KARPATHES — KARR
du Kriwan, qui ont 2,598 et 2,448 mètres. Le revers oriental des Karpathes est beaucoup plus escarpé que celui qui regarde le couchant,
Le fatte de ces montagnes est tantôt de formation primitive, tantôt de grauwacke. Les roches trachitiques et basaltiques y sont abondantes; mais il ne paraît pas y exister de traces plus récentes d’éruptions volcaniques. De part et d'autre des flancs de la chaine, en se rapprochant des plaines, le grès houiller domine de toutes parts. Les Karpathes sont riches en productions minérales. Il y a des mines d’or et d'argent à Kremnitz et à Schæmnitz, en Hongrie, et à Nagy- Ag, en Transylvanie, une mine d’or que l'on regardait autrefois comme la plus riche de l'Europe. On y trouve aussi des mines de fer, dont le produit annuel est à peu près de 700,000 quintaux ; de cuivre, de plomb, de mercure; mais le sel surtout y existe en dépôts immenses. Les exploitations les plus célèbres sont celles de Bochnia en Gallicie,
*Eperies en Hongrie, d'Oknamard en Turquie. De grandes retts de pins, où le hêtre domine quelquefois, couvrent le flanc de ces montagnes jusqu’à une hauteur de 15 à 1,600 mètres ; mais à mesure que l’on s’élève, les arbres deviennent de plus en plus rares, les plantes disparaissent insensiblement jusqu'à 2,000 mètres, et sont enfin remplacées par les lichens, seule végétalion des roches nues et escarpées qui s’élancent de tous côtés, souvent en forme pyramidale. Au pied de la chaîne s’étendent quelques vignobles, dont les crus ont acquis de la célébrité. Tel est celui de Tokai, qui, malgré sa haute réputation, est cependant inférieur aux vins de Menès et de Tarczal, réservés pour la cour d’Autriche.
Un assez grand nombre de passages et de routes traversent les Karpathes et facilitent les communications des régions qni s'étendent à leur base. Les rivières auxquelles ces montagnes donnent naissance versent le tribut de leurs eaux , soit dans la Vistule, au nord, soit dans le Danube, La Vistule et le Dniester sont les seuls fleuves qui y prennent leurs sources; la Theiss, la plus considérable des rivières qui arrosent les plaines de la Hongrie; la Maros, seule rivière un peu étendue de la Transylvanie, le Pruth, qui traverse la Bukowine, le Sereth , qui sépare la Moldavie de la Valachie, lui doivent aussi leurorigine,
Oscar MAG-CarTuy.
RARR (Azpnowse), romancier et humoriste, est né à
Munich, le 24 novembre 1808. Fils d’un pianiste assez distingué, il fut d’abord professeur suppléant de cinquième au collége Bourbon; et dans cette position, peu enviée, il passa par toutes les maladies littéraires qui travaillaient alors notre époque. Médiocrement poële, M. Karr commença par faire des vers ; il paraît même que son premier roman, celui qui devait plus tard s’intituler Sous les Tilleuls, avait été conçu et écrit comme un poëme; dés chapitres entiers ont en effet conservé leur forme primitive. Mais M. Karr s’aperçut bien vite que les vers coûtent beaucoup plus qu'ils ne rapportent; et il se résigna à ne faire que de la prose. Il entra au Figaro, où il s’escrima d’abord dans la critique littéraire, puis dans la politique, et devint même un moment rédacteur en chef de ce journal. Une ambition plus haute le tenta ; il remania le poëme qu'il avait écrit dans sa jeunesse, et publia Sous les Tilleuls (1832). Ce roman fut très-remarqué. On y lrouva une sorte de sentimentalité allemande, qui alors était nouvelle et que venait rehausser par endroits l’originalité d’une implacable ironie. Quant à la composition, ce livre est resté mauvais. Admis dès lors dans la petite armée des romanciers qui envahissait toutes les avenues littéraires, M. Karr publia successivement Une heure trop tard (1833), Fa Dièze (1834), Vendredi soir (1835 ), recueil de nouvelles comme on en fait au collége, pâles imitations de la manière des maîtres à la mode.
eu après, il écrivit un roman qui, dans le monde où l'auteur s’était lancé, eut un succès d’un genre tout particulier : c’est le Chemin le plus court (1836). Dans ce livre, trèspersonnel, il raconte, à ce qu’on assure, l’histoire de son bropre mariage, drame intime, dont nous n’avons pas à son-
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der le mystère, er qui fut judiciairement dénoué par un procès dont les curieux trouveront le récit dans la Gazette des Tribunaux d'avril 1837. La manie de M. Karr a toujours été d’entretenir le public de ses affaires, de ses travaux au port d’Etretat, de son ami Gatayes et de son chien Freyschütz. Parmi les écrivains contemporains, on en cite peu d'aussi communicatifs.
