‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 447 sur 522 · JOUVENET — JOUY · texte numérisé non relu

JOUVENET — JOUY

levis. Il ne ressemble plus guère à l’ancien château de sires de Joux. On y a élevé des bâtiments neufs, et ies anciens ont été modifiés pour devenir des magasins, des arsenaux ou des casernes; cependant, on y trouve encore quelques (races de l’architecture du moyen âge.

JOUX ( Vicron-Josepn ÉTIENNE, dif ) naquit en 1769, à Jouy (Seine-et-Oise) , village qu'habitait son père et dont il prit par la suite le nom. Les Muses ne présidèrent pas à sa naissance, mais il eut pour parrain le dieu Mars, lequel eut soin qu’on entourât son enfance de tambours, de sabres de bois, de trompettes de fer-blanc, et qui dès l’âge de treize ans en fit un sous-lieutenant à la suite dans les troupes coloniales de la Guyane. Au bout d’une année environ d'apprentissage militaire, il revint en France achever ses études, puis il passa aux Indes orientales, avec le régiment de Luxembourg, d’abord, et ensuite en qualité d'officier d'état-major attaché au gouvernement de Chandernagor. Il était de retour en France à la fin de 1790. L'homme de lettres ne se déclarant point encore dans Jouy, il fit la première campagne de la révolution avec le grade de capitaine, et devint adjudant général après la prise de Furnes. Le tribunal révolutionnaire condamna par contumace lle jeune officier à la peine de mort. Jouy passa en Suisse, ne rentra en France qu'après le 9 thermidor, et reprit du service comme chef d'état-major de l’armée sous Paris, commandée par le général Menou. Le 2 prairial il contribua à la répression des terroristes ordonnée par la Convention; mais au 13 vendémiaire il fut arrêté et destitué. Au bout de quinze jours, on lui rendit la liberté et on l’envoya commander la place de Lille. Il ne tarda pas à se faire remettre sous les verrous. On prétendait qu'il avait eu des liaisons politiques avec lord Malmesbury, et qu’il intriguait avec le cabinet anglais. Il y allait de sa tête si cela eût été vrai. 11 eut sans doute les moyens de prouver son innocence; car il fut relaxé après une courte détention. Il n’en déposa pas moins le harnais, sollicita et obtint sa retraite en 1797, pour cause de blessures et à raison de ses services. IL fut mis alors à la tête des bureaux de la préfecture de la Dyle par M. de Pontécoulant, préfet de ce département. Celui-ci ayant été nommé sénateur, Jouy dit adieu aux emplois civils, et se livra exclusivement à la littérature. Alors commença la série de ses innombrables ouvrages, dont le premier est Za Paix et l'Amour, divertissement à l’occasion de la paix de 1798.

Les plus remarqués furent La Vestale (1807), opéra qui dut la plus grande partie de sa gloire et de son succès à la musique de Spontini,à la parodie très-spirituelle qui en fut faite, et au prix qui lui fut décerné par l’Institut, comme au meilleur poème lyrique qui eût été mis au théâtre; Fernand Cortez (1809), avec Esménard et Spontini; Les Bayadères (1816), musique de Catel; L'Ermite de la Chaussée-d’Antin (1812), études faites sur les mœurs de son temps, qui parurent d'abord séparément, dansle Mercure, qu’il réunit ensuite en un corps de livre, et qui furent traduites dans les principales langues de l'Europe; Tippoa Saeb, tragédie jouée au Thédtre-Français (1813); Les Abencérages, opéra en trois actes (1813); L'Ermile en province (1818 et ann. suiv.), ouvrage, dit un biographe qui paraît fort bien renseigné sur cesqui regarde Jouy, trèsinférieur au précédent, parce que « au tort grave de se répéter sans cesse et de déclamer à chaque page, l’auteur joint le tort, bien plus grave encore, de commettre les erreurs les plus grossières en histoire et en géographie. 11 serait, au reste, difficile qu’il en fût autrement, car personne n'’ignore que M. de Jouy a pris à tâche de décrire les provinces de la France et les mœurs de ses habitants sans sortir de son cabinet. Aussi le peu de conscience qu'il a mis dans ce travail et l’audace avec laquelle il s'est moqué de ses lecteurs lui ont-ils attiré de tous côtés de violentes critiques, dans lesquelles son amour-propre a été fort peu ménagé »; Sylla, tragédie faite, on peut le dire, en collaboration avee Talma; Les Ermites en prison (1823), et Les Ermites en liberté (1825), conjointement avec Jay; Moïse (1827),

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