JUIVE
alagsimilant les ouvrages scientifiques de l'Inde, de la Perse et de la Grèce, éveillèrent l’émulation des juifs d'Orient, parmi lesquels se produisirent des médecins, des astronomes,
des grammairiens, des commentateurs de l'Écriture, et des |
chroniqueurs. On composa aussi des hagadas religieuses et historiques, des ouvrages de morale et des commentaires du Talmud. Les plus anciens commentaires talmudiques sont contemporains d’Anan (vers 750), le premier écrivain qu’aient eu les caraïtes. Le plus ancien formulaire de prières date de 880, et le premier dictionnaire talmudique de l’an 900 environ. Les plus célèbres géonim de l'époque postérieure furent Saadia (mort en 941), Scherira (mort en 998) et son fils Haï (mort en 1038). L’achèvement de la Masora et du système de voyelles provint de la Palestine ; on y composa les premiers midrashim, les targums hagiographiques et les premiers ouvrages de cosmogonie théologique (cabale). Du neuvième au onzième siècle il y eut au Kaire et à Fez de célèbres docteurs et écrivains. Il y eut aussi en Italie de savants rabbins à partir du huitième siècle ; Bari et Otrante étaient alors les grands centres de l’érudition juive. Salmon, Jeschua, vers 940, Jefet, vers 953, furent de célèbres docteurs caraïtes. Après la ruine des académies de la Babylonie, ce fut l’Espagne qui devint le principal foyer de la littérature juive; l'Espagne, qui dès le dixième siècle produisit des écrivains juifs, par exemple Menachem-ben-Serek, lexicographe, Hassan, astronome, enfin Chardaï, médecin et investigateur. Au dixième siècle, la science juive passa d'Italie à Mayence, en Lorraine et en France. C’est également de cette époque que datent les plus anciens manuscrits hébraïques que l’on possède, et qui remontent jusqu'au neuvième siècle, comme aussi la rime (huitième siècle) et la nouvelle prosodie des vers hébraiques (dixième siècle ).
La sixième période (1040-1204) est la plus brillante époque du moyen âge juif. Indépendamment de la littérature nationale, les juifs espagnols s’occupèrent de théologie, de mathématiques, de philosophie, de rhétorique et de médecine. On composa des sermons, des ouvrages de morale et d’histoire. On écrivit en arabe, en langue rabbinique, en hébreu, et la plupart des jurisconsultes excellèrent aussi en d’autres genres. Nous nous bornerons à citer ici Samuël Halévi {mort en 1055) et Isaac Alfafi ( mort en 1103 ), docteurs de la loi ; le voyageur Benjamin de Tudèle (1160), les poëtes Salomon Gabirol (1150) et Moses-ben-Esra (1120), les savants et poètes distingués Jehuda Halévi (mort en 1142) et Aben-Ezra (mort en 1168), et enfin le célèbre Maimonides, dont la mort fermine cette période. L'activité des rabbins français fut plus nationale, et se restreignit en général dans les limites de l’halacha et de l’hagadc. Au onzième siècle, Gerschom (1030) et son frère Maclir, qui est également auteur d’un dictionnaire talmudique, écrivirent des commentaires talmudiques et bibliques ; il en fut de même de Siméon-ben-Isaac, de Joseph-tob-Élem, de Jebuda Hacohen, et du célèbre Salomon-ben-Isaac, surnommé Raschi. Au douzième siècle, indépendamment des commentaires sur la Bible de Samuel-ben -Méir, de Mena chem-ben-Salomon et de Moïse de Pontoise, parurent d'importantes additions au Talmud { Tosafot) par Isaac-ben- Asher, Jacob-ben-Méir, dit Tam, Isaac-ben-Samuel et Samson-ben-Abraham. En Provence, pays qui réunissait les caractères littéraires de l'Espagne et de la France, où existaient des écoles à Lunel, Narbonne et Nîmes, on rencontre des talmudistes, tels que Sérachja Halévi, Abraham-ben-David, Abraham-ben-Nathan ; des hagadistes, tels que Moïse Haddarsnan ( 1066 ); des grammairiens, comme Joseph et Moïse Kimchi; des traducteurs, comme Juda Tibbon; des commentateurs, etc., etc. En Allemagne, notamment à Mayence et à Ratisbonne, dominait à la même époque une grande érudition talmudique ; alors brillèrent surtout Siméon, l’auteur du Zalkut, Joseph Kara, critique biblique, Éliezerben-Nathanet Baruch-ben-Isaac, ainsi que Samuel le Pieux, cormme poëtes religieux, et Petachia (1187) comme auteur