Sans rappeler ici Zinerley, Hortense Geneviève, l'une de ses plus poétiques créations, M. Karr a fait encore paraître Clotilde (1839), Am Rauchen (1842), Feu Bressier (1844), le Voyage autour de mon jardin (1845), La Famille Alain (1848), etce., etc. A diverses époques, le romancier s’est ressouvenu d’avoir été journaliste, Ainsi, il commença en novembre 1839 la publication mensuelle de ‘petites brochures, qui, sous le titre des Guépes, eurent d’abord un succès assez retentissant, mais qui, cent fois interrom pues et reprises, disparurent enfin au milieu de l’indifférence publique. Il avait pourtant dépensé dans les Guépes beaucoup d'esprit et souvent beaucoup de raison. Mais une des choses qui discréditèrent ce recueil, fut l'abus immodéré que l'auteur y fait de sa propre personnalité et le sansfaçon avec lequel, peu soucieux de son lecteur, il réimprime à satiété les mêmes anecdotes et les mêmes plaisanteries. Peu après la révolution de Février, son exemple fut suivi par de nombreux folliculaires, et lui-même, sous la dictature du général Cavaignac, rentra dans la lice en publiant sous le titre Ze Journal une feuille qui devait être le journal par excellence, comme la Bible est lelivre des livres. Mais cette feuille ne représentait rien que la fantaisie politique de M. Alph. Karr, et elle ne vécut guère que deux mois. Le général Cavaignac aspirant à la présidence de la république M.Alph. Karr lança, en guise de brûlots, pamphlets sur pamphlets contre le plus redoutable de ses compétileurs. En 1852 il reprit dans Le Siècle l'œuvre des Guépes sous l: tre de Bourdonnements, el la continua chaque dimauche pendant plusieurs ann$es. Puis il publia successivement: Clovis Gosselin (1851), Conteset Nouvelles (185°), Agathe el Crcile, Fort en thème, Les Soirées de Sainte- Adresse, les Femmrs, Raoul, Lettres écrites de mon Jardin, Au bord de la mer, Promenades hors de mon Jardin, une Poignre de vérités (1857), la Pénélope nor mande(1858), Menus propos (1859), Le Dictionnaire du pêcheur (1860), ete. Au résumé, il a écrit parfois des pages charmantes; maïs, b'en que la liste de ses romans soit longue, il n'a jamais pu faire un livre, et jamais il n’en fera. Vers 1860 il quitta la France et alla s’établir à Nice, où il fonda un établissement d’horticulture, qui grace à la mode devint bientôt très-prospère. On sait que L jardinage et la pêche ont été les deux grandes passions de sa vie. Au milieu de ce nouveau commerce il reprit sou genre favori, celui d'humoriste et de critique, toujours sous la forme des Guépes; mais il eut beau les faire reparaître, en 1869, dans l’Opinion nationale et, en 1872, dans le Figaro, il n’attira plus sur ce pamphlet hebdomadaire qu'un coup d'œil distrait du public. Depuis la chute de l’empire M. Karr est devenu plus morose, plus pessimiste que jamais.
