JOUY — JOVIEN
opéra en quatre actes, avec Balochi; et Guillaume Tell 11829), avec Bis : la musique de Rossini ne contribua pas peu à ce double succès,
Téls sont les ouvrages qui ont placé un moment Jouy au premier rang parmi les hommes de lettres connus sous le norn de lillérateurs de l'empire. Ns firent à la fois sa fortune et sa réputation, toutes deux éphémères, à la ruine desquelles il assista, relégué dans le canonicat de la bibliothèque du Louvre, où il avait été appelé en mars 1822 par le roi Louis-Philippe. Là il se consolail des vicissitudes et des vanités de ce monde, en considérant combien d'auteurs dont les œuvres décorent les rayons de cette bibliothèque, l'avaient précédé dans le séjour de l’oubh, où il était allé les rejoindre, 11 mourut en septembre 1846, au château de Saint- Germain en Laye.
Jouy avait un certain talent de style joint à une qualité d’observaleur qui donne une idée assez avantageuse de la sagacité de son esprit et de la justesse de son ceup d'œil. On l’a comparé, dans quelques-uns des portraits qu’il a tracés, à Addison et à Steele; c’est un peu le surfaire, mais entre eux il y a cependant des analogies. J1 a de la finesse, mais sans profondeur. Il manquait d'instruction en bien des parties, et cependant ne doutait de presque rien. [l ne restera de lui que le souvenir du bruit qu’il à fait un moment, qui fut très-disproportionné avec son mérite, mais qu’on s'explique par le silence dans lequel était alors ensevelie la littérature digne de ce nom, et par le trouble que causait encore dans les esprits des écrivains d'élite le retentissement des révolutions politiques. Charles Nisanp.
Jouy avait été reçu à l’Académie Française en 1815, comme successeur de Parny. C’est dans une réunion de ce corps illustre qu’il lui arriva un jour de dire que notre mot français agréable vient du LariN agreabilis. Ce barbarisme fit une incroyable fortune, et popularisa le nom du coupable parmi des générations trop nouvelles à la vie pour avoir iamais entendu parler de l’Ermile de la Chaussée d'Antin.
JOVE (Pau), historien, né à Côme, en 1483, fut d’abord médecin, puis élevé au siége épiscopal de Nocera. Mais ses mœurs n'avaient rien d’ecclésiastique, et sa conscience ne valait pas mieux que ses mœurs. C’est de lui qu'est ce mot impudent : « J’ai deux plumes, l’une d’or, l'autre de fer, pour traiter les princes suivant les faveurs ou les disgrâces que j’en reçois. » Il mourut à Florence, en 1552, conseiller de Côme de Médicis, après avoir été pensionné par François 1 et Charles-Quint. On a de lui une Histoire en quarante-cinq livres, qui commence à l’an 1494 et qui finit en 1547. Mais il s’y trouve une lacune considérable, depuis le dix-neuvième jusqu'au vingt-quatrième livre in-
nouvelle légisiation agricole, Informe sobre La ley agraria.
Lié d'arnitié avec Cabarrus, il partagea sa disgrâce , el fut éloigné en 1790 de la résidence royale. On déguiss son exil en une mission ayant pour but de surveiller la réforme des études dans la maison de l’ordre de Calatrava à Salamanque €t lexploitation des mines de charbon dans les Asturies. En 179% il obtint enfin la place de titulaige au grand conseil de Castille, à laquelle il avait droit depuis longues années; en 1797, Godovy, qui avait intérêt à favoriser , en apparence du moine, les partisans des réformes, le nomma ambassadeur à Saint-Pétersbourg, et sur son refus, ministre de grâce et justice. Mais bientôt la faveur du toutpuissant ministre se changea en une haine si acharnée, qu'elle alla, dit-on, jusqu’à essayer de le faire empoisonner.
| Godoy l’exila de nouveau, en 1798, à Gijon, d’où il le fit | conduire, en 1801, à la Chartreuse de Valdemuza, dans l’île | de Majorque, puis tranférer, en 1802, dansla prison d’État
de Bellver, C’est là que Jovellanos écrivit, entre autres ouvrages devenus célèbres, des lettres poétiques sur la vie dans la retraite { Sobre La vida retirada) , et sur la vanité des désirs et des efforts des hommes (Sobre los vanos descos y
estudios de los hombres), lettres àses amis Carlos Gonzalez
de Posada et Cean Bermudez. Enfin, en 1808, par suite de la révolte d’Aranjuez et de l'entrée des Français en Espagne,
il fut rendu à la liberté, et put se retirer dans sa ville na-
<lusivement., L’abondance et la variété des matières font lire
cette histoire avec plaisir; mais elle manque de fidélité, J1 est encore l’auteur de différentes Vies des personnages illustres. I s’est également occupé d'histoire naturelle.
