transylvanie. De 1835 à 1840 il prit une part active à l'agitation hongroise. Dès 1834 il avait demandé à la littérature des distractions pour les luttes de la politique et pour des chagrins domestiques. Ses premiers essais, Zrany et Vaslalok, publiés en 1834, eurent un succès tel qu’il se sentit encouragé à persévérer dans cette voie nouvelle ouverte à l’activité de son esprit; et après avoir consacré plusieurs années à l'étude de lhistoire nationale, ainsi qu’à celle des littératures allemande, française, italienne et espagnole, il se consacra exclusivement à la culture des lettres, surtout à partir de 1840. De 1834à 1848 iln’avait pas publié déjà moins de cinquante volumes de romans, indépendamment d’une foue d'articles donnés à des journaux et à des revues. On regarde comme ses meilleurs romans Abaji (3° édition, 1851 } Zrinyi à Kôl{ô (Le poëte Zriny; 1843); Az wlolso Batory (Le dernier Batory ; 2° édit., 1840); À Csehek Magyarorszdgban (Les Bohêmes en Hongrie ; 2° édit., 1845) et Josika Istvän (Étienne Josika, 1847).

Membre de la {able des magnats de Hongrie en 1848, il prit alors une part des plus actives à la formation du sumité de défense nationale, dont il avait été nommé membre. Après la déclaration d'indépendance (14 avril 1849), il fut appelé à faire partie du tribunal des grâces, institué à Pesth. Le rôle qu’il avait joué dans les événements de la révolution le força de prendre la fuite après la catastrophe de Villagos, et depuis 1850 il vit retiré à Bruxelles, où il continue à se livrer à la culture des lettres. En 1851 il a été pendu en effigie à Pesth, avec Kossuth et trente-cinq autres,

Les meilleurs romans qu’il ait publiés depuis lors ont pour titres : une Famille hongroise à l’époque de la révolution (& vol., Brunswick, 1851); la Famille Mailly (1852, 2 vol.), Zsther (1853), et François Rakoczi II (1861). C’est à l’histoire de sa patrie qu'il a emprunté Ja plupart de ses sujets. Cet écrivain, qui s'était fixé dans les environs de Dresde, est mort le 27 février 1865.

JOSQUIN DESPREZ ou DES PRES, en latin Jodocus Pralensis. Voyez Desrrès (Josquin).

JOSSELIN I-IIL, comtes d'Édesse. Voyez Courrs- NAY (Maison de).

JOSUE, qui succéda à Moïse en qualité de chef des Israélites , était le fils de Nim, de la tribu d'Éphraïm. Élevé par Moïse, il se distingua de bonne heure en allant explorer d'avance la terre de Chanaan. Aussi Moïse, dans son expédition de Palestine, le désigna-t-il, avant de mourir, pour lui succéder dans ses fonctions de guide et de chef du peuple. Une fois investi de ce pouvoir , il conquit une grande partie du pays de Chanaan, qu’il partagea entre les tribus d’fsrael. Étant venu mettre le siége devant Jéricho, il fit faire à son armée, suivant le commandement de Dieu, sept fois le tour de la ville, les prêtres portant l'arche et sonnant de le trompette. Le septième jour les murailles de Jéricho tombèrent d’elles-mêmes , et la ville fut détruite par le vainqueur. Attaqué ensuite par Ado-Isedeck, roi de Jérusalem , ligué avec plusieurs rois du voisinage, Josué fondit sur leur armée etla tailla en pièces. C’est pendant que ses adversaires s’enfuyaient par la voie de Bethoron, que Josué commanda au soleil de s'arrêter pendant douze heures, pour avoir le temps d'exterminer ‘es ennemis du peuple de Dieu ; et les saintes Écritures rapportent qu’en eflet le soleil s’arréta à sa voix.