Il y a une trentaine d'années, on ne pouvait point faire un pas dans les rues de Paris sans étre frappé par quelqu’une des inscriplions suivantes écrites tout simplement à la craie : Alphonse Æarr (nage), Alphon:e Karr (casse), Alphonse Karr (rogne), Alphons: Æarr (rosse), Alphonse Karr (touche), ete. Ces inscriptions n'étaient probablement que le résultat de quelque charge d'atelier. infiniment trop prolongée, du genre de la fameuse signa ture Crédevi!le (voleur) qui garnissait ésalement toutes les murailles de Paris et de la banlieue dans les dernières année; de la Restauration. Toutefois, M. Alphonse Karr, qui à ses ennemis lout comme un autre, ful alors accusé par eux d'avoir directement recours lui-même à ce petit chfftlatanisme Pour populariser son nom, qu’il ne s° plaisait à illustrer d’un calembour qu'afin de le nrieux
dre que M. Alphonse Karr a des ennemis; on n’en pourra pas douler quand nous ajouterons qu’en 1844 il faillit être frappe d’un coup de poisnard, au moment où il rentrail chez lui. Madame C....., ajoute-t-on, avait voulu punir dans le sang de l'effronté critique le mal que celui-ci avait pris la liberté de dire de ses vers. M. Karr fut nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 25 avril 1845. RARS, place forte et chef-lieu de pachalik de l’eyalet ture d'Erzeroum en Arménie, à 14 myriamètres au nord-est d’Erzeroum , sur les frontières de la Russie, et autrefois de a Perse. Cette ville, située sur un plateau élevé de 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer, compte environ 10,000 habitants, Arméniens pour la plupart, et qui font un commerce des plus actifs avec la Perse. Siége d’un évêché arménien , elle est célèbre aussi parmi les mahoméfans comme lieu de pèlerinage, parce qu'on y trouve les tombeaux de plusieurs saints mahométans et de nombreuses mosquées. Au neuvième et au dixième siècle, cette ville fut Ja résidence de diverses dynasties arméniennes ; au onzième, elle devint la proie de Seldjoukides, et au treizième celle des Mongoles. Tamerlan la détruisit de fond en comble en 1387. Souvent assiégée et prise aux dix-seplième et dix huitième siècles dans les guerres de la Turquie contre la Perse, Kars, et plus particulièrement sa citadelle , furent en 1828 le théâtre d’une lutte terrible entre les Turcs et les Russes, qui finirent par emporter la ville d'assaut , par suite de quoi a citadelle dut capituler. En 1855, le général russe Mourarief est encore venu mettre le siége devant Kars, et le 29 septembre il échouail dans un assaut tenté contre cette ville, KARSCHIN (Axva-Louise), dont le nom véritable était Karsch, et qui s’est fait unegloire durable dans la poésie allemande, naquit le 1** décembre 1722, en Silésie. Après la mort de son père, nommé Durbach, qui était aubergiste de profession, et qu’elle perdit à l’âge de sept ans, sa mère, que contrariait singulièrement l’ardeur extrême qu’elle témoignait pour lire et écrire, la mit en service dans une maison où on lui fit garder les vaches, mais où en revanche elle y fit la connaissance d’un petit berger qui lui procura des livres. C’est pendant les trois années qu'elle passa dans cette maison qu’elle composa ses premières poésies , fruit des lectures qu’elle put faire alors , et qu'aujourd’hui même on ne peut pas, malgré leurs défauts, lire sans admiration. Après avoir encore servi pendant quelque temps comme bonne d’enfants, elle épousa à l’âge de dix-sept ans, pour obéir à sa mère , un drapier de Schwibus, appelé Hirsekorn, homme querelleur et avare, avec lequel elle vécut pendant onze années, qui ne furent pour elle qu’un long martyre. Après avoir divorcé d’avec lui et être restée un an sans secours ni appui, elle se remaria, du consentement de sa mère, avec le tailleur Karsch de Fraustadt. Cet homme, adonné à l’ivrognerie, dissipait au cabaret tout ce qu’il possédait et aussi ce qu’elle pouvait gagner en composant de petits poëmes de circonstance, Après être venue s'établir à Gross-Glogau avec son mari et en proie à la dernière misère, elle rencontra dans le baron de Kollwitz un protecteur généreux, qui fournit à tous ses besoins et qui plus tard la fit venir à Berlin. Accueillie dans les premières maisons de cette capitale, on y prenait plaisir à l'entendre improviser avec la plus étonnante facilité non pas seulement des vers, mais des poëmes tout entiers. Sulzer publia une édition de ses Poëmes choisis ( Berlin, 1764), et lui fit gagner de la sorte 2,000 thalers. Les secours de quelques amis des lettres étaient insuffistants pour lui fournir les moyens de faire vivre ses deux enfants et son frère, qu’elle avait pris à sa charge. Frédéric IT, à qui elle s’adressa à diverses reprises, ne lui témoigna que peu de sympathie et ne lui accorda pas la pension qu'il lui avait promise. Mais son successeur, Frédéric-Guillaume 11, lui fit bâtir à Berlin une jolie petite maison où elle mournt, le 12 octobre 1791. Son second mari la rendit mère de Caroline- Louise de Klencke, qui a publié ses poésies et sa vif( Ber-
KA —. KASAN faire entrer dans la têle des Parisiens. Nous venons de”
in , 1792), et grand’-mère de la célèbre Helmina de Ché 2Y.
