JUSTICE
buée au ministre de la justice, à qui elle est toujours restée depuis. Parmi les titulaires de ce département, nous sigialero 8 Danton (10 août au 9 octobre 1792), Merlin de Douai (1796), Carmbacérès (1799), Regnier (1802-1814), Dambray (1814), de Serre (1818), Portalis (1828), Chantelauze (1829); Dupont (de l'Eure), Barthe, Persil, Vivien, Martin (du Nord), et Hébert, sous la dynastie de Juillet; Crémieux, Belhmont, Marie, Rouh r, sous la république de 1848; Abattucci, de Royer, De angle, Baroche, Duvergier et Ollivier, sous le second empire; Crémieux, Dufaure, Ernoul et Depeyre, depuis le 4 septembre 1870,
JUSTICE MARITIME ET MILITAIRE, Voyez Manirimes et Minivaires (Tribunaux).
JUSTICIA ou JUSTIZA. Ainsi s'appelait autrefois le grand-juge des rois d'Aragon. Dans les luttes que ceux-gi eurent à soutenir contre les états de leur royaume, ce fonctionnaire acqait une importance de plus en plu< grande, et sous Pierre IV, ver: le milieu du quatorzième siècle, c’est à lui qu’on remit la discussion des difficultés pendantes entre le monarque et les états. A partir de ce mo ment sa puissance devint prépondérante. Les rois devaient prêter à genoux devant lui serment de fidélité aux lois du royaume; et il fut investi du droit de leur demander compte de la manèire dont ils le tenaient. Il jugeait toutes les difficultés dont on saisissait l’assemblée des états, et interprétait les passages obscurs de la loi, Tous les juges du royaume éiaient ses subordonné; ; toute poursuite se trouvait luterrompue par un appel à sa juridiction. En 1412 il fut décidé que le roi n'avait pas le pouvoir de le déposer. Philippe II fit décapiter le dernier juslicia, qui avait nem De la Heiça.
JUSTICIER , surnom donné à plusieurs princes souverains qui se sont fait remarquer par la sagesse ou la sévérité de leurs ordonnances ou par leur amour de la justice. 11 nous suffira de citer Richard, d'abord comte d’Autun, puis duc de Bourgosne, à la fin du neuvième siècle; Louis IX, roi de France; et Pierre I‘, roi de Portugal.
Dans l’ancienne langue féodale, on nommaïit Jusficiers les seigneurs qui exerçaient une juridiction, il y avait les hauts, les bas et les moyens justiciers; en style de chancellerie, on donnait ce nom à tous les magistrats de l’ordre judiciaire.
On a aussi appelé justiciers une secte d’hérétiques qui affectaient dans toutes leurs actions une parfaite équité, le mépris des richesses et des honneurs et une pureté de mœurs surhumaine. Tels étaient les pharisien s dans l’ancienne loi, et les novatiens, les donatistes, etc., sous la nouvelle,
JUSTIFICATION ( Théologie). C’est l’action et l'effet de la grâce pour rendre les hommes justes et dignes de la gloire éternelle. Les catholiques et les réformés sont extrêémement partagés sur la doctrine de la justification, les derniers la fondantsur la foiseule, et les premiers sur les bonnes œuvres jointes à la foi.
JUSTIFICATION, JUSTIFIER ( Typographie ).
Voyez COMPosiTIoN.
