‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 468 sur 522 · JULES · texte numérisé non relu

JULES

les évêques d'Orient à la juridiction du saint-siége, soutint le véritable concile de Sardique et son président Osius de Cordoue : il écrivit au peuple et au clergé d'Alexandrie en faveur de saint Athanase, que rappelait l’empereur lui-

| même. Mais l’h'résie des ariens vécut plus longtemps que

ce pontife. {lmourut au milieu de ces débats, le 12 avril 352. JULES I (JULIEN DE La ROVÈRE) succéda à Pie HI, dans la nuit du 30 octobre au 1“ novembre 1503. Il était

, né près de Savone, d’une famille obscure. Neveu du pape

Sixte IV, il avait été élevé par son oncle au cardinalat, Suivant Guicciardini , il avait si bien assuré son élection par ses brigues et ses promesses qu'il fit mentir le proverbe : « Qui entrepape au conclave en sort cardinal. » Il paya, du reste, sa detle par une bulle qui, flétrissant à l'avenir ces élections simoniaques, frappait d’anathème, de nullité et de dégradation, tout pontife ou cardinal qui s’en rendrait coupable. Son caractère belliqueux se manifeste dès la seconde année de son pontificat. Il redemande aux Vénitiens plusieurs villes dont ils se sont emparés, et qu’il prétend appartenir au patrimoine de Saint-Pierre. Sur le refus du sénat de Venise, il forme contre celte république une puissante ligue avec l’empereur Maximilien,le roi de France Louis XI1, et trois ou quatre princes d’Italie. Venise s’effraye et demande grâce, mais ce n’est point aux souverains qui doivent fournir des armées. Elle rend au pape quelques-unes des places qu'il revendique, et Jules IE abandonne ses alliés. Ce pontife guerrier porte ailleurs les forces qu’il a rassemblées. Il est septuagénaire, et montre encore une telle vigueur de jeunesse, que notre Guillaume Budé l’appelle un chef sanguinaire de gladialeurs, et que l’historiographe Jean Le Maire le compare au grand Tambourlan, soudan des Tartres (‘ amerlan). Jules I] arrache la ville de Pérouse à la famille Baglioni et celle de Bologne aux Bentivoglio.

Louis X{I l’a vainement aidé dans cette dernière conquête; le pape l’en récompense en suscitant la révolte des Génois contre la France, et en appelant l’empereur Maximilien en Italie. Louis XII dissipa ces ombrages par sa modération ; mais l’armée impériale avançait toujours, et Jules II en était assez embarrassé pour ménager, à son tour, le roi de France. Venise calma ses inquiétudes en refusant le passage aux troupes de Maximilien ; et l’année suivante, en 1508, la république fut payée de ce service par une nouvelle ingratitude de Jules 11. Ce pape ne pouvait souffrir que les places de Ravenne, Cervia et autres, restassent au pouvoir des Vénitiens : impuissant à les recouvrer avec ses seules forces, il réussit, par ses artifices, à renouer la ligue qu’il avait rompue. Elle fut signée à Cambrai, entre Maximilien, Louis XI, Ferdinand d'Aragon et le cardinal d’Amboise, légat du saintsiége. Toutefois , Jules II ne ratifia ce traité d’alliance qu’après avoir tenté vainement d'amener les Vénitiens à une restitution volontaire. Ses anathèmes commencèrent la guerre, et Venise eut la bonhomie d’en appeler au futur concile. Mais les foudres de Rome n'avaient fait peur qu’à une centaine de moines ; et si les armes de la France et de l’Empire n'avaient secouru les armes spirituelles de Jules IT, le doge et le sénat ne se seraient point humiliés aux pieds de l’altier pontife. Celui-ci abandonna encore une fois ses alliés, qu’il redoutait plus que les Vénitiens : sous prétexte de la nomination aux évêchés vacants, que se disputaient le pape et le roi de France, Jules cherchait partout des ennemis à Louis XII; il pratiquait à cet effet les Suisses et les Anglais. Maïs la saisie du temporel des évêques du Milanais et la fermeté du roi de France lui imposèrent ; il sut encore profiter de cet acte d’humilité, qui lui rendait les bonnes grâces de son puissant ennemi, pour faire subir aux Vénitiens les conditions les plus humiliantes, et expulser leurs gouverneurs des places revendiquées par le saint-siége.