RARTHLI ou KARTHALINIE. oyez GÉORGIE.
KRASAN , mot fatare, qui signifie chaudron , et par extension terre en forme de chaudron on vallée. Il désigne dans son sens le plus étendu une contrée composée de cinq anciens gouvernements fatares : Pensa, Simbirsk, Kasan, Wjætka et Perm, appartenant autrefois à la Horde d’Or ou au khanat de Kiptchak; qui fut conquis sur les Tatares, d’abord en 1487, par Iwan Wassiljewitsch I®", et plus complétement pendant les années 1552 et 1555, par Iwan Wassiljewitsch IT, puis incorporé à la Russie, sous le nom de royaume. Ce ne fut qu’en 1833 , après que l’Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg eut offert un prix de 200 ducats à l’auteur de la meilleure histoire de Kasan et du khanat de la Horde d'Or, qu’on entreprit une étude approfondie des sources historiques qui y ont trait, ef qu’on s’occupa de savoir où était situé cet empire jadis si puissant et quelles en étaient autrefois les limites; point à la parfaite connaissance duquel ou ne parvint qu’en 1836.
A l'endroit où l’Achtouba se jette dans le Volga, dans le gouvernement de Saratow, près de la ville Zarew, au pnilieu d’une immense plaine s'étendant au loin vers l’ouest et bordée par une vaste ceinture formée par les lacs salés de Jorka, Elton, Baskoutsch, etc., etc., s’élèvent les ruines de Saraï, ancienne capitale de cet empire, qui s’étendait autrefois bien au delà d’Astrakan, et qui du treizième au quinzième siècle ne fut pas seulement l’effroi de la Russie, mais encore celui de tout l’ouest de l’Europe. C’est là qu’à plus de 120 myriamètres de la capitale du gouvernement russe actuel de ce nom, se trouvent les ruines en question. En les découvrant, on fut surpris de la magnificence de leurs gigantesques colonnes, dorées pour la plupart, de leurs temples et de leurs palais, ainsi que de la régularité du tracé de cette ville colossale, qui pendant des siècles avait disparu de la terre, et où aujourd’hui, au moyen de fouilles pratiquées avec intelligence et du déblayement des décombres, on est parvenu à découvrir l'emplacement de près de trois mille maisons. Pendant le cours de ces travaux on a trouvé une riche collection d'armes et d’ustensiles propres aux anciens Mongols, Cette contrée offre le plus haut intérêt au point de vue historique et sous le rapport ethnographique. C’est ici en effet, sur les rives du Volga, où, indépendamment d'immenses forêts vierges, une terre d’une rare fécondité et de riches pâturages pouvaient présenter assez d'attraits pour des établissements fixes, que dès les temps les plus reculés nous voyons se succéder tour à tour des peuplades d'origines les plus diverses, comme les Petchénègues, les Chazares, les Ouzes, les Boulgares, etc., etc. On ne sait rien de positif au sujet de la demeure fixe detes peuples, ainsi que de leurs rapports intérieurs, ce qui paraît d'autant plus regrettable que l’ancienne capitale des Boulgares, découverte il y a peu d'années seulement, et qui était située aux environs de la ville de Spask , dans le gouvernement de Kasan, au confluent de la Kama et du Volga, et qui est aujourd'hui la station de Bolgary, offre aussi de remarquables constructions, dont les ruines révèlent encore aujourd'hui l'antique magnificence. (Consultez louvrage d’Erdmänn intitulé : Essai Sur la connaissance intérieure de ta Russie [Riga et Dorpat, 1822], et celui et de Hammer- Purgstall, Histoire de la Horde d’Or dans le Kiptchak [ Vienne, 1840 ]).
Maintenant encore, on trouve dans le gouvernement de Kasan le mélange le plus complet des races, car en 1842 on y comptait, outre 5,011,871 Grands et Petits-Russes, 615,000 descendants des peuplades tatares, 815, 000 habifants dont l'origine se rattache à celle de la grande nation finnoise, et 12, 000 de race mongole, en tout par conséquent 1,442,000 Finnois, Tatares et Mongoles, Les cultes n’y varient pas moins que les éléments de la population. Si l'on y compte 5,905,000 Greco-Russes orthodoxes, on y trouve aussi 548,800 dissidents appartenant aux Églises catholique romaine et arménienne, protestante réformée et anglicane ;
KASAN — KASCHMIR
et indépendamment de quelques israélites appartenant à la | compte une population de 18 000 âmes (1864); elle est
secte talmudique, 518,000 mahométans et même environ 28,400 idolâtres, dont la plupart rendent hommage à la doctrine du Dalaï-Lama.
