‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 470 sur 522 · JULES — JULIE · texte numérisé non relu

JULES — JULIE

son père s'était démis en sa faveur, et le cardinal Polus ! eut la gloire de réconcilier les Anglais avec la papauté. Mais | cette joie fut de courte durée. L’ambassade d’un patriarche arménien et l’envoi de quelques évêques in partibus chez les peuples d’Abyssinie ajoutèrent aux consolations dont Jules LIL avait besoin pour supporter les désordres que causait en Italie la guerre de la France et de l’Empire. Le mariage de son neveu avec la fille du duc de Florence, Côme de Médicis, compensa bientôt la fâcheuse nouvelle qu'il reçut de l’ouverture de la diète d'Augsbourg et de quelques propositions que Ferdinand y avait faites contre les intérêts du saint-siége. Il y répondit par une bulle d’excommunication contre les usurpateurs et détenteurs des biens de l'Église et des couvents; mais comme de puissants catholiques avaient profité de la guerre civile pour s'enrichir de ces sortes de pillages , cette bulle était peu propre à pacilier l’Allemagne. La mort sauva Jules IL des nouveaux embarras qui devaient en résulter pour le saint-siége. Il mourut le 23 mars 1555, à l’âge desoixante-sept ans. Fleury a loué la fermeté de son caractère : ce n’est pas une vertu quand elle est poussée à l'excès. Son naturel facétieux lui fit, d’un autre côté, bien des ennemis, et les principaux historiens de son temps lui prêtent plus de vices qu’il ne convient à un pape. VIENNET , de l’Académie Française.

JULES L'AFRICAIN (SExTuS JULIUS AFRICANUS), historien chrétien du troisième siècle, né à Nicopolis, en Palestine (l’ancienne Emmaüs), écrivit une Chronologie pour prouver la haute antiquité des principaux dogmes du christianisme et la nouveauté relative des croyances polythéistes. Elle était divisée en 500 livres et renfermait le tableau de l’histoire universelle depuis Adam jusquà l’empereur Macrin. Il n’en reste que des fragments cités par Eusèbe et quelques pères. Dans une de ses lettres il envoya une concordance entre la version de saint Luc et celle de saint Matthieu sur la généalogie de Jésus-Christ; dans une autre adressée à Origène, il examine au point de vue critique l’histoire de Suzanne, et se prononce contre son authenticité. On lui attribue en outre quelques fragments d’un livre institulé Les Cestes et traitant de sciences et d’art militaire. Jules l’Africain fut protégé par l’emperenr Héliogabale. JULES ROMAIN, dont le véritable nom était GiuLio PIPPI, naquit à Rome, en 1492. On ne sait rien sur sa famille , mais on doit croire qu’elle n’était pas dans le besoin, puisque, dès son enfance, il reçut de l'instruction, et fit une étude particulière des médailles et des antiquités. R aphael le fit son légataire, conjointement avec il Fattore, un autre de ses élèves. Doué d’un génie ardent et d’une imagination féconde , Jules surpassa bientôt tous ses condisciples, et, n’ayant passeu d'autre maître que Raphael, celui-ci ne tarda pas à utiliser son talent pour l'aider dans l'exécution des travaux immenses dont il était chargé au Vatican. Lors de la mort de ce grand peintre, en 1520, Jules, avec l’aide de François Penni, continua les travaux commencés par son maître. En 1523, il fut chargé, par le pape Clément VII, de peindre, dans la salle de Constantin, les grandes fresques dont Raphael avait laissé les dessins ; ; il fit celles qui représentent l’allocution de Constantin à son armée, lors de l'apparition du labarum, et la bataille dans laquelle Constantin fut victorieux de Maxence, sur les bords du Tibre,. :

Jusqu’à cette époque, Jules Romain n 'avait été considéré que comme le disciple habile d’un maître plus habile encore ; mais il fit voir alors qu’il pouvait se passer de guide, et

s’il perdit un peu de la grâce que possédait Raphael à un si haut deyuré, il ne cessa pas d’être grand, noble, majestueux et profond dans ses compositions comme dans son style. I] peignit plusieurs madones pour divers couventss une Æagellation de Jésus-Christ pour l'église de Saint-Praxède. Son chef-d'œuvre est un Martyre de saint Étienne, qu’il fit pour Mathieu Ghiberti, dataire du pape. Placé d’abord à Gênes, sur le maître autel de l’église des moines du mont Olivet, ce tableau fut donné par la ville de Gênes au gouver-

il se voit maintenant au où il fait continuellement l'admiration des

nement français; repris en 1814, musée de Turin, connaisseurs.

