L. LAURENT
JULIENNE (4rt culinaire). C'est le nom d’un potage fait avec plusieurs sortes d'herbes etdelégumes, notamment des carottes coupées menues. Dans ces derniers temps on est parvenu à conserver ces herbes hachées au moyen de la dessiccation, de manière à faire des juliennes en tout temps.
JULIENNE ( Période). Voyez PÉRIODE.
JULIENNE DE MAHON. l'oyez GIROFLÉE DE MAHON.
JULIERS, ancien duché dépendant de la province du Rhin, royaume de Prusse, situé sur la rive ganche du Rhin , et comprenant dans sa plus grande étendue 52 myriamètres carrés avec près de 400,000 habitants. Il ne se composa d’abord que du gau de Juliers, administré par des comtes, qui dès le onzième siècle en étaient possesseurs héréditaires, et qui lors de la décadence du duché de la basse Lorraine, auquel ils étaient soumis, parvinrent à ne plus relever que de l’Empire. Au nombre de ces comtes, on distingue particulièrement Guillaume V, qui, en 1336, fut confirmé dans ses droits de souveraineté immédiate par l’empereur Louis IV, etélevé à la dignité de margrave et de porte-sceptre impérial ; seulement, il dut partager cette dernière charge avec les comtes de Brandebourg. En 1357 Guillaume V reçut de l’empereur Charles IV le titre de duc. De ses fils, l'un, Gérard, acquit par mariage le comté de Berg ; l’autre, Guillaume VI, qui lui succéda à Juliers, en 1362, acquit le comté de Gueldre. Ces pays furent réunis sous le duc Adolphe, en 1420. Le dernier rejeton mâle de cette branche’‘princière, Guillaume VIIT, laissa en 1511 son duché à sa fille Marie, qui épousa Jean le Pacifique, duc de Clèves ; et les duchés de Juliers et de Berg se trouvèrent ainsi réunis avec Clèves, quand, en 1521, ce dernier parvint à la souveraineté. Lors de l’extinction de cette maison princière de Clèves, arrivée à la mort de Jean-Guillaume, le 25 mars 1609, éclata la querelle dite de La succession de Juliers, laquelle ne se termina qu’en 1666, par un compromis conclu entre les prétendants ; et le duché passa à la maison palatine de Neubourg. Celle-ci, à son tour, étant venue à s’éteindre, en 1742, Juliers, avec es dépendaness, passa enccre à une autre famille, pour être ensuite reuni à
la Bavière, à laquelle il demeura attaché jusqu’en 1801, où la paix de Lunéville l’incorpora à la France et en fit le département de la Roër. Le congrès de Vienne, en 1815, adjugea à la Prusse le pays de Juliers, sauf quelques parties, demeuréesau Limbourg; et la majeure partie de ce duché, de 4 myriamètres carrés environ, avec 40,000 habitants, se trouve au-
jourd’hui comprise dans l'arrondissement d’Aix-la-Chapelle, |
La ville de Juuirs, sur la Roër, de 3,000 habitants, est une place forte de troisième classe.
JULIUS, nom d’une race romaine, dont il est déjà mention dans l’histoire de Romulus, et dont le dictateur Caius
Julius Cæsar faisait remonter l’origine à Julius ou Asca- |
nius, fils d'Énée, et petit-fils de Vénus et d’Anchise, Parmi les familles appartenant à cette gens patricienne , les plus connues sont celles qui se distinguaient par les surnoms de Julius et de Cæsar. Plusieurs membres de la première furent, au commencement de la république, revêtus des plus hactes fonctions publiques. On explique diversement ce surnom de Cæsar , que quelques auteurs prétendent être dérivé d’un mot carthaginois signifiant éléphant : c’est en tuant un de ces animaux qu’un Julius aurait valu à sa race ce nom , que le grand César a rendu immortel.
Parmi les personnages historiques de cette race, il faut citer : Sextus Julius Cæsar, préteur l’an 208 av. J.-C., le premier qui ait porté ce surnom. Puis, avant le dictateur Caius-Julius Cæsar, qui, par adoption, fit entrer (an 44 av. J.-C.) dans la famille Julienne son petit-neveu, Caius Octavius, appelé dès lors Caius Lulius Cæsar Oc- TAVIANUS (Voyez AUGUSTE); Lucius-Julius CxsaRr, consul en l’an 90 av. J.-C., qui combattit les Samniles avec le plus grand succès, et pour, prévenir la défection de tous les alliés, proposa la loi qui accordait le droit de cité aux Jtaliens et aux Latins demeurés fidèles à la cause de Rome ( Lex Julia de Civitate). 11 périt en l’an 87, assassiné comme adversaire de Marius et de Cinna. Son frère, Caius Julius Cæsar SrrABo, qui avait été édile en l’an 90 et s’était fait une réputation comme orateur et comme poëte tragique, eut le même sort,
JUMEAUX, JUMELLES. En parlant des personnes, on désigne par ce nom, qui est pris tantôt comme adjectif, tantôt comme substantif, les enfants nés d’une même couche : on dit des frères jumeaux, des sœurs jumelles, ou des jumeaux. Les enfantements, dans ces accouchements extraordinaires, sont communément doubles ; quelquefois ils sonttriples; on a vu lenombre des jumeaux s’élever jusqu’à quatre et même cinq. Mais de tels cas sont très-rares, surtout quand les enfants naissent tous viables. En général, dans ces grossesses composées , le développement des fœtus est moins considérable que dans les grossesses simples , et quand le nombre des jumeaux dépasse le nombre deux , la plupart d’entre eux sont des avortons.
Ces naissances simultanées semblent resserrer les doux liens de la fraternité : on trouve ordinairement entre les jumeaux un attachement vif et durable, une grande conformité de goûts et de sentiments; ils éprouvent aussi les mêmes maladies, et la durée de leur existence est souvent la même, Une même similitude se rencontre au physique parmi ces frères ou ces sœurs; leur ressemblance est quelquefois telle qu’on ne peut les distinguer sans avoir vécu intimement avec eux. Ces ressemblances exactes, qui occasionnent plusieurs méprises, ont été exploitées sur le théâtre de l’antiquité, etles scènes française et anglaise ont offert plusieurs rénovations des Ménechmes. Outre l'anomalie relative à leur naissance, les jumeaux présentent assez souvent des cas de monstruosités. Buffon a cité deux jumelles hongroises attachées ensemble par la partie postérieure du bassin, et qui ont vécu au delà de vingt ans. Naguère on vit à Paris un double individu plus monstruenx encore, baptisé sous le nom de Ritta Chris- Una, et depuis les frères Siamois nous ont offert des exemples de diverses singularités qu’on rencontre parmi les jumeaux,
On désigne aussi par le même nom adjectif les produits destinés à continuer les espèces végétales, etc. : ainsi, des noix,