Josué mourut à l’âge de cent dix ans > après avoir gou-

verné les Israélites pendant vingt-cinq ans. Le livre qui se trouve dans le canon de la Bible, et qui porte son nom, ne paraît pas plus être de lui que de son temps, et ne fut sans doute composé qu’à l’époque de David. Les Samarilains ont un livre de Josué (traduit en latin et en arabe par Juynboll; Leyde, 1848), qui rapporte en forme de chronique les événements arrivés depuis la mort de Moïse jusqu’au règne de l’empereur romain Alexandre Sévère, et qui s’accorde jusqu'à un certain point avec les détails du livre de l'Ancien Testament qui porte le même nom.

JOTACISME. Voyez IorACISME.

JOUBARBE. Cette plante, dont les propriétés médicinales étaient autrefois fort vantées, a aujourd’hui perdu la plus grande partie de sa célébrité et n’est plus employée que dans un petit nombre de maladies. Tout ce qui tenait à ce végétal était bizarre : ainsi, le nom que portaient ses variétés, celui de joubarbe même, auquel on donnait une haute origine, puisqu'on le faisait descendre de Jupiter ( Jovis barba, barbe de Jupiter), tout semblait s’accorder avec les grandes vertus que l’on attribuait à cette plante; malheureusement, toute cette gloire s’est évanouie devant la science de nos savants étymologistes et l'expérience de nos habiles praticiens.

La joubarbe est un genre de plantes dicotylédones, de la famille des crassulées, offrant pour particularités des feuilles très-épaisses, des pétales nombreux, connés à leur base, des étamines en nombre double de celui des pétales , et six à dix-huit ovaires oblongs, pointus, disposés en rond, et donnant lieu à autant de capsules uniloculaires, s’ouvrant longitudinalement , et contenant plusieurs graines attachées sur un rang au bord de la suture.

Le genre joubarbe comprend une trentaine d'espèces, dont quelques-unes sont indigènes à l’Europe, et les autres originaires des Canaries et du Cap de Bonne-Espérance, Parmi ces plantes, toujours vertes et vivaces, on remarque la joubarbe des toits (sempervivum tectorum, L.), connue également sous le nom impropre d’artichaut sauvage , qui vient sur les toits, dans les fentes des rochers et des vieux murs. Sa feuille privée de son épiderme et appliquée sur les hémorrhoïdes en calme l’inflammation. On distingue encore la joubarbe des Canaries (sempervivum Canariense), dont les fleurs sont nombreuses et disposées en une grappe pyramidale, Cette plante craint le froid, et a besoin de l’orangerie pendant l'hiver. Enfin, on remarque aussi la joubarbe brûlante, nommée autrefois vermiculaire brûlante ou pain d'oiseau : sont goût piquant, chaud etbrûlant, lui a fait donner lenomde poivre des murailles : on l’a vantée jadis comme un excellent caustique, d’un emploi très-avantageux pour la guérison des cancers; mais aujourd’hui on ne s’en sert jamais dans ces maladies, parce qu'on en a reconnu l’inefficacité. C. Favror.

JOUBERT (BanTHÉLemy-CATHERINE), une des plus pures et des plus brillantes illustrations militaires de la république , naquit à Pont-de-Vaux , le 14 avril 1769. Il manifesta dès son enfance un penchant irrésistible pour la vocation des armes. Mais son père , juge à Pont-de-Vaux, lui et faire ses études de droit. A ce moment la révolution éclate. Joubert s'engage volontairement, en 1791, et conquiert rapidement tous les grades inférieurs. Chargé, dans la campagne de 1793, de la défense d’une redoute sur le col de Tende , et n'ayant avec lui que trente grenadiers , il oppose une résistance héroïque aux Piémontais, et ne se rend qu'après avoir épuisé ses munitions, I| ne resta pas longtemps prisonnier, et rentra bientôt en France.

Nommé adjudant général peu de temps après, il prélude par une action d’éclat à cette célèbre campagne, où les trois armées combinées d'Italie, deSambre et Meuse et du Rhin, devaient, d’après le plan Carnot, se réunir en Allemagne, et marcher sur Vienne. De nouveaux traits de courage, d’activité et d'intelligence lui valurent bien vite le brevet de chef de brigade ( colonel ), C'est dans ce nouveau grade qu'il commença la campagne d'Italie, sous Bonaparte, qui venait de

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