JOSUÉ — JOUBERT
remplacer Schérer, Il prit une part active au eombat de Loano , et mérita d’être nommé général de brigade sur le champ de bataille. A Montenotte , il fixa l'attention de Bcnaparte , qui devina en lui l'homme d'action. A Millesimo . il fit si bien que Bonaparte écrivit au Directoire : « L'intrépide Joubert est tout à la fois un grenadier par son courage et un général par ses talents et ses connaissances militaires. »
Il se distingua encore au combat de Dego, au passage du Tanaro et àla bataille de Mondovi. L'armée française s’avançait sur Turin; Joubert se rendit maître de l’importante position de Cherasco, d’où Bonaparte ‘data sa fameuse proclamation à l’armée d’Italie. La prise des forteresses de Coni, Ceva, Tortone et Alexandrie permettant aux armées françaises d'occuper les vastes plaines de la Lombardie, il passe le P6, et poursuit l'ennemi jusque sur Lodi; de là il arrive à Milan, cerne la forteresse et marche sur Vérone, dont s'empare l’armée française : Joubert a l'honneur d'y entrer le premier. Bonaparte ayant décidé que le siége de Mantoue aurait lieu, chargea le jeune général d’arrêter l’armée ennemie , qui s'était retirée dans le Tyrol. Le 28 juin il força le retranchement du col de Compione, entrele lac de Garda et l’Adige. Quelques jours après , attaqué par le général autrichien Wurmser, à la tête de 30,000 hommes, au défilé de Corona, on le voit, avec des forces bien inférieures, opposer pendant toute une journée une résistance désespérée, laissant ainsi au gros de l’armée française le temps de se préparer aux manœuvres qu’exigeait la présence d’un ennemi nombreux. Joubert se trouva en outre à Fano, à Loncato et à la bataille de Castiglione. Le Milanais étant devenu le théâtre de la guerre, ilse distingua aux deux affaires de Compara et de Montebaldo, brillants succès qui lui valurent le grade de général de division.
Alors s'ouvre la campagne de 1797. Son étonnante bravoure et la rapidité de son coup d’æœil éclatèrent surtout à la bataille de Rivoli. Le 20 mars il reçoit le commandement de trois divisions, avec l’ordre d’envahir le Tyrol, de battre l'ennemi, de le rejeter au delà du Brenner, et de rejoindre ensuite l’armée à Spital. Il remplit heureusement cette mission. Joubert fut ensuite nommé général en chef des forces françaises en Hollande , et s’y montra favorable au parti populaire.
Pendant que Bonaparte était en Égypte, l'Autriche et la Russie se préparèrent à reprendre l'Italie. Joubert y fut envoyé, pour remplacer Brune. Son premier soin fut de réorganiser l’armée. Il aida ensuite les patriotes piémontais à renverser du trône la maison de Savoie. Plus tard Joubert se porta sur Livourne, où il reçut un contre-ordre, qui traversait toutes ses opérations. En même temps deux envoyés du Directoire étant venus lui signifier les nouvelles intentions du gouvernement, Joubert, qui voyait tous ses plans renversés, donna sa démission.
A la révolution du 30 prairial, Barras ou Sieyès, on ne sait trop lequel, jeta les yeux sur Joubert pour commander Paris. 11 paraît qu’une intrigue, fomentée par Sémonville, caché derrière le directeur Sieyès, avait pour but de le mettre à la tête d’un mouvement contre les jacobins. Quoi qu’il en soit, dès 1799 la république avait déjà perdu presque toute l'Italie. Moreau allait essayer de réparer nos désastres, lorsqu'il reçut avis de la nomination de Joubert. Celui-ci dit en partant à sa jeune épouse : Tu me reverras mort ou victorieux. En arrivant au camp, il témoigna à Moreau la plus respectueuse déférence, et le supplia de l'aider dans ses efforts pour arrêter la marche de Souvarow. Moreau consentit à servir sous ses ordres. Les généraux autrichiens Fray et Bellegarde venaient de s'emparer d’Alexandrie et de Mantoue et avaient rejoint le gros des alliés, forts de 60,000 hommes. Joubert, à cette fâcheuse nouveile, eut la sage pensée de rentrer dans l’Apennin, et de se tenir sur la défensive, en attendant des secours, Malheureusement Souvarow se pta en avant, et prévint la marche rétrograde de Joubert, qui passa les montagnes du Montferrat avec 20,000 hommes, fit sa jonction avec l'armée de
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