tale. Non-seulement il résista alors aux offres brillantes de Joseph Bonaparte, mais encore il fut un des membres les plus actifs de la junte :entrale qui dirigea la lutte contre l’usurpation française. Ceiée junte s'étant dispersée en 1810, ce fut Jovellanos qui parvint à réunir encore le nombre de membres nécessaire pour pouvoir légalement constituer une régence et ordonner la convocation des cortès extraordinaires.
Après cette démarche, qui sauva sa patrie, Jovellanos, dans les mains de qui avaient passé tous les trésors envoyés d'Amérique, fut réduit à emprunter de l’argent à son domestique pour pouvoir s’en retourner chez lui. L’ingratitude et la persécution furent l’unique récompense de son dévouement à la patrie et de son désintéressement. Retiré à Muros, il y rédigea, pour la défense de ses collègues dela junte centrale son fameux Mémoire à mes collègues (La Corogne, 1811); Lorsque les Français évacuèrent les Asturies, il revint, en 1811, à Gijon, où il fut reçu en triomphe. Mais la nouvelle occupation de la province par les Français, qui eut lieu bientôt après, le contraignit encore une fois à la fuite. 11 mourut d’une hydropisie de poitrine, le 27 novembre 1811. Consultez Cean Rermudez, Memorias para la Vida de Jovellanos ( Madrid, 1814). Don Ramon Maria de Cañedo a donné une édition de ses œuvres complètes (7 vol., Madrid, 1832; 8 vol., Barcelone, 1829).
JOVIEN, successeur de l’empereur Julien, dans la
personne duquel venait de s’éteindre la maison de Cons-
JOVELLANOS ou plutôt JOVE-LLANOS (Don Gaspar |
MELCHIOR DE ), célèbre homme d’État et écrivain espagnol , né en 1744, à Gijon, dans les Asturies, avait d’abord été,
comme cadet, destiné à l’état ecclésiastique ; mais plus tard |
il étudia le droit, et fut nommé assesseur au fribunal criminel de la cour suprême de Séville, C’est dans cette ville
qu'il fit paraître sa comédie £Z delincuente honrado, où |
il montrait l’étoffe d’un poëte de talent ; il écrivit ensnite Pelayo, tragédie dans le goût classique français, représentée à Madrid en 1790; il traduisit aussi le premier livre du Paradis perdu de Milton, et donna, sous le nom de Jovino, ses Ocios juveniles, poëmes lyriques et satiriques. Nommé en 1778 assesseur de la haute cour criminelle de Madrid , puis, en 1780, membre du conseil de l’ordre de Calatrava, la plus haute autorité administrative des ordres religieux et militaires , il rassembla, dans les tournées d’inspection qu’il eut à faire, les matériaux de l’excellent mémoire adressé, par décision de la Société des Amis de la Patrie, au
tance Chlore, était né dans la Mésie, l’an 330 de notre ère. Fils de Varonien, ef capitaine des gardes, il fut prociamé par l’armée le 27 juin 363, et prit les noms de Flavius Claudius Jovianus. Les Romains, entourés d’ennemis, étaient dans la situation la plus difficile. De haute taille, d'une figure prévenante et affable, mais chrétien zélé par-dessus tout, il exigea que tous ses soldats adoptassent sur-le-champ son culte, ce qui fut exécuté par acclamation. Aussitôt il ordonne la retraite. La marche est souvent interrompue par des combats, car Sapor JI poursuit l’armée. Après une action
| hardie au bord du Tigre, le roi de Perse, étonné de l’intré<
pidité avec laquelle des nageurs ont passé le fleuve et mas-< sacré ses postes, offre la paix; cependant, il traîne les négociations en longueur, si bien qu’il affameles Romains : les instances de quelques läches forcent Jovien à accepter de honteuses conditions, telles que la cession de cinq provinces au delà du Tigre. La marche de son armée n’en fut pas moins pénible et désastreuse. Elle arriva enfin à Njisibe. Les vivres étaient d’une telle cherté qu’un boisseau de farine se vendait dix pièces d’or dans les derniers temps
conseil suprême ne Castille, sur la nécessité d'introduire une | de la retraite. Nisibe fut aussitôt abandonnce aux Perses,
à la grande douleur des habitants, qui s’en virent expulsés