Possédé du démon des batailles, Jules II attaqne, en 1510, te duc de Ferrare, et lui enlève La Mirandole. Il récompense la fidélité de la maison d'Aragon en donnant à Ferdinand Pinvestiture de Navles, au mépris des droits et des pro-

testations de Louis XII, dont il a déjà oublié la complaisance. ]l répond aux menaces de ce prince par une excommunication dont Louis se moque, en convoquant un concile gallican dans la ville de Tours. Les évêques de France y examinent les prétentions de la cour de Rome et la conduite particulière du pontife. Louis XII se concerte avec l'empereur pour la convocation d’un concile général. Ma-

riana assure positivement que Maximilien avait envie de |

succéder à Jules II sur le saint-siése. L’opiniâtre vieillard, abandonné par une partie de ses cardinaux, assiégé dans Boiogne par le maréchal de Chaumont et par les Bentivoglio, ne fut sauvé que par la lenteur de ses ennemis, qui don-

nèrent le temps à Fabrice Colonne de se jeter dans la place. |

Il échappa quelques jours après, par le pur effet du hasard, à une centaine d'hommes d’armes, avec lesquels le chevalier Bayard se flattait de l’enlever, 3

La crainte d’être déposé le suivit dans son refuge de |

Ravenne. Le peuple de Bologne avait dès son départ renversé sa statue, et rouvert ses portes aux Bentivoglio. La convocation du concile général était affichée dans toute l'Italie. La ville de Pise était désignée, et le pape était sommé d’y comparaître. Jules IL ne trouva d’autre moyen pour conjurer l’orage que de convoquer lui-même un concile à Rome, dont il fixa l'ouverture au 19 avril 1512, quoique la bulle de convocation fût du 18 juillet 1511. IL excommunia en même temps les cardinaux Carvajal, Briçonnet et Borgia, qui étaient à la tête du concile de Pise : le roi d’Aragon et de Naples prit les armes pour soutenir sa cause; les Vénitiens entrèrent dans cette ligue, qui fut appelée sainte; mais la bataille de Ravenne, le plus puissant argument du concile de Pise, eût rendu les Français maîtres du saint-siége et de l’Italie, si la mort de leur général Gaston et l’inhabileté de leurs autres chefs ne leur avaient enlevé tous les fruits de cette victoire. Jules II, qui avait failli mourir de peur, fut rassuré par les ambassadeurs d’Espagne et de Venise. J1 mit le royaume de France en interdit, poussa le roi d'Angleterre Henri VIII à déclarer la guerre à cette puissance, et, pour favoriser l'ambition de son allié Ferdinand , prononça la déposition du roi de Navarre, qui avait pris le parti de Louis XII. Ces bulles, dignes du douzième siècle, n'auraient point chassé les Français de Bologne et de Milan, si une armée de 18,000 Suisses n’était venue les appuyer. Jules IL prolita de ce secours pour dépouiller le duc de Ferrare , rétablir les Sforce à Milan , et les Médicis à Florence ; fomenter enfin la sédition qui enleva Gênes à Louis XII. Mais son ambition échoua contre la France elle-même; et sa colère éclata contre ce même Ferdinand d'Aragon, qu’il avait tant caressé , parce que le roi d’Espagne n’avait point marché avec les Anglais à la conquête de la Guienne. 11 avaït cependaut ouvert le concile de Latran , et après en avoir tiré quelques règlements pour la discipline de l'Église, il ne se servait plus de lui que pour appuyer ses entreprises et ses diatribes contre le roi de France. La mort vint heureusement y mettre un terme. Ce vieillard, maladif et tracassier, expira le 23 février 1513. On disait de lui qu’il avait jété les clefs de saint Pierre dans le Tibre pour ne se servir que de l’épée de saint Paul, Ses ennemis ajoutent qu’il aimait le vin et les femmes. Louis XII et Maximilien le traitaient d’ivrogne ; et Varillas raconte que pour avoir la voix des amis de César Borgia, iljui fit accroire qu’il était son père. Quoi qu’il en soit , sa mémoire ne peut être lavée de sa lâche ingratitude envers la France, où pendant le règne terrible des Borgia il avait trouvé un asile pour sa tête. ; JULES NL (JEAN -MaRE GIOCCHI) appartenait à une famille bourgeoise de Monte-Sansavino de Toscane , et c’est de là qu’il prit le nom de cardinal del Monte, comme l'avait fait un de ses oncles sous le pontificat de Jules 11, Nommé successivement archevêque de Siponte, auditeur de la chambre apostolique , légat de Bologne et gouverneur de Rome, il triompha de toutes les brigues du conclave à l'aide de la faction italienne, et ‘ut élu le 8 février 1550, à la

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