de descriptions de voyages. Les plus célèbres rabbins italiens furent Nathan-ben-Jehiel {mort en 1106), et Hillel-ber- Éljakim. On ne cite que peu de noms appartenant à la Grèce et à l'Asie; cependant les caraïtes eurent un excellent écrivain en Juda Hadassi (1148). La plus grande partie des prières pour les fêles avaient été achevées avant la venue de Maimonides. On a perdu d’ailleurs un grand nombre d'ouvrages importants composés à l’époque comprise entre l’année 74 et la fin de la sixième période,
Dans la septième période (1204-1492), on remarque l’activité provoquée par les ouvrages de Maimonides et de son siècle, tant dans le domaine de la philosophie théologique et critique que dans les travaux relatifs à la loi nationale, Avec des doctrines religieuses mystiques se produisirent en même temps des querelles de doctrines entre les talmudistes, les philosophes et les cabalistes, Les hommes les plus remarquables se trouvaient alors en Espagne; plus tard ce fut en Portugal , en Provence et en Italie. A l'Espagne appartinrent , dans le treizième siècle, les poëtes Jéhuda Ch arizi, Abraham Halévi et Isaac Sahola; les traducteurs Samuel, Moïse et Jacob Tibbon; les astronomes et philosophes Isaac Lattef, Juda Cohen et Isaac-aben-Sid, l’auteur des tables al phonsines; les docteurs de la loi Méir Halévi, Moïse-ben-Nachman ou Nachmanides, et Salomon Addereth : le naturaliste Gershom-ben-Salomon; les cabalistes Todros-ben-Joseph , Joseph Gecatilia, Abraham Abelafa et Moïse de Léon; les moralistes et théologiens Jona Gerundi, Schemtob Palquera et Bechaï; au quatorzième siècle, les astronomes Isaac Israéli et Isaac Alchadev; les philosophes Levi-ben-Gerson, Joseph Vakar et Moïse Vidal; les docteurs de la loi Jomtob, Nissim, Vidal, Isaac-ben-Schetscheth ; le théologien Chasdai Kreskas, Josua Schoaïb, Schem: tob Sprot, David Abudarham, Joseph Caspi et David Cohen. Au quinzième siècle un mouvement de décadence devint visible. On doit cependant encore mentionner pendant cette époque Joseph Albo, Schantob-ben-Joseph et Isaac Abnab, de même qu’en Portugal Abraham Catalan. Des livres hébraïques furent pour la première fois imprimés à Ixar en Aragon (1485), à Zamora ( 1487), età Lisbonne (1489). En Provence, Joseph Hazobi, Jedaja-ben-Bonet, Calonymos et Moïise-ben-Abraham se firent une grande réputation comme poëtes et philosophes; David Kimchi et Profiat Duran, dit Ephodæus, comme grammairiens ; Menachem-ben-Salomon, David Kimchi, Jérucham , Isaac de Luttes, Abraham Farissol, Méir-ben-Siméon et Isaac Nathan (1437), l’auteur des Concordances hébraïques, comme docteurs de la loi et commentateurs. En Italie, les savants juifs s’occupèrent de traductions d'ouvrages arabes et latins ; c’est là que parurent les premiers ouvrages esthétiques proprement dits, par exemple ceux d’'Emmanuel-ben-Salomon , l’auteur des premiers sonnets qui aient été composés en langue hébraïque, de Moïse de Rieti, de Messir Léon, etc. Il y eut aussi des docteurs de la loi, comme Jésaia de Trani et Joseph Kolon; des philosophes, comme Hillel-ben-Samuel, Juda-ben-Moses et Jochanan Alman; des cabalistes, comme Menachem Recanate; des astronomes, comme Emmanuel-ben-Jacob; des grammairiens, comme Joseph Sark et Salomon Urbino ; et à Padoue, Elia del Medigo, de Candie (mort en 1493), fit des cours publics de philosophie. A partir de 1475 on imprima aussi en Italie des livres en langue hébraïque. Tandis qu’on ne connaît de France à cette époque qu'un petit nombre de docteurs dela loi, comme l’auteur du recueil des Tasafot, Moïse de Coucy, et Jechiel-ben-Joseph, ou bien de critiques et depoëtes, comme Berachia, l'Allemagne produisit un grand nombre de commentateurs de la loi, tels que Eliezer Halévi (1240), Méir de Rothenburg (1280), Mordechai, Asher, qui plus tard habita Tolède, et son fils Jacob (1339 ), et Isserlin (1450); en outre, le cabaliste Elazar de Worms, le théologien Menachem Kara, et l’apoiogiste Lippmann de Mulhausen. En Grèce Mordechai Comtino (1470) se distingua comme astronome ef commentateur ; en Palestine, Tanchum- Leu-Joseph, vers 1260, par son Dictionnaire talmudique, et
Jacob Sikeli; en Afrique, Ahraham, fils de Maimonides, Juda Corsani et Siméon Duran ; et parmi les Caraïtes, Aaronben-Joseph (1294), Aaron-ben-Élia (1346), et Élia Beschitzi (mort en 1490 ). Le plus grand nombre des manuscrits hébreux qu’on possède datent de cette époque; mais une grande partie de la littérature juive du moyen âge n’a point encore été imprimée jusqu'à ce jour, et se trouve enfouie à Rome, à Florence, à Parme, à Turin, à Paris, à Oxford, à Leyde, à Vienne et à Munich.