Le gouvernement de Kasan comple, sur une superficie de 61,156 kilomètres carrés, une population de 1,670,537 habitants (1867), parmi lesquels les différences de races «t de religions mentionnées ci-dessus sont encore plus frapnantes, parce qu’on les y rencontre réunies sur un espace moindre. Plus du quart des habitants appartiennent à une celigion différente de celle qui est réputée orthodoxe, et la population russe proprement dite est de beaucoup inférieure à celle dont l'origine a pour point de départ les races finnoise et tatare. Ce gouvernement est divisé en douze cercles, dont le plus étendu et le plus peuplé est celui de Kasan.
KASAN, chef-lieu du gouvernement du même nom, bâti sur la rive gauche du Volga, à peu de distance de l'embouchure de la Kasanka dans ce fleuve, est situé en partie dans une plaine exposée aux inondations, et en partie sur une éminence assez escarpée. Cette ville est à 84 myriamètres de Moscou, et à 150 de Saint-Pétersbourg; mais des diligences facilitent ses relations avec le cœur de l'empire, surtout à l'époque de la grande foire de Nijni-Nowogorod. Un service régulier de bateaux à vapeur existe aussi entre Nijni-Nowo gorord, Kasan et Astrakhan; ils ne mettent que huit jours à franchir les 200 myriamètres environ qui séparent la première de ces villes de la troisième. La position de Kasan sur le Volga en a fait de tous temps le centre d’un commerce des plus actifs entre l’Orient et l'Occident. Ses manufactures de draps, de cuir et de savon jouissent d’une grande prospérité, et les cuirs ainsi que les savons de Kasan sont vivement recherchés à la foire de Nijm-Nowogorod. Cette ville n’est pas moins célèbre comme siége d’un évêché russe et du haut clergé tatar. On y voit 66 églises et 8 mosquées. Elle possède des établissements scientifiques à bon droit célèbres, notamment son observatoire, et son université, fondée en 1803. Le 3 août 1815 un incendie détruisit une grande partie de Kasan; un autre incendie, qui y éclata le 23 août 1842, dévora plus de 1,300 maisons, sans compter l'hôtel du gouverneur ainsi qu'une partie des bâtiments de l’université et 9 églises. Ayant ce désastre il y existait 4,333 maisons, dont 217 fabriques, et 45,343 habitants, dont 15,000 Tatares mahométans demeurant dans les faubourgs, et 3 ou 400 Allemands. En 1867 le chiffre de la population était remonté à 78,602 âmes, bien que la ville ait eu beaucoup à souffrir d'un nouvel incendie.
possède une image de la sainte vierge Marie à laquelle on attribue de nombreux miracles, et que tous les ans, le 7 juillet, on transporte processionnellement à Kasan, pour y ître exposée, dans le kremlin, à l’adoration des fidèles.
RASAUBAH. Voyez CasBau.
RASCHAU, chef-lieu du comitat d’Abaouvjar en Hongrie, sur la rive droite de la Hernad, dans une belle vallée, tout entourée de vignobles, est l’une des plus antiques cités de ce pays. La ville intérieure, fortifiée autrefois, est à la verité petite, mais se distingue par ses rues droites et propres et par un grand nombre d’édifices considérables. Ses trois faubourgs séparés de la ville intérieure par un large glacis, sont es vastes. Jusqu’à la révolution de 1848, Kaschau fut la capitale et par suitele siége de la cour supérieure de justice de la haute Hongrie, de l'inspection générale des écoles, du commandement militaire, de la direction des salines et de celle des postes. Dans la nouvelle division administrative donnée à la Hongrie depuis 1849, elle est restée le chef-lieu d’un district civil et militaire. L’évêché de Kaschau comprenü les comitats d’Abaoujvar, de Saros et de Zemplin; elle possède un géminaire, un collége , une académie et ‘un théâtre. L'église Sainte-Élisabeth, sur :a grande place, construite en pierre de tailleet de style gothique, riche en vieux tableaux, l’une des plus belles et des plus anciennes églises de la,
Hongrie, est le plus remarquable de ses édifices. Kaschau |.
