HIND — HIPPARQUE
de 15%, il a encore fait paraître une dissertation : On comels, elun Dictionnaire d'Astronomie.
HH{NDOSTAN ou HINDOUSTAN. Voyez Ines el Hinpous.
HINDOUROUR (c'est-à-dire Mont Indien). C’est le nom de la continuation de l'Himalaya depuis l’Indus jusqu'au méridien de Balkh, c’est-à-dire du 34° au 36° delatitude nord et du 59° au 72° delong. est; contrée alpestre, traversant de l’est à l’ouest la vallée de Caboul (appelée Kouhistän dans sa partie septentrionale) et formant plus à Pest le pays uni, fertileettempéré de Peshawer, qui s'élève en terrasses en formant quatre chaînes, dont la plus élevée, composée de roches primitives, se perd dans les nues avec ses pics Couverts de neige; et qui à l’ouest, entre Bamiän et Balkh, où la montagne prend le nom Æindoukouh , présente le pic de Cound , haut de 6,666 mètres. Des défilés extrêmement difficiles et s'étendant jusqu’à la région des neiges éternelles , entre autres le grand défilé de Bamidn, situé à 4,000 mètres de hauteur, conduisent sur le versant septentrional du Ka-
boul à d'Amou ( Oxus). | v.
Le versant méridional, où la limite des neiges commence
à environ 4,666 mètres, jadis théâtre des exploits d'Alexandre le Grand, s'appelle de nos jours le Kaferistän. Le versant septentrional, qui s’abaisse en terrasses alpestres successives jusqu’à la vallée de l’'Amou, entrecoupé de la manière la plus accidentée par les affluents de ce fleuve, forme le pays appelé Tokharistän.
L'Hindoukouh, situé dans la zône des pluies et des climais lropicaux, offre trois climats différents. Le riz, le maïs, le tabac, la canne à sucre, le coton, qui croissent dans les profondes vallées du versant méridional, sont remplacés dans les petites vallées et sur leurs contre-forts par la vigne, le mûrier et les fruits les plus exquis. Au-dessus de la région boisée des hautes chaines, où abondent les chênes, les arbres à feuilles aciculaires et les fougères, est située la region des pâturages alpestres, où paissent de nombreux troupeaux et qu'ornent les fleurs aux couleurs les plus foncées, entre autres l’assa fœtida. Le versant septentrional présente sans doute les mêmes caractères de végétation, mais avec des formes plus européennes. On a donné le nom de Caucase indien à tout ce système de montagnes.
HINDOUROUSH. Voyez Hinpoukoun.
HINDOUS. On appelle ainsi, en général, les habitants de la presqu'ile de l’Inde, quoiqu’au point de vue ethnographique ils présentent les plus grandes différences. Le mot Hindou n’est donc pas, en général, un nom de peuple, mais une dénomination comprenant tous les peuples qui habitent le territoire précité. Toutefois, les Persans d’abord, puis les autres populations de l'Orient musulman, et dans ces derniers temps les Européens, ont désigné plus particulièrement ainsi la grande nation d’origine arique qui habite principalement le pays arrosé par le Gange, et qui de là répandit sa religion, ses institutions et sa civilisation dans toute la presqu’ile. A ce double emploi du mot Aindou correspond celui du mot Æindoustän (c’est-à-dire pays des Hindous), dérivé du persan, qui désigne aussi bien toute la pé-
| ninsule en deçà du Gange, que, dans un sens plus restreint,
sa partie septentrionale. D’Hindoustan on a fait Aindoustani pour désigner la langue généralement adoptée dans la péninsule pour le commerce et les rélations sociales; langue provenue des rapports des Musulmans et des Hindous, surtout à partir de la domination mongole, et qui est fortement mélangée de persan et d’arabe. Il ne faut pas la confondre avec l’hindou (langue des Hindous), langue du moyen âge indien provenue du prakrit, ni avec l’Aindi (mot dérivé du persan Hind, qui signifie Inde), qui n’est autre que Vhindouï modernisé par les Hindous eux-mêmes (voyez INDES et INDIENNES [ Langues |).
HINDOUSTAN ; HINDOUSTANI. Voyez Hinpous et INDES.