La renommée de Jules Romain ayant pris un grand accroissement comme peintre et aussi comme architecte, il fut appelé par Frédéric de Gonzague, alors marquis de Mantoue, et chargé par lui de l’exécution des grands travaux que ceprince avait pris la résolution de faire faire, pour l’embellissement et l'assainissement de la ville. Ces motifs devaient être suffisants pour déterminer Jules à quitter Rome. C’est donc à tort que Vasari a cherché à faire penser qu'une cause peu honorable avait forcé notre artiste à sortir de la ville: pour éviter la prison. Ce conte ridicule a été depuis rapporté par tous les biographes , comme si le fait ne présentait aucun doute, et cependant il est bien loin d’être prouvé, C’est à tort que l’on a prétendu, tantôt que Jules Romain avait fait des figures obscènes, destinées à accompagner certains sonnets de l’Arétin, tantôt que le poëte avait fait ces vers pour être placés au bas de figures faites par le peintre son ami; tantôt, enfin, que ces postures avaient été gravées par Marc-Antoine, et que le pape, n'osant sévir contre le poëte, dont on craignaït la plume hardie, et ne pouvant atteindre le peintre, qui s'était enfui, aurait exercé sa vengeance sur le graveur, en le mettant en prison pour avoir fait servir son burin à la reproduction de dessins licencieux. Toutes ces assertions manquent de preuves, et avant de les répéter on aurait dû réfléchir que si en effet il eût existé vingt gravures de cette nature, quelques soins que l’on eût pu prendre alors pour détruire de telles estampes , il serait impossible qu'il n’en fût échappé quelques épreuves, qui se seraient retrouvées depuis. Or, on ne trouve nulle part rien de ce genre qui puisse raisonnablement être attribué ni à Jules Romain ni à Marc-Antoine.

Un des travaux les plus importants que Jules ait eu à faire est ce magnifique palais du T, à Mantoue, dont l’architecture et les peintures sont également admirables. C’est là que, donnant l'essor à son imagination, il créa une foule de tableaux, dans lesquels on ne sait ce qui doit le plus étonner, ou de la fécondité de son génie, ou de la facilité de son exécution. Plus tard, il eut à peindre, dans le palais de Mantoue, une: galerie où il représenta l’histoire de la guerre de Troie. Il fit aussi des tableaux, parmi lesquels on doit citer l'Adoration des bergers, qui, placée d’abord à la chapelle Saint- André de Mantoue, fut dans la suite donnée par le duc à Charles I, roi d'Angleterre, puis achetée, après sa mort, par le riche amateur Jabach; elle est maintenant dans la galerie du Louvre. Jules Romain eut aussi à construire un grand nombre d’édifices publiss et particuliers , qui embellirent la ville de Mantoue et la rendirent méconnaissable. Le duc, admirateur des talents de ce célèbre artiste, l'en récompensa par des faveurs et des bienfaits souvent renouvelés. Après la mort du duc Frédéric, en 1540, Jules alla à Bologne, où il donna le plan d’une nouvelle façade pour l’église de Saint-Pétrone ; et lors de la mort d'Antoine Sangallo , il aurait sans doute été nommé architecte de Rome, si sa santé ne se fût dérangée à un tel point qu’il succomba peu de temps après, le 1°’ novembre 1546, à l’âge de cinquante-quatre ans. DUCHESNE aîné.

JULIANE-MARIE, reine de Danemark, seconde femme du roi Frédéric V (voyez CAROLINE-MATHILDE).

JULIANS HAAB, l'établissement le plus important des Danois dans le Grœæœnland.

JULIE. L'histoire romaine compte plusieurs femmes célèbres de ce nom.