DICT. DE LA CONVERS, == T, XI
Près de Kasan se trouve le couvent de Semiosernoi, qui
le centre d’un commerce fort actif, et possède d'importantes fabriques de poteries, de cuirs, de draps, de sucre de bette rave, de tabac, etc.; c’est aussi la principale étape du commerce entre la Gallicie et la Hongrie. Cette situation lui a donné aussi un grande importance stratégique dans toutes les guerres dont la Hongrie a été le théâtre, et surtout à l'époque de la guerre essentiellement révolutionnaire soutenue au dix-septième siècle par Rakoczy. Dans le cours de la dernière révolution, une bataille importante fut livrée le 4 janvier 1849 sous ses murs; et le ministre de la guerre hongrois Messaros y fut battu par l’Autrichien Schlick.
KASCHMIR ou KACHEMIRE, province des Indes orientales, formée par une longue vallée de l'Himalaya, vers l'extrémité nord-ouest de cette montagne, par 34° de latitude nord, et située à peu près entre 91° 30° et 93° 3 de longitude orientale. Elle est entourée par des montagnes, ramifications de l'Himalaya, entièrement couvertes de neige et qu’on ne peut traverser que par un petit nombre de passages très-difficiles. Son élévation moyenne est de 350 mètres au-dessus du niveau dela mer. Le Djiloum ou Behat (l’Hydaspes des anciens), qui la parcourt dans toute son étendue, forme à son centre le lac de Valar ou Vuller, et par un étroit passage débouche de la vallée dans le territoire de Mouzafterabad. Cette province est renommée par son climat doux et tempéré, par sa fécondité, par son haut degré de culture et par sa délicieuse position. C’est trèscertainement l’une des plus belles contrées de l'univers, quoiqu'il y ait beaucoup d’exagération dans les éloges qu’en font les écrivains orientaux, qui ont l'habitude de l'appeier le Paradis de l’Inde et le Jardin de l'éternel printemps. Sous le rapport de ses productions naturelles et de sa situation géographique, elle offre les mêmes caractères que les autres vallées de l'Himalaya. Sa superficie est d'environ 6 à 700 myriamètres carrés ; mais on n’y compte guère qu’un million d'habitants, d’origine hindoue, quoiqu'ils se distinguent de cette race par la plus grande blancheur de leur teint et aussi par une ressemblance plus décidée avec le type caucasien, par plus de beauté dans les traits, et par les plus heureuses facultés intellectuelles. Toutefois, il y a encore bien de l’exagération dans ce qu’on en raconte sous ces deux rapports. Ils parlent une langue dérivée du sanscrit; et quoique bon nombre professent l’islamisme , ils appartiennent pour la plupart au brahmanisme, qui a chez eux beaucoup de temples et de lieux sacrés, et pour qui le Kaschmir est une terre sainte. Les habitants se livrent avec succès à l’agriculture, que favorise puissamment un excellent système général d'irrigation, à l'élève du bétail et plus particulièrement à celle d’une espèce dechèvres à bon droit célèbre par la finesse de son duvet. Leur industrie a surtout pour objet la fabrication des châles, dans laquelle ils excellent. La tradition, confirmée par les plus récentes observations géologiques, veut que la province de Kaschmir n’ait été autrefois qu’un immense lac, qu’on dessécha en coupant la montagne appelée Boravel. Les mahométans attribuent ce gigantesque travail au roi Salomon, et les serviteurs de Brahma au héros Kandrihab. Autrefois c'était aussi dans la vallée de Kaschmir qu’on plaçait le paradis terrestre ainsi que le berceau de la race humaine, et plus particulièrement de la race indo-germanique.