La huitième période (1499-1725) est caractérisée par la dispersion des juifs expulsés des contrées occidentales et méridionales de l’Europe, ainsi que par la propagation des ouvrages de l'esprit, rendue plus facile par l'imprimerie, et dont le résultat fut de changer le thcâtre et le caractère de la littérature juive. Tandis que’ la science des juifs espagnois influait sur l'Orient et sur l’essor pris en Ilalie par les connaissances classiques , ailleurs le mysticisme, nourri par la persécution, assombrissait les esprits, et les juifs polonais s’adonnaient à une minutieuse étude du Talmud, qui énervait sans profit leurs facultés intellectuelles. De là cette masse de productions médiocres dont s'accrurent au dix-septième siècle la critique biblique, la cabale et la dialectique talmudique, tandis que la poésie, la grammaire et la science succombaient presque complétement. On s’occupa davantage de l'interprétation homilétique, de jurisprudence pratique et d'enseignement populaire. En Italie et en Orient (1492), en Allemagne et en Pologne (1550), de même que plus tard en Hollande (1620), il se fonda des écoles et des imprimeries juives, par exemple à Smyrne, à Venise, à Livourne, à Amsterdam, à Prague et à Cracovie; comme aussi il se produisit alors un grand nombre d'auteurs qui écrivirent en hébreu, en rabbinique, en latin, en espagnol, en portugais, en italien , en judaïco-allemand, et parmi lesquels plusieurs firent preuve de grands talents et d’une vaste érudition. Nous devons nous borner à mentionner ici: 1° de 1492 à 1540, le théologien et philosophe Isaac Abra banel et son fils Jéhuda, les philosophes Ibraham Bibago et Saül Cohen, le mathématicien et commentateur Elia Misrachi, le théologien et commentateur Isaac Arama, l'interprète hagadique Jacob Chabib, les docteurs de la loi Jacob Bérab, Joseph-ben-Leb, David-ben-Simra, et Lévi Chabib, les grammairiens Abrabam de Balmes, Eia Levita, et Salomon-ben-Melech, le masorète Jacob-ben-Chajim, le commentateur philosophique Obadia Sforno et les caraïtes Kabeb Afandopoulo et Jada Gibbor; 2° de 1540 à 1600, les historiens Samuel Usque et Joseph Cohen, l'historien littéraire Gedalia Jachia, le dramaturge Jéhuda Sommo, les poêtes Salomon Usque, Israel Nagara, le lexicographe et apologiste David de’ Pomi , le chronologiste et astronome David Gans, le grammairien Samuel Arkevolte, l’antiquaire Samuel Portaleone, le chorographe et moraliste Moïse Almosnino, le médecin Amatus , l'apologiste Isaac Troki, le philosophe théologique Jéhuda Muscalo, les cabalistes Isaac Luria et Moïse Corduero, les commentateurs, sermonnaires et docteurs de la loi Josènhe Karo, Moïse Alschech, Samuel de Medina, Moïse Israe -rdechaï Jafe, Salomon Luria, Lœwe-ben-Bezalel, Ephraim Lentzchütz, le polygraphe Hendel Manoach, et le critique de textes Menachem Lonsano; 3° de 1600 à 1650, les docteurs de la loi Jomtob Heller, Chajim Benbenaste, Joseph Trani, Jorl Sirks, les théologiens Jesaia Hurwilz et Abraham Cohen Herera, le cabaliste Chajim Vital, les critiques de textes Salomon Norzi et Salomon Adeni, Abraham-ben-Ruben, les médecins Rodrigue de Castro ét Abraham Zacut, Immahuel Adoab, le statisticien Simcha Luzzato, l’antiquaire Jacob Jelienne Léo , le traducteur espagnol Saadia Asnekot, le poëte Abenatar, l'auteur d'une poétique, Jacob Roman, Joseph del Medigo, le théologien Menassès-ben-Israel, l'historien littéraire David Conforte, le poète et lexicographe Léo de Modène, et le caraîte Samuël ; 4° de 1650 à 1700, le sermonnaire el apologiste Saul Mortera, le polémiste Isaac Orobio, le docteur de la loi Schabthaï, Cohen, Samuel Édels, Abraham Able et Hiskia Silva ; en outre, Simcha-ben-Gerson,