JULIE, fille unique de l’empereur Auguste etde saseconde femme Scribonia, naquit trente-neuf ans avant J.-C. Aussi distinguée par sa beauté et son esprit que par ses grâces et son affabilité , elle épousa, l'an 25 avant J.-C., le neveu d’Auguste, Marcus Claudius Marcellus , et à sa mort, Marcus Vipsanius Agrippa , à qui elle donna trois fils et deux filles. Sa belle-mère Livie, qui la haïssait depuis son mariage avec Marcellus, el qui la voyait menacer Les projets

qu’elle formait pour son fils Tibère, décida Auguste, à la mort dAgrippa, à la marier à Tibère, pour assurer à ce dernier l'espérance de lui succéder dans sa toute-puissance, Ce mariage eut lieu en dépit de la résistance de Julie, et les époux vécurent ensemble jusqu’à l’an 2avant J.-C., époque à laquelle Auguste annonça au sénat que sa fille s'était oubliée au point de prendre le Forum pour théâtre de ses débordements nocturnes. On l’accusait déjà dans le public de faire chaque matin attacher à la statue de Mars autant de couronnes qu’elle avait reçu d’amants dans la nuit. Auguste alors l’exila dans l’ile déserte Pandatarie, aujourd'hui Ventotiène, près de Naples. Plusieurs hommes distingués, désignés comme ses amants , subirent l'exil ou la mort. De Pandatarie , où sa mère Scribonia l'avait accompagnée, Julie fut plus tard conduite à Regium (Reggio), où, laissée par Tibère dans la détresse et le besoin, elle expira , lan 14 ou 15 de J.-C.

JULIE, fille de César, qui l’unit à Pompée, retarda par ses vertus l'explosion de la jalousie de ces deux adversaires , jusqu’à sa mort, arrivée l’an 53 avant J.-C.

JULIE, fille de Titus, destinée à Domitien, qui refusa de l’épouser, lui inspira plus tard une passion assez vive pour que son amant, devenu empereur, fit mourir sa femme, et Sabinus, époux de Julie, afin dese livrer avec elle, dans le palais impérial, aux plus honteux débordements. Elle mourut l’an 80 après J.-C., victime d’un breuvage qu’elle avait pris pour se faire avorter,

JULIE-DOMNE, femme de l’empereur Septime Sévère, née à Cnosse, dans la Phénicie, d’un père prêtre du soleil, Sur le trône elle suivit son penchant à la volupté sans que son époux osât l'en reprendre. Après sa mort elle s’efforça inutilement de maintenir en bonne intelligence ses fils C aracala et Géta. Elle n’y put parvenir, et Caracalla la blessa même à la main lorsqu'il assassina son frère dans ses bras. Elle dissimula le chagrin de cette perte pour garder son influence; mais après la mort de son second fils, n'ayant pu s’assurer l’empire, elle se laissa mourir de faim, Pan 217.

JULIE (Zoologie). Ce nom a été donné par Geoffroy à une espèce d'insecte qui est la plus remarquable du genre æshme , de l’ordre des névroptères, établi par Fabricius, aux dépens des libellules de Linné et de Geoffroy. La julie, æshna grandis de Fabricius, est de couleur fauve, avec trois lignes vertes obliques de chaque côté du thorax, et l’abdomen acheté de jaune verdâtre et de bleu. On la voit, dans les prairies et sur les bords des eaux, voler avec une trèsgrande rapidité et chasser les mouches à la manière des hirondelles, L. LAURENT.

JULIEN (FLavivs CLAuDius JULIANUS), empereur romain, surnommé l’Apostat par les Chrétiens, fils de Jules Constance, frère de Constantin le Grand , et de Basiline, fille du préfet Julien, naquità Constantinople, le 6 novembre 331, Julien avait à peine six ans lorsqu'il vit son père et plusieurs personnes de sa famille massacrés par les ordres de son oncle Constance II. Son jeune frère Gallus et lui échappèrent seuls aux assassins. Leur éducation fut confiée à Eusèbe, évêque de Nicomédie, qui leur donna pour gouverneur l’eunuque Mardonius, homme distingué, qui ne faillit pas à cette tâche. Les deux enfants furent élevés dans la religion chrétienne, On les fit même entrer dans le clergé, afin de les écarter du trône impérial, et ils remplirent les fonctions de lecteurs dans leur église. Cette éducation agit diversement sur les deux frères. Gallus demeura toujours attaché au cbristianisme. Julien, plusâgé, avait vivement senti la persécution exercée contre sa iamille, ainsi que l’état de contrainte et de terreur dans lequel on avait maintenu sa jeunesse. I chercha des consotations dans l'étude des belles-lettres et de la philosophie; il s'y livra avec ardeur. 11 avait vingt-quatre ans lorsqu'il vint à Athènes, où il suivit les leçons de divers maîtres et surtout celles du rhéteur Maxime d’Ephèse, La philosophie des néoplatoniciens séduisit son esprit ardent et sceptique à la fois ; des prédictions as-

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