Jusqu'au seizième siècle, le Kaschmir eut ses rois particuliers appartenant à la race indoue; mais en 1586 il fut conquis par le Grand-Mogol Akbar, qui le réunit à son empire, auquel il resta uni jusqu’en 1767, époque où les Afghans en firent la conquête. Plus tard Rundjit-Singh, le maharadja de Lahore, le leur enleva, et le réunit au royaume des Sikhs. À la mort de Rundijit-Singh (1839), le Kaschmir essaya de recouvrer son indépendance. Le maharadja Dhoulip- Singh ayant été vaincu par les Anglais, ceux-ci cédèrent en toute propriété , Par un traité en date du 11 mars 1846, à Ghoukb-Singh, élevé à la dignité de maharadja, tout le ter-
ritoire situé entre le Ravi et l’Indus ainsi que le Kaschmir, à la‘ charge par Ghoulab-Singh de leur payer un million de livres sterling, et de se reconnaitre vassal du gouvernement indo-britannique par l’envoi d’un tribu annuel consistant en un cheval, douze chèvres de Kaschmir et trois châles, et d'entretenir le nombre de troupes qui lui serait indiqué. Mais dès l’automne de cette même année une insurrection contre le nouveau souverain du pays éclatait dans le Kaschmir, à l’instigation du vizir de Lahore; insurrection commandée par le chéik Imam-ed-din, lequel, toutefois, fit sa soumission dès le 31 octobre 1846. Après l’incorporation du Pendjab à l'Empire Indo-Britannique (29 mars 1849), le Kaschmir et le Djamou restèrent sous la souveraineté de Gouiab-Singh, qui tout récemment encore faisait rentrer dans le devoir les populations des montagnes du Pendjab. Ces différentes conquêtes et les révolutions qui en furent naturellement la suite, mais surtout la domination barbare des Afghans, ont considérablement diminué la prospérité de cette contrée, qui aux temps de Ja domination du Grand- Mogol comptait encore une population de deux millions d’âmes. La tyrannie des Afghans et plus tard celle des Sikhs ont eu surtout pour résuitat de porter un coup mortel à l'industrie des châles, qui n’est plus aujourd’hui que l'ombre de ce qu’elle était autrefois.
La capitale du pays est KAscHmiR ou Serinagour, c’està-dire demeure du bonheur. Suivant l'habitude des villes d'Orient, les rues en sont étroites et garnies de maisons en bois. Elle est bâtie sur le Djihoum, généralement fort sale, et, à l'exception de l’ancien palais du Grand-Mogol, elle n'offre point d’édifice remarquable. A en juger par l'étendue peu commune de son enceinte, elle devait être extrêmement peuplée au temps de sa prospérité. En 1809, époque où elle était déjà bien déchue, elle comptait encore 150,000 ha-
itants ; mais elle est aujourd’hui bin d'en avoir autant. Dans ses environs on voit le superbe parc de Schablirar, ancienne résidence d’été du Grand-Mogol.
Il faut encore mentionner Mouzafferabad, chef-lieu de la province du même nom, habitée par les Afghans restés dans le même pays, et résidence d’un prince afghan.
KATAF. Voyez BALsamEer.
KATHARINENBOURG. Voyez IÉKATERINBURG.
KRATHMANDOU, capitale du royaume deNépaul, compte plus de 30,000 habitants. Les rues en sont bien pavées, longues et moins étroites que ne le sont en général celles de beaucoup d’autres villes de l’Asie, où le soleil pé- #ètre à peine. Elles sont garnies de maisons à pignons, historiés et bizarres, à devantures en bois sculpté, à balcons ornementés, et avec des toits qui surplombent. Leurs escaliers, toujours disposés à l'extérieur, leurs fenêtres, petites et’encadrées dans des mascarons et des enroulements de deux pieds de large, rappellent un peu l'architecture si pittoresque de Nuremberg, ou encore celle des villes de la Suisse au moyen âge. Aussi bien le Népaul, comme la vallée de Kaschmir, a reçu des Anglais le surnom de Suisse de l'Hindostan.
KATIB-TSCHELEBI. Voyez Hansi-KnaLFa.
KATS. Voyez Cjrs (Jacob).
KATT (Le lieutenant). Voyez FRÉDÉRIC I, de Prusse, tome l'X, page 779.
KATT-CHERIF. Voyez HATTICHÉRIF.
KRATTÉGAT, Voyez CATTÉGAT.
KATZBACH, rivière sujette à des crues subites £t dangereuses, par suite des nombreux affluents dont elle re. çoit les eaux en passant à travers les montagnes, et qui prend sa source près de Leignitz, en Silésie, puis va se jeter dans l'Oder, non lein de Parchwitz. Le 26 août 1813, les coalisés gagnèrent sur ses rives une victoire qui ouvrit cette série de revers par suite desquels l’armée française fut réduite à repasser le Rhin pour défendre le sol de la patrie.