JUSTIN (Saint), martyr, docteur de l’Église et apologiste de la religion chrétienne, naquit vers la fin du premier siècle de J.-C., à Sichem ou Flavia Neapolis, sur le territoire de Samarie. Après avoir inutilement cherché la vérité dans les divers systèmes philosophiques, en dernier lieu dans celui de Platon, il embrassa le christianisme, à l’âge de trente ans, mais sans renoncer pour celà à porter le manteau des plulosophes. Il vint même à Rome, où il ouvrit une école de philosophie chrétienne. Afin de défendre sa foi
nouvelle, il en adressa l'apologie à l’empereur Antonin le Pienx, et en composa une autre pour Marc-Aurèle; il publia aussi un traité de la Monarchie de Dieu; mais, ayant, dans un de ses ouvrages, tourné en ridicule le philosophe cynique Crescentius , il périt sur l’échafaud, vers l’an deJ.-C. 163. Le premier il avait essayé de concilier la philosophie avec le christianisme. Outre les deux apologies mentionnées, on inël, DE LA CONVERS. — %. Al,
— JUSTIN
trouve dans ses œuvres un Dialoçue avec le juif Tryphon, mais on y a compris àtortune Épttre à Diognète. JUSTIN I‘, empereur d'Orient, de 518 à 527. Un
| enfant naquit en 450, dans une misérable chaumière des
campagnes de Thrace; son père, pauvre journalier, trouvait à peine de quoi subsister sur cette terre qu’il arrosait de ses sueurs. L'enfant, poussé par on ne sait quel instinct, ne put s’habituer à l’humble pauvreté dans laquelle végé: tait sa famille. Un jour il quitte la maison paternelle, et se dirige vers l’immense ville de Constantin : un bâton noueux, un bissac contenant quelques morceaux d’un pain grossier, composent tout son avoir. Toutefois, la beauté de son visage, la majesté de sa personne, éclatent à travers ses haillons. Il se présente pour s’enrôler dans la milice : on le reçoit. Bientôt, l’empereur Léon 1°", frappé de sa haute taille, de son allure décidée, le fait passer dans les gardes du palais; et c’est pour Justin le premier degré vers le trône impérial. Procope nous apprend qu’il servit sous Jean le Bossu, dans la guerre contre les Isaures, de 494 à 498, sous le règne d’Anastase. Ayant été mis en prison et condamné à mort pour une faute grave, il dut la vie à un songe merveilleux. Jean le Bossu vit en rêve un homme d’une figure et d’une taille majestueuse qui lui défendait de faire aucun mal à Justin. L'empereur Anagase lui conféra la dignité de sénateur, et le fit capitaine de $es gardes. Il occupait cette place lorsque la mort du vieil Anastase, à l’âge de quatrevingt-huit ans, le 8 juillet 518, rendit le trône vacant.
Les trois neveux du défunt, Pompée, Probus et Hypate, prétendaient à l'empire; mais la haine du peuple ou äu sénat leur ôtait toute chance. Le grand-chambellan Armance, ne pouvant y prétendre, à cause de sa qualité d’eunuque, voulait y porter son ami Théocrite. Pour acheter les suffrages, il donna des sommes considérables à Justin, qui ne se fit pas scrupule de les distribuer en son nom; et le lenäemain même du décès d’Anastase, il fut proclamé empereur, lui qui, selon l'expression de Procope, avait déjà 4 pied dans la tombe : il était alors âgé de soixante-huit ans; il ne savait pas lire, et, malgré tous ses efforts, il n’avait jamais pu apprendre à écrire son nom; on lui faisait signer ses actes au moyen d’une tablette où étaient gravées à jour les quatre premières lettres de son nom. Sa femme était de nation barbare et esclave; Justin l'avait achetée autrefois pour en faire sa concubine, il l’épousa ensuite. Lorsqu'il fut élevé à l'empire, il lui fitquitter son nom de Lupicine pour prendre celui de Flavia Ælia Marcia EuPpaesia; mais elle ne put jamais changer ses manières libres et communes; elle était, du reste, d’un caractère doux, qui n'était pas dépourvu d’une certaine fermeté. Les premiers actes du gouvernement de Justin parurent inspirés par l’amour de la justice : il examina les lois, confirma les unes, abolit les autres, accorda au peuple plusieurs immunités, retrancha quelques impôts. Zélé catholique, il se déclara pour le concile de Chalcédoine et rappela tous ceux qui avaient été exilés pour la foi. IL écrivit au pape Hormisdas pour lui demander un formulaire, qui fut signé dans un synode tenu à Constantinople. Ainsi furent momentanément réunies en 519 l'Église d'Orient et celle d'Occident.
