‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 464 sur 522 · JUIN — JUIVE · texte numérisé non relu

JUIN — JUIVE

Écriture Sainte fut divisé en halacha et hagada : l'une comprenant l’application de la loi à des résultats pratiques, l'autre l’ensemble des notions religieuses et historiques. Toutes deux, exposées et traitées à l’origine par des sages, créèrent insensiblement des monuments écrits. Ce développement fut favorisé par les explications publiques des Écritures dans les écoles et les synagogues , par l'indépendance du sanhédrin, par la lutte des différentes sectes et par les influences de l’école d'Alexandrie, C’est de cette époque que datent diverses traductions grecques et les plus anciennes traductions araméennes de l’Écriture (voyez Tar- Cum) , tous les a pocryphes bibliques, et les premiers écrits chrétiens. On composa aussi des prières, des expositions. de la foi, des cantiques et des recueils de proverbes. On remarque alors le poëte (et non le prophète) Ezéchiel, l’auteur du premier livre des Machabées , Jason, Jos èphe, Philon, Johannes, et comme fondateurs de la doctrine orale de la loi, Hillel, Schamaï, Jochanan-ben-Saccai, les deux Gamaliel, Éliézer-ben-Hyrcan , Josua-ben-Chananja, Ismael et le célèbre Akiba. Le mot rabbi, qui signifie disciple de la sayesse, devint alors le nom honorifique des hommes versés dans la connaissance de la loi. Indépendamment des médailles des Machabées, on a conservé aussi de cette époque un certain nombre d'inscriptions grecques et latines. provenant de Juifs.

La troisième période se compose de l'intervalle compris entre les années 135 et 475 de notre ère. L'enseignement de l’Aalacha et de l'hagada devint alors la grande préoccupation, notamment dans les écoles qui, à partir de Hillel, fleurirent en Galilée, en Syrie, à Rome, et depuis l’année 219 en Babylonie ; les hommes les plus éminents furent ceux qui fondèrent la Mischnaet le Talmud par des leçons, des collections et des décisions de droit. IL faut considérer comme le dernier qui fasse autorité à cet égard Mar-ben-Asche (mort le 25 septembre 475). Plus tard on composa des commentaires et des compléments de Sirach, des dissertations morales , des récits, des fables et des ouvrages historiques ; on accrut le nombre des prières , on acheva le Targum pour le Pentateuque et les Prophètes, et en l'an 340 Hillel fixa le calendrier. IL ne manqua pas non plus d'essais et d’efforts masoréthiques dans le domaine de: la médecine et de l'astronomie, La plupart des docteurs. de la Palestine comprenaient le grec ; et la plns grande partie des livres apocryphes étaient connus des Juifs. Après la ruine des académies de la Palestine, la Perse et surtout les écoles de Sura , de Pumbeditha et de Nehardea, devinrent les grands centres de la doctrine et de la science juives. Les jours de sabbat et les jours de fête, on prononçaït dans les écoles ou les chapelles des expositions instructives édifiantes. Les docteurs de la loi étaient appelés £anaïm ; ceux qui en exposaient les bases, sages , et ceux qui l'interprétaient, emoraïm. On n’a conservé qu'un petit nombre de fragments de la littérature des Gréco-Juifs de: cette époque, par exemple d’ Aquila et de Symmaque. Avec cette époque se terminent les temps antiques de la tradition immédiate.

La quatrième période va de l'an 475 à l'an 740. Il ÿ avait déjà longtemps alors que les Juifs ne parlaient plus hébreu et qu’ils se servaient de la langue de chacun des. pays où ils se trouvaient. Le Talmud babylonien fut terminé, 11 ne s’est conservé qu'un très-petit nombre des ouvrages composés par les médecins juifs du septième siècle. et par les premiers géonim ou chefs de l'école de Babylone (à partir de l'an 589). En revanche, la Masora se forma en Palestine (Tibériade), du sixième au huitième siècle; on in troduisit divers accents et plusieurs voyelles. On ajouta à divers livres de la Bible le argum de Palestine ou de Jérusalem, ete, ; outre les collections d'anciennes Aagadas, par exemple Bereschith rabba, on composa aussi diverses explications indépendantes, par exemple les Pesikta, les chapitres d'Éliézer (vers l'an 700), ete.

Dans la cinquième période (740-1040), les Arabes, en

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