pris. Après avoir donné à ses troupes quelques jours de repos, il partit pour Antioche en passant par Édesse. Il s’occupa ensuite de rétablir la paix entre les païens et les chrétiens, et rappela d’exil tous les évêques bannis, que Julien avait pas remis en possession de leur siége : avec lui le christianisme monta sur le trône pour n’en plus descendre. 11 ordonna aux gouverneurs des provinces de favoriser les assemblées des fidèles et l’instruction des peuples, défendit, sous peine de mort, de ravir les vierges consacrées à Dieu, de les séduire, ou de les solliciter en mariage, et se montra sans pitié pour les ariens. Pendant que l’Afrique était ravagée par les barbares, l’empereur, ne recevant aucune nouvelle d'Occident , crut devoir s’en rapprocher, Une sédition avait éclaté dans la Gaule, où l’on soutenait que Julien vivait encore, et que Jovien n’était qu’un rebelle. Le 1°* janvier il célébra à Ancyre son entrée au consulat, et prit pour collègue son fils Varonien, encore enfant. Themistius l’orateur, que Constance avait placé dans le sénat de Constantinople, vint prononcer devant l’empereur un discours que nous avons encore : On faisait à Constantinople des préparatifs pour le recevoir, et l’on espérait goûter un long repos sous son règne. {1 partit d’Ancyre par un froid si vif qu’il périt plusieurs soldats en route : à Dadastare, petite ville de la Galatie, sur les frontières de la Bithynie, il fut trouvé mort dans son lit, dans la nuit du 16 au 17 février 364 : selon les uns, il fut asphyxié par ‘odeur du charbon qu'on avait allumé pour sécher les murs de sa chambre; selon d’autres, il mourut d’apoplexie; enfin, on a prétendu qu’il avait été empoisonné par ses gardes. Son corps fut porté à Constantinople, dans l’église des Saints-Apôtres, sépulture ordinaire des empereurs depuis Constantin, Il n’avait régné ‘ qu'un an, et l’empire ne fut guère pour lui que le commencement d’une déroute. Sa femme, qui venait à sa rencontre avec toute la pompe impériale, ne le vit jamais revêtu de sa dignité. P. DE GoLBÉRyY.
JOVINIEN, moine romain, s’éleva, en 388, avec beaucoup de force contre le luxe, toujours croissant dans l’'Église, des ornements extérieurs, et mérita pour ce fait d’être cité comme un des premiers apôtres de la simplicité évangélique. Une lettre de saint Ambroise et plusieurs écrits de saint Jérôme nous apprennent qu’il combattit le mérite du jeûne et de la vie ascétique ainsi que le célibat des prêtres. 1] défendit encore d’autres thèses étranges, celle, par exemple, que les hommes régénérés par le baptème ne sauraient être de nouveau eptratnés au péché. L'évêque de Rome, Siricius, et après lui saint Ambroise, en condamnant ses doctrines, paralysèrent le succès de ses tentatives de réforme.
JOYAU. Voyez Buou.
JOYEUSE (Maison de). Elle se glorifiait de descendre des anciens seigneurs de Châteauneuf-Randon, dans le bas Languedoc, ou Gévaudan, au diocèse de Mende, et faisait remonter sa généalogie au onzième siècle. C’est en faveur de Louis 11, fait prisonnier, le 1** juillet 1423, à la bataille de Crevant-sur-Yonne, que la baronnie de Joyeuse fut érigée en vicomté.
JOYEUSE (GuizLaume, vicomte DE) devint maréchal de France en 1582, après avoir fait la guerre contre les protestants. 11 mourut en 1592.
JOYEUSE (ANNE pe), son fils, naquit en 1561. Il était l’ainé de cinq frères qui lui durent leur fortune. Élevé à la cour de Henri II, il ne tarda pas à partager avec le duc d'Épernon la faveur de ce prince. Connu d’abord sous le nom de Fervaques , il fit ses premières armes au siége de La Fère, en 1580, et la bravoure dont il fit preuve en cette occasion fournit au roi le prétexte des récompenses extraordinaires dont il le combla. Créé duc et pair, avec le droit de préséance sur les autres seigneurs , excepté ceux du sang royal, nommé gouverneur de plusieurs provinces , amiral de France, enrichi par des dons excessifs, Joyeuse vit encore sa fortune s'accroitre pa: l'alliance qu’il contracta avec Mar-