Tout eût été pour le mieux si Justin s'en fût tenu là; mais les catholiques, non contents de la justice, demandèrent à grands cris qu’on persécutAt les ariens. Cédant au vœu des premiers, Justin, par un édit, priva les seconds de leurs églises. Cette mesure attira aux catholiques d’Italie la persécution de Théodoric, roi des Ostrogoths, qui professait l’arianisme. Loyal et bien intentionné, Justin était trop ignorant pour bien gouverner ; néanmoins sa douceur, son équité, lui avaient gagné les cœurs. Son règne est surtout remarquable en ce qu’il prépara celuide Justinien 1 son neveu. On peut même dire que {depuis l'an 520, où Justinien se débarrassa, par un assassinat, de Vitalien, dont le crédit lui faisait ombrage, le règne de Justin 1° fut moins celui de l'oncle que du neveu. C'était Justinien qui poussait à la persécution des ariens; c’était lui qui, dans les jeux
du cirque, assurait le triomphe à la faction des bleus. Soutenue par l'héritier présomptif dun trône, cette faction remplit pendant trois ans de meurtres, de violences et de rapines, la capitale de l'empire ; et il faut lire Procope, témoin oculaire, pour avoir l’idée de ses excès. Justin ne fit rien pour réprimer le désordre. A la fin, le préfet de Constantinople y mit ordre, mais fut disgracié pour avoir puni un soupable illustre. Justin s’était donné Justinien pour collègue
Je 1*° avril 527 : il mourut le 1° août suivant, à l’âge de |
soixante-dix-sept ans. Ii léguait à son neveu, avec l'empire, les troubles du sanctuaire et du cirque, puis une guerre contre la Perse. Il avait accepté l'hommage des Laziques (peuples de l’Ibérie et de la Colchide), jusque là soumis à la suprématie des Perses ; il avait refusé d'adopter Chosroës, le troisième des fils du monarque persan Cabades : c'était plus qu’il n’en fallait pour mettre aux prises les deux empires, JUSTIN II succéda à son oncle Justinie n.1l était né en Illyrie. Son père s’appelait Dulcissimus ; sa mère, Vigilan-
lia, était sœur de l’empereur Justinien. Justin était curopa- |
late, lorsqu’à la mort de son oncle, il fut proclamé empereur, le 14 novembre 565. 11 commença par remettre au peuple les impôts arriérés, paya les dettes de son prédécesseur, et rappela les évêques qu’il avait exilés pour la foi; car Justinien, si zélé catholique d’abord, avait fini par tomber dans l’hérésie des incorruptibles. Ces premiers actes furent inspirés à Justin II par son épouse Sophie, princesse de beaucoup d’esprit et de caractère, également capable de bien et de mal, selon les intérêts de son ambition. Elle engagea l’empereur à faire périr son cousin Justin, jeune prince de grande espérance : le faible empereur se prêta à ce crime, puis se fitapporter la tête de son neveu, et la foula aux pieds. On a dit avec raison que l'influence de Sophie sur Justin devint aussi funeste aux affaires de l'État que l'avait été celle de Théodora sur Justinien. Sophie fit perdre l'Italie à Justin II en insultant l’eunuque Narsès, qui seul pouvait défendre celte province délivrée par lui, Pour s’en venger, il y rappela les Lombards, qu’il en avait chassés. Justin II s’attira la haine des Avares et des Perses. Les Avares lui demandaient son alliance : il répondit qu’il méprisait leur haine et dédaignait leur amitié, Comme Justin 1°, ilirrita les Perses, en prenant sous sa protection ?n peuple soumis au grand roi : c’étaient les Persarméniens, que Chosroès 1* prétendait convertir à la religion de Zoroastre, et qui voulaient demeurer fidèles au christianisme. 11 accepta l’alliance des Turcs contre les Perses, dans la vue d'établir des relations de commerce avec la haute Asie. L'an 574, il tomba dans une noire frénésie. Sophie lui donna au moins un bon conseil en l’engageant à adopter pour son successeur le vertueux Tibère II, dont le règne glorieux fut trop court. Le 5 octobre 578, le vieil empereur mourut, après un règne de douze ans dix mois et douze jours, laissant la réputation d’un prince faible, indolent et cruel. Charles Du Rozom.
JUSTIN, historien romain, ou plutôt abréviateur de l'historien Trogue-Pompée, est nommé dans un ancien manuscrit de Florence M. Junianus Justinus, et dans d’autres M. Justinus Frontinus. On ne sait rien sur sa vie : on le croit généralement contemporain de Marc-Aurèle. En effet, la dédicace de son ouvrage, qui suit sa préface, est adressée à cet empereur : Quod ad te, imperator Antonine, non tam cognoscendi quam emendandi causa transmisi, elc.; mais plusieurs critiques regardent ce passage comme ayant été ajouté au texte par quelque copiste ignorant, qui aurait confondu cet écrivain avec Justin le martyr. En effet, ce père de l’Église a dédié à Marc-Aurèle son Apologie des Chrétiens. Sans discuter cette opinion, nous ne pouvons, en connaissance de cause, juger que l’ouvrage de Justin tel qu'il nous est parvenu. C’est un extrait en 44 livres de la grande histoire de Trogue Pompée, depuis l’origine des empereurs jusqu'à César-Anguste : cet abrégé a pour titre : Historiarum Philippicarum et totius mundi originum, et terræ situs, ex Trogo Pompaie