JULIERS — JUMIÉGES
des amandes, sont appelées jumelles quand ces fruits sont doubles ou triples dans leur enveloppe. En parlant des choses, on emploie fréquemment la même expression : deux lits, par exemple, sont jumeaux quand ils sont appariés ; deux muscles pairs concourant au mouvement de la jambe ont reçu la même dénomination. Les artères, les veines jumelles, les nerfs jumeaux aboutissent ou se perdent dans les muscles jumeaux. d D' CHARBONNIER.
JUMEAUX DE LA RÉOLE ( Les). Voyez FAUCHER (César et Constantin ).
JUMELE. En termes de blason, ce mot se dit d’un sautoir, d’un chevron ou de toute pièce formée de deux jumelles.
JUMELLE (Marine). Voyez GABURON.
JUMELLES. Dans les arts mécaniques, ce mot s’emploie généralement pour désigner deux pièces de bois ou de métal qui sont semblables, et entrent dans la composition d’une machine ou d’un outil, comme les jumelles d’une presse, d’une tour, d’un étau.
JUMELLES. Voyez LORGNETTE.
JUMELLES ( Blason), se dit de deux petites fasces, bandes, barres, etc., parallèles, qui n’ont que le tiers de la largeur ordinaire.
JUMENT , cavale, femelle du cheval.
JUMIÈGES, le plus magnifique monastère de la Normandie, abbaye célèbre par la science de ses docteurs et par le talent de son grand historien, Guillaume de Jumiéges, ainsi nommée, disent les uns, parce que les religieux gémissaient tout le jour ; ainsi nommée, disent les autres, du mot gemma, pierre précieuse, car l’abbaye de Jumiéges brillait de l’éclat du diamant parmi les monastères du monde chrétien.
Jumiéges est une presqu’ile, sur la Seine, entre Rouen et Caudebec. Saint Filibert en fut le premier fondateur. Filibert était un des habitués de la cour de Dagobert, et il fit une amitié toute chrétienne avec l'abbé de Saint-Ouen, deux belles âmes également remplies de ces deux passions chrétiennes, la charité et la solitude. Sur le rivage de la Seine, Filibert avait rencontré les ruines d’un château romain, brûlé par les barbares ; là il bâtit trois églises : l’une à la Vierge, l’autre à saint Denis, la troisième à saint Germain et à saint Pierre. II disposa des dortoirs pour soixantedix religieux, à qui il fit embrasser la règle deSaint-Benoit. Ces premiers religieux étaient des hommes presque divins ; la prière, le travail, l'ohéissance, la pauvreté, la prédication de l'Évangile, telle était l'œuvre commune. Les peuples de la Neustrie bénissaient ces nouveaux venus, qui leur donnaient l’exemple des vertus humbles et fortes. Bientôt l'abbaye fut encouragée par son premier miracle. On était sous le règne de Clovis LI et de safemme Batilde; Clovis IT, en partant pour faire ses dévotions au tombeau de Jésus- Christ, confie à son fils la terre de France, que le jeune prince devait gouverner sous l’autorité de sa mère Batilde. Le roi parti, le prince écoute avec mépris les sages conseils de sa mère, et dans sa désobéissance il entraîne son frère. Voilà la reine dépouillée par ses deux fils, et Dieu sait ce qui fût advenu si, dans un songe, lè roi Clovis II n'eût pas été averti des désordres de son royaume. Aussitôt le roi part, il arrive; et lui, le maître, il est reçu à main armée par ses deux fils révoltés. La lutte ne fut pas de longue durée : Clovis IE, vainqueur de la rébellion, condamne ses deux fils à être énervés; et en conséquence, il Leur fait cuire les jarrets. Ce terrible châtiment n’est pas mieux expliqué dans cette chronique, Ce qui est vrai, c'est que l’'énervement est un supplice du moyen âge : le supplicié restait vivant, mais sans force, sans valeur, ombre inutile, Une fois mutilés, les deux enfants de Clovis ne sont plus pour leur père qu’un objet de sympathie et de pitié; on eût dit, à les voir énervés et languissants, le pâle refñet de ces deux jeunes gens naguère encore pleins de fonce et de vie. Chaque jour le roi contait sa peine à la reine : 4! dame, comme pourrions-nous voir toute notre vie et