HIPPARQUE, fils de Pisistrate, succéda, lan 528
| avant J.-C., avec Hippias son frère, à la souveraineté
DICT. DE LA CONVERS. — T, XI
d'Athènes, que leur père avait usurpée. Leur ayénement fut salué par les acclamations du peuple. Hipparque, qui était l'aîné, protégea les lettres, introduisit dans sa patrie les œuvres d'Homère, y fit venir Anacréo n, qu'il envoya chercher sur un vaisseau à cinquante rames, et y retint Simonide par des présents. Peut-être, en suivant cette ligne de conduite, la dynastie des Pisistratides se fûüt-elle maintenue dans la ville de Mixerve, si Hipparque n’eût conspiré contre sa famille et contre lui-même en concevant pour le jeune Harmodius une de ces honteuses passions qui pullulent dans l’histoire de la Grèce. Malheureusement pour lui, l'adolescent repoussa ses hommages, non par vertu, mais parce qu'il recevait déjà ceux d’Aristogiton. Hipparque s’en vengea en chassant des chœurs d’une fête religieuse une canéphore, sœur d'Harmodius. Celui-ci, indigné de cet affront, résolut, avec Aristogiton et quelques Athéniens, de tuer les deux princes. Hippias échappa aux conjurés; mais Hipparque tomba sous leurs coups, l'an 514 avant J.-C.
HIPPARQUE, le plus grand astronome de l’antiquité, naquit à Nicée, et se fit connaître, sous Ptolémée Épiphane, à Alexandrie. Pline n’en parle qu'avec admiration, et le cite souvent. Il ditqu'il avait entrepris une chose difficile, même à un dieu, en ce qu’il s'était imposé la tâche de compter toutes les étoiles et de les nommer, et loue son exactitude. Strabon se plaint de son penchant à la critique. Examinons les principaux points dont il s’est occupé, et les services qu’il a rendus à la science. Il n’y avait guère dans l’antiquité d'idées justes ou arrêtées sur la durée de l’année ; Hipparque, en estimant celle de l’année {ropique à 365 jours 5 heures 55 minutes 12 secondes, en dépassa la mesure de 6 heures et 24 minutes. IL s’occupa aussi du mois synodique, qu'il fixa à 29 jours 12 heures 44 minutes 3 secondes 1/3. Pour parvenir à ce résultat, il avait comparé ses observations sur les éclipses à celles des Chaldéens. Il dressa des tables du soleil et de la lune pour 600 ans : mois, heures, jours, situations respectives des lieux, aspects äu ciel selon les diverses nations, tout y était compris, tout a été vérifié par le temps. On croirait, dit Pline, l’astronome admis au conseil de la nature. Dans ses excellentes Annales des Lagides, Champollion ajoute qu'il observa l’éclipse de lune qui arriva le 22 septembre de l’an 200 avant l'ère vulgaire, celle du i9 mars suivant (l’an 199), qui appartiennent l’une et l’autre à la 5€ année du règne d'Épiphane; enfin, celle du 12 septembre de la même 199€ année, qui arriva au milieu de la sixième année du règne de ce prince, et avant le traité de paix conclu avec Antiochus l’année suivante , la 7€ de ce règne. |
Hipparque est manifestement le premier auteur de tables esfronomiques, quoiqu'une observation de Fréret tende à en faire remonter le mérite aux Chaldéens. Ce fut lui qui découvrit la précession des équinoxes, en rapprochant ses observations avec celles de Timocharis et Aristyllus, plus anciennes de 160 ans. Ptolémée le désigne formellement comme l’auteur de cette découverte, l’une des plus importantes de l’astronomie. Pour ses observations, ilse servait de l'année égyptienne , année de 12 mois à 30 jours et de 5 complémentaires. Il avait recours aussi à la période de soixante-seize ans, imaginée par Calippe (voyez CycLe), et la rectifia, reprenant tous les calculs de Méton et Euctémon ; théorie qui, sans atteindre la perfection, puisqu'il fit encore l’année trop longue, était lumineusement développée dans un traité Sur Les mois el les jours inlercalaires. Pline nous dit qu'Hipparque comptait les jours de minuit à minuit. Il comptait aussi selon une ère qui partait de la mort d'Alexandre, et que l’on nomma l'ère de Philippe, c'est-à-dire de Philippe-Aridée; elle commence 424 années égyptiennes plus tard que celle de Nabonassar, le i°° du mois de thot, ou le 12 novembre de l’année 324 proleptique avant J.-C. Hipparque joignit un almanach à son cvele. Petau a traduit en latin ce qui nous reste de ce père de la science astronomique { Uranologie; Paris, 1850).
P.nE GGLBÉRY.