Après la dénonciation de l'armistice conclu entre Napoléon et les alliés, qui expirait le 17 août, Blücher avait franchi la Katzbach, et à l'issue d’une série de combats
KASCHMIR — KATZBACH
d’avant-postes livrés le 19 et le 20, et tous ‘couronnés de succès, il avait forcé les Français à se retirer derrière le Bober. A la nouvelle de ces échecs, Napoléon accourt en
‘ personne avec les corps d’armée de Ney, de Macdonald,
de Lauriston et de Sébastiani, auxquels se joignent ceux de Marmont et de Mortier, ainsi que la garde impériale; l’ensemble présentait un effectif de 130,000 hommes. A peine est-il arrivé à Lawenberg, qu’il y effectue le passage du Bober, ainsi qu’à Bunzlau, forçant Langeron et Sacken à se retirer derrière Golberg et Haynau. Blücher, qui a reçu l'ordre d'éviter toute bataille rangée contre des forces supérieures, est forcé de continuer le lendemain son mouvement de retraite jusqu’à Jauer, où il masse ses troupes dans une position défendue par des hauteurs et des ravins, en même temps qu’il établit son quartier général dans cette petite ville. L'armée française a le sien à Goldberg sur la Katzbach.
Satisfait du résultat qu’il a obtenu, Napoléon, qui a reçu l'avis que la grande armée des alliés vient de quitter la Bohême pour marcher sur la capitale de la Saxe, repart dès le 23 dans l’après-midi pour Dresde, avec les maréchaux Ney et Berthier, la garde impériale et les corps de Marmont et Mortier, en confiant à Macdonald le commandement des forces qu'il laisse en Silésie. Ces forces, composées des 11°, 3° et 5° corps, dont les deux premiers sont commandés par les généraux Souham et Lauriston, présentent un effectif de 80,000 hommes, à peu près égal à celui de l’armée de Blücher, qui a sous ses ordres les généraux Sacken, York et Langeron. Aussitôt que dans le camp des alliés on a la certitude que Napoléon est reparti pou: la Saxe, Blücher se résout à attaquer l’armée française; et le 25 il ordonne un mouvement par suite duquel ses troupes s’avancent jusqu'aux rives de la Kafzbach. Mais presqu’en même temps Macdonald, qui, lui aussi, veut prendre l'offensive, a donné aux siennes l'ordre de se porter en avant, Elles franchissent la Katzbach , rejettent devant elles l’avant-garde prussienne , et filant sur la rive droite de la Neïiss, en ce moment débordée, marchent dans la direction d’Arechtelshof sur Jauer, tandis que Lauriston a l'ordre de s’avancer sur Seichau, ,Hennersdorf et Schænau, et que Souham doit partir de Leignitz pour converger sur le même point (Jauer), en passant par Prinkendorf et Neudorf.
Le temps était détestable; une pluie battante obscurcissait l'atmosphère, grossissait à chaque instant les eaux de Ja rivière et rendait de plus en plus difliciles,les mouvements des deux armées, qui, le 26, vers trois heures de l’aprèsmidi, se rencontrèrent à l’improviste sur un plateau entrecoupé de petits monticules, situé entre Wahlstadt et la Katzbach. Blücher, sans hésiter, engage la bataille, La lutte fut terrible, et comme, par suite des torrents de pluie qui tombaient, les fusils ne pouvaient plus tirer, on se battit à la baïonnette et au sabre, Blücher, à la tête de sa cavalerie, s'était jeté sur le 11° corps français avant qu'il eût eu le temps de'se mettre en ordre de bataille. En même temps il ordonnait à son infanterie de marcher par bataillons en avant sous :la protection de son arlillerie. Après une lutte de vingt minutes, un carré de grenadiers français fut enfoncé par le bataillon de Brandebourg, qui perdit deux cents hommes; deux autres bataillons français ne tardèrent pas à éprouver le même sort. Le centre de notre armée, où se trouvait Macdonald, se vit de la sorte enfoncé; et autant en advint peu de temps après à Lawriston, qui s'était trop avancé sur l'aile gauche de l'armée alliée, et qui fut forcé de se replier par suite de l'arrivée des troupes prussiennes accourant le prendre en flanc et par derrière, La poursuite de l'ennemi rendit la victoire des alliés complète : les troupes de Blücher, animées par le succès, rejetèrent quelques milliers de Français dans la Neiss et la Katzbach, dont les eaux avaient démesurément grossi et où un grand nombre de fuyards trouvèrent:la mort. On poursuivit les autres l’épée dans les reins sans leur laisser